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Les Gravures Rupestres de Bidzar

Date de soumission : 18/04/2006
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Ministère de la Culture
Coordonnées N 9 51 8 E 14 6 49
Ref.: 4016
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Le village de BIDZAR (ou BITZAR) est situé sur la route Maroua- Garoua, peuplé en majorité de Guidar, avec quelques familles Moundang et de rares Guiziga. On y retrouve un champ de marbre à l’Ouest de la route, et l’embranchement de la route vers Guider le divise en deux parties. Dans la région, il existe environ 130 Km2 d’affleurement de marbre (Cipolin) dont les plans se prêtaient parfaitement à la gravure. Les dalles comportant des gravures semblent se limiter aux environs du village de BIDZAR sur 2,5Km du Nord au Sud et sur 1 Km d’Est à l’Ouest ; les gravures se répartissent sans lien apparent sur les dalles de marbres. Toutes présentent des caractères géométriques, et peut être dans certains cas des représentations schématiques. La récurrence de motifs gravés semblables et non assimilables aux traces d’érosions, en outre les champs de marbre extérieurs à BIDZAR, aussi susceptibles d’être érodés ou gravés que ceux reconnus à BIDZAR, mais dépourvus de tout pétroglyphe indiquant de caractère humain des gravures et non des « dessins naturels ». Les matériaux sur lequel ont été réalisées les gravures de BIDZAR est un marbre calcaire (cipolin) traversé de filons de chloritoschistes qui modifient par endroits sa couleur normalement blanchâtre qui devint vert-verdâtre, rose- rosâtre, jaune- jaunâtre ou bleuâtre. Sa résistance au frottement est assez faible et la roche se brise aisément. Dans la majorité des cas, les gravures de BIDZAR ont utilisé pour obtenir leur trait la technique de la percussion indirecte punctiforme, à l’aide d’un percuteur faisant office de marteau et un burin. Ils ont choisi les surfaces non lapiazées, non criblées de trous, et sans cannelure, c’est-à-dire uniformes que l’érosion a ponctuellement attaquées après. En général il s’agit de figures géométriques, formées de cercles tangents, emboîtés, sécants, hachurés, isolés ou en réseau. On y a dénombré près de 500 représentations. Il semble que ces gravures avaient un sens qui a disparu des gravures utilisateurs qui ont précédé les populations actuelles (Guidar) de la région. La réapparution de certains thèmes,certaines constantes d’organisation des éléments, des figures et groupes de figures en faveur de cette idée. Certains supports même semblent choisis. L’hypothèse en général admise pour ces œuvres préhistoriques et qu’elles semblent liées à la représentation d’un mythe, d’un récit d’une cosmogène etc. Tous ces contenus pouvant être mêlés, soit successifs dans le temps, les uns plus explicites que les autres. La datation de l’ensemble gravé de BIDZAR s’est révélé hardue, car il n’a pas été possible d’y obtenir une datation radiométrique. Seule l’atténuation chimique des supports calaire responsable de l’état d’effacement des dessins offrait la possibilité de les dater comme certains groupes de gravures épousent les formes du support, on peut dire qu’ils sont plus récents que les altérations du marbre. Mais celles-ci remontent à des temps immémoriaux. La différence temporelle est immense, les gravures ayant pu être exécutées il y a 300 ans comme il a 3000 ans. En fin de compte les gravures de BIDZAR ont été signalées pour première fois en 1933 par E.M. BUISSON. Il s’agit dune œuvres uniques et exceptionnelles dont on n’a pas encore trouvé d’équivalent au Cameroun. Le marbre calcaire constituant le support des gravures est exploité dans la région par les usines de cimenterie et fabriques de marbre, ce qui représente un danger pour le site à gravure qui pour l’instant semble bénéficier d’une provisoire protection.