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Réserve de Biosphère de l'Archipel des Bijagos

Date de soumission : 13/10/2006
Critères: (vii)(x)
Catégorie : Naturel
Soumis par :
Institut de la Biodiversitéet des Aires Protégées
Coordonnées N12 W15 30
Ref.: 5081
Avertissement

Le Secrétariat de l’UNESCO et le Centre du patrimoine mondial ne garantissent pas l’exactitude et la fiabilité des avis, opinions, déclarations et autres informations ou documentations fournis au Secrétariat de l’UNESCO et au Centre du patrimoine mondial par les Etats Parties à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Le territoire bissau-guinéen est divisé en deux zones principales: la zone continentale et la zone insulaire, communément appelée l'Archipel des Bijagós, constituée par 88 îles et îlots parmi lesquels 23 sont habités. C'est la zone la plus riche en Guinée-Bissau, en termes de la biodiversité.

L'Archipel des Bolama-Bijagos occupe une superficie totale de plus de 10.000 km2, dont 1.600 km2 de zones intertidales (bancs de sable et vasière). Dix pour cent (10%) de cette étendue (dont 350 km2 de mangroves) qui représentent près d'un tiers (1/3) de la superficie des îles sont considérés comme terres émergées.

Le climat est caractérisé par l'existence de deux saisons bien différenciées : la saison sèche (novembre à avril) et la saison des pluies (mai à octobre). Cette dernière se caractérise par une pluviométrie abondante qui oscille entre 2000 et 2500 mm par an. La température moyenne est de 26°C et l'humidité relative est de 70%.

La faune est riche et diversifiée. La faune marine est représentée par plus de 155 espèces de poisson. L'on y trouve toute sorte d'espèces rares et celles en voie d'extinction dont les espèces menacées et protégées par des traités mondiaux, tels que : le lamantin (Trichechus senegalensis), l'hippopotame (Hippopotamus amphibius), le crocodile (Crocodylus niloticus), le dauphin (Delfinidae), ainsi que toute sorte de variété d'oiseaux migrateurs. C'est aussi le site le plus important de la côte de l'Afrique de l'Ouest de ponte de tortues vertes (Chelonia mydas), espèce menacée et migratrice, protégée par de multiples conventions et traités (CIMES, CMS, CITES, CDB, RAM SAR) en Guinée-Bissau et dans la sous-région. Des 8 espèces de tortues existantes dans le monde cinq (5) fréquentent les plages de l'Archipel des Bijagós. La partie terrestre recèle de larges étendues de palmeraies (Eleaïs guineensis), l'une des principales richesses de l'archipel, ainsi que de nombreuses espèces de faune terrestre, telles que : l'antilope rayée (Tragelaphus scriptus), le chevreuil (Silvicapra grimmia), les singes, etc.

L'Archipel des Bijagós est le deuxième site le plus important pour les oiseaux migrateurs en Afrique de l'Ouest après le Banc d'Arguin en Mauritanie. Chaque année l'Archipel reçoit environ un million (1.000.000) d'oiseaux aquatiques. L'aire marine protégée communautaire d'Urok est l'un des plus importants sites d'oiseaux dans l'Archipel des Bijagós. Elle est fréquentée par 190.000 individus appartenant à 96 espèces en provenance du Nord de l'Europe et de la Sibérie pour la recherche d'alimentation dans les vastes zones intertidales découvertes à marée basse. L'île de Cavalos est le deuxième site le plus important de nidification en Afrique de l'Ouest, environ 19000 nids des sternes et d'autres espèces sont observés.

L'UNESCO a reconnu l'Archipel des Bijagós comme une Réserve de la Biosphère le 16 avril 1996 à la demande du gouvernement de la Guinée-Bissau soutenu par I'UICN. L'importance de cette réserve dans la sauvegarde de la vie sur Terre fait que le WWF a inscrit l'Archipel de Bijagós dans la liste de ces 200 écorégions. Cette importance pour la conservation de la vie a permis à l'Etat de créer dans cette Réserve de Biosphère, deux Parcs Nationaux Marins (João Viera-Poilão et Orango) et une Aire Marine Protégée Communautaire des îles de Formosa,  Nago et Tchediã (Urok). Il y a en perspective la création d'une unité pour la conservation des jeunes tortues marines en Unhocomo et Unhocomozinho.

La population totale de l'Archipel des Bijagós est d'environ vingt-sept (27.000) mille habitants, dont 90% de celle-ci appartiennent à l'ethnie Bijagó. Cependant, il existe d'autres groupes ethniques bissau-guinéennes qui cohabitent avec les Bijagós dans ce milieu insulaire. Par ailleurs les étrangers venant de la sous région sont aussi présents dans l'Archipel, en l'occurrence avec les Nhomincas du Sénégal, les guinéens de Conakry et les sierras léonaises.

Le Bijagós, l'autochtone, est traditionnellement lié aux activités agricoles, Car l'économie de l'archipel repose essentiellement sur l'agriculture. L'exploitation du palmier à huile (Elaïs guineensis), en vue de l'obtention de l'huile de palme, ainsi que l'extraction de son vin qui intervient comme activité secondaire. Quant à la pêche, elle demeure une activité complémentaire et de subsistance. Les femmes se consacrent également aux ramassages de coquillages, principale source de protéine animale pour la population bijagó.

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

L'insularité, l'isolement, l'éloignement sont de principales contraintes pour le développement de l'Archipel des  Bijagós, par contre, ils constituent des avantages pour la conservation de la biodiversité dans ce milieu insulaire. La caractéristique physique de l'Archipel fait que les  Bijagós sont inaccessibles du fait de l'existence de vasières et de chenaux peu profondes qui rendent difficile la navigation.

Stratégie de conservation de la biodiversité en Guinée Bissau

Le zonage de la réserve de biosphère de l'Archipel des  Bijagós a été conçu à partir de connaissances traditionnelles de gestion des espaces et des ressources chez les  Bijagós. Les plans de gestions de la réserve de biosphère et des parcs nationaux marins et côtières sont élaborés sur la base de même principe traditionnel avec l'implication de la communauté locale. Pour s'occuper de la gestion de la biodiversité des parcs nationaux, le gouvernement de la Guinée Bissau a créé l'INSTITUT DE LA BIODIVERSITÉ ET DES AIRES PROTÉGÉES. Cet institut est le dépositaire de toutes les expériences de 1'UICN depuis 1988 et, actuellement, il est en phase d'élaboration d'un plan d'action stratégique pour la gestion de la biodiversité et les aires protégés pour la période de 2007-2027. Sur le plan législatif, il y a tout un effort qui se développe en partenariat avec la Direction Générale de L'Environnement dans le but de doter le pays d'un cadre législatif complet en ce qui concerne l'environnement en général. Le code de l'environnement et la loi de l'évaluation des impactes environnementaux sont en préparation. Dans le même élan, un effort est fait dans le suivi de la mise en œuvre de différentes conventions dont les Comités Nationaux de la Convention sur la Biodiversité et sur les Zones Humides. Dans ces deux comités, sont représentées toutes les institutions étatiques qui interviennent au niveau de la réserve de biosphère ainsi que les ONG et associations locales, les autorités traditionnelles et les administrations locales. Finalement l'aspect le plus important est le partenariat existant entre différentes institutions dont l'esprit réside sur une base participative où l'effort de chacun est considérable. Pour ce qui est de la population locale, sa participation dans la gestion des ressources de la biodiversité est garantie à travers sa participation effective aux comités de gestion des parcs nationaux, à l'assemblée de la réserve de biosphère, et à l'assemblée nationale par le décret-loi no 3/97, publié dans le Bulletin Officiel no 21. Cette loi assure la participation des populations à la définition (article 7) et à la gestion (articles 18 et 21) de la biodiversité.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Récemment, des données recueillies sur le terrain (Archipel de  Bijagós, mai 2006) en matière d'avifaune migratrice, révèlent l'extrême importance de ce site pour les oiseaux avec 1 million d'individus par hivernage et aussi dans le domaine de la nidification avec environ 19.000 nids enregistrés. Ceci montre que, entre des sites similaires tels que le Banc d'Arguin en Mauritanie, Djoudj au Sénégal, l'archipel représente le 2" site le plus important en Afrique de l'ouest.