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Paysage industriel de Blaenavon

Brève description

La zone qui environne Blaenavon témoigne de façon éloquente du rôle prépondérant du Sud du Pays de Galles dans la production mondiale de fer et de charbon au XIXe siècle. Tous les éléments liés à cette production peuvent être vus in situ : mines de houille et de fer, carrières, système primitif de chemin de fer, fourneaux, logements des ouvriers, infrastructure sociale de leur communauté.

Paysage industriel de Blaenavon © ejbaurdo

Justification d'inscription

Critère iii Le paysage de Blaenavon constitue une illustration exceptionnelle, sous une forme physique, de la structure sociale et économique de l’industrie du XIXe siècle. Critère iv Les composants du paysage industriel de Blaenavon, pris dans leur ensemble, représentent un exemple exceptionnel et remarquablement complet d’un paysage industriel du XIXe siècle.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The Blaenavon landscape constitutes an exceptional illustration in material form of the social and economic structure of 19th-century industry. The area around the Blaenavon ironworks provides an extraordinarily comprehensive picture of the South Wales coal and iron industry in its heyday in the 19th and early 20th centuries, when it was one of the world's largest iron and steel producers. All the necessary elements can be seen in situ : coal and ore mines, quarries, a primitive railway system, furnaces, the homes of the workers, and the social infrastructure of their community.

From at least 1675, iron ore was extracted on the mountains of Blaenavon. However, the area was virtually unsettled and used only for small-scale iron mining and grazing. In 1788 Thomas Hill, Thomas Hopkins, and Benjamin Pratt built a major new ironworks at Blaenavon, putting into practice the latest technology and organization of the Industrial Revolution in a new and resource-rich setting. By 1789 the ironworks consisted of three blast furnaces using steam power, making it one of the largest in the world.

In 1817 adit mining for iron ore and coal developed on a larger scale, replacing surface scouring, and shaft mines were introduced, with sophisticated drainage, haulage, and ventilation arrangements. Population grew rapidly through the migration of workers from rural areas of Wales, from the industrial Midlands, Ireland, Scotland and rural England. Blaenavon parish, which had been minuscule before the ironworks was built, had grown to 11,452 in 1891. The social development of the area created a thriving urban culture. A rapidly created industrial landscape grew up of iron-ore patches, coal mines, limestone quarries, iron forges, brick works, tram roads, watercourses and workers' houses, all controlled by the Blaenavon Company, which was reorganized as a joint stock company in 1836.

During the 1840s and 1850s the scattered housing of the workers and the works' school, church and chapels were complemented by the evolution, on land outside the company's ownership, of a town with a variety of urban functions. There were three principal clusters of buildings in the area, one around the Ironworks, one along the east-west axis, now King Street, and one around St Peter's Church.

Relative decline in steelmaking from around the turn of the century permitted the growth of coal production for export. Steel production ceased in 1938, and Big Pit, the last substantial working colliery, closed in 1980. Big Pit is now a museum of coal mining of international significance, and one of only two mining museums in the United Kingdom where visitors can be taken underground. The conservation of Blaenavon Ironworks has contributed to economic regeneration. The town and the surrounding landscape have survived little altered to represent the story of their past.

The improvement of transport systems was a key component of the Industrial Revolution and was vital to the success of the coal and iron industries with their bulky goods and requirement to exploit new regions. Much evidence remains in the landscape of the transport systems by which Blaenavon Ironworks was supplied with raw materials and its products were conveyed to the coast.

In an upland setting like that of Blaenavon, which lies high on the watershed, the careful management of water was vital to provide sufficient and reliable supply, even in drought, to operate water-balance lifts, carry out scouring, and feed steam engines. Surface and underground drainage was also of the utmost importance for mining operations. Watercourses and drains can be seen in many places on the hills above Blaenavon, often with relationships to one another.

A variety of workers' housing remains within the Blaenavon landscape. The company usually built dwellings very close to its ironworks, mines, quarries or transport routes. Adjacent to the Ironworks stands Stack Square and Engine Row, a small group of solidly constructed stone cottages.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Depuis 1675 au moins, et probablement avant déjà, le minerai de fer était extrait des montagnes de Blaenavon. Toutefois, la région n'était quasiment pas habitée, et n'abritait alors que de petites mines de fer et des pâturages.

En 1788, Lord Abergavenny céda à bail les terres communales, « les collines de Lord Abergavenny », à Thomas Hill, Thomas Hopkins et Benjamin Pratt. Ces trois entrepreneurs virent là l'occasion de construire de nouvelles usines sidérurgiques à Blaenavon, mettant en pratique les technologies et les organisations les plus récentes de la révolution industrielle dans un environnement nouveau et riche en ressources. En 1789, Ironworks se composait de trois hauts fourneaux à vapeur, ce qui en faisait la deuxième plus grande usine sidérurgique du Pays de Galles et l'une des plus importantes au monde. Le minerai de fer, l'argile réfractaire, le charbon et le calcaire étaient tous assurés par les propres ressources minérales de la compagnie. Dès 1796, les fourneaux produisaient 5400 tonnes de fer par an. Des maisons furent construites non loin des usines sidérurgiques, des mines et des carrières de la compagnie pour ses ouvriers les plus importants, et un dense réseau de chemins de fer primitifs fut instauré pour transporter les matières brutes jusqu'aux usines et les produits jusqu'aux marchés. La population s'accrut rapidement grâce à la migration d'ouvriers venus des zones rurales du Pays de Galles, des Midlands industriels, de l'Irlande, de l'Écosse et de l'Angleterre rurale. Ainsi, un paysage industriel naquit rapidement : filons de minerai de fer, mines de charbon, carrières de calcaire, forges, briqueteries, tramways, canaux et logements ouvriers, tous sous la direction de la Blaenavon Company.

En 1812, on comptait cinq fourneaux, capables de produire 14 000 tonnes de fer par an. De nouvelles liaisons ferroviaires primitives furent établies avec le canal de Brecknock et d'Abergavenny, via le tunnel de Pwll-Du et ses 2,4 kilomètres, le plus long jamais construit sur un chemin de fer à traction animale. La forge Garn-Ddyrys, convertissant de la fonte brute en fer malléable, fut construite sur une montagne au nord de Blaenavon en 1817. Les galeries à flanc de coteau pour les minerais de fer et le charbon se développèrent à plus grande échelle, remplaçant les mines de surface, tandis que les mines en forage faisaient leur apparition, accompagnées de systèmes complexes de drainage, d'extraction et de ventilation. De nouvelles sources de calcaire furent explorées, et des carrières plus grandes ouvertes. Dans les années 1840 et 1850, les logements disséminés des ouvriers et l'école, l'église et les chapelles furent complétés par l'évolution, en dehors des limites des propriétés de la compagnie, d'une ville présentant des fonctions urbaines variées.

Dans les années 1860, la Compagnie ouvrit une nouvelle aciérie de l'autre côté de la vallée, à Forgeside, rendant ainsi l'ancienne aciérie de plus en plus superflue, ce qui la mit à l'abri du redéveloppement. En 1878, Sidney Gilchrist Thomas et Percy Gilchrist inventèrent à Blaenavon le procédé « Thomas », qui fut d'une importance mondiale pour l'utilisation des minerais de fer phosphoreux dans l'aciérage. La production gagna en envergure ; parallèlement, les produits en fer et les compétences de la force de travail continuèrent d'être exportés dans le monde. Big Pit fut creusé pour desservir ces nouvelles usines, et le nouveau peuplement de Forgeside construit. La population de la paroisse de Blaenavon, minuscule avant la construction des usines sidérurgiques, était passée à 11 452 habitants en 1891. Le développement social de la région créa une culture urbaine prospère, comptant pléthore de chapelles, écoles, pubs et commerces ; en outre, l'année 1895 vit la construction du Workmen's Hall and Institute, à vocation sociale et éducative.

Le relatif déclin des aciéries à partir de la fin du siècle permit la croissance de la production de charbon, en vue de l'exportation. La demande pour le charbon de cette région, excellent charbon de foyer, continua de croître, et l'industrie connut son apogée en 1913, date à laquelle les mines de charbon employaient presque 250 000 personnes au Pays de Galles, soit un homme adulte sur quatre. Big Pit fut agrandi une première fois, puis une seconde après la nationalisation de l'industrie charbonnière britannique, en 1947. Ce qui n'empêcha pourtant pas l'emploi dans la région de chuter, de même que la population qui, après avoir atteint un sommet en 1921, avec 12 500 habitants, ne compte plus désormais que 6000 habitants. La production d'acier cessa en 1938 et Big Pit, dernier fleuron en exploitation de l'industrie houillère, ferma en 1980.

De par ce déclin économique et social, le tissu urbain, dans sa grande majorité, nécessite des investissements, mais le développement de nouvelles industries, l'ouverture de Big Pit comme musée des mines en 1983 et la conservation des usines sidérurgiques de Blaenavon ont contribué à la régénération économique. La ville et le paysage environnant ont survécu avec peu de changements, et recréent l'image de leur passé.

Source : évaluation des Organisations consultatives