Sergilla
Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.
République arabe syrienne (États arabes)
Date de soumission : 08/06/1999
Critères:
(iv)
Catégorie :
Culturel
Soumission préparée par :
Direction Générale des Antiquités et des Musées (Damas) avec le concours du WHC / UNESCO
Coordonnées
Dans le massif calcaire du Belus entre Maarat al-Nu'man et Bara
Ref.: 1296
Description
Il s'agit de l'un des plus imposants et des plus représentatifs des villages du massif calcaire du Belus situé au Nord de la Syrie, communément applés, villes mortes .
Dans cette région de plateaux plus ou moins arides mais d'accés assez facile (I'altitude moyenne varie entre 500 et 600 mètres) et de pluviométrie abondante, sont réunis les plus extraordinaires ensembles de vesti~es archéoloniques du monde. Ies ruines de quelques sent cents villages d'époque romaine et byzantine dont une soixantaine sont dans un état de conservation bon ou excellent, avec des élévations pouvant atteindre huit mètres.
Ces villages apportent un témoignage abondant et précis sur la vie des hommes dans des temos relativement reculés. Grâce aux nombreux travaux des historiens on est en mesure aujourd'hui de connaitre les caractères constants de cette civilisation rurale telle qu'elle s'est développé entre le letet IXe siècles de l'ère chrétienne. Il est à rappeler que dans l'Antiquité, la Syrie du Nord se trouvait au œntre d'une des régions les plus urbanisées du monde méditerranéen avec Antioche que seule, Alexandrie dépassait en nombre d'habitants jusqu'à l'essor de Constantinople au Ve siècle; à côté de cette métropole prospérérent aussi Seleucie-de-Piérie,Laodicée, Apemée, Chalas et plus modestement Alep et Cyrhus.
Les villages du massif calcaire ne sont ni perchés ni fortifiés. Ils ne sont pas non plus urbanisés dans leur structure ni dans leurs composantes et les bâtiments publics se réduisent parfois aux seules églises. Même les rues ne sont souvent ni caliberées ni bordées de portiques ou de trottoirs. Pas de places non plus qui méritent le nom de places publiques.
Et pourtant ! cette absence d'urbanisme au sens classique du mot n'a pas empêché ces villages de se vêtir d'une parure monumentale plus durable que celle des villes. Certains bâtiments auxquels ne manque aujourd'hui que le toit à double pente, évoquent, par leur beauté, les temples et les églises de la région.
Les maisons constituent donc l'élément principal et quasi exclusif de ces villages. Il en existe de toutes sortes. Leur histoire architecturale avec leurs phases d'agrandissements et de divisions, renvoie aux changements sociaux qui formaient la substance de l'évolution des villages .
Au début du Xè siècle le massif calcaire est déserté et les villages abandonnés tombent en ruines.
Sergilla est l'un des ces cites archéologiques que l'on visite avec une plus forte émotion tant il donne l'impression d'une catastrophe qui vient,tout juste, de se produire. Une nécropole marque l'entrée avec un grand nombre de sarcophages taillés dans la pierre noire portant divers types de croix,, cette même pierre de basalte avec laquelle tous les bâtiments sont construits.
Des thermes datés de 433 j.C sont parmi les mieux conservés de la Syrie et revêtent une importance particulière du fait qu'il ont appartenu à la période chrétienne et non romaine. Un bâtiment à double portique (andron) dôté de trois colonnes chacun est considéré comme parmi les plus belles structures architecturales (peut-étre un édifice communautaire) de toutes « les villes mortes » de Syrie. L'église à trois nefs datée de 372 j.C dont il ne manque pratiquement que la toiture est jugée par certains plus ancienne encore. Une autre à nef unique a été transformée à l'époque musulmane en mosquée.
Des villas et maisons rurales en grand nombre parsément tout le site; certaines sont rangées tout au long d'une voie et dotées defacade à colonnes. L'une d'elles comporte seize chambres tandis qu'une autre la plus vaste sans doute à double facade à colonnade daterait des IV e Ve siècles. Enfin une tombe au toit pyramidal couvrant une chambre sépuicrale partiellement tailléedansle roc avec une fa,cade en pierre de taille, représente le type de monument funéraire répandu dans la région.
Sergilla est avec elle tous les sept cent villages morts du Massif calcaire de Belus, est un témoin émouvant de la disparition de communautés rurales jadid prospères qui ont été de grand bâtisseurs, victimes des aléas de l'histoire et des caprices de la nature: épidémies de peste, disettes, famines s'étant succèdées sur la région au début du X e siècle, ont fini par avoir rairon des populations, laissant derrières elles autant de champs, uniques au monde, de ruines et de désolation.



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