1.         Tipasa (Algérie) (C 193)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2002-2006

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/193/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-2001)
Montant total approuvé : 75 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/193/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien: 9.564 dollars EU sur Fonds en dépôt italiens.

Missions de suivi antérieures

Février 2002 : mission de deux experts du Centre du patrimoine mondial ; septembre 2002 : mission du Centre du patrimoine mondial; mars 2006 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Dégradations naturelles dues à l’érosion du littoral, à la présence de sels marins et à la végétation qui couvre une partie des secteurs classés ;

b) Détérioration des vestiges provoquée par des « actes de vandalisme », des vols et une fréquentation incontrôlée entraînant des dépôts d’ordures ;

c) Urbanisation des abords du site lequel, en l’absence de zone tampon définie, voit s’implanter des constructions sauvages et provoque des litiges d’ordre foncier ;

d) Egoût à ciel ouvert, du fait de l’absence de réseaux d’assainissement, dans le lit d’un ancien oued qui traverse le secteur Est pour se jeter directement dans la mer ;

e) Faibles capacités des services chargés de la conservation du site, techniques de restauration inadaptées et mauvaises conditions de conservation des dépôts archéologiques.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/193/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Suite à la mission de suivi réactif de mars 2006, chargée d’étudier la possibilité d’un retrait du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, et aux engagements fermes pris par l’Etat partie, le Comité a décidé de retirer le site de Tipasa de la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 30e session (Vilnius, 2006) tout en insistant sur la nécessité pour l’Etat partie de mettre en oeuvre tous les engagements pris.

Le 7 février 2007, le Centre du patrimoine mondial a reçu un plan de gestion, portant sur la période 2007-2012, élaboré en janvier 2007 sous la direction juridique et technique du Ministère de la Culture de l’Algérie. Dans ce plan figurent également, incluses dans certains chapitres, les mesures prises pour satisfaire les conditions posées par le Comité à l’occasion du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 30e session (Vilnius, 2006). En particulier, la décision 30 COM 7A.18 demandait expressément à l’Etat partie de prendre les mesures suivantes :

a) La délimitation du périmètre officiel des secteurs inscrits et de la zone tampon sur la base du nouveau cadastre :

Cette question est traitée dans le chapitre consacré à la gestion durable et une carte est jointe au rapport avec l’indication en couleurs de trois zones tampon (deux seulement dans la légende). Le Mausolée de Maurétanie, qui fait partie du bien inscrit, n’est mentionné ni sur la carte, ni dans le document. Le texte parle de « zone tampon prévue », et de « prescriptions spéciales », mais il n’est nulle mention de leur adoption officielle. Il est important d’avoir confirmation que tous les textes juridiques indiqués dans le document sont applicables à ces zones particulières.

b) La procédure de relogement des familles installées à l’intérieur du bien :

Celle-ci est mentionnée dans le chapitre intitulé « Mesures réparatrices consécutives à la fin des périls », sans détails précis. Il est indiqué que le relogement des habitants dans des logements sociaux attribués par le Préfet se ferait sur une période de 2 ans, entre 2007 et 2009. Néanmoins, au moment de la rédaction de ce rapport, le Centre du patrimoine mondial a reçu des plaintes des habitants indiquant leur expulsion du site en quelques jours. Cette information n’a pas encore été confirmée par les autorités algériennes.

c) Le renforcement des ressources humaines et financières :

Le personnel affecté à la gestion du site comprend 53 personnes, dont seulement un archéologue (éventuellement assisté de ceux de la Préfecture) et un technicien supérieur. Il n’y a pas d’architecte conservateur. Le document fourni par l’Etat partie mentionne les allocations financières attribuées au bien, sans indiquer une possible augmentation. Ces informations ne permettent pas de juger si la recommandation du Comité a été effectivement mise en œuvre.

d) La réalisation et la mise en application du plan de protection et de mise en valeur (PPMVSAZP) :

Il ne semble pas, au vu du document fourni, que la préparation de ce plan ait progressé depuis 2003, date du « décret portant modalités d’établissement du plan de protection et de mise en valeur ». Les étapes indiquées sont toujours d’ordre préparatoire, le choix du bureau d’études à la suite de l’appel d’offres – indiqué comme récent, mais déjà annoncé dans le rapport présenté par l’Etat partie en 2005 – n’a pas été effectué, et la date estimée de publication du plan est la fin de 2008.

e) La réalisation d’un plan de gestion du bien :

Le plan soumis par l’Etat partie ne constitue pas un « plan de gestion » à proprement parler, mais plutôt, comme indiqué d’ailleurs dans le titre du chapitre 2, des « Orientations pour la gestion ». Il traite aussi bien de la commune de Tipasa dans son ensemble que du site inscrit et de ses zones tampon.

Seuls quelques paragraphes sont consacrés à la structure administrative répartie sur deux niveaux : national, avec trois institutions sous tutelle du Ministère de la Culture, et régional, dans le cadre de la Préfecture de Tipasa. La hiérarchie et liaison entre ces organismes n’apparaissent pas clairement.

De plus, il semble qu’une certaine confusion existe entre la conception d’un plan de gestion et celle d’un plan de protection et de mise en valeur. La plupart des mesures préconisées dans l’un sont applicables à l’autre. Il serait peut-être préférable qu’un seul plan consolidé soit préparé et appliqué, intégrant les éléments de l’un et de l’autre.

Indépendamment des points ci-dessus, le document présenté par l’Etat partie mentionne divers projets dans le périmètre du bien ou aux alentours, notamment une importante opération d’aménagement du port, dans la zone tampon, comprenant l’installation de brise-lames, la mise en place de deux jetées et d’appontements, l’installation d’un bassin de plaisance et un ouvrage de protection de la falaise. Le comblement de la canalisation à ciel ouvert, indiquée comme une des menaces affectant le bien, sera réalisé après la construction de la station d’épuration. Il est proposé que l’espace ainsi libéré soit transformé en « aire d’animation du site » .

Il est également fait mention d’un plan d’urbanisme destiné à transférer un certain nombre d’activités vers le sud, lieu prévu pour l’établissement d’une ville nouvelle. Dans le chapitre intitulé « Prévention des risques », des mesures destinées à protéger l’environnement et le littoral sont indiquées comme en cours ou prévues dans l’ensemble de la commune. En particulier, d’importants travaux d’assainissement ont été engagés en vue de lutter contre les dégâts des eaux et la pollution (station d’épuration, collecteurs). En vue de résoudre les problèmes liés à la circulation automobile, il a été décidé de réaliser une voie express à trois kilomètres de la ville qui permettra de contourner, et donc de protéger, les zones archéologiques.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.54

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7A.18, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Prend note des mesures positives prises et des actions engagées par l'Etat partie pour améliorer la protection du bien, notamment dans les domaines institutionnel, juridique et de gestion ;

4. Félicite l'Etat partie pour l'amélioration de la protection du bien par les mesures prises ;

5. Demande à l'Etat partie de mettre en conformité le plan de gestion du site avec le plan de protection et de mise en valeur du site archéologique et de sa zone tampon et l'encourage à soumettre une requête d'assistance internationale au Fonds du patrimoine mondial pour l'accompagner dans les différentes phases d'élaboration et d'exécution de ce projet;

6. Prie l'Etat partie de transmettre au Centre du patrimoine mondial un complément d'information sur tous les travaux d'aménagement en cours dans le port de Tipasa;

7. Demande en outre à l'Etat partie de présenter au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, un rapport sur l'état d'avancement et de mise en œuvre des recommandations figurant aux points 5 et 6 de la présente décision.