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Architecture vernaculaire et paysage culturel mandingue du Gberedou/Hamana

Date de soumission : 29/03/2001
Critères: (ii)(v)(vi)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Min. de la Jeunesse, des Sports et de la Culture- Direction Nationale de la Culture
Coordonnées Long. 9°13' W ; Lat. 10°53' N
Ref.: 1521
Thèmes
Paysages culturels
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

Situé a 50km au Nord Est de Kouroussa et a 40km au Sud Ouest de Kankan, le GberedoulHamana est l'un des plus prestigieux centres historiques et culturels de la Guinee. Partie integrale de la Haute Guinee dont il garde d'ailleurs toutes les caracteristiques physiques et climatiques, le Gberedoui'llamana abrite d'importants foyers de la civilisation Mandingue, veritables ecoles ou s'apprend l’histoire de toute la Guinée, voire même de l’Afrique Occidentale. Le Gberedou/Hamana est, en outre, un site spirituel a travers ses mares sacrees et ses nombreux lieux de cultes qui sont encore, de nos jours, au coeur de pratiques religieuses fantastiques. Il constitue, en cela, une memoire vivante de la religion traditionnelle. En tout cas, les phenomenes religieux marquent profondement les paysages, les espaces et les hommes par le culte des morts et des ancetres par des rites divers et des pelerinages sur les lieux sacres. Enfin le Gberedou/Hamana est constitue de multiples elements dont la relation fonctionnelle determine son integrite. Son climat de type tropical soudanien est marque par deux (2) saisons bien distinctes : la saison seche (parfois plus de 40°C en mars et avril) et la saison pluvieuse au cours de laquelle la hauteur d'eau peut atteindre 1600mm avec des temperatures moyennes de 20°-30°C. Les principaux villages concernes (Baro, Koumana, Balato) sont situes dans la plaine d'inondation du Niger dont les crues annuelles rythment la vie des populations riveraines. La vegetation caracteristique est la savane arborde, parsemee de forets galeries le long des cours d'eau. La population, essentiellement Mandingue, vit des ressources de l'Agriculture, la chasse, l'elevage, la peche et l'artisanat. Malgre la predominance de l'Islam, les pratiques animistes persistent a travers le totemisme, la croyance en l'esprit des ancetres et aux genies. C'est ce qui explique le sens des mares du Gberedou/Hamana (13616, Nantamba et Woigbe) autour desquelles s'organisent chaque annee de grandioses ceremonies rituelles. A1) PRINCIPALES MARES SACREES. A 1.1 la Mare Bolé de Baro : vaste etendue de 40 a 50 hectares, située au Nord du village de Baro. Elle est separee du village par un bosquet remarquable par d'enormes fromagers, habite par les genies protecteurs de la communauté. Important espace pour la tradition locale, ce bosquet est 1'expression reelle d'une veritable relation entre genie et homme permettant 1'intercession des voeux. Ceci a lieu lors d'un pelerinage qui occasionne une fete annuelle du village. La reunion' attire plusieurs milliers de personnes de la region, des pays voisins, voire d'Europe et d'Amerique. C' est une occasion de danses et de chants traditionnels qui se termine par une partie de peche dans la mare. A 1.2 la Mare Woîbé de Balato : Balato se situe' a 42 km environ de la ville de Kouroussa (Sun la route rationale Kouroussa ? Siguiri). Le Village s'allonge au bord du Niger, sun la rive gauche. En amont, tout a fait au sud, a 2 km environ, s'aperçoit la mare Woigbe. C'est une etendue d'eau stagnante et apparemment limpide ; d'ou le nom Woigbe (en lnaninka, blanc comme de 1'argent), expression qui, par deformation, est devenue Woigbe. D'une forme irreguliere, elle est taillee dans un environnement caractenstique des planes A 1.3 la Mare Nantamba de Koumana : C'est un vaste etang d'eau situe a environ 2 kilometres a l'Ouest de Koumana dan la plaine du fleuve Niger qui Falimente en eau et en poissons. D' un tenant de 3 hectares environ, Nantamba est dans un milieu completement decouvert ; cc qui favorise son envasement a un rythme accelere. Son fond bien qu'extremement boueux recele plusieurs varietes de poissons. Elle fait Fobjet d'un rite au cours duquel on evoque les genies protecteurs pour la prosperite de la localite. A 2. Fadama: Fadama est un petit village du Hamana situe d moins d'un (1) kilometre sur la rive droite du fleuve Niandan qui le separe de Baro. Il dolt sa notoriete au fait qu'il renferme toujours de grands connaisseurs de l'histoire de la Guinee voire de 1'Afrique de Fouest. Il est, en outre, un grand centre d'apprentissage et de diffusion de la tradition orale. Sa population, essentiellement CONDE, est une famille de griots et est entierement au service de leurs voisins KEITA qu'ils considerent comme leurs tuteurs et leurs protecteurs. En retour, les KEITA leurs doivent toutes les faveurs dues a un protege : assistance materielle, protection contre toutes formes de danger. L'on pourrait mdme parler de 1'interdependance reconnue entre Tonti (dignitaire) et homme de caste dans tout le Mandingue. A.3 ARCHITECTURE VERNACULAIRE Hormis les quelques edifices administratifs recents, les constructions dans le Gberedou/Hamana sont constituees de petites cases rondes regroupees en concessions familiales autour de puns et de placettes. Les cases de terre rondes, peintes et ornees a la base d'un decor lineaire simple, sont coiffees de toit de paille et incluses dans 1'enclos qui ceinture les differentes families, les greniers, le corral du pent betail et auquel une porte de grande dimension donne acces. La vie communautaire s'organise autour dune place de marche et d'un arbre a palabre, situe a I'entree ou a la sortie du village. Le territoire villageois generalement ombrage de grands arbres, notamment de manguiers, dispose d'un superbe terroir agncole le long du fleuve et entre le fleuve et les differentes mares. D'autre part, I'architecture vemaculaire se diversifie : ells passe des cases de sept (7) rangees de mottes de terre superposees, de la case,en lianes tressees a celles construites en briques a la forms irrsguliere. A.4 LES ARTS: Dans le Gbersdou/Hamana, objet de la presents proposition d'inscription, I'art est represents sous toutes ses formes. Par exemple, la musique et la danse accompagnent tous les rites de passage (bapteme, manage, circoncision, funerailles... ), les activites economiques (travaux de labour, recolte, peche et chasse) ainsi que les principales activites sociales comme I'intronisation des chefs, les guerres . Les arts plastiques se manifestent essentiellement a travers les objets usuels. Ainsi, de la case au pilon en passant par le mortier, le manche des outils, on peut lire le gout de l'esthetique. B. HISTORIQUE ET DEVELOPPEMENT Le processus d'occupation du Gberedou? Hamana s'est realise entre le XIe et le XVIe siecles. Les premiers occupants seraient les Bambaras qui ont fui les puissants mouvements d'islamisation des Almoravides en vigueur daps le manding. Ensuite, apres 1'eclatement de 1'Empire du mali, les Malinkes viendront s'installer dans cette zone en y chassant les Bambaras. Cette occupation malinke sera si effective que, de nos jours, l'on ne se rappelle des Bambaras que par certaines toponymies empruntees a leur langue. Des lors, on observe une diversite d'activites economiques et une qualification des techniques extensives d'agriculture, d'elevage de chasse et de peche. Par ailleurs, le Gberedou?Hamana accorde une place privilegiee aux differents lieux de culte notamment les mares dont le prestige populaire et surtout le caractere sacre aident a la preservation du paysage culturel, en garantit l'authenticite et l'integrite. L'histoire de ces mares est toutefois liee a celle des localites qui les abritent. Elle resulte generalement d'une relation entre les fondateurs des villages et les genies des lieux, leurs protecteurs. Cette legende est celle de la relation entre hommes et genies, une relation qui revele le pouvoir de la mare. De ce pouvoir, s'est instaure progressivement un rite d'intercession des vaeux. En effet, au depart, les genies des mares n'etaient invoques que par les femmes qui ont fait plusieurs annees de menage sans enfant. C'est dire que ce rite et les ceremonies qu'il occasionne avaient une dimension familiale. Il prendra de 1'envergure avec < l'explosion » demographique et, surtout, a mesure que la population croit que les genies des mares lui apportent une assistance evidente et effective. Ainsi, de nos j ours, les genies sont sollicites par tous et pour toutes sortes de voeux : fecondite des femmes, guerison de maladie, promotion sociale et professionnelle, coupables de Wits etc. Et, depuis plusieurs decennies les ceremonies rituelles des mares du Gberedoufamana attirent des milliers de personnes de toute la region, des pays voisins voire d'Europe et d'Amerique. Ce caractere grandement populaire des ceremonies dont font l'objet les differentes mares du Gberedou et du Hamana ont determine un interessement de l'Etat guinéen a leur etat, leur gestion leur conservation et leur promotion.