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Qal' at Sem'an (Saint-Syméon)

Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

République arabe syrienne (États arabes)

Date de soumission : 08/06/1999
Critères: (ii)(iv)(vi)
Catégorie : Culturel
Soumission préparée par :
Direction Générale des Antiquités et des Musées (Damas) avec le concours du WHC / UNESCO
Coordonnées
A environ 40 km au N.O. d'Alep
Ref.: 1300

Description

Qal'at Sem'an, (Saint-Syméon), fut du Ve au Vlle siècle un centre de pélérinage très actif qui attirait ia foule des prélerins venus non seulement de la région d'Antioche et de Syrie mais aussi de Byzance où le Saint moine s'était fait à la fin du IV e et dans la première moitié du Vesiècle une solide réputation d'ascète pur et dur n'ayant pas mieux trouvé, comme lieu de retraite et de pieuse contemplation que le haut d'une colonne.



L'emplacement est situé sur un éperon rocheux dans le relief qui porte le nom du Saint (Djebel Sem'an) à quelques kilomètres du sommet du Massif calcaire (870 mètres) de Sheikh Baraket, donc tout à fait à l'écart des grands axes routièrs.



Né dans les environs d'Antioche vers 389-90 et très vite acquis à la vie monastique et ascétique, Saint Syméon est mort en 459 en laissant derrière lui non seulement de fervents adeptes et disciples mais aussi un haut-lieu du mysticisme chrétien proche-oriental.



De son vivant, I'endroit qu'il fréquentait se réduisait à un simple enclos circulaire protégé d'une clôture (mandra), un mur assez haut pour que son sommet ne soit accessible que par une échelle, une niche pour un vase saué et les hosties, un pilier portant un encensoir et une coupe, une citerne pour l'eau et bien sûr la colonne. Mais rien de tout celà n'est resté à l'exception de la colonne réduite elle même à une boule de pierre difforme placée sur une base.



A la place de ces modestes installations, I'Empéreur de Byzance, Zenon (475490), un grand admirateur du stylite de Chalcèdoine Daniel qui se proclamait lui même disciple de Syméon, décida, peu d'années après la mort de ce dernier (vers 476) d'édifier un monument digne du père du monachiste stylite.



Les résultats sont époustouflants: d'abord en raison des dimensions de l'ouvrage: douze mille mètres carrés bâtis et le recours à d'amples travaux de nivellement. Ensuite du programme architectural qui témoignedu savoir-faire des architectes qui connaissaient les impératifs et les contraintes des grands programmes de pélérinage. Enfin de l'exécution de ce programme qui a nécessité la mise en place d'un énorme chantier qui rassembla autour d'un plan issu d'une grande métropole, Byzance, des ouvriers venus non seulement de la Syrie du Nord, mais aussi de Cilîcie et de Mésopotamie.



Le pélérinage commençait au village situé en contrebas où les f~dèles étaient accueillis et où l'on voit aujourd'hui d'énormes vestiges assez bien conservés dans l'ensemble. De là une voie fait monter au centre qui se présente de l'extérieur sous l'aspect d'une cité fortifiée avec murailles, tours, donjon et d'autres accessoires de défense ajoutés à partir du Xe siècle à des moments de grande insécurité. Tout au long du parcours on passe par divers bâtiments et espaces découverts: une avant-cour, une esplanade où se déroulait le pélérinage, le baptistèreet ses annexes, enfin le grand martyrion cruciforme et ses dépendances, pièce ma'^tresse de tout le complexe architectural au milieu de laquelle se dresse la colonne du Saint ou plutôt ce qu'il en est resté. Quatre basiliques larges d'environ 23 mètres et de longueur variant entre 26 mètres (celles du Nord, Sud et Ouest) et 39 mètres ( celle de l'Est), convergent vers un octogone central.



Parmi les bâtiments annexes on relève un monastère, un tombeau collectif, une hôtellerie....



Quant au décor extrêmement riche et varié dans les détails, il tend, cependant, à souligner assez fortement l'unité de l'architecture et son harmonie. Les façades à moulures enveloppant portes et fenêtres utilisées pour la première fois à Qal'at Sem'an, sont copiées dans certaines églises de la région et ailleurs comme à Qalb Loze où les arcs couronnant les absides sont nettement d'inspiration du décor des grands arcs de l'octogone,de Saint Syméon .Plusieurs fac,ons de travailler l'acanthe s'acclimatérent et donnérent notamment à beaucoup de sculptures l'aspect de dentelles de pierre que l'on remarque également à Sainte-Sophie de Constantinople.



Parallélement, le stylisme se diffusa, tout particulièrement dans le Massif Calcaire et dans la région d'Antioche. Syméon du Mont Admirable, qui vécut de 521 à 592,Jean de Kafr Derian, etc... mais aussi dans tout le Proche-Orient et en Asie Mineure notamment Daniel déjà cité, à Chalcèdoine,Géorgie etmêmeen Gaule, conservant une certaine popularité jusqu'au Xll e siècle et au delà.



L'importance de Qal'at Sem'an se lit donc non seulement dans son architecture qrandiose et remarquable qui mobilisa grâce à l'entremise impériale, un grand nombre de techniciens et apporta un nouveau souffle à l'architecture religieuse de la région, mais aussi dans l'extraordinaire exPansiondu mouvement monachiste stviltinue à partir du V e siècle de l'ère chrétienne.