Le rapport sur l'état de conservation soumis par l'État partie (29 janvier 2007) dresse un constat détaillé des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la décision du Comité du patrimoine mondial à sa 29e session (Durban, 2005) (29 COM 7B. 50) par le Bureau des reliques culturelles de la région autonome du Tibet depuis 2005.
En réponse aux recommandations faites par la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de mai 2005, traduites dans la décision 29 COM 7B.50, l'État partie a réalisé les activités suivantes :
a) Coordination institutionnelle de la protection et de la gestion du patrimoine
Le 15 février 2006, un comité de pilotage a été établi par le gouvernement de la région autonome du Tibet (RAT) pour renforcer la coordination des activités de protection et de gestion du bien. Le Comité est présidé par le vice-président de la RAT et compte parmi ses membres le maire de la ville de Lhassa, les responsables des départements de la Construction et de la Culture ainsi que du Bureau du patrimoine culturel et du Comité des affaires ethniques et religieuses. Le secrétariat du comité de pilotage est assuré par le directeur général du Bureau des reliques culturelles doté de ressources humaines issues de services compétents de la municipalité de Lhassa. La principale fonction du comité directeur est de revoir la gestion globale de la ville de Lhassa et la gestion au quotidien de chacun des sites du patrimoine mondial de Lhassa.
b) Redéfinition des limites du bien du patrimoine mondial
Comme demandé par le comité, l'État partie a soumis au Centre du patrimoine mondial des cartes détaillées indiquant les limites redéfinies des zones tampons du patrimoine mondial pour le palais du Potala, le temple de Jokhang et le Norbulingka. Dans les trois cas, les zones tampons ont été substantiellement agrandies. Les zones tampons redéfinies ont été formellement approuvées et promulguées par le gouvernement de la région autonome du Tibet.
c) Réévaluation et révision du plan d'aménagement urbain de Lhassa et des plans de conservation pour le bien du patrimoine mondial
Le département de la construction de la RAT et la municipalité de Lhassa sont en train de revoir le plan d'aménagement urbain de Lhassa. Qui plus est, comme demandé par les lois et procédures en vigueur, le Bureau des reliques culturelles de la RAT a demandé à l'Institut chinois de la propriété culturelle et à l'Institut d'architecture antique du Hénan d'élaborer un schéma directeur pour la protection du Palais du Potala et du Norbulingka. Ayant terminé l'arpentage des deux sites, les experts sont en train de préparer et finaliser le plan. Le Bureau est également en train de discuter de la formulation du plan pour la protection du temple de Jokhang avec l'Institut chinois de la propriété culturelle. Le plan d'aménagement urbain et de conservation révisé de Lhassa et le nouveau plan de protection du Palais du Potala, du temple de Jokhang et du Norbulingka seront promulgués après examen et approbation des autorités compétentes.
d) Activités relatives au renforcement de la sensibilisation du public
Les autorités de la RAT ont organisé des activités visant à promouvoir la valeur du bien et le travail réalisé pour sa protection, à l'occasion de la journée du patrimoine culturel en Chine. En outre, des réunions d'information sur les projets de restauration et de rénovation du Palais du Potala et du Norbulingka ont été organisées pour la presse.
Le rapport de l'État partie contient également des informations sur un projet de rénovation concernant la cour Banrao dans l'angle nord-ouest du temple de Jokhang, ainsi que sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des projets de conservation concernant le Palais du Potala (approximativement 21,3 millions de dollars EU) et le Norbulingka (8,75 millions de dollars EU) de 2002 à 2007. Des activités pour le projet de protection et entretien du temple de Jokhang devraient avoir lieu en 2008.
La zone faisant face au Palais du Potala a été nettoyée des bâtiments récents construits à partir des années 1970 et un programme de revégétalisation a été mis en œuvre. Parmi les bâtiments supprimés se trouvaient le palais de la culture des travailleurs, le marché paysan, l'Union ouvrière de Lhassa et le centre d'activités pour femmes et enfants. Des projets similaires (7,5 millions de dollars EU) pour le Norbulingka et le temple de Jokhang ont été prévus pour 2007 et 2008.
Des efforts sont faits également pour améliorer la présentation et l'interprétation du site. L'ouverture de la ligne de chemin de fer Qinghai-Tibet, depuis le 1er juillet 2006, a entraîné une augmentation considérable du nombre de visiteurs sur le bien, notamment pour le Palais du Potala. Le gouvernement de la RAT a introduit certaines mesures de gestion afin de réduire l'impact négatif d'un tourisme de masse sur les valeurs de patrimoine du bien.
Le 7 mars 2007, l'administration d'état chinoise du patrimoine culturel (SACH) a présenté au Centre du patrimoine mondial un plan de protection de la zone Shöl (cité de la neige), préparé par le Bureau des reliques culturelles de la RAT. Ce document a été transmis à l'ICOMOS pour examen et commentaires.
Le Centre du patrimoine mondial considère que le rapport soumis par l'État partie a traité tous les points soulevés par le Comité en 2005. Les efforts déployés par les autorités chinoises à cet égard sont louables.
Il est important, néanmoins que les projets du plan d'aménagement urbain de la ville de Lhassa et du nouveau plan de protection du Palais du Potala, du temple de Jokhang et du Norbulingka, actuellement révisés, soient transmis au Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS pour commentaires avant approbation définitive et promulgation par les autorités chinoises. Ces plans devront être cohérents et complémentaires et devront inclure des politiques de conservation pour les édifices traditionnels des zones historiques de la ville ainsi que des dispositions spécifiques pour l'occupation des sols au sein des zones tampons agrandies. Ils devront également être accompagnés d'une évaluation des impacts socio-économiques prévisibles des politiques de conservation adoptées par l'État partie pour le bien du patrimoine mondial sur les communautés locales, ainsi que des mesures palliatives proposées.