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La Réserve naturelle nationale des Terres Australes Françaises

Date de soumission : 06/09/2016
Critères: (vii)(viii)(ix)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Délégation permanente de la France auprès de l'UNESCO
État, province ou région :
Terres Antarctiques et Australes Françaises
Ref.: 6163
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les États parties les ont soumis.

Description

Situées entre les 40ème rugissants et 50ème hurlants, les Terres australes françaises (archipels de Crozet et  Kerguelen,  ainsi  que  les  îles  de  Saint-Paul  et  Amsterdam) sont  les  plus  vastes  des rares  terres émergées du sud de l’océan Indien. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, les Terres australes françaises sont restées des sanctuaires de biodiversité particulièrement préservés qui recèlent un patrimoine naturel exceptionnel. Elles abritent la diversité spécifique  d’invertébrés et de plantes la plus importante des îles subantarctiques et celle des oiseaux et mammifères marins figure parmi les plus riches de la planète. Plantes  et  animaux  présentent  des  adaptations originales développées au cours de plusieurs millions d’années d’évolution dans un isolement total, à des milliers de kilomètres de tout continent. La préservation de ces territoires joue un rôle majeur dans le maintien de la biodiversité au niveau international.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionelle

La Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises est constituée de l’île d’Amsterdam, de l’île de St-Paul, de l’archipel de Crozet et des îles de Kerguelen. Elles sont situées dans le sud de l’océan Indien, s’échelonnant entre la zone subantarctique avec les îles Crozet et Kerguelen et la zone subtropicale avec les îles Saint-Paul et Amsterdam. La réserve naturelle comprend la totalité de la surface terrestre de ces îles ainsi que tout ou partie de leurs eaux territoriales pour une surface totale de 7 000 Km² de domaine terrestre et 15 700 Km² de domaine marin. Situées à plus de 2 000 kilomètres de tout continent, les Terres australes françaises comptent parmi les îles les plus isolées au monde.

Découvertes au 18e siècle et très peu exploitées depuis, ces îles conservent un patrimoine écologique en excellent état de conservation. En raison de leur origine océanique, de leur isolement extrême, de leurs caractéristiques géologiques et des contraintes climatiques, des habitats très particuliers se sont développés. Ils abritent une faune et une flore présentant des adaptations originales et un endémisme prononcé. Refuge essentiel pour des millions d’oiseaux et de mammifères marins, ces îles sont le siège d’interactions étroites entre le milieu marin et les écosystèmes terrestres.

Critère (vii) : Les Terres australes françaises présentent des paysages uniques, forgés par la mer et les vents violents. Comptant parmi les rares « îles vraies », ces terres n’ont jamais été en contact avec d’autres continents. Ces îles chargées d’histoire alimentent encore aujourd’hui l’imaginaire des aventuriers et navigateurs. 

Elles présentent des paysages volcaniques diversifiés dont le point culminant, le Mont Ross à Kerguelen, s’élève à 1850 m. La Grande Terre de Kerguelen, qui s’étend sur 130 Km d’est en ouest et sur 120 Km du nord au sud, abrite des paysages variés, tels que la calotte glacière Cook qui surplombe des zones plates et marécageuses, de nombreux fjords qui s’enfoncent parfois sur plus de 10 Km en terre, de nombreuses presqu’îles (Jeanne d’Arc, Loranchet…), et de multiples baies dont le Golfe du Morbihan (100 Km²) qui forme une mer fermée abritant l’endémique dauphin de Commerson. Sur l’île Saint-Paul, l’effondrement de toute la partie Est de l’île a créé une caldeira envahie par la mer.

A Amsterdam enfin, le plateau des Tourbières présente une vaste étendue couverte de tourbières saturées en eau qui abrite l’unique population d’albatros d’Amsterdam.

Ces sites sont le théâtre d’une nature sauvage brute et préservée des impacts anthropiques. Les colonies d’oiseaux marins de plusieurs centaines de milliers de couples s’étendent à perte de vue. On peut noter en particulier la colonie de manchots royaux de l’Ile aux cochons à Crozet qui rassemble près d’1 million de reproducteurs, soit la plus grande colonie au monde. Les côtes de Kerguelen sont également marquées par la population d’éléphants de mer, la deuxième plus importante au monde avec près de 260 000 reproducteurs. Ces rassemblements uniques contribuent à l’importance esthétique exceptionnelle des Terres australes françaises.

Critère (viii) : Les Terres australes françaises sont des témoins uniques de l’évolution géologique complexe de l’océan Indien depuis des millions d’années. 

Les îles Kerguelen sont ainsi devenues une cible privilégiée des géologues pour qui elles représentent un exemple unique d’informations géologiques sur des terres émergées de grandes surfaces (120 x 150 Km) liées au magmatisme intraplaque et situées dans une région de l'océan Indien où les îles sont rares. Ces îles représentent une véritable fenêtre sur le manteau profond de l’océan Indien, un forage naturel  de  près  de  60km  de  profondeur  aujourd’hui  exposé  au-dessus  du  niveau  de  la  mer. Les particularités géologiques sont observables sur l’ensemble de l’archipel, notamment des exemples de basalte de plateau (Port Kirk, Golfe du Morbihan, Plateau central), de lac de lave figé (Plateau des Sept Laux), de volcanisme tabulaire (La Table) ou encore de sources chaudes (Monts des Fumerolles, Val Travers). Les îles recèlent également un riche patrimoine en termes de minéraux (jaspes, zéolites, leucite, sanidine, biotite, amphibole, pyroxène, olivine etc.)

Dans l’archipel de Crozet, les îlots des Apôtres sont constitués des plus vieilles laves de ce groupe d’îlots et sont les vestiges d'un vaste édifice volcanique dont le démantèlement est désormais quasiment complet. Bel exemple de volcan bouclier (vaste  volcan conique avec, en son centre, un large cratère volcanique rempli de lave fluide), l’île de l’Est est une des plus vielles îles, la plus importante en volume mais aussi l’une des plus originale de l’archipel de Crozet compte tenu de la présence de roches plutoniques différenciées intrusives dans les coulées de laves formant le bouclier.

L’île d’Amsterdam représente la partie émergée d'un grand massif volcanique qui culmine à 881 m au Mont de la Dives. Ce mont est en réalité le point le plus élevé du mur d'une caldeira, située presque au centre de l'île, dont le fond est occupé par des tourbières. Saint-Paul, quant à lui, représente la partie Sud Ouest d'un volcan partiellement effondré par le jeu de failles parallèles à la ride Sud-Est indienne.

Les Terres australes françaises sont donc un maillon indispensable à la compréhension de la géodynamique de l’Océan Indien et offrent un intérêt unique pour la connaissance du magmatisme en contexte géodynamique intraplaque océanique.

Critère (ix) : Préservées de l’impact direct de l’Homme, les Terres australes françaises fournissent des modèles d’étude de l’évolution des espèces en milieux insulaires rares et remarquables. 

L’isolement de ces îles des autres continents pendant des milliers d’années a permis le développement d’un endémisme strict ou régional fort, qui concerne près d’un quart du vivant. Elles abritent par exemple l’unique population d’albatros d’Amsterdam, l’un des oiseaux les plus rares au monde. On y trouve également le Phylica arborea, le seul arbre des îles subantarctiques, endémique d’Amsterdam et de l’archipel Tristan Da Cunha (Royaume Uni). On estime par ailleurs que certaines espèces sont des  reliques  de  l’ère  tertiaire,  comme  le  chou  de  Kerguelen.  Enfin,  les  conditions  climatiques et environnementales subantarctiques si particulières des Terres australes ont déclenché, chez certaines espèces, des adaptations singulières : incapables de diriger leurs mouvements en raison du vent, de nombreux insectes, comme des papillons ou des mouches, ont ainsi perdu tout ou partie de leurs ailes. 

Les îles australes sont également un lieu privilégié pour l’étude des interactions entre les milieux terrestres et marins. Situées à proximité du front polaire et de la convergence subtropicale, les eaux associées aux îles sont particulièrement riches en espèces pélagiques (crustacés, calmars, poissons, etc.). Elles constituent l’essentiel des ressources trophiques des oiseaux de mer et des pinnipèdes qui se rassemblent par milliers sur le site. 

Ces îles offrent en outre la possibilité de travailler sur un gradient allant du subtropical (Saint-Paul et Amsterdam) au subantarctique, au niveau du Front Polaire (Kerguelen) en passant par le nord de ce front (Crozet). Sièges d’un fort retrait glaciaire depuis plus de 30 ans, d’une diminution de plus de 50% de  la  pluviométrie  et  d’une  augmentation  de  1,3°  de  la  température  moyenne  annuelle,  les  îles australes  constituent  des  observatoires  uniques  des  modifications  climatiques,  non  seulement  de l’océan Indien et de l’océan Austral, mais plus globalement de tout l’hémisphère sud. Cette situation est unique pour aborder les questions relatives aux changements climatiques et leurs conséquences sur la biodiversité.  C’est  pourquoi  l’île  d’Amsterdam  a  été  choisie  pour  abriter  une  des  deux  stations d’enregistrement du dioxyde de carbone (CO2) qui sont la base de référence pour les discussions du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

Critère (x) : Les Terres australes françaises sont de véritables sanctuaires de la biodiversité au niveau mondial. Leur répartition sur les zones subtropicales et subantarctiques permet l’expression d’une richesse biologique diversifiée et remarquable, dont l’importance est unanimement reconnue par la communauté scientifique. 

Les habitats présentent la plus grande diversité des îles subantarctiques. Les îles Saint-Paul et Amsterdam affichent un nombre important de tourbières qui présentent un fort endémisme et des adaptations physiologiques uniques des espèces qui y vivent. Les zones humides marines et côtières des Terres australes françaises, ainsi que leurs rivages, sont source de nourriture pour les nombreuses populations d’oiseaux marins et d’otaries qui viennent également s’y reproduire. Par ailleurs, les plateaux continentaux qui entourent ces îles offrent les rares zones peu profondes de l’océan, où la vie marine peut se développer intensément, ce qui explique la richesse des communautés animales des îles Kerguelen et Crozet, véritables oasis au cœur d’un océan relativement pauvre en biodiversité. Les principaux milieux (peuplements de macrocystis et de laminaires, massifs de coraux noirs antipathaires, fonds à gorgonaires, madréporaires et éponges, etc.) constituent un patrimoine biologique de premier ordre qui n’a pratiquement pas été perturbé.

Situées à plus de 2 000 kilomètres de tout continent, les Terres australes françaises constituent des sites d’importance majeure pour des espèces marines se reproduisant à terre. Considérés comme « le poumon » de l’avifaune de l’océan Indien, les archipels de Crozet et de Kerguelen accueillent plus de 50 millions d’oiseaux, soit la plus grande communauté d’oiseaux marins au monde. Au total, la Réserve abrite 48 espèces d’oiseaux et pour quinze de ces espèces, au moins la moitié de la population mondiale se reproduit sur les îles. C’est le cas du manchot royal, du pétrel noir, du pétrel de Kerguelen, du pétrel bleu, ou encore du pétrel plongeur de Géorgie du Sud. Crozet à lui seul abrite plus de 80% de la population mondiale de pétrel de Salvin. La falaise d’Entrecasteaux, site remarquable de l’île d’Amsterdam, abrite plus des trois quarts de la population mondiale d’albatros à bec jaune. Outre l’importance de ces populations, la faune aviaire des Terres australes françaises brille par sa spécificité. On y dénombre huit espèces endémiques, notamment le canard d’Eaton, le cormoran de Kerguelen ou une sous-espèce de labbe antarctique.

Les Terres australes françaises sont également des lieux essentiels pour la reproduction des mammifères marins. Les plages de Kerguelen accueillent la seconde population mondiale d’éléphants de mer du sud et les eaux côtières de l’archipel abritent la seule population d’une sous-espèce du dauphin de Commerson. D’importantes colonies d’otaries de Kerguelen et d’otaries d’Amsterdam se reproduisent sur les plages de ces îles. De nombreux cétacés, dont les orques et les baleines, fréquentent également les eaux côtières de la Réserve.

Parmi les espèces présentes dans la Réserve, 25 sont considérées menacées par la Liste rouge de l’IUCN, dont 14 oiseaux. L’endémique albatros d’Amsterdam, dont la population actuelle est estimée à 180 individus, est classé en danger critique d’extinction. Le plateau des Tourbières à Amsterdam qui abrite cette population a ainsi été classé site AZE (Alliance for Zero Exctinction). A St Paul, la seule population mondiale de prions de Mcgillivray, sauvée de l’extinction grâce à la dératisation de l’île en 1997, est aujourd’hui classée vulnérable. En outre, la plupart des espèces présentes sur les Terres australes sont protégées par les conventions internationales telles que la Convention de Bonn, la CITES, la convention RAMSAR, l’ACAP ou les directives européennes oiseaux et habitats.

Par ailleurs, l’archipel de Crozet, les îles Marion, du Prince-Edward et Del Cano ont été identifiées comme EBSA (Ecologically and Biologically Significant Areas) par la Convention sur la Diversité Biologique. La Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises est donc un refuge essentiel  pour la protection de ces espèces à fort enjeu de conservation à l’échelle mondiale.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

Isolées au milieu de l’océan Indien, les Terres australes françaises n’ont été découvertes qu’au 18e siècle. L’exploitation des ressources naturelles, restée très limitée, a été totalement stoppée au cours des années 1970. Depuis 2006, ces territoires sont classés en Réserve naturelle nationale, le plus haut niveau de protection à l’échelle française. Les seules activités humaines autorisées sont des opérations scientifiques, qui sont strictement règlementées, ainsi que la  pêche à la langouste sur Saint-Paul et Amsterdam, qui fait l’objet d’un suivi rigoureux par le Muséum National d’Histoire Naturelle. Une grande partie du territoire fait par ailleurs l’objet d’un classement en Réserve intégrale,où aucune activité n’est autorisée (catégorie 1a de l’UICN). La Réserve englobe l’intégralité de la partie terrestre des Terres australes françaises (7 000 Km²) et une grande partie de leurs eaux territoriales (15 700 Km²), conférant ainsi au bien une parfaite représentativité des caractéristiques et processus qui le constituent. L’isolement naturel des îles et les strictes mesures de gestion mises en place ont permis lemaintien d’un environnement quasi-intact présentant une diversité exceptionnelle d’espèces et d’habitats.

Néanmoins, l’intégrité de ces écosystèmes repose sur de fragiles équilibres que la moindre perturbation peut mettre à mal. Outre les impacts des changements globaux qui ne peuvent être traités à cette échelle, les espèces exotiques envahissantes constituent une menace réelle pour ces îles; en ce sens, elles représentent une priorité du Plan de gestion de la Réserve naturelle nationale. Des actions d’éradication de plantes et de mammifères (en particulier du chat) sont en cours et les agents mettent en place des mesures strictes de biosécurité pour éviter la dissémination d’éléments pathogènes et de plantes invasives. La Réserve a aujourd’hui à son actif divers exemples réussis d’éradication, notamment sur l’île Australia (rats et souris), l’île Longue (moutons) et l’île Haute (mouflons) dans l’archipel des Kerguelen. Des mesures de restauration sont également à l’œuvre, notamment pour le Phylica arborea à Amsterdam, le seul arbre des îles subantarctiques qui est endémique d’Amsterdam et de Tristan da Cunha. Grâce à ces différentes mesures, de nombreuses îles restent encore préservées de toute espèce exotique. Ce système de gestion éprouvé, sur un territoire d’envergure et d’une telle richesse spécifique, renforce l’originalité de ces territoires et assure le maintien de leur intégrité pour l’avenir.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Plusieurs territoires remarquables de la région subantarctique ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. On peut citer en particulier les Îles Heard et McDonald (Australie), l’Île Macquarie (Australie), les Îles de Gough et Inaccessible (Royaume-Uni), ainsi que les Îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande qui abritent des habitats et une biodiversité d’exception. Ces territoires présentent des caractéristiques environnementales et biologiques similaires aux Terres australes françaises, notamment un climat subantarctique, la présence de larges populations d’oiseaux marins et de mammifères marins, un fort taux d’endémisme et une forte interaction des milieux marin et terrestre. Ils font également face aux mêmes enjeux de gestion tels que la lutte contre les espèces exotiques envahissantes ou l’atténuation des impacts liés au changement climatique. 

Cependant, la  Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises est le seul territoire de l’océan Indien qui s’étend sur un tel gradient latitudinal, incluant des zones subtropicales et subantarctiques, du 40ème au 50ème parallèle sud. Les îles volcaniques qui la composent sont les seules « îles vraies » de cette région et n’ont jamais été en contact avec un continent. Ce sont également les zones émergées les plus importantes avec près de 7 000 Km² de domaine terrestre, les biens précédemment cités s’étendant de 370 à 5 400 Km². Le plateau continental de Kerguelen, le plus grand de l’océan Indien avec près de 100 000 Km², est une des zones marines les plus riches de la région présentant une grande diversité de poissons démersaux. L’archipel de Kerguelen à lui seul  compte près de 3, 500 îles, soit 2 800 Km de côte, l’équivalent du périmètre côtier de la France métropolitaine. La calotte Cook sur Kerguelen, qui culmine à 1 049 mètres d'altitude et couvre environ 400 Km², est le deuxième plus grand glacier d’Europe.

Les Terres australes françaises accueillent par ailleurs la plus forte concentration d’oiseaux au monde avec plus de 50 millions de reproducteurs mais aussi la plus grande diversité avec 34 espèces d’oiseaux marins. Pour quinze d’entre elles, plus de la moitié de la population mondiale se reproduit sur les îles, dont l’emblématique manchot royal. Elle accueille également la deuxième plus grande population d’éléphants de mer après celle de la Géorgie du Sud. Le taux d’endémisme dans ces îles est inégalé dans la zone subantarctique avec de nombreuses espèces endémiques de plantes, d’invertébrés, d’oiseaux, mais aussi de mammifères marins comme le dauphin de Commerson.

Pour connaitre et protéger ce patrimoine d’exception, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises a mis en place depuis 2006 un système de gestion efficace, alliant recherche scientifique et protection de la biodiversité. De toute la région subantarctique, la France est le pays qui accueille le plus de chercheurs (en moyenne 180 à 200 chercheurs par an) et qui produit le plus de publications scientifiques sur la zone. Des équipes de chercheurs et des agents de la Réserve sont présents en continu sur le site, ce qui permet une meilleure connaissance et une meilleure gestion de ce patrimoine exceptionnel.