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Églises romanes catalanes de la Vall de Boí

Catalan Romanesque Churches of the Vall de Boí

The narrow Vall de Boí is situated in the high Pyrénées, in the Alta Ribagorça region and is surrounded by steep mountains. Each village in the valley contains a Romanesque church, and is surrounded by a pattern of enclosed fields. There are extensive seasonally-used grazing lands on the higher slopes.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Églises romanes catalanes de la Vall de Boí

L'étroite Vall de Boí, située dans les hautes Pyrénées, dans la région d'Alta Ribagorça, est entourée de montagnes abruptes. Chacun des villages de la vallée, environné de champs clôturés, abrite une église romane. Il y a également de vastes pâturages saisonniers en altitude.

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كنائس رومانيّة كاتالونيّة في فال دي بوي

يقع وادي فال دي بوي في أعالي جبال البيرينيه في منطقة ألتا ريباغورسا التي تحيطها جبال شاهقة. وفي كلّ قرية من قرى الوادي الذي تحيطه وديان مغلقة كنيسة رومانيّة ناهيك عن مراعٍ موسميّة شاسعة قائمة في الأعالي.

source: UNESCO/ERI
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博伊谷地的罗马式教堂建筑

博伊谷地位于西班牙东北部加泰罗尼亚自治区的比利牛斯山区,周围被陡峭的群山环抱。山谷中的每一个乡村都有一个罗马式教堂,在乡村周围则是按照一定形式构成的封闭区域。在谷底的山坡上有着许多具有悠久历史的放牧场。

source: UNESCO/ERI
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Романские церкви в Валь-де-Бой, Каталония

Узкая, в окружении крутых гор, долина Валь-де-Бой находится в высокогорье Пиренеев, в районе Альта-Рибагорса. Каждая деревня в этой долине имеет романскую церковь и окружена сетью огороженных полей. На более высоких склонах находятся обширные, используемые сезонно, пастбища.

source: UNESCO/ERI
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Iglesias románicas catalanas de Vall del Boí

Flanqueado por abruptas montañas, el angosto valle del Boí está situado en la región altopirenaica de la Alta Ribagorza. Todas las aldeas de este valle, rodeadas de campos cercados, poseen una iglesia románica. En las zonas más altas hay vastas praderas para el pasto estival del ganado.

source: UNESCO/ERI
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ボイ渓谷のカタルーニャ風ロマネスク様式教会群
スペイン北東部、カタールニャ地方、ピレネー高地に位置する。山々に囲まれた急勾配の峻険な地に流れるボイ渓谷には、村ごとに11~12世紀建立のロマネスク様式の教会が数多く残されており、建築的にも高度な技術を誇る。こればボイ渓谷の教区管轄権を裏付けるもので、当地の司祭が教会建設を推進したためとされる。タフル村にはこの地域で最も重要なサンタ・マリア教会やサント・クリメント教会が1123年いに相次いで建設されている。

source: NFUAJ

Catalaans-Romaanse kerken van Vall de Boí

De smalle Vall de Boí vallei ligt in de hoge Pyreneeën – in de Alta Ribagorca regio – en wordt omringd door steile bergen. Elk dorp in de vallei heeft een Romaanse kerk en is omgeven door een patroon van omheinde velden. Op de hogere hellingen liggen omvangrijke seizoensgebonden graslanden. De kerken van Vall de Boí weerspiegelen belangrijke ontwikkelingen in de Romaanse kunst en architectuur en getuigen van een diepgaande culturele uitwisseling in heel middeleeuws Europa, en in het bijzonder in het gebied van de Pyreneeën. De kerken gelden als bijzonder zuivere en consistente voorbeeld van Romaanse kunst in een vrijwel ongerepte landelijke omgeving.

Source : unesco.nl

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Églises romanes catalanes de la Vall de Boí © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Vall de Boí est située dans les Pyrénées catalanes, dans la région d'Alta Ribagorça, à 120 km au nord de Lleida, dans la partie nord-est de la péninsule Ibérique. L’étroite vallée est entourée de montagnes abruptes, chacun de ses villages abritant une église romane.

En tant que groupe, ces églises représentent un exemple particulièrement pur et cohérent d’art pictural et d’architecture dans le style roman lombard. Elles furent construites entre les XIe et XIIe siècles sous le patronage des seigneurs d’Erill, en prenant un caractère inhabituel en raison de leur emplacement en bordure de leurs anciens villages respectifs et, également, de la richesse de leur décoration picturale intérieure.

Les éléments de ce bien du patrimoine en série sont les églises de Sant Feliu de Barruera, Sant Joan de Boí, Santa Maria de Taüll, Sant Climent de Taüll, Nativitat de Durro, Santa Eulàlia d’Erill-la-Vall, l’Assumpció de Santa Maria de Coll, Santa Maria de Cardet et l’ermitage de Sant Quirc de Durro. Les deux églises de Taüll furent déclarées monuments nationaux en 1931, celles de Sant Joan de Boí et Santa Eulàlia d’Erill-la-Vall en 1962, et le reste des églises en 1993.

C’est dans ce groupe d’églises rurales exceptionnellement bien conservées que l’on trouve la plus grande concentration, en Europe, d’art roman. Ce groupe constitue un exemple unique de la tradition qui s’est épanouie en Catalogne au XIIe siècle. Les églises romanes et les villages où elles se trouvaient forment un excellent exemple de paysage culturel qui a prospéré harmonieusement, dans un cadre naturel qui est demeuré intact jusqu’à nos jours. Le style roman lombard a pris, dans ces églises pyrénéennes, une tournure d’expression dans laquelle l’esprit rural indigène se manifeste de façon remarquable, comme la chaîne des élégants clochers de Sant Climent de Taüll, Sant Joan de Boí et Santa Eulàlia d’Erill-la-Vall.

Il est légitime d’affirmer que le mode de vie dans la Catalogne médiévale, tel que l’expriment ce groupe d’églises et leurs villages, fut d’une importance considérable dans la reconnaissance de l’identité culturelle catalane. L’art roman de ces villages pyrénéens a joué un rôle vital dans le mouvement pour le rétablissement de la nationalité et de l’identité catalanes au début du XXe siècle.

L’importance des églises de la Vall de Boí repose toutefois sur leur valeur de groupe; il n’existe nulle part ailleurs en Europe un ensemble d’églises aussi remarquables datant de la même période relativement brève. Il n’existe pas non plus d’autre groupe qui illustre de façon aussi vivante la transmission d’un mouvement culturel capable de franchir une barrière montagneuse et de s’installer, avec des normes techniques et artistiques élevées, dans un autre territoire. Ce groupe peut donc être considéré comme un chef d’œuvre de l’époque et un exemple de grande créativité humaine.

Critère (ii): Les développements importants de l’art et de l’architecture romans des églises de la Vall de Boí témoignent des profonds échanges interculturels dans l’Europe médiévale et, en particulier, à travers la barrière montagneuse des Pyrénées.

Critère (iv): Les églises de la Vall de Boí sont un exemple particulièrement pur et homogène d’art roman dans un paysage rural demeuré virtuellement pratiquement intact.

Intégrité

Les églises individuelles constituent tous les éléments de ce bien en série, l’ensemble du bien étant contenu dans une seule zone tampon. Tous les attributs de la valeur universelle exceptionnelle, comme les influences lombardes sur l’architecture et le décor sculptural, le plan au sol, la maçonnerie précise à la surface des murs, le plan carré des clochers ou le décor sculptural avec des arcs aveugles, ainsi que l’utilisation continue des églises par la communauté, sont compris dans les limites du bien.

Certains travaux de conservation ont été réalisés sur toutes les églises, parfois en plus grand nombre sur certaines églises que sur d’autres. De nombreux travaux firent l’objet de vastes programmes de restauration et de conservation dans la deuxième moitié du XXe siècle. Des restaurations ont été, et vont continuer d’être exécutées dans le cadre de ce qui est en fait un programme continu d’entretien, n’affectant pas l’intégrité du bien. Les principales peintures murales et la plupart des artéfacts anciens ont été transférés au début du XXe siècle au MNAC (Museu Nacional d'Art de Catalunya) de Barcelone pour des raisons de sécurité, afin d’éviter qu’ils ne soient enlevés, pillés, puis exportés an Amérique, comme cela se produisit avec des peintures d’autres églises de la Catalogne.

Les églises de Santa Maria de Taüll, Sant Joan de Boí, Santa Eulàlia d’Erill-la-Vall, la Nativitat de Durro, Sant Feliu de Barruera, l’Assumpció de Coll, Santa Maria de Cardet et l’ermitage de Quirc de Durro conservent leur forme architecturale, leur structure et leurs matériaux ainsi que leur utilisation religieuse, tandis que l’église de Sant Climent de Taüll préserve intactes tous les caractéristiques d’origine et est utilisée à des fins touristiques/culturelles. Aucun facteur négatif ne semble exister actuellement, bien que le tourisme excessif puisse poser problème s’il devait être autorisé à se développer.

Authenticité

On se saurait mettre en doute l’authenticité fondamentale des églises, des villages ou de leur paysage environnant. Cependant, tous ont connu des changements récents susceptibles, dans une mesure plus ou moins grande, d’être considérés comme altérant cette authenticité fondamentale. Néanmoins, il s’agit d’un phénomène  pouvant être observé dans tous les édifices de culte, qui ont été utilisés de manière continue à des fins spirituelles depuis leur construction. Aucune de ces interventions, à l’exception du transfert regrettable, mais parfaitement justifiable, d’une grande partie des trésors artistiques à Barcelone, n’a été de nature à diminuer l’authenticité d’une de ces églises dans une mesure inacceptable. La conservation du tissu des églises s’est étendue jusqu’à des travaux d’enlèvement, de rénovation, de remplacement, et de nouvelles constructions. Désormais, seule Santa Maria de Durro, dans une certaine mesure, et, par ailleurs, uniquement Santa Maria de Cardet, deux églises qui sont également différentes à plusieurs autres égards et n’ont pas bénéficié de conservation, donnent une bonne idée de l’évolution d’une église et d’un intérieur à la fin du Moyen Âge et dans la période post-médiévale.

Le sauvetage de l’art mural dans les années 1920 fut un travail remarquable, ayant abouti à des résultats notables qui peuvent être vus au MNAC, Barcelone. Toutefois, cette réussite ne saurait modifier la dure réalité, à savoir que les peintures sont désormais sorties de leur contexte où elles étaient censées être vues et que ces églises sont aujourd’hui privées de leur pièces maîtresses.. Alors que cette situation ne porte pas préjudice à la revendication des églises d’attirer sur elles l’attention du monde, on pourrait avancer que cela diminue quelque peu leur authenticité. Dans le lieu où elles se trouvent actuellement, les peintures ne sauraient être envisagées pour une inscription sur la Liste du patrimoine mondial.

Les églises de Santa Maria de Taüll, Sant Climent de Taüll, Sant Joan de Boí, Santa Eulàlia d’Erill-la-Vall, Nativitat de Durro, Sant Feliu de Barruera et Santa Maria de Cardet ainsi que l’ermitage de Quirc de Durro ont bénéficié récemment d’une restauration générale pour consolider les toits, les structures, les clochers et les intérieurs de manière à souligner l’authenticité de leurs caractéristiques architecturales et décoratives et à améliorer leur utilisation à des fins religieuses et culturelles.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les églises sont protégées par la loi 16/1985 du 25 juillet, concernant le patrimoine historique espagnol, la loi 9 / 1993 du 30 septembre, relative au patrimoine culturel catalan, le décret 276/2005, portant sur des Commissions territoriales pour le patrimoine culturel, et d’autres législations comme la loi 13/2002, concernant le tourisme en Catalogne.

Toutes les églises jouissent d’une pleine protection en vertu de la loi sur la planification catalane et locale et d’autres dispositions. Les églises, villages et bâtiments individuels sont couverts par les dispositions très strictes de lois sur l’urbanisme et la planification rurale, qui régulent les questions telles l’emplacement, la hauteur, la ligne du toit et les matériaux de construction pour les nouveaux édifices et les rénovations, ce qui garantit la préservation de l’environnement des églises. La législation applicable est la loi du patrimoine culturel catalan, qui protège à la fois les églises, en tant que monuments anciens, et les six villages de la vallée, en tant que zones historiques. En outre, une partie de la vallée est protégée par son statut de site historique. Les églises sont utilisées à des fins religieuses et pour des visites publiques.

Le Consortium de la Vall de Boí est responsable de la gestion du site. Il est composé de la Generalitat de Catalunya (gouvernement catalan), de la Diputació de Lleida (autorité provinciale), du Consell Comarcal de l'Alta Ribagorça (la division administrative catalane), de la municipalité de la Vall de Boí et des évêchés d’Urgell et de Lleida.

Les interventions sur le site doivent être autorisées par le ministère de la Culture du gouvernement catalan, qui met également en œuvre des politiques de financement et de planification.

Toutes les églises sont la propriété de l‘évêché d’Urgell, à l’exception de l’église de l’Assumpció de Coll, qui dépend de l’évêché de Lleida.

En plus des programmes continus de restauration et d’entretien d’églises et de projets urbains dans les villages de la vallée, il existe le programme d’Excellence du tourisme dans la Vall de Boí de 1998, qui est promu conjointement par l’État, la communauté autonome et les autorités locales ainsi que des entreprises de tourisme et est actuellement en cours. La plus grave menace pesant sur l’intégrité de la vallée étant le tourisme de masse, le programme propose des stratégies de développement du tourisme, qui sont cohérentes avec les objectifs de protection et de conservation des ressources naturelles et culturelles.

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