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Ecosystèmes Marins de l'Archipel des Comores

Date de soumission : 31/01/2007
Critères: (ix)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Commission Nationale des Comores
Etat, province ou région :

Ngazidja, Ndzouani, Mwali


Ref.: 5107
Avertissement

Le Secrétariat de l’UNESCO et le Centre du patrimoine mondial ne garantissent pas l’exactitude et la fiabilité des avis, opinions, déclarations et autres informations ou documentations fournis au Secrétariat de l’UNESCO et au Centre du patrimoine mondial par les Etats Parties à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

La publication de tels avis, opinions, déclarations, informations ou documentations sur le site internet et/ou dans les documents de travail du Centre du patrimoine mondial n’implique nullement l’expression d’une quelconque opinion de la part du Secrétariat de l’UNESCO ou du Centre du patrimoine mondial concernant le statut juridique de tout pays, territoire, ville ou région, ou de leurs autorités, ou le tracé de leurs frontières.

Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Situé dans l'Océan Indien et le nord du Canal de Mozambique, les eaux qui baignent l'archipel des Comores se caractérisent par une diversité de faciès (rocheux, sableux, vaseux) et de profondeurs (de zéro à plusieurs milliers de mètres) qui ont permis l'implantation, la diversification et le développement d'espèces et d'écosystèmes marins complexes et originaux.

L'activité volcanique ininterrompue, depuis environ dix millions d'années, entraîne des interactions orogenèse-érosion dont le suivi permettra de mieux comprendre la mise en place de nombreux archipels volcaniques plus anciens (Hawaii). Ces processus géologiques sont complétés par une activité biologique d'édification de récifs qui contribuent à la géomorphologie des lignes de rivage. L'archipel des Comores présente une succession des différents stades d'évolution de la relation volcan-récif, telle que décrite dans leurs travaux fondamentaux par les fondateurs de la biologie évolutive, Wallace et Darwin (récif frangeant, récif barrière, lagon, subsidence, etc.).

Les mangroves forment la limite entre domaine terrestre et marin. Elles occupent des sols sablo-vaseux riches en alluvions. Les palétuviers se disposent selon une zonation allant de Soneratia (côté mer) à Avicennia, Rhizophora et Bruguiera (côté terre). Les mangroves comoriennes hébergent une biodiversité importante (huîtres, holothuries, crabes, périophthalmes). Les oiseaux aquatiques y sont nombreux et elles sont fréquentées par les dugongs.

Le milieu littoral comprend également des plages de sable coralliaire ou volcanique, des lagons et des récifs coralliaires. Ensuite, on trouve des zones abyssales plus ou moins profondes. Les espèces animales et végétales qui y vivent sont diversifiées, souvent endémiques et comprennent des espèces rares ou universellement menacées. Les sites proposés pour inscription constituent un échantillon de ces milieux, dont certains dans un état remarquable de conservation.

Description  du Parc marin des Coelacanthes (élément 1)

La zone côtière et marine du sud-ouest de la Grande Comore (Ngazidja) constitue un site biologique d'importance mondiale. Dans les fonds marins des eaux territoriales, les grottes volcaniques (isobathe -300 m environ) abritent le fameux cœlacanthe (Latimeria chalumnae), fossile vivant, espèce endémique et menacée d'extinction qui présente un immense intérêt écologique et scientifique, à l'échelle mondiale.

L'intérêt de ce site est également lié à sa forte fréquentation par les baleines et les dauphins. Une portion de cette zone est reconnue comme un des sites importants de concentration et de reproduction de baleines aux Comores. Les données disponibles indiquent la présence d'au moins douze espèces de cétacés (Megaptera, Eubalaena, Balaenoptera, etc).

Description  du Parc marin de Mohéli (élément 2)

Le parc marin de Mohéli occupe une superficie de 40400 ha dans la partie sud de l'île de Mohéli. Il s'étend de Mirigoni à l'ouest à Itsamia à l'est. Il inclut la ligne de rivage, ses plages, ses mangroves et les différents îlots de la zone. Le parc inclut également dix réserves de pêche. Entre le récif frangeant et la côte, le fond marin présente des formations à posidonies et autres angiospermes marines qui servent de pâturage aux dugongs, mammifère sirénien en voie de disparition. Les côtes de Mohéli sont, de tout l'Océan Indien, les plus fréquentées par les tortues marines pour leur reproduction. Le parc marin comprend également des îlots inhabités  de différente taille, couverts de savanes à Hyparrhenaria et servant de colonies pour la reproduction d'oiseaux marins. Le plan d'eau lui-même abrite de très importantes colonies de madrépores, ainsi qu'une grande diversité d'invertébrés et de poissons représentative de cette partie de l'Océan Indien. Le site de Nioumachoua est encadré de chaque côté par des mangroves non exploitées. Les espèces végétales qui les composent appartiennent aux genres Rhizophora, Bruguiera, Avicennia, Lumnitzeria. Elles peuvent être séparées de la mer par un cordon de blocs de lave, originalité géomorphologique de Mohéli.

Description  des Mangroves et lagon de Bimbini (élément 3)

Située à l'ouest de l'île de Ndzouani, la presqu'île de Bimbini comprend au niveau côtier un ensemble remarquable, constitué par différents types de mangroves, bordant un grand lagon limité dans l'Océan par un récif coralliaire. La diversité des mangroves et des espèces marines vivant dans le lagon en font un élément majeur de la conservation de la biodiversité côtière de l'archipel des Comores, différent et complémentaire de celui de Mohéli. L'ensemble côtier comprend également des plages, des herbiers et le marais de Pomoni. Les herbiers sous marins sont développés et servent d'habitats et de site d'alimentation pour de nombreuses espèces dont les tortues marines et les dugongs. 

Cette zone côtière constitue également une ressource traditionnelle importante pour le village de Bimbini (aliments, matériaux). Cet ensemble nécessite une protection législative et une réhabilitation écologique pour faire cesser les effets de l'érosion terrestre, induits par les actions de défrichement sur la presqu'île.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

L'Etat comorien s'engage à faire le nécessaire pour qu'au moment de l'inscription, ce site soit en conformité avec les conditions d'intégrité et d'authenticité exigés.

Le bien proposé répond déjà à la plupart des conditions d'intégrité nécessaires pour la mise en oeuvre de la convention :

Les sites concernés contiennent la totalité ou la plupart des éléments principaux connexes et interdépendants de la zone littorale et marine des Comores, dans leurs rapports naturels.

Les processus biophysiques et les caractéristiques des écosystèmes marins de l'archipel des Comores sont relativement intacts. L'archipel étant utilisé par des communautés humaines depuis plus d'un millénaire, ces écosystèmes côtiers ont été et sont encore des zones importantes pour l'alimentation et la fourniture de matériaux (bois d'œuvre, pierres de récif), ce qui ne les empêche pas d'être dans un état dynamique remarquable, conservant leurs qualités fonctionnelles et structurelles. Les sociétés traditionnelles et les communautés locales ont manifesté leur volonté de se développer en harmonie avec la valeur universelle exceptionnelle de ces aires qui sont écologiquement durables.

Les sites concernés contiennent la totalité ou la plupart des composantes d'écosystèmes nécessaires à la conservation des espèces animales et végétales et des communautés concernées.

Les sites concernés sont assez étendus pour assurer la sauvegarde et la reproduction des espèces menacées et contiennent tous les éléments indispensables à la survie de ces espèces : les éléments proposés pour inscription rassemblent les différents faciès littoraux caractéristiques de l'archipel des Comores, des ses récifs coralliens et les différents types de mangroves de l'archipel. La zone abyssale contient les principaux éléments caractéristiques de l'habitat des coelacanthes et de nombreuses espèces pélagiques. Les sites concernés contiennent la totalité des éléments nécessaires à l'illustration des principaux aspects de l'évolution biologique des taxons concernés et à leur reproduction autonome. Il s'agit bien de conservation in situ.

Les trois éléments de sites proposés sont les biens les plus importants pour la conservation de la diversité biologique littorale et marine de l'Archipel des Comores. Ils présentent une forte diversité biologique et une forte endémicité. Ils sont tout à fait représentatifs des communautés végétales et animales qui se sont développées dans cette partie de l'Océan Indien. Ils contiennent les habitats garantissant le maintien d'un maximum de diversité animale et végétale caractéristique de l'écorégion des Comores et de l'Océan Indien (végétation littorale, herbiers côtiers, récifs coralliens, zones de ponte et de reproduction des poissons, reptiles marins, oiseaux et mammifères marins).

Une partie du bien subit actuellement des effets négatifs ayant leur origine dans l'accroissement de la pression anthropique (élément 3). Il s'agit d'une part de la prolifération de déchets domestiques qui ont des effets négatifs sur la faune du lagon et sur la qualité de l'environnement, et des effets de l'érosion pluviale  qui provoque une siltation des récifs coralliaires et perturbe le développement des mangroves. Tous ces effets négatifs peuvent être fortement réduits ou supprimés par des actions adéquates qu'il convient de planifier.

Comparaison avec d’autres biens similaires

1. Y a t-il des sites nationaux de même type susceptibles d'avoir une valeur équivalente ou supérieure et non mentionnés dans la liste indicative ?

Il n'existe pas, sur le territoire de l'Union des Comores, de sites côtiers ou marins ayant une valeur supérieure à celle de ces trois éléments, en matière de diversité biologique et de conservation.

2. Y a t-il des sites étrangers de même type déjà inscrits et susceptibles de faire « double-emploi » avec le site proposé ?

Les parcs marins sont peu nombreux sur la liste du Patrimoine mondial. Parmi ceux existant, on peut citer la Grande Barrière de Corail (Australie) ou la barrière de corail de Bélize. Il n'y a actuellement aucun site représentatif des formations littorales et marines de l'Océan Indien et du Canal de Mozambique.

Le site proposé présente en outre l'originalité de ne pas se limiter à des récifs coralliens, mais présente un échantillon diversifié des milieux côtiers et marins de l'Archipel des Comores. En particulier, ce site est le seul site du Patrimoine mondial qui propose la conservation de milieux marins « profonds » (-300 m) constituant l'habitat d'une espèce particulièrement importante pour la biodiversité et pour la science, le Coelacanthe (Latimeria chalumnae).