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Leuven/Louvain, bâtiments universitaires, l'héritage de six siècles au sein du centre historique

Date de soumission : 02/04/2002
Critères: (ii)(iii)(iv)(vi)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Cabinet du Min. flamand des Affaires intérieures, de la Fonction publique et des Affaires étrangères
Coordonnées x 172, 510 - 173, 866 , y 173, 661 - 174, 816
Ref.: 1712
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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Dans la ville d'accession, de type radio-concentrique dotée d'une première enceinte du XIIe siècle et une seconde du XIVe, les bâtiments de l'université, fondée en 1425, présentent la plus forte densité dans le quartier Sud-Est délimité au Sud par la Naamsestraat, rue ancienne menant de la Grand'Place centrale à la porte de Namur au Sud; elle constitue en quelque sorte "la rue de l'université" sur laquelle sont greffés la plupart des anciens collèges. Cette zone se prolonge vers le Sud-Est vers la Tiensestraat et l'axe plus récent, partant, au Nord de la même place en direction Sud-Est et aboutissant tout comme la Tiensestraat à la Porte de Tirlemont. D'autres bâtiments universitaires sont implantés et partiellement regroupés à l'Ouest du premier noyau et ses abords immédiats, à proximité la première enceinte partiellement maintenue. Insérés dans le tissu urbain déjà grosso modo constitué à l'époque de la fondation de l'université, ils ponctuent néanmoins la scénographie par leurs typologie et chronologie variées. Leurs jardins devenus plus tard espaces verts publics ou semi-publics offrent de plus de nos jours, dans le tissu urbain relativement serré, une espèce de piétonnier "intérieur" allant d'Ouest en Est; ce parcours relie le bas au haut de ville en traversant certains bâtiments et constitue de la sorte une promenade architecturale inattendue, prisée des étudiants et habitants. Dans la mosaïque du centre historique, qui leur sert de zone tampon, ces constructions matérialisent l'histoire de l'université et évoquent les professeurs et personnalités qui ont contribué au niveau international à l'évolution des sciences humaines, exactes et appliquées.

L'université de l'Ancien Régime (1425-1797)
Aux lendemains de sa fondation, l'Université s'installe dans une partie de la Halle aux Draps gothique (1317), mise à sa disposition par la Ville heureuse d'accueillir la nouvelle et première institution du genre dans les Pays-Bas de l'époque, d'ailleurs destinée à compenser le déclin de la draperie locale. Les locaux recyclés hébergeront les salles de cours pour les facultés de théologie, de droit canonique et romain et de médecine. Dans un premier temps les professeurs viennent d'autres universités telles que celles Bologne et Paris, Padoue ou Erfurt et Heidelberg, la langue imposée étant le Latin. L'enseignement préparatoire des "Artes" se donnera dans une maison existante, désormais dénommée "Vicus".

L'accueil des étudiants s'organise parallèlement durant les XVe et XVIe siècles. Les pédagogies sont en quelque sorte des "pensionnats" pour étudiants qui préparent, sous la direction d'un "paedagogus" -souvent "régent" des Artes- leur accès à cette faculté. Des quatre les plus importantes de l'Ancien Régime, seule subsiste celle de la Tiensestraat, dite " du Faucon".

Les collèges, ou fondations de la même époque, sont destinés à héberger des étudiants provenant d'une région ou d'une faculté déterminée sans toutefois y organiser des cours, comme dans les exemples anglo-saxons. Aux 7du premier siècle s'en ajouteront 34 entre 1520 et 1625 et 4 entre 1633 et 1778. Leurs fondateurs sont le plus souvent des professeurs ou "anciens" qui mettent éventuellement à disposition leur propre maison pour accueillir leurs protégés. Ces collèges, sous la direction d'un président ou "proviseur", portent souvent le nom de leur fondateur, comme le Collège du Pape (1523) référant à Adrien VI (1459 - 1523), professeur à Louvain avant de devenir l'unique pape non italien avant l'actuel. Ailleurs ils indiquent la région privilégiée comme entre autres les Collèges d'Arras (1508 ), de Savoie (1551), du Luxembourg (1610) ou de Hollande (1617 ). Le collège Saint Yves (1483,) destiné aux étudiants en droit civil, porte le nom du saint patron des juristes.

A l'initiative du président ou du fondateur les collèges peuvent organiser des conférences, discussions etc. ou pourvoir exceptionnellement en des formations complémentaires comme par exemple dans le collège Trinlingue (1520) où s'enseignaient, grâce à l'intervention d'Erasme auprès de Busleyden son fondateur, les trois langues - Latin, Grec et Hébreux.

La plupart des collèges ont été adaptés et "modernisés", voire entièrement reconstruit durant la seconde moitié du XVIIe jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Le dernier collège fondé en 1778, dit des Vétérans, reprend en fait l'ancien collège et l'église des jésuites installés à Louvain depuis 1542-1548 et chassés à cette date sous le régime autrichien.

L'université de l'époque, catholique par définition, est suspendue sous l'occupation française (1797 - 1815) et ses biens réquisitionnés voire privatisés.

L'université d'état (1817-1835)
Suite au Congrès de Vienne de 1815, les Pays-Bas Méridionaux se trouvent à nouveau réuni à ceux du Nord, sous la direction du roi Guillaume II de Hollande (1772-1843). A l'instar des universités anciennes subsistantes dans le Nord " calviniste "- Leiden, Utrecht et Groningen - placées sous la tutelle du royaume, le Sud "catholique" se vit octroyer trois universités "d'Etat", Gand et Liège étant des créations nouvelles destinées à contrebalancer l'influence de Louvain au passé séculaire.

Le latin reste encore la langue officielle dans l'enseignement qui s'adapte aux progrès de la science. D'anciens collèges sont réutilisés pour accueillir de nouveaux instituts tel que celui des Prémontrés qui abritera dès 1817 celui de physique, mécanique et astronomie. Le Collège du Pape sera mis au service du Collegium Philosificum destiné à la formation "uniforme " du clergé. S'y ajoutent de nouvelles constructions indispensables pour l'enseignement. L'orangerie (1821-1823) marque le nouveau jardin botanique implanté en face de l'ancien "Hortus Botanicus" (1718-1719) et du premier "Théâtre anatomique" (1744) à l'Ouest tandis que le grand amphithéâtre - aula magna -(1826-1827), complété un an plus tard par le dit "petit auditoire" attenant, et l'institut de chimie s'insèrent dans le noyau central, entre le Collège des Vétérans et le Collège du Pape.

L'université catholique (1834- 1968)
Après l'indépendance de la Belgique (1830), dont la constitution prévoyait entre autres la liberté d'enseignement et l'indépendance de l'Eglise envers l'Etat, l'épiscopat fonde une université libre catholique d'abord installée à Malines -ville de l'archevêque - en 1834 mais transférée à Louvain un an plus tard.
L'université récupère à ce moment les bâtiments occupés par l'université d'état. L'ancienne Halle aux Draps, déjà agrandie aux XVIIe et XVIIIe siècles, redevient en quelque sorte le centre représentatif et administratif de l'université, abritant de plus la bibliothèque et des salles de cours pour les facultés de théologie, le droit et la médecine.
Pour sa faculté de médecine l'université tire profit de la construction de l'Hôpital Saint-Pierre (1839-1848), commandité par la Commission d'Assistance Publique de la Ville, mais conçu comme hôpital universitaire. Plus tard, l'université construira à proximité l'Institut Vésale, doté d'un nouvel amphithéâtre (1875-1877) et situé en face du Collège Juste Lipse (1877) qui prolonge sous une forme nouvelle la tradition des anciens collèges. Le collège du Pape appartient entretemps à ce genre de "pédagogies" du nouveau type abritant étudiants et professeurs et parfois quelques locaux destinés à l'enseignement. Autre exemple, l'ancien collège d'Aulne sert dès 1857 de pédagogie pour les étudiants américains; il sera agrandi en style néogothique en 1899.

L'ancien collège de Villers (1660/ 1760) sera recyclé comme centre de recherche et laboratoire de pointe dans le domaine de la biologie, cytologie, bactériologie, etc...(1888)

A partir du dernier quart du XIXe siècle, l'université se verra obligée de construire des nouveaux instituts et laboratoires répondant aux exigences des progrès de la science et de l'enseignement des sciences exactes et appliquées dans les écoles spéciales d' ingénieurs, créées en 1864 . D'abord encore établis au centre, ils seront reportés plus tard à la périphérie et surtout au Sud du centre historique où l'université rachète après la première guerre mondiale le château et le parc des ducs d'Arenberg d'origine allemande,

Par ailleurs, l'ensemble de l'Ecole Supérieure de Philosophie, école Saint Thomas et du Séminaire Leo XIII, construit en 1893 - 1897, consolide le réseau dans le centre historique et s'affirme par ailleurs comme centre du néo-thomisme, de renommée internationale, qui introduira le réveil catholique dans la philosophie, tentera de rapprocher les sciences humaines et exacte et mettra sur pied un laboratoire de psychologie expérimentale.

Les destructions allemandes durant la première guerre mondiale et particulièrement l'incendie des halles et de la bibliothèque universitaires (1914) ont suscité un tollé général à l'époque et la création à Paris dès 1914 de l'Œuvre internationale pour la reconstitution de l'Université de Louvain à laquelle s'affilièrent 25 pays." Les flammes de Louvain" ont par ailleurs intensifié la participation dans le conflit des alliés d'outre mer. Les restaurations et reconstructions historisantes des halles (1922) se sont assorties de la construction d'une nouvelle bibliothèque (1921-1928), largement financée par les collèges américains. Cet édifice fut une seconde fois touché durant la seconde guerre mondiale qui endommagea également deux collèges dans et à proximité de la Naamsestraat, qui seront réparés et/ou reconstruits par après.

A partir des années 1960 l'université s'attache à la mise en valeur de son patrimoine architectural en restaurant et réhabilitant entre autres l'ancienne pédagogie du Faucon (1960-1961) destiné à la faculté du droit, le "aula magna" (1965) et en rénovant l'intérieur de trois des quatre ailes du Collège du Pape attenant (à partir de 1967).

La KU. Leuven (à partir de 1968).
Suite à la décision de 1968, l'université est scindée en deux institutions autonomes: pour les néerlandophones la KU Leuven et pour les francophones, l'U.C.L. ou Université Catholique de Louvain, qui s'établira progressivement à Ottignies dans une nouvelle ville-campus, ou Louvain-la-Neuve, entamée en 1971.
La KU Leuven, qui se maintient dans la ville ancienne, développe une politique qui vise à concentrer les sciences humaines dans le centre historique et de continuer à déplacer vers le campus de la périphérie Sud les sciences exactes et appliquées qui exigent une infrastructure plus lourde. En ville, elle consolidera sa présence en récupérant d'anciens collèges ayant servi après la régime française d'écoles, hospices mais inoccupés depuis. Leur restauration, est accompagnée parfois de constructions nouvelles appropriées. Dans le quartier Sud-Est, se sont insérés, dès les années 1970, des nouveaux édifices de qualités destinés à l'expansion de certaines facultés telles que le la Philosophie et Lettres, la Théologie, la Psychologie et aux besoins de l'enseignement magistral dont le très grand amphithéâtre, Pieter De Somer Aula (1989) est l'exemple le plus représentatif.