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Parc national d’Odzala-Kokoua

Date de soumission : 12/06/2008
Critères: (ix)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Ministère de la culture et des arts
Etat, province ou région :
Départements de Sangha et Cuvette-Ouest
Ref.: 5376
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Le Parc National d’Odzala-Kokoua a été créé par décret présidentiel  n° 2001-221 du 10/mai/2001. Il couvre une superficie de 1.354.600 hectares et est situé à cheval sur les Départements de la Cuvette-Ouest et de la Sangha.   

Il est limité au sud par une route orientée géographiquement à 58° joignant le village Ebana (0°09’10’’N – 14°52’50’’E) au village  Epoma (00° 28’40’’N -  15° 21’ 00’’) sur l’axe Makoua Ouesso.   

A l’Est par la route Makoua-Ouesso du village Epoma (00° 28’40’’N -  15° 21’ 00’’) au village Zalangoye (00°48’40’ N - 15°22’50’’ E) ; puis de ce village, la ligne de partage des eaux entre les bassins versants de la rivière mambili et la Lengoué jusqu’au point d’intersection (1°07’20’’ -15°19’40’’ E).   

Au Nord par la route Ouesso-Sembé du point (1°35’20’’N - 15°19’40’’E) jusqu’au village Bessié (1°07’20’’N -  14°41’30’’E);   

A l’Ouest du village Bessié (1°07’20’’N -  14°41’30’’E), la ligne de partage des eaux entre les bassins versants de la rivière Koudou et Sembé jusqu’à la source de la Djoua (1°24’00’’ N 14°25’30’’E), puis le cours d’eau de cette rivière jusqu’à la frontière internationale du Gabon (1°18’00’’N - 14°18’30’’E) avec le Congo ; ensuite la frontière du Gabon jusqu’à la source de la Sozé (0°47’00’’N - 14°27’00’’ E) ; puis le cours d’eau de Sozé-Okanya jusqu’à la confluence avec Lekoli (0°33’50’’N - 14°33’10’’E) ; enfin le cours de la Lekoli jusqu’àu village Mbandza (0°34’10’’ N - 14°39’30’’E) de ce village, la route Mbandza-Mbomo-Itoumbi jusqu’au village Ebana (0°09’10’’N - 14°52’50’’E).

Le Parc dispose d’une équipe de gestion placée sous le contrôle d’un Directeur National,  d’un Conservateur et trois Conservateurs Adjoints.  Il y a 93 agents dont 59 écogardes sont en activité sur le site. La Direction du Parc bénéficie d’une assistance technique et financière de plusieurs partenaires notamment l’Union Européenne à travers le programme ECOFAC, WCS et WWF. Le site fait partie du complexe transfrontalier Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM). Un Pré-Plan d’aménagement est disponible et sera finalisé courant la première année d’ECOFAC IV.

La forêt du Parc National d’Odzala entourée par cinq unités forestières d’amenagement (UFA) garde son originalité propice aux études, témoins des grands  changements en zone forestière. Elle est  également parsemée des clairières ou bois qui sont des unités écologiques d’une valeur exceptionnelle pour la survie de la grande faune de forêt.

On note également la présence de sites archéologiques dont la saline de Mboko.

Le Parc abrite les espèces emblématiques de la l’Afrique forestière à savoir : Gorilles (Gorilla gorilla gorilla) , Bongo (Tragelaphus euryceros), chimpanzés (Pan Troglodytes),   Eléphants (Loxodonta africana) etc.  La forêt du parc, de type semi sempervirente est représentée par : la forêt primaire mixte de terre ferme à canopée  fermée, forêts à maranthacées, la forêt à lianes, la forêt   mono dominante à  Limbali (Gilbertiondendro derewrei), la forêt inondée,  la forêt marécageuse, la mosaïque forêt-savane et les salines.

Justification de la Valeur Universelle Exceptionelle

La présence des grandes formations végétales à marantacées exprime la disparition des vieux arbres suite au vieillissement de la forêt (climax). Il s’agit là d’un processus écologique et biologique naturel qui n’est observé que dans la seule zone du Parc d’Odzala. Ces étendues de marantacées deviennent ainsi des habitats de prédilection des grands mammifères menacés d’extinction tels que les gorilles (Gorilla gorilla) et les éléphants (Loxodonta africana). 

Un autre processus écologique remarquable observé dans ce Parc est la colonisation progressive de certaines zones de savanes par la forêt, ce qui serait dû à un manque d’aménagement des pâturages, en vue de permettre leur renouvellement. 

Le Parc National d’Odzala contient une mosaïque forêt – savane dans laquelle on retrouve plusieurs clairières et des salines naturelles. Tous ces habitats sont à l’état naturel et n’ont jamais subi de modifications dues aux actions anthropiques. 

Les grandes salines naturelles constituent d’importants points de concentration et d’alimentation pour la faune sauvage. Les forêts denses à sous-bois de marantacées sont des habitats de prédilection des gorilles de plaine et des éléphants,  deux espèces menacées d’extinction.   

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

Ce Parc dans ses limites actuelles, abrite toujours une faune très riche dont des éléphants, des gorilles de plaine, des  buffles (Syncerus caffer nanus), et des hyènes tachetées (Crocuta crocuta). Tous les écosystèmes qui le caractérisent (saline, forêt, savane) demeurent intacts. Tout comme le Parc de Nouabalé Ndoki, la périphérie du Parc d‘Odzala fait l’objet d’un aménagement durable avec  des exploitants forestiers (le processus de certification FSC en cours d’élaboration) qui assure l’intégrité du Parc.

Toutefois, la pression urbaine due à la proximité des centres urbains tels que Mbomo, Etoumbi, Makoua, Ouesso et le foyer du virus ébola constituent les principales menaces du site.

Il convient de noter que les épidémies d’ebola ont pris fin depuis avril 2004 et plus aucun foyer de ce virus n’a été observé dans la zone. Un dispositif de suivi et de surveillance épidémiologique et d’alerte a été mis en place avec le concours de WCS à travers le programme FIELD VET, le Ministère de la Santé et l’OMS.

Comparaison avec d’autres biens similaires

En comparaison avec d’autres aires protégées similaires faisant partie des listes indicatives du Cameroun  notamment le Parc National de Lobéké et la Réserve de Biosphère du Dja, le Parc National d’Odzala a l’avantage d’avoir une mosaïque de forêts et de savanes qui n’ont jamais connu de modifications suite aux actions anthropiques, et contient la dernière population de lions qui existent en zone forestière.

Le Parc National de la Lopé au Gabon dispose d’habitats semblables à ceux du Parc National d’Odzala-kokoua (PNOK), mais ne constitue malheureusement pas un écosystème intact et ne dispose pas de lions (espèce très menacée d’extinction dans la zone forestière).

Dans le  Parc d’Odzala-kokoua on note la présence de plus d’une centaine de clairières et de salines naturelles qui sont des sources d’apport en minéraux pour les animaux et même à une certaine époque, les ancêtres et les habitants de cette zone s’approvisionnaient en sel à ces endroits.

La présence de l’hyène tachetée (Crocuta crocuta)  et du lion (Panthera leo) dans le bloc forestier de cette partie du bassin du congo, n’est connu que dans le Parc National d’Odzala-Kokoua et nulle part ailleurs.