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Un Château du désert : Qasr al-Hayr ach-Charqi

Date de soumission : 08/06/1999
Critères: (iv)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Direction Générale des Antiquités et des Musées (Damas) avec le concours du WHC / UNESCO
Coordonnées A 170 km au Nord de Damas
Ref.: 1298
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

 

Les Califes omeyyades de Damas (660 av. J.C – 750 av. J.C) se firent construire dans la steppe de magnifiques palais appelés «Châteaux du Désert » parce qu'ils se situaient sur la lisière du désert syrien, loin de la Capitale et de ses tracasseries ainsi que des regards indiscrets des habitants et où ils pouvaient s'adonner au plaisir de la chasse, à l'élevage des chevaux.

Ils édifièrent parfois des petits châteaux isolés ou des pavillons de Chasse tels que Qasr Kharana ou Qusayr'Amra en Jordanie, ou Khirbat al-Baydà dans le Ledja de Syrie. Et d'autrefois, il s'agissait de grands et importants Châteaux entourés de remparts, généralement un édifice carré à cour centrale légèrement fortifié par des tours ou contreforts semi circulaires doté d'un bain, d'une mosquée et d'une salle d'audience. L'ensemble se complète de maisons de dimensions variées, de greniers et de lieux de travail, parfois enfin d'un grand espace clos par un mur.

Qasr al-Hayr ach-Charqi situé à 170 km au Nord Est de Damas fait partie de ce dernier type de grands châteaux dont on trouve d'autres exemples sur Djebel Sels à 115 km au Sud-Est de Damas bâti, semble-t-il, par le Calife al-Walid (705-715 après J.C.), à Rusafat Hishàm, la résidence du Calife Hishàm (724-743 J.C) ( il s'agit là en fait d'un ensemble de quatre châteaux et plusieurs autres édifices) et à Qasr-al-Hayr-al-Gharbi (vers 728 J.C) situé entre Damas et Palmyre.

A Qasr al-Hayr ach-Charqi un vaste enclos (hayr) entouré d'un mur de sept kilomètres réserve de grands terrains où l'on pouvait élever des animaux, pratiquer des cultures, planter des jardins. Quatre autres sites semblables sont connus, Madinat al-Far sur le Balikh, Anjar dans la Vallée de la Biqaa au Liban, à Amman et à Aqaba en Jordanie. Il s'agissait pratiquement de villes princières, des sortes de « madina» comme l'atteste une inscription du Qasr al Hayr ach-Charqi. Mais une madina très peu peuplée puisque seuls les membres de la famille royale, les proches et serviteurs y sont acceptés.

On distingue à Qasr al-Hayr ach-Charqi deux palais, l'un grand de 160 mètres de côté et l'autre petit ( carré mais irrégulier) d'environ 60 mètres de côté. Les deux édifices sont renforcés de tours semi-circulaires deux sur chaque côté et quatre tours d'angles. Une porte monumentale flanquée de deux demi-tours marque l'entrée principale du grand palais qui ouvre par trois autres portes pratiquées dans les trois autres côtés en plus de deux entrées dans la face orientale. Une vaste cour est flanquée d'un côté par les appartements royaux à deux étages et de l'autre par les autres des logements des proches.

Quant au petit palais, il n'a qu'une seule entrée du côté Ouest. L'intérieur est occupé par des chambres voûtées.

Les murs des deux palais sont en pierre de taille et conservent à peu près leur hauteur d'origine dans plusieurs endroits. Il s'agit d'une pierre calcaire blanche qui a pris avec le temps une couleur jaune ocre. Quant aux édifices, en plus de la pierre, plusieurs sont en briques cuites. Une canalisation d'environ 5,7 km apporte l'eau d'une région lointaine.

L'ensemble palatial avec ses dépendances est attribué au Calife Hisham (724-743) par une inscription aujourd'hui disparue. Certains pensent, cependant, que le grand palais d'origine omeyyade a dû être repris au X e siècle par les Abbassides devenant ainsi l'élément central d'une cité aves ses presses à huile, ses ateliers de verre et ses quartiers d'habitation.

Qasr al-Hayr al-Charqi conservant mieux que tout autre château les principaux caractères authentiques de ses origines omeyyades, donne l'exemple d'un «château du désert » du début du VlIle siècle où les réminiscences des arts antérieurs à l'Islam connus par la Syrie (art byzantin, art sassanide...) consacrent, malgré l'apparition de l'Islam, la continuité des traditions artistiques, culturelles et civilisationnelles de la Syrie, visibles dans maints autres monuments religieux de la même époque ( la mosquée omeyyade de Damas, la coupole du Rocher de Jérusalem…).