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Le site de Lougou

Date de soumission : 26/05/2006
Critères: (vii)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Ministère de la Culture, des Arts et de la Communication - Dir. du Patrimoine Culturel et des Musées
État, province ou région :

Région : Dosso

Département : Dosso


Coordonnées N13 52 E4 14
Ref.: 5046
Avertissement

Les Listes indicatives des États parties sont publiées par le Centre du patrimoine mondial sur son site Internet et/ou dans les documents de travail afin de garantir la transparence et un accès aux informations et de faciliter l'harmonisation des Listes indicatives au niveau régional et sur le plan thématique.

Le contenu de chaque Liste indicative relève de la responsabilité exclusive de l'État partie concerné. La publication des Listes indicatives ne saurait être interprétée comme exprimant une prise de position de la part du Comité du patrimoine mondial, du Centre du patrimoine mondial ou du Secrétariat de l'UNESCO concernant le statut juridique d'un pays, d'un territoire, d'une ville, d'une zone ou de leurs frontières.

Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les États parties les ont soumis.

Description

Le site de Lougou est situé à quelques 350 km à l'est de Niamey, dans l'actuel département de  Dogondoutchi. Ce site représente les plus anciens emplacements des habitants de l'Arewa. C'est un lieu de culte très important avec la présence de la Saraounia comme guide spirituel. Ce  site culturel des populations de l'Arewa à Zakuda, comporte une  pierre mythique de justice « Tunguma », les tombeaux des différentes Reines Saraounia et le site de bataille de la colonne française Voulet et Chanoine.

La Saraounia représente un  principe primordial et religieux de son peuple. En effet, la première Reine Saraounia remonte à la nuit des temps.  Fille unique du roi de Daoura, première royauté haoussa, elle fut évincée du trône par  ses oncles paternels et s'enfuia avec l'un d'eux pour s'établir après plusieurs étapes à Lougou dans l'actuel Aréwa.  Ils formèrent alors le noyau des Goubawa ou Goubé que toutes les populations actuelles (les Zarma, les Kourfayawa, les Peuls, et les Touareg) reconnaissent avoir trouvé sur place dans la région des Dallol Bosso et Maouri à la fin du XIVème siècle après J.C. C'est la Saraounia qui est à l'origine du pouvoir de Maouri de Bajaji.

La tradition parle de 15 Saraounia ayant régné à Lougou et la Saraounia  Aldjima Gado, l'actuelle depuis 23 ans,  a pu énumérer les noms des 12 reines Saraounia connues :

  1. Yarkasa
  2. Dafada,
  3. Gouzouri,
  4. Lalma,
  5. Dafaya,
  6. Annaou,
  7. Mangou,
  8. Taba,
  9. Konnaou,
  10. Intaya,
  11. Talokoyo,
  12. Aldjima Gado, l'actuelle reine.

L'une de ces reines, la Saraounia Mangu s'opposa à la colonne française Voulet-Chanoine de sinistre mémoire entre mai et juin 1899. Le site de ce champ de bataille complètement dénudé et délaissé est encore jonché d'ossements humains, certains emplacements sont marqués par des pierres. Cependant il est urgent d'aménager et de protéger ce cimetière. Le périmètre du site est difficile à évaluer. On estime qu'il pourrait s'étendre sur 2,5 km².

Le site de Lougou est également le lieu de culte le plus important où se trouve la Saraounia avec les objets de cultes comme Tunguma, la pierre sacrée du jugement. Ce fut cette pierre sacrée Tunguma qui guida la première Reine Saraounia du Daoura à Lougou. Elle officie encore aujourd'hui. La séance de justice est tous les mercredis et les dimanches.

Le rituel à la mort de la Reine consiste à réunir les femmes ayant droits, susceptibles de la remplacer. Au cours de cette cérémonie, le corps de la défunte désigne d'une part celle qui va la succéder et d'autre part l'emplacement de sa propre tombe. 

On peut ainsi retenir cinq sites principaux à Lougou :

1 - Le site de Toungouma, la pierre sacrée du jugement,

2 - Le site des cultes Azna de Jakouda,

3 - Le cimetière des reines,

4 - Le site de la bataille de 1899,

5 - La demeure actuelle de la Saraounia

Déclarations d’authenticité et/ou d’intégrité

Ce site est complement delaissé malgré la présence du village. Site en danger, mais il y a une prise de conscience réelle de la population en particulier les femmes qui ont organisé une marche de 333 km (de Lougou à Niamey) pour manifester leur inquiétude concernant le site et réitérer leur engagement à s'en occuper désormais afin qu'il soit inscrit sur la Liste Indicative du patrimoine mondial.

Comparaison avec d’autres biens similaires

On peut également citer, à titre de comparaison, le site de Sukur inscrit par le Nigeria en 1999.