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uKhahlamba / Parc du Drakensberg

Brève description

Le site d’uKhahlamba / Parc du Drakensberg est d’une beauté naturelle exceptionnelle avec ses contreforts basaltiques qui s’élancent vers le ciel, ses à-pic vertigineux et ses parois de grès mordoré. Les alpages onduleux, les vallées fluviales aux versants abrupts et les gorges escarpées ajoutent aussi à la beauté du site dont les habitats diversifiés abritent un grand nombre d’espèces endémiques et menacées dans le monde, en particulier des oiseaux et des plantes. Ce paysage naturel spectaculaire contient de nombreux abris sous roche et des grottes présentant la plus vaste concentration de peintures rupestres de l’Afrique subsaharienne, réalisées par les San sur 4 000 ans. Ces peintures sont remarquables par leur qualité, par la diversité des sujets traités et la représentation de la faune et des êtres humains. Elles illustrent la vie spirituelle de ce peuple désormais disparu.

© UNESCO

Valeur exceptionnelle

Critère (i) :  L’art rupestre du Drakensberg constitue le groupe le plus important et le plus dense de peintures rupestres au sud du Sahara ; il est remarquable tant par sa qualité que par la diversité de ses sujets.

Critère (iii) :  Le peuple San a vécu dans la région montagneuse du Drakensberg pendant plus de quatre millénaires, laissant derrière lui un corpus exceptionnel d’art rupestre qui met en exergue son mode de vie et ses croyances.

Critères naturels (vii) et (x) : La beauté naturelle exceptionnelle du site s'exprime dans ses contreforts de basalte vertigineux, ses arrière-plans incisifs et spectaculaires et ses remparts de grès dorés. Elle est renforcée par les prairies de haute altitude, les vallées fluviales vierges encaissées et les gorges rocheuses. Les habitats très divers protègent de nombreuses espèces endémiques et des espèces menacées à l'échelle mondiale, en particulier des oiseaux et des plantes.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Ukhahlamba Park has outstanding aesthetic value. Soaring basaltic buttresses, incisive dramatic cutbacks and golden sandstone ramparts all contribute to a spectacular environment. It contains significant natural habitats for in situ conservation of biological diversity, and has outstanding species richness of plants. It is recognized as a Global Centre of Plant Diversity and endemism, and occurs within its own floristic region: the Drakensberg Alpine Region of South Africa. The rock art is the largest and most concentrated group of rock paintings in Africa south of the Sahara and is outstanding both in quality and diversity of subject.

The park is the largest protected area on the Great Escarpment of the southern African subcontinent. It is located in an inland mountain along the eastern border of Lesotho. It comprises a northern and a significantly larger southern section. The mountainous area between these two sections, known as the Mnweni area, is tribal land. The park can be divided into two distinct physiographic regions: the foothills of 'Little Berg' are steep-sided spurs, escarpments and valleys occurring below 2,000 m in elevation, whereas the high main escarpment rises to over 3,400 m. There is considerable variation in topography, including vast basalt and sandstone cliffs, deep valleys, intervening spurs and extensive plateau areas. This topographical variation contributes to the outstanding scenic value. The Drakensberg is one of the best watered, least drought-prone areas of southern Africa, and has particular significance for catchments protection and the provision of high-quality water supplies for surrounding communities; a number of rivers originate from the park.

The geology of the Drakensberg is characterized by a thick sedimentary succession, capped by an accumulation of basalt, comprising the upper part of the Karoo Supergroup succession which has a composite thickness of up to 7,000 m in this area. The most distinctive physiographic feature of the Drakensberg foothills is the high cliffs formed of fine-grained sandstone comprising the Clarens Formation.

The vegetation in the park is influenced by topography and the effects of climate, soil, geology, slope, drainage and fire; it is attitudinally zoned, forming three belts coinciding with the main topographical features: the river valley system, the spurs and the summit plateau. These are the low-altitude belt with Podocarpus forest, the mid-altitude belt with fynbos (fine bush) vegetation and the high-altitude belt with alpine tundra and heath. Among a total of 2,153 species of plant are included a large number of internationally and nationally threatened species. A significant feature is the high level of plant species endemism. The park also includes significant grassland communities. The fauna includes a total of 48 mammal species, 296 bird species, 48 reptiles, 26 amphibians and 8 fish species. The invertebrate fauna is poorly known but includes many species endemic to the region. A number of globally threatened faunal species occur in this area, including the long-toed tree frog, the yellow-breasted pipit and the Natal Midlands dwarf chameleon.

The Drakensberg region is one of the most important archaeological areas in southern Africa. Archaeological sites from the early, middle and late Stone Ages and the late Iron Age indicate that human occupation in this mountain region may extend over the last million years. It was, however, the Neolithic settlers who arrived around 8000 BP that were the ancestors of the San. They were hunter-gatherers, often living in caves or rock-shelters. Paintings are to be found in diverse sites, ranging from large rock-shelters containing over 1,000 individual images to small rock overhangs with only a few paintings and the vertical sides of boulders strewn along the steep valley slopes. Many of them displayed painted scenes of hunting, dancing, fighting, food gathering, and ritual or trance scenes of hunting or rainmaking. Most of the human subjects were depicted naked, but the sex was indeterminate for most of them. Dressed figures were clad in a variety of garments, in some cases of European type.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La région du Drakensberg est l'une des plus importantes, du point de vue archéologique, en Afrique du sud. Des sites archéologiques datant du début, du milieu et de la fin de l'âge de la pierre, ainsi que de la fin de l'âge du fer, indiquent que l'occupation humaine dans cette région montagneuse pourrait bien s'étendre sur tout le dernier million d'années.

La première occupation enregistrée du parc du Drakensberg remonte au Mésolithique, c'est-à-dire au moins à 20 000 ans BP (Note : les dates anciennes calculées d'après les techniques de datation scientifique sont exprimées en années « BP », c'est-à-dire en années avant la date conventionnelle de 1950, sur laquelle se fonde la datation au radiocarbone). Ce sont toutefois des peuples du Néolithique qui arrivèrent là aux alentours de 8000 ans BP que descendent les San. C'étaient des chasseurs-cueilleurs, vivant souvent dans des abris-sous-roche et des grottes. La population vivant dans la zone qui constitue actuellement le parc ne dépassa probablement jamais un millier de personnes, ce qui explique qu'elle ne laissa aucune trace sur le paysage en dehors de l'art rupestre.

Les fermiers de l'âge du fer s'installèrent au pied des collines à l'est du principal escarpement au XIIIe siècle de notre ère, voire un peu avant, amenant avec eux du bétail domestique et des moutons. À la fin du XVIe siècle, la région comptait également des peuples de pasteurs, les Zizi au nord et les Tholo au sud, peuples sédentaires vivant dans des régions adjacentes au nord et au centre du Drakensberg. Leurs relations avec les San étaient tout d'abord paisibles mais, au début du XIXe siècle, avec l'essor du pouvoir zoulou au sud, sous l'égide de Shaka, des migrations se firent par vagues successives vers le nord, dans le Drakensberg.

À partir de 1837, les Voortrekkers s'installent dans les vastes étendues au pied des collines du Drakensberg. Ils élèvent du bétail, puis des moutons, sur ces terres de pâturage parfaites, jusque dans les années 1930, et chassent également sans remords le gibier de la région, ce qui provoque un conflit avec les San. Afin de protéger les troupeaux contre les raids San, le gouvernement du Natal installe des fermiers Bantous pour y faire obstruction. Dans les années 1860 et 1870, des expéditions punitives conduisent à la destruction définitive des communautés San, détruisant l'équilibre qui avait perduré pendant des milliers d'années entre les peuples indigènes et leur usage raisonné des ressources naturelles de la région.

Source : évaluation des Organisations consultatives