Le 1er février 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation de la zone de nature sauvage de Tasmanie (TWWHA). Ce rapport donne des informations détaillées sur un certain nombre de problèmes liés à la conservation de la nature, notamment gestion des opérations forestières attenantes, statut des licences d’exploitation minière et des activités de réhabilitation, mais aussi changement climatique, statut de la perruche à ventre orange et problèmes de biosécurité. Il y est également fait état d’informations sur les ressources pour le patrimoine culturel aborigène et la refonte du comité consultatif du bien.
a) Opérations forestières attenantes au bien
Le rapport de l’État partie donne des détails sur la mise en œuvre de la demande formulée par le Comité, pour la création d’un mécanisme de suivi, d’évaluation et de gestion de l’impact des opérations forestières, de la construction de routes et de la régénération sur l’intégrité de la TWWHA, et des réserves attenantes, impliquant l’ensemble des parties prenantes concernées (voir 32 COM 7B.41, 34 COM 7B.38). En particulier, l’État partie souligne son engagement à garantir que les importantes zones emblématiques adjacentes à la TWWHA sont provisoirement protégées de toute activité d’abattage, le temps qu’un processus indépendant de vérification soit entrepris pour évaluer la valeur de ces zones, au nombre desquelles la Upper Florentine et des secteurs des vallées de la Styx, de l’Huon, de la Picton et de la Counsel. Cet engagement se traduit par la révision du Tasmanian Forests Intergovernmental Agreement (TFIA – accord intergouvernemental sur les forêts de Tasmanie), approuvée en 2011. L’État partie précise qu’après vérification, le gouvernement de Tasmanie accordera une protection législative aux zones identifiées comme importantes en matière de conservation. Cette protection devrait être accordée au moyen de régimes fonciers appropriés, pouvant éventuellement inclure la proposition d’inscription de zones appropriées en vue d’un ajout éventuel au bien.
L’État partie considère que le TFIA est un mécanisme approprié pour la conservation et la gestion durable des forêts indigènes publiques, incluant celles attenantes au bien, et que le système de gestion forestière traite les potentiels impacts négatifs des opérations forestières attenantes au bien, par exemple par l’application du code tasmanien des pratiques forestières (Tasmanian Forest Practices Code). Les problèmes afférents à l’intégrité du bien sont suivis et signalés via l’État de la zone de nature sauvage de Tasmanie (State of Tasmanian World Heritage Area report). L’État partie précise que la révision de ce rapport en 2014 va servir la révision en 2015 du Tasmanian Wilderness World Heritage Management Plan – plan de gestion de la zone de nature sauvage de Tasmanie, qui sera entreprise en consultation avec toutes les parties prenantes dont le Comité consultatif de la zone de nature sauvage de Tasmanie.
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives aimeraient souligner qu’un sénateur australien a soumis une lettre au président du Comité du patrimoine mondial le 14 février 2012. Cette lettre donne une liste détaillée de 18 coupes en cours dans des réserves forestières attenantes au bien (totalisant approximativement 580-820 ha) qui ne bénéficient pas de la protection provisoire, c’est-à-dire où l’abattage est autorisé. Ces coupes sont déclarées hors protection conformément à l’engagement pris en vertu du Tasmanian Forests Intergovernmental Agreement en août 2011. Les zones affectées sont les régions de la Styx, de l’Huon, de la Picton et de la Counsel. Ce problème a été porté à l’attention du Parlement australien en février 2012 et un certain nombre de ces coupes ont partiellement été enregistrées ou vont l’être en 2012.
b) Exploration minière, exploitation et réhabilitation
L’État partie reconnaît le caractère inapproprié de toute exploitation minière au sein de biens du patrimoine mondial et rapporte que les problèmes d’exploitation minière ont été résolus, et tous les baux restants ont été volontairement abandonnés. L’État partie rapporte également avoir soumis une proposition de modification mineure des limites afin d’incorporer l’aire de conservation sud-ouest (Melaleuca-Cox Bright) au bien d’autant que les licences d’exploitation minière d’Adamsfield ont expiré. Cela complète la proposition d’extension faite en 2010 par l’État partie. Les détails de cette proposition sont évoqués dans le document WHC-12/36.COM/8B.Add. L’État partie envisage de réhabiliter les sites miniers de l’aire de conservation sud-ouest, et d’exclure cette zone du Tasmanian Mineral Resources Development Act 1995 afin d’empêcher l’octroi de toute autre licence d’exploitation minière. L’UICN fait savoir qu’elle a reçu des rapports sur un projet minier dans la région de Tarkine en dehors des limites du bien, et qu’il n’est pas indiqué que la protection provisoire en vertu du Tasmanian Forests Intergovernmental Agreement s’applique à cette région. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que le Comité devrait demander des éclaircissements sur ces points.
c) Autres problèmes de conservation de la nature
L’État partie rend compte d’un certain nombre d’autres problèmes de conservation de la nature, notamment le changement climatique, le statut de la perruche à ventre orange, la biosécurité et les espèces introduites, la restauration du lac Fidler, le câble sous-marin Basslink, et les projets de développement touristique du lac St Clair.
De ces problèmes, le changement climatique demeure une menace à long terme pour le bien et l’État partie rapporte qu’un programme décennal pour suivre ces impacts sur les valeurs florales a été mis au point pour informer les mesures de gestion (une évaluation similaire pour la faune reste une priorité). L’État partie note que la perruche à ventre orange, qui fait partie de la Valeur Universelle Exceptionnelle du bien, est en danger critique d’extinction et, sans intervention réussie, risque fort de disparaître de la faune d’ici 2015. Il faut espérer que la mise en œuvre du plan d’action 2010 pour cette espèce va ralentir sa disparition et soutenir sa réhabilitation. Enfin, l’État partie signale que les problèmes de biosécurité affectant la Tasmanie peuvent menacer le bien. Un programme a été mis en place en 2011 pour réduire la diffusion et l’introduction d’espèces pathogènes et invasives, comme la tumeur faciale du diable de Tasmanie, susceptible de se répandre au sein du bien par la construction de nouvelles routes, notamment chemins forestiers dans les parcelles attenantes à la TWWHA.
d) Problèmes de patrimoine culturel
En réponse à la recommandation du Comité de renforcer l’effectif du bien de spécialistes du patrimoine culturel afin de garantir une protection et une gestion adéquates des sites culturels tant au sein du bien que dans son voisinage immédiat, l’État partie rapporte que le financement de base alloué à la gestion des valeurs culturelles aborigènes a été maintenu et que des fonds ont été obtenus pour des projets spéciaux, notamment pour l’interprétation et le suivi de l’art rupestre.
e) Comité consultatif des zones du bien
L’État partie fait savoir que le comité consultatif pour le bien va être reformé et renommé «comitéconsultatif des zones du bien». Il inclura des représentants des zones d’intérêt majeur.