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Ebla (Tell Mardikh)

Date de soumission : 08/06/1999
Critères: (iii)(vi)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Direction Générale des Antiquités et des Musées (Damas) avec le concours du WHC / UNESCO
Coordonnées Au Sud d'Alep (51km) pas loin de Saraqeb (à 6 km sur la route secondaire)
Ref.: 1293
Avertissement

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Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

l s'agit de l'un des sites archéologiques de l'âge du Bronze les plus étendues de la Syrie Occidentale où les fouilles menées depuis 1965 ont contribué à améliorer nos connaissances sur les premières racines de la civilisation urbaine au lll millénaire av. J.C. à l'Ouest de l'Euphrate et son développement jusqu'à l'époque des royaumes amorites de la première moitié du IIe millénaire.

Grâce à Ebla il a été possible de vérifier la succession des établissements depuis le milieu du llle millénaire av. J.C. jusqu'à l'époque romaine impériale lorsque le site fut abandonné. Des résultats remarquables furent obtenus concernant surtout la grande cité des premiers siècles du 11e millénaire. De gros murs en briques crues avec parfois un soubassement de pierre en très bon état de conservation avec une élévation de plus de sept mètres furent dégagés et reconnus comme appartenant à la façade orientale de la cour des audiences du palais royal de la grande ville de l'époque proto-syrienne détruit vers 2300 av. J.C. Une grande partie du palais du XXIVe siècle av. J.C. fut révélée avec la cour des audiences, le secteur sans doute le plus original de tout le palais ainsi que les salles où furent conservées les archives. Plus de quinze mille cinq cents numéros d'inventaires de tablettes cunéiformes furent recueillis.

La culture d'Ebla protosyrienne archaïque de la Syrie intérieure est sans doute complémentaire, d'un point de vue économique, à celle de la haute Mésopotamie qui fleurit dans la Djeziré syrienne. Elle semble avoir été aussi inspirée par la culture dynastique archaïque contemporaine de Mésopotamie méridionale.

Des relations régulières et importantes étaient établies avec la métropole du moyen Euphrate et Najar, l'imposant site de la haute Mésopotamie.

La découverte des archives d'Ebla dans les années 1974-76 a ouvert de nouvelles perspectives pour l'étude des différentes civilisations syriennes antiques. On y trouve des indications économiques et sociales importantes à partir des comptes rendus d'audiences qui nous mettent en contact direct avec la réalité politique et l'organisation centralisée du palais.

Un recueil des signes cunéiformes avec indication de la prononciation et des listes de mots sumériens assorties de transcriptions phonétiques ou de traductions éblaites ; huit listes de termes sumériens - la plus longue compte au moins 1500 mots ; liste sumériennes pourvues d'équivalences en éblaite : il s'agissait là de vrais dictionnaire, les premiers dans l'histoire des sciences humaines.

D'autres acquisitions comportent aussi des œuvres littéraires: hymnes sumériens, deux en langue sémitique et une vingtaine de textes incantatoires: c'est ainsi que l'Ebla et avec elle toute la Syrie occidentale est entrée dans la grande tradition des cultures de l'écriture. C'est dire l'importance du site dans l'histoire de la pensée humaine.

Ebla au IIe millénaire

La cité connut au début du 11 e millénaire une véritable renaissance dont témoignent les remparts en pisé qui furent érigés pour défendre le nouvel établissement urbain. Larges à la base de 20 â 30 mètres et s'élevant ans les endroits les mieux conservés jusqu'à 22 mètres, ces énormes remparts entouraient une superficie d'environ 60 ha.

Entre 1625 et 1600 av. J.C. quand les rois paléo-hittites pillèrent la ville, ils y trouvèrent un puissant centre urbain entouré d'une double enceinte fortifiée. Sur la ligne de fortifications extrêmes s'ouvraient quatre portes (vers Alep, l'Euphate, Qatna et Damas puis vers la région de Selimiye).

Pour le second millénaire l'absence totale des textes ne permet pas d'ébaucher un cadre aussi bien fondé du panthéon de la grande ville paléo-syrienne des premiers siècles de ce millénaire, comme cela fut le cas pour l'Ebla du troisième quart du llle millénaire où les textes d'archives ont été une véritable révélation faisant connaître des dizaines de divinités adorées dans le milieu palatial entre 2350 et 2300 av. J.C. Cependant nos connaissances archéologiques détaillées des premiers siècles du IIe millénaire av. J.C., avec au moins quatre temples et d'importants monuments artistiques, posent les bases solides d'une reconstitution de la vie religieuse à Ebla.

La documentation monumentale et figurative d'Ebla au début du IIe millénaire av. J.C quand la cité exerçait une véritable hégémonie sur une large partie de la Syrie du Nord parait, dès lors, fondamentale pour ébaucher une histoire des croyances religieuses de la Syrie du llle au Ie millénaire av. J.C. comme elle a été fondamentale pour la connaissance de la vie urbaine, politique, culturelle et sociale.

Mari et Ebla constituent un couple complémentaire qui nous renseigne mieux que tout autre site de la même époque (llle et lle millénaire) et de la même région (l'ensemble de l'Euphrate central et du Nord). On devra cependant ajouter à ce couple la cité royale d'Ugarit située près de la côte méditerranéenne. Ce qui permet d’achever nos connaissances surtout sur la fin du Bronze récent du XIVe au début du Xllle siècle av. J.C.