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La réserve de Biosphère de la Mare aux Hippopotames de Bala

Date de soumission : 24/01/2012
Critères: (ix)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Ministère de la Culture et du Tourisme
Etat, province ou région :
Région des Hauts Bassins, Province du Houet
Coordonnées N11 36 16 W04 11 02
Ref.: 5655
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

La réserve de biosphère de Bala (Mare aux hippopotames) est située à une soixantaine de kilomètres au Nord-est de Bobo Dioulasso  à cheval entre les Départements de Satiri et de Padéma. Elle est entourée de dix villages auxquels son rattachés plusieurs gros hameaux de culture pour une population totale estimée à 40 000 habitants. Son climat est de type sud soudanien avec une pluviométrie annuelle d’environ 1200 mm. La superficie de la réserve est de 19 200 ha. Ses principales composantes sont : 

Une mare qui s’étend dans le sens N/NW-S/SE, d’environ 2,600 K m de long et 700 m de large.

Elle comprend en outre une forêt de mares de 660 ha et de plaines d’inondation le long des lignes de drainage de 864 ha. La végétation aquatique et celle des zones d'inondations se composent d’espèces flottantes (Prapia stratioides, Eschornia matans azola sp, Neptunia, Ipomea sp.), d’un fourré dense composé de Ficus congensis, Canthium cornelia… et d’une formation herbacée dense composée de Vetiveria nigratana, Hyparrhenia rufa… En fin de saison sèche, la surface du lac se  réduit de 160 à 120 ha et est couverte par une végétation aquatique dense. 

Le reste de la réserve comprend 1 756 ha de forêt galerie et 11 000 ha de savane boisée. Les forêts galeries sont composées d’espèces telles que Berlinia grandiflora, Vitex doniani etc. Un boisement de forêt dense sèche (4920 ha) se développe dans le prolongement de la mare sur une zone alluvionnaire irriguée par plusieurs petits marigots. La spécificité de la formation s'affirme par la présence d'espèces de la zone guinéenne ou sud soudanienne telles que Chlorophora excelsa, Berlinia grandiflora, Morus mesozygia, Deimbollia pinnata, Ceiba Pentandra. 

Les forêts claires sont composées de Pterocarpus ericaceus, Prosopis africana, Daniellia oliveri, Ostryderis stuhlmani avec une strate arbustive peu développée et à base de Combretacées. Les savanes arborées sont composées de strate arborée claire et tapis graminéen pérenne à Andropogon gayanus et Schizachyrium sanguineum et d’espèces telles que Isoberlinia doka, avec en petits peuplements monospécifiques, Terminalia spp, Daniellia oliveri et Butyrospermum parkii. Les savanes arbustives sont composées de Detarium microcarpum, Combretum Jamprocarpum, Crossopterix febrifuga. 

La mare constitue une importante zone de migration d'oiseaux (plus de 160 espèces dont 27 espèces d’oiseaux d’eau et 133 espèces d’oiseaux savanicoles). Elle est classée site RAMSAR depuis 1990 et zone d’importance pour les oiseaux. On y trouve des espèces peu fréquentes au Burkina Faso comme le Jacana nain (Microparra capensis), le Colombar maitsou (Treron australis) et le Trogon narina (Apaloderma narina). 

Espace d’habitats très diversifiés de zones humides, cette réserve de Biosphère regorge un potentiel faunique mammalien caractéristique de 16 espèces. Cette faune  est célèbre pour ses hippopotames (Hippopotamus amphibius) qui vivent en permanence dans la mare d’où découle le nom de la Réserve : « Réserve de Biosphère de la Mare aux Hippopotames». Les mesures de conservation ont permis un léger accroissement de l’effectif qui est passé de 33 individus en juin 2006 à une soixantaine d’individus (UICN,2008).D’autres mammifères sont également présents dans la Réserve, notamment l’éléphant (Loxodonta africana) (une cinquantaine d’individus en 2005 (UICN, 2008), le guib harnaché (Tragelaphus scriptus), l’hippotrague (Hippotragus equinus), le phacochère (Phacochoerus africanus), l’ourébi (Ourebi ourebi), le céphalophe de Grimm (Sylvicapra grimmia), le waterbuck (Kobus ellipsiprymnus), le singe patas (Erythrocebus patas), le babouin (Papio anubis). A coté de cette faune mammalienne, vit une avifaune riche et variée. Site de migration d'oiseaux (Bakyono, 1997), cette mare abrite 10 familles d’oiseaux d’eau (OUEDA, 2003). Elle enregistre 43 espèces de poisson, (LEVEQUE et PAUGY, (1999); cité par le MECV (2004), offrant ainsi à la pêche une place importante dans les activités des populations riveraines. (PAGEN, 2006). De nos jours, la réserve répond toujours au souci qui a justifié son classement ; celui de créer des barrières végétales climatiques au regard de l’importance d’une biocénose très diversifiée. Son caractère unique lui a valu d’être déclaré Réserve de Biosphère par l’UNESCO en 1987.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionelle

Critère (ix) : La mare aux hippopotames, classée réserve de la Biosphère depuis 1987, constitue une aire naturelle, un lieu où les processus biophysiques et les caractéristiques des formes terrestres sont restés relativement intacts à la faveur des efforts de conservation endogènes traditionnels développés par les communautés depuis longtemps. Il s’agit d’une relique de formations caractéristiques des complexes écologiques de type guinéen en cours de  mutation En termes de valeurs écologiques, la réserve assure la conservation de la diversité biologique, la recharge de la nappe phréatique, la prévention ou la régulation des inondations, la stabilisation du microclimat, la lutte contre l’érosion, la rétention d’éléments nutritifs, la protection contre les tempêtes et les tourbillons. D’apparence d’un écosystème en transition, ce site se réclame toujours zone de migration d'oiseaux (plus de 160 espèces dont 27 espèces d’oiseaux d’eau et 133 espèces d’oiseaux savanicoles (OUEDA, 2003). La spécificité de la formation de la galerie forestière marquée par la présence d'espèces de la zone guinéenne ou sud soudanienne telles Chlorophora excelsa, Berlinia grandiflora, Morus mesozygia, Deimbollia pinnata, Ceiba Pentandra et la proportion plus importante de la superficie de la savane boisée annoncent un processus écologique ralenti grâce aux mesures de conservation tout à fait participatives.

Critère (x): la réserve contient les habitats naturels les plus représentatifs des biomes soudano guinéens et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique. Ces fonctions assurent la grande diversité d’habitats et d’espèces mammaliennes et aviaires même les plus rares de la sous région comme Jacana nain (Microparra capensis), le Colombar maitsou (Treron australis) et le Trogon narina (Apaloderma narina). L’évolution progressive des effectifs d’hippopotames de 33 individus en juin 2006 à une soixantaine d’individus en 2008 (UICN, 2008) et la présence d’espèces indicateurs de biotopes comme l’éléphant (Loxodonta africana) et le guib harnaché (Tragelaphus scriptus) témoignent d’une santé écologique propice exceptionnelle à la conservation des biomes représentatifs des écosystèmes guinéens. 

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

La forêt comprend 660 ha de mares et  864ha de plaines d’inondations le long des lignes de drainage. La végétation aquatique et celle des zones d'inondations se composent d’espèces flottantes, d’un fourré dense composé de Ficus congensis, Canthium cornelia… et d’une formation herbacée dense composée de Vetiveria nigratana, Hyparrhenia rufa… En fin de saison sèche, la surface du lac se  réduit à 120 ha et est couverte par une végétation aquatique dense.

Le reste de la réserve comprend 1 756 ha de forêt galerie et 11 000 ha de savane boisée. Les forêts galeries sont composées d’espèces telles que Berlinia grandiflora, Vitex doniani etc. Un boisement de forêt dense sèche (4920 ha) se développe dans le prolongement de la mare sur une zone alluvionnaire irriguée par plusieurs petits marigots. La présence d'espèces de la zone guinéenne ou sud soudanienne telles Chlorophora excelsa, Berlinia grandiflora, Morus mesozygia, Deimbollia pinnata, Ceiba Pentandra est un indicateur pertinent d’un niveau de conservation acceptable par 40 000 âmes vivant dans la périphérie de la réserve.

Les forêts claires sont composées de Pterocarpus ericaceus, Prosopis africana, Daniellia oliveri, Ostryderis stuhlmani avec une strate arbustive de Combretacées. Les savanes arborées sont composées de strate arborée claire et d’un tapis graminéen pérenne à Andropogon gayanus et Schizachyrium sanguineum et d’espèces telles que Isoberlinia doka, avec en petits peuplements monospécifiques, Terminalia spp, Daniellia oliveri et Butyrospermum parkii. Les savanes arbustives sont composées de Detarium microcarpum, Combretum Jamprocarpum, Crossopterix febrifuga.

La mare constitue une importante zone de migration d'oiseaux (plus de 160 espèces dont 27 espèces d’oiseaux d’eau et 133 espèces d’oiseaux savanicoles) et regorge 16 espèces de mammifères caractéristiques. Elle a été classée Réserve de la Biosphère par l’l'UNESCO en 1987 puis site RAMSAR depuis 1990, zone d’importance pour les oiseaux. On y trouve des espèces peu fréquentes au Burkina Faso comme le Jacana nain (Microparra capensis), le Colombar maitsou (Treron australis) et le Trogon narina (Apaloderma narina). La mare aux hippopotames se caractérise par une  santé écologique des habitats qui justifie l’augmentation des prises de poisson, de la diversité spécifique et des effectifs de la faune aviaire et mammalienne. Elle est la seule unité hydrologique qui soutient les étiages du fleuve Mouhoun. 

Des études conduites par l’UCF-HB en 2004 faisaient remarquer que les eaux de la mare présentaient des caractéristiques physico-chimiques normales. Les valeurs des paramètres mesurés (les températures, la turbidité, le pH, oxygène dissous et la conductivité) sont compatibles au développement des biocénoses de la mare.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Formations reliques représentatives des types d’écosystème (soudano-guinéen) en transition, la mare aux hippopotames présente une similitude contextuelle avec le parc national de Taï situé au Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. Ce parc déjà reconnu réserve de Biosphère en 1978 a été  inscrit au Patrimoine Mondial depuis 1982 et, constitue l'un des derniers vestiges importants de la forêt tropicale primaire d’Afrique de l'Ouest. Dans la même  zone phytogéographique, la mare aux hippopotames de Bala peut être comparée au parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire, aussi reconnu réserve de Biosphère de l’UNESCO  et classé site du Patrimoine Mondial depuis 1981. Il est situé au nord-est de la Côte d’Ivoire, dans une zone de transition entre la savane soudanienne et la zone forestière guinéenne. Comme la mare aux hippopotames, ce parc  est caractérisé par une grande diversité biologique et une large gamme de paysages. L’éléphant  de savane (Loxodonta africana) est pour ce parc de la Comoé ce qu’est l’hippopotame (Hippopotamus amphibius) à la « mare aux hippopotames de Bala ». Comme le Parc national du Djoudj (Sénégal), une zone humide de 16 000 ha, la faible superficie n’est point une limite à sa valeur écologique intrinsèque de zone humide d’importance internationale regorgeant des exemples représentatifs de flore et de faune  d’écosystèmes en transition.