1.         Églises creusées dans le roc de Lalibela (Éthiopie) (C 18)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (i)(ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/18/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2000)
Montant total approuvé : 93 300 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/18/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 2007– 300 000 dollars EU – Fonds en dépôt norvégien pour la réalisation d’un projet pilote de restauration.

Missions de suivi antérieures

Des missions d’experts pour évaluer le projet financé par l’Union européenne à Lalibela ont été effectuées en avril 1997, juillet 2004 et mars 2005 ; mission du Centre du patrimoine mondial en octobre 2005 ; mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM en juin 2006 ; mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS du 7 au 14 mars 2007.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Précipitations, infiltration d’eau et ruissellement d’eau ;

b) Absence de plans de conservation et de gestion ;

c) Caractère inapproprié, sur le plan de l’esthétique et des détails de construction, du projet d’abris pour les églises.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/18/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

A sa 30e session (Vilnius, 2006), en raison des inquiétudes suscitées par l’impact négatif potentiel des larges abris qu’il est proposé de construire au-dessus des églises dans le cadre d’un projet financé par l’UE, le Comité du patrimoine mondial a demandé à une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de se rendre sur le site afin de :

a) S’assurer que l’Etat partie a modifié le projet afin de :

(i) Mettre en place des abris temporaires réversibles ayant un impact minimal sur l’environnement,

(ii) Améliorer le réseau de collecte des eaux afin d’éviter les effets de la chute directe d’eau et de l’humidité à proximité des monuments ;

b) Revoir l’étude détaillée d’évaluation de l’impact du projet proposé ;

c) Vérifier l’avancement du plan d’action préparé par les autorités éthiopiennes conformément à la demande du Comité, plan qui doit être mis en œuvre avant le démarrage de tous travaux de construction des abris et qui doit comprendre :

(i) une description détaillée des activités du projet ;

(ii) une étude détaillée des causes de la détérioration de la structure des églises ;

(iii) un système de suivi pour le site ;

(iv) l’élaboration d’un plan de gestion global avec la participation des communautés locales.

Abris :

La mission rapporte que, malgré la complexité du système administratif de l’UE, le Centre du patrimoine mondial, en collaboration avec le gouvernement éthiopien et la Commission européenne, a réussi à faire modifier le projet pour que les abris soient plus petits et réversibles. Tout en conservant les principaux éléments du projet architectural qui avait remporté le concours d’architecture en 1997, le nouveau projet est réversible et ne présente pas de menace physique pour le site du patrimoine mondial. De plus, il a été étudié pour atténuer les risques et réduire le plus possible les dégâts environnementaux sur le site et dans ses environs pendant la construction. Enfin, le gouvernement éthiopien a également réussi à incorporer dans le contrat de l’entreprise de construction un programme d’entretien des abris. Les structures des abris seront fabriquées en Italie au cours du premier semestre 2007 et expédiées par bateau à Lalibela via Djibouti. Le montage de la structure métallique modulaire devrait démarrer en juin 2007 et se terminer en décembre 2007.

Les modifications apportées au projet et indiquées sur les plans du projet révisé sont les suivantes :

d) Fondations : les fondations reposeront sur la partie supérieure du substrat rocheux qui entoure les églises ; il n’y aura pas de travaux d’excavation. Des éléments préfabriqués en béton armé seront utilisés.

e) Structure des toits : le poids des éléments composant la structure des toits a été ramené de 200 kg à 30 – 70 kg. Cela facilitera la manutention et l’accès, ainsi que l’utilisation d’engins de construction et de matériels de transport plus légers et fournira des emplois aux ouvriers locaux.

f) Evacuation des eaux pluviales : les eaux pluviales seront évacuées par des gouttières et des canalisations débouchant dans les tranchées périphériques.

g) Entretien : l’entreprise de construction fournira au gouvernement éthiopien un programme d’entretien des abris. Les autorités éthiopiennes assureront l’entretien requis.

h) Démantèlement : l’entreprise de construction fournira au gouvernement éthiopien un programme de démantèlement des abris.

i) Impact environnemental : le projet révisé réduit l’impact environnemental des travaux de construction sur le site et le paysage. Aucune nouvelle route ne sera créée pour acheminer les matériaux de construction jusqu’au site ; la route principale, récemment construite dans le village, ne sera pas utilisée pour déplacer des engins lourds et la zone d’entreposage a été choisie de manière à réduire le plus possible l’impact visuel sur le site et ses environs.

Plan d’action pour la conservation :

Depuis la mission de juin 2006, le Centre du patrimoine mondial a élaboré, en coopération avec l’administration éthiopienne pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel (ARCCH), un plan d’action pour la conservation des églises. Ce plan d’action s’appuie sur les divers rapports de mission rédigés depuis les années 1980, ainsi que sur les résultats des campagnes de restauration menées à Lalibela dans les années 1950 et 1960. Pour aider à le définir, le Centre du patrimoine mondial a également organisé une réunion d’experts en septembre 2006. L’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial ont demandé que le plan soit élargi pour inclure l’étude historique et archéologique de l’environnement des églises, l’analyse des techniques d’excavation et de sculpture de la roche, l’analyse des mortiers, l’analyse structurale des églises, le nettoyage et la restauration des peintures rupestres, le respect de la patine des surfaces taillées dans le roc et l’intégration des archives des travaux de restauration effectués dans les années 1950 et 1960.

Le plan ainsi produit est un outil permettant de planifier et hiérarchiser les actions et de collecter des fonds. C’est ainsi qu’en plus du million de dollars de fonds de contrepartie alloués par le Fonds mondial des monuments, le gouvernement norvégien a attribué 300 000 dollars EU pour la mise en œuvre d’un projet pilote concernant la petite église de Biet Mercurios. Ce projet a pour but de remédier à la détérioration de la structure de la roche autour de Biet Mercurios, d’assurer la conservation des peintures murales et d’étudier l’effet des facteurs climatiques. Une somme de 150 000 dollars EU allouée par le Fonds mondial des monuments (contrepartie des fonds norvégiens) sera utilisée pour entreprendre des relevés, une étude archéologique, une étude structurale et une analyse des facteurs de désintégration de la roche. Ces études ont été demandées par le Comité à sa 30e session. Elles seront menées en 2007 et 2008.

Étude d’évaluation de l’impact environnemental

Cette étude n’a pas été entreprise par les autorités éthiopiennes. Toutefois, une grande partie des impacts environnementaux est abordée dans le plan révisé. Le problème des impacts permanents, comme les effets du microclimat sur les églises, doit être traité par un entretien régulier.

Solutions à long terme

Les abris, selon le projet révisé, sont temporaires et laisseront le temps de trouver des mesures de protection plus permanentes qui optimiseront la durée de vie des bâtiments et de leurs surfaces.

Plan de gestion

La nécessité d’un plan de gestion détaillé du site, comme l’a demandé le Comité, a été reconnue dans le plan d’action pour la conservation.

Le plan de gestion doit créer un mécanisme pour la mise en valeur durable à long terme des églises, ainsi que du paysage et des villages qui les entourent. Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS estiment qu’à titre d’étude de référence pour ce plan, une évaluation hydrologique des captages d’eau autour des églises s’impose, ainsi qu’une évaluation de l’évolution des méthodes agricoles et de gestion des terres au cours des 50 dernières années, afin de déterminer si les changements intervenus dans la désintégration de la structure des églises pourraient être liés à des changements environnementaux tels que la vitesse de ruissellement des eaux. Le plan pourrait aussi prévoir des options pour améliorer les services fournis au village traditionnel situé sur le site. Avant d’élaborer le plan de gestion, il convient d’améliorer la cartographie et la documentation du site et de définir les limites ainsi que la zone tampon, car elles ne sont pas indiquées dans le dossier initial de proposition d’inscription.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.46

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.40, adoptée à sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Note avec satisfaction que le Centre du patrimoine mondial a réussi, en collaboration avec le gouvernement éthiopien et la Commission européenne, à modifier le projet d'abris pour les églises au profit de structures à la fois plus petites et réversibles et félicite le gouvernement éthiopien pour sa coopération;

4. Prend note de l'élaboration d'un plan d'action en matière de conservation grâce au travail du Centre du patrimoine mondial et de l'ARCCH;

5. Prend acte du soutien opportun du gouvernement norvégien et du Fonds mondial des monuments en faveur de l'élaboration d'un projet de conservation pilote, d'études générales et d'une analyse du problème;

6. Prie instamment le gouvernement éthiopien de préparer en première priorité un plan de gestion intégré suivi d'un plan de conservation pour le développement durable du site et de son environnement, en tant que cadre d'évaluation des solutions de protection et de conservation à long terme des églises, de leurs finitions extérieures, de leurs abords taillés dans le roc et des paysages et établissements humains qui y sont associés;

7. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à Lalibela pour faire le point sur l'avancement de la construction des abris et l'élaboration immédiate d'un plan de gestion, mais aussi définir et planifier des approches à long terme pour le bien;

8. Demande au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives de renforcer les capacités de l'État partie à gérer le bien et demande aussi au Centre du patrimoine mondial d'impliquer le personnel éthiopien dans la planification et la mise en œuvre;

9. Demande également aux autorités éthiopiennes de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, un rapport sur les progrès réalisés dans la construction des abris et la planification à terme, pour examen par le Comité à sa 32e session en 2008.