1.         Ensemble de Prambanan (Indonésie) (C 642)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (i)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/642/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2006)
Montant total approuvé : 80 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/642/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 250 000 dollars EU

Missions de suivi antérieures

Mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en février 2006 et mission du Centre du patrimoine mondial en juin 2006.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Séismes

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/642/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Par lettre en date du 31 janvier 2007, l'État partie a présenté un rapport sur l'état de conservation du bien, suite au tremblement de terre qui a touché la région de Yogyakarta le 27 mai 2006.

Le rapport donne des informations sur les activités qui ont eu lieu sur le site suite à la mission dépêchée par le Centre du patrimoine mondial en juin 2006, immédiatement après le sinistre, notamment par le biais d'une demande d'aide d'urgence (d'un montant de 75 000 dollars EU) qui avait été approuvée par le président du Comité. Ces activités étaient essentiellement destinées à documenter la situation et à réduire les risques liés à la déformation des structures des temples, afin de prévenir leur possible effondrement et la chute de blocs de pierre instables.

Le gouvernement indonésien a immédiatement créé un groupe de travail, chargé d'identifier, coordonner et mettre en œuvre les actions nécessaires à la protection des temples et de leurs visiteurs. Après la fermeture des zones dangereuses aux visiteurs, une des premières actions accomplies a été de documenter et étudier de manière détaillée l'état des monuments, par un balayage laser des composés notamment. À partir des premières observations, il semble que les fondations des monuments soient généralement en bon état. L'étude des fissures et déformations a montré que les dommages structurels sont plus importants lorsque les pierres ont été jointes les unes aux autres, dans le cadre d'interventions de restauration antérieures, avec une substance chimique spéciale, appelée résine époxy, comme dans le temple de Siwa. La résine a en effet contraint la structure à travailler comme un monolithe, réduisant ainsi sa capacité à absorber la poussée horizontale causée par le séisme.

Dans le cadre des mesures immédiates prises pour réduire les risques au niveau du bien, les pierres tombées ou en équilibre ont été ramassées, identifiées et numérotées et placées dans une zone d'entreposage. 1 600 pierres ont ainsi été enlevées du site, notamment des balustrades des temples de Vishnu et de Brahma. Des échafaudages et autres structures d'étayage en acier et bois ont par la suite été installés, par exemple dans les temples de Sewu et Lumbung, qui ont gravement été endommagés par le tremblement de terre. La tour principale du temple de Sewu a également été enchaînée au moyen de bandes textiles spéciales, pour garantir sa stabilité. Ces travaux et l'équipement afférent ont été payés par l'aide d'urgence demandée en vertu du Fonds du patrimoine mondial.

Pendant ce temps, la coordination des activités s'est poursuivie, notamment avec des partenaires internationaux. Une première réunion nationale d'experts a eu lieu le 20 juillet 2006, suivie par la visite d'un groupe d'experts du Japon (20-26 juillet 2006) destinée à identifier un éventuel projet commun pour la sauvegarde du bien du patrimoine mondial. En novembre 2006, une nouvelle Réunion consultative nationale a été organisée à Yogyakarta, réunissant toutes les parties prenantes impliquées dans les efforts de réhabilitation dans le domaine du patrimoine culturel à la suite du séisme de mai 2006. Qui plus est, suite à une visite du site par ses représentants, le gouvernement saoudien a décidé d'apporter une aide de 250 000 dollars EU par l'intermédiaire du bureau de l'UNESCO à Jakarta, aux efforts de réhabilitation du site.

Afin de garantir la cohérence et compatibilité de toutes ces initiatives, et également de revoir la situation dix mois après le séisme et de faire part de recommandations pour l'avenir, une réunion internationale d'experts a alors été organisée conjointement par le ministère de la Culture et du Tourisme de la République d'Indonésie et le bureau de UNESCO de Jakarta, avec un financement de l'Arabie Saoudite. Cette réunion, qui s'est tenue du 5 au 8 mars 2007, s'est traduite par l'élaboration d'un plan d'action pour la poursuite de la campagne de réhabilitation de Prambanan et d'autres biens du patrimoine affectés dans la région. Elle a rassemblé près de 100 participants, notamment une équipe interdisciplinaire d'experts indonésiens de l'université Gadjah Mada de Yogyakarta ainsi que plusieurs experts internationaux dans le domaine de la conservation du patrimoine culturel et de la gestion des risques pour le patrimoine culturel venus d'Australie, Chine, Inde, Italie, Japon et États-Unis. Lors de la rédaction de ce rapport (12 mars 2007), le plan d'action n'avait pas encore été finalisé.

Les efforts de l'État partie et de la communauté internationale pour protéger le bien du patrimoine mondial sont louables. Il y a eu en effet une extraordinaire mobilisation ces derniers mois pour aider à documenter l'état de conservation des monuments et à les stabiliser dans un premier temps. La conservation à long terme des temples, néanmoins, nécessitera des investissements considérablement plus importants et un examen minutieux de problèmes techniques très complexes dus à l'état spécifique des édifices, notamment en raison des interventions de restauration antérieures sur leur structure et comportement.

L'État partie doit par conséquent poursuivre son effort permanent en étroite coordination avec le Centre du patrimoine mondial et les autres partenaires internationaux, dont l'ICOMOS et l'ICCROM, pour s'assurer que la stratégie la plus appropriée pour la réhabilitation de l'ensemble des temples est identifiée et exécutée. À cet égard, l'organisation de réunions périodiques d'experts semble une nécessité, afin que ces experts évaluent l'état d'avancement des travaux et apportent leurs conseils. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.83

Le Comité du patrimoine mondial,

1.        Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2.        Rappelant la décision 30 COM 7B.60, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3.        Note avec satisfaction les efforts faits par l'État partie en faveur de la réhabilitation du bien du patrimoine mondial, en coopération avec l'UNESCO et d'autres partenaires internationaux, suite au séisme de mai 2006 ;

4.        Recommande à l'État partie de poursuivre de tels efforts, en étroite coordination avec le Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS et l'ICCROM, notamment en organisant des réunions périodiques d'experts pour examiner l'état d'avancement des travaux de réhabilitation et identifier les stratégies appropriées ;

5.        Encourage la communauté internationale à soutenir la mise en œuvre du plan d'action défini par la réunion internationale d'experts de mars 2007 ;

6.        Demande à l'État partie de présenter un rapport sur l'état de conservation du bien avant le 1er février 2009, en détaillant les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d'action susmentionné, pour examen par le Comité à sa 33e session en 2009.