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Oasis de Gabès

Date de soumission : 28/05/2008
Critères: (iv)(vii)(x)
Catégorie : Mixte
Soumis par :
Ministère de l'Environnement et du Développement Durable
Etat, province ou région :
Gouvernorat de Gabès
Coordonnées N33 51.971 E10 2.979
Ref.: 5386
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

L'oasis de la région de Gabès est une ancienne oasis traditionnelle littorale qui doit son existence à trois ressources naturelles et patrimoniales: (i) Un sol, généralement sablonneux, qui à travers du temps a acquis sa caractéristique propre suite à l'utilisation des engrais naturels. (ii) Une eau jaillissante aux endroits où les nappes profondes affleuraient à la surface. (iii) un palmier dattier qui forme leur parasol qui crée leur climat exceptionnel. Ces trois ressources vitales ont permis la création d'un écosystème unique et originale, situé dans un désert environnent. L'attraction qu'exerce l'eau et la verdure confère à cet espace les caractéristiques d'un refuge et d'un lieu de vie pour des nombreuses espèces végétales et animales. Les hommes ont contribué, grâce à une relation d'équilibre et à un système d'irrigation collective, à l'existence et à la pérennité de ces agro-écosystèmes oasiens. Cet ensemble des paramètres (ressources naturelles, végétales, animales, et humaines) constitue ainsi les piliers interdépendants du système oasien. Les composantes biologiques du système oasien : L'oasis se distingue par son microclimat qui permet l'existence d'une importante diversité végétale, elle-même génératrice d'une grande diversité animale. En effet la présence du palmier dattier rend possible l'existence d'autres cultures en jouant le rôle de brise vent, en fournissant de l'ombre et en diminuant le degré de sécheresse de l'air. L'oasis est donc un milieu riche en biodiversité végétale et animale. En outre, dans la région de Gabes, caractérisée par son climat aride, les faibles ressources en eau obligeait à une occupation intensive des parcelles qui est matérialisée par un système de culture à trois étages: palmiers, arbres fruitiers et cultures annuelles ou pluriannuelles. De plus, les impératifs d'une économie vivrière imposaient la diversification des cultures et des productions agricoles, ce qui explique la grande diversité de la flore oasienne. La flore oasienne: La flore se trouve à la base du processus de production biologique, une meilleure connaissance des ressources végétales permet la préservation du patrimoine génétique local global et sa réhabilitation. - Le palmier dattier: L'oasis de Gabès était connue par l'extrême richesse des variétés des palmiers. Le palmier dattier est considéré comme pilier de l'écosystème oasien. 45 variétés ont été inventoriées dans l'oasis de Gabès. Il s'agit pour la plupart de variétés communes. II existe cependant plusieurs autres variétés moins répandues. - Les arbres fruitiers: L'homme a intégré dans la palmeraie la culture à étage afin d'optimiser la rentabilité. Ainsi, une multitude d'espèce d'arbres fruitiers poussent à l'ombre des palmiers dattiers et constituent le deuxième étage de ce système de culture. Parmi elles, les principales sont représentées par les grenadiers, les abricotiers et les figuiers. Il y a d'autres espèces qui sont moins cultivées, mais qui sont connues depuis l'antiquité, comme les pommiers, les vignes, les pêchers et les mûriers. - Les cultures de l'étage inférieur: L'oasis de Gabès est très riche en diverses cultures et plantes fourragères. En effet, depuis l'antiquité cette oasis s'est distinguée par son culture maraîchère (carottes, navets, oignons,. . .) ce qui permettait une certaine autosuffisance en ces produits et répondait à une règle première: produire pour la consommation locale. L'oasis de Gabes s'est également distinguée par la culture du tabac mais aussi par celle de la luzerne, connue par sa productivité très élevée, dans ce climat oasien. Cependant, le manque de données (rareté voire même absence des études et des enquêtes) ne permet pas pour l'instant d'évaluer l'importance réelle de la diversité de ce patrimoine. Les plantes naturelles: Cantonnée aux zones arides, l'espace oasien a constitué depuis toujours un refuge des nombreuses espèces végétale, annuelles ou .pérennes, qui reculaient devant l'aridification du climat. Cependant, le manque flagrant de données ne permet pas d'avoir une idée précise sur l'importance de la diversité des plantes naturelles. La faune: Dès l'antiquité, l'oasis a joué le rôle de refuge et de lieu de survie ou de passage pour une multitude d'espèces et de populations animales qui n'auraient pas pu faire face aux rudes conditions environnementales de ces régions arides. L'eau, l'ombre et les multiples ressources nourricières offertes par l'oasis ainsi permis à certaines espèces animales de survivre et de se propager et à d'autres (oiseaux migrateurs) de se reposer, de se restaurer, de récupérer leur force avant de continuer leur route vers les lieux de migration. L'oasis constitue en fait les lieux de repos pour de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs. 1. La faune domestique: Dans l'oasis, l'agriculture était étroitement liée à l'élevage ce qui contribuait, en grande partie, au maintien de l'équilibre de l'écosystème oasien. Ainsi, l'homme a, dès l'Antiquité, sélectionné et domestiqué des espèces animales qui lui permettaient d'avoir une autonomie dans ces îlots de vie. Les espèces traditionnellement domestiquées sont les ovins, les caprins, les ânes, les mules, les chevaux, les lapins et les poules. 2. La faune sauvage: Avec son eau, son ombre et ses multiples ressources nourricières, l'oasis représente un lieu de vie et de passage (oiseaux migrateurs) privilégié pour une multitude d'espèces sauvages qui n'auraient pas pu perdurer dans cette région aux conditions rudes. a- La faune aquatique: La faune aquatique dulcicole de l'oasis semble réduite et n'est représentée que par des Protozoaires, quelques Invertébrés et Vertébrés mais l'absence de données ne nous permet pas d'identifier véritablement les espèces et connaître leur nombre et leur répartition et sein de l'oasis. b- La faune terrestre: La faune terrestre de l'oasis est plus riche et est représentée par plusieurs groupes: Nématodes, Annélides, Mollusques, Aranéides, Scorpionides, Myriapodes, Insectes, Reptiles, Oiseaux, Mammifères. Cependant, l'absence de recherches spécifiques et d'études exhaustives ne permet pas pour le moment de connaître l'importance de la diversité de cette faune et le rôle biologique et écologique de ses représentants et son impact sur les autres composantes biologiques de l'écosystème. L'oasis: systèmes et paysages intimement liés à l'action de l'homme Les oasis en Tunisie constituent une forme très élaborée d'irrigation collective et dont la conception est très ancienne. En effet l'ensemble de ces systèmes d'irrigation est basé sur la mise en commun et le partage des eaux des différentes sources entre les parcelles par un réseau complexe de canaux d'irrigation. C'est ce système d'irrigation collectif et l'organisation des cultures en trois étages qui ont permis à ces paysages caractéristiques des oasis tunisiennes de perdurer à travers les siècles jusqu'à aujourd'hui . L'oasis de Gabès est en effet restée jusqu'au début des années soixante dix comme l'exemple type de l'oasis littorale avec son système de culture diversifié associant une variété de culture dans un système d'étages. Le contexte économique régional est depuis marqué par la croissance rapide des activités urbaines. L'agriculture a toujours été une activité fondamentale à Gabès. Elle était, pendant les périodes de calme et d'ouverture, une source de richesse et un facteur de développement du commerce et de l'artisanat, et pendant les périodes de guerres et d'insécurité, une activité refuge et un facteur de survie de la population. L'agriculture, en effet, était un sous-système complexe qui ne pouvait être dissocié de la ville et de sa région. Elle était une activité traditionnelle très riche et très variée, intégrant à la fois l'élevage et les cultures, les cultures arbustives et les cultures au sol, les cultures vivrières et les cultures industrielles et, enfin, les cultures spéculatives et les cultures d'autoconsommation. Le lien entre l'agriculture oasienne et la ville était d'autant plus étroit qu'il a permis l'emploi d'une fraction importante de la population occupée. Et favorisé l'émergence et le développement de beaucoup d'autres activités (commerce de fruits et légumes frais, commerce de légumes déchés et des céréales, commerce de la luzerne et des fourrages secs, commerce du henné, commerces des semences et des engrais, artisanat de la sparterie et de la vannerie, forge et menuiserie traditionnelles, etc.. .). Plan de gestion de l'oasis de Gabès Pour la conservation de la richesse biologique, et l'optimisation des différents types usages de cette biodiversité (agriculture, irrigation, pêche, tourisme,...), un plan de gestion est actuellement en cours d'élaboration dans le cadre du Projet GEF/Banque Mondiale « Protection des ressources marines et côtières du Golfe de Gabès ». La conception d'un tel plan prend appui sur les préceptes fondamentaux de la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) dont l'objectif global vise à établir les conditions d'équilibre durable entre l'utilisation rationnelle des espaces et des ressources naturelles, comprenant leur protection, et les impératifs du développement économique et social qui seront dans ce cas orientés vers la promotion des activités liées à l'agriculture, la pêche et des activités éco-touristiques. La mise en place d'un tel processus sur cet espace impliquera, dès le début de l'élaboration du plan de gestion, l'ensemble des parties prenantes qu'il s'agira de rassembler et d'engager dans une démarche collective et concertée au sein d'une structure souple et réactive. Ce plan de gestion définira un modèle de développement durable et les modalités de protection, d'utilisation et de gestion de ce site, y compris des ressources naturelles tenant compte des aspects socio-économiques de la région.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionelle

L'oasis de Gabès est l'unique oasis littorale de la méditerranée et l'un des derniers exemples d'oasis de ce type dans le monde. Elle constitue aussi un refuge pour une faune riche en petits mammifères, reptiles, mollusques et insectes, et pour une faune associée, peu connue encore, composée pour l'essentiel d'oiseaux transsahariens, migrateurs et hivernants d'intérêt international.

En plus de la proximité de la mer, l'oasis de Gabès avec ses étages de cultures (strate supérieure constituée de palmier dattier, strate moyenne constituée de différents arbres fruitiers et strate basse composée de différentes plantes maraîchères, industrielles et fourragères) constitue un microclimat favorable au développement d'une flore très diversifiée, et un paysage exceptionnel.

C'est également un paysage exceptionnel, intimement lié à l'action de l'homme qui par l'utilisation judicieuse de l'espace (cultures en étages) mais aussi raisonnée de l'eau (système de partage des eaux) a permis depuis des siècles de favoriser l'émergence d'espaces relativement grands de végétation luxuriante dans des régions arides qui ont fixé les populations alentours. « Gabès est une ville considérable, bien peuplée, entourée d'un véritable bois de vergers qui se succèdent sans interruption et qui produisent des fruits en abondance, de palmiers, d'oliviers, ... » Al Idrissi (vers 1100).