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Les oasis à foggaras et les ksour du Grand Erg Occidental

Date de soumission : 30/12/2002
Critères: (ii)(iii)(iv)(v)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Ministere de la Communication et de la Culture.Direction du patrimoine culturel.
Etat, province ou région :
Sahara occidental. Le trait d'union de cet ensemble est le réseau hydraulique de la Saoura, avec le Gourara, le Touat et le Tidikelt.
Ref.: 1772
Thèmes
Paysages culturels
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Dans le complexe spatial formé du Grand Erg Occidental et de la vallée de la Saoura la stratification dans le temps de l’action anthropique a donné lieu à un modèle original d’implantation d’oasis où le cadre naturel et les interventions dues à l’homme concourent à la formation de l’écosystème. L’oued Saoura a été défini comme un « événement unique dans tout le Sahara africain » et comparé, pour ce qui est de l’importance géographique et de l’impact sur les civilisation, au Nil d’Egypte.

La Saoura a creusé sa vallée au cours du quartenaire en s’encaissant dans les terrains du tertiaire continental du piedmont sud atlastique. La vallée étroite et bien dessinée s’insère entre la chaine de Ouargla et le tertiaire continental. Elle a été une grande voie caravanière transharienne qui joignait Gao en territoire malien après la traversée de Tanezrouft. Elle présente un des paysages les plus marquants de part et d’autre de l’oued Saoura, ici se juxtaposent les escarpements rougeâtres de la Hamada du Guir à l’ouest et les dunes blondes du grand erg occidental à l’est. Entre les deux , s’égrènent palmeraies et ksours jalonnant l’oued. Partout des puits à balancier destinés à élever l’eau ; beaucoup de ksour sont encore occupés ( Aguedel, El ouarta, Guerzim, Kerzaz…).

Le Touat et Gourara sont des oasis à Foggaras. Des galeries souterraines ont été creusées dans les couches des grés du continental intercalaire. Elles pénètrent dans la partie supérieure de la nappe et assurent l’écoulement de l’eau par gravité vers les dépressions basses ou sont plantés les palmiers. Ce sont des galeries drainantes, reliées au sol par des bouches d’évacuation suivant une technique archaïque qui remonte au 1 er millénaire de notre Ere. Le système est partie intégrante du paysage et de l’organisation sociale de la région. Les populations sédentaires de ces deux régions sont éparpillées dans une multitude de petits ksour Adrar et Timimoun en sont les capitales.

Le Touat, situé entre le plateau de Tadmait à l’est et l’erg chech au sud ouest, il est jalonné de pas moins de 135 ksour s’échelonnant sur 200 km du nord au sud. Le touat a été longtemps un grand axe de communication entre Maghreb et Soudan. Les caravanes transportant les esclaves et l’or du sud, le blé et les étoffes du nord empruntaient cette voie commerciale. S’y croisaient les caravanes venant de Sigilmassa, de Fès, de Tlemcen, de Tunis ou de Tombouctou. Une des spécificités de la région sont les vastes maisons fortifiées avec des tours d’angles et des greniers fortifiés. Cette région renferme de multiples foggaras qui irriguaient et irriguent encore les palmeraies. On en dénombre 995 dont 600 sont encore productives aujourd’hui et 200 km de galeries.

Timimoun: l’oasis rouge, capitale du Gourara est une des plus belles oasis du Sahara. Le rouge prédomine dans l ‘argile (matériaux) et la couleur du sable. Toute la ville en porte la marque. Le vieux ksar, enfermé dans ses murailles, offre la fraîcheur du dédale de ses ruelles. C’est le type de la cité héritée du passé et en même temps très vivante. Sa population est constituée par les zénètes berbérophones. En contrebas , la palmeraie est un jardin de verdure, d’arbres de tous types, de seguias à « peines » répartissant les eaux. Quelques monuments de style soudanais marquent les influences de l’Afrique noire.

La Sebkha de Timimoun:

La cité de Timimoun domine un vaste lac salé , la sebkha aux abords de laquelle sont bâtis des dizaines de ksours ( Messin, El Gasba, Tlalit…) et dont les casbah s’accrochent aux escarpements rocheux. La sebkha que l’on traverse pour aboutir à la grande palmeraie des Ouled Saïd est un lac salé de 75 km de long.

Le Tidikelt et le gisement d’In Rhar :

Les oasis du Tidikelt présentent beaucoup d’analogies avec celles du Touat et du Gourara. Elles sont localisées dans des cuvettes au pied du plateau de Tadmaït. Ses palmeraies renferment 300 000 Palmiers organisés en 28 oasis et sont irriguées à partir de 125 foggaras qui atteignent la nappe du continental ; des puits artésiens renforcent ces débits dans la partie orientale. Cette région de sédentaires visitée par les caravanes touareg est une étape importante sur la grande voie de circulation qui suit la dorsale méridienne; elle gravite autour d’In Salah. A 10 km à l’est se trouve un gisement de bois pétrifié (anciens arbres silicifiés dont les troncs atteignent un diamètre de 1m. Ces vestiges remontent à l’ère secondaire).