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Paysage culturel de la Wachau

Wachau Cultural Landscape

The Wachau is a stretch of the Danube Valley between Melk and Krems, a landscape of high visual quality. It preserves in an intact and visible form many traces - in terms of architecture, (monasteries, castles, ruins), urban design, (towns and villages), and agricultural use, principally for the cultivation of vines - of its evolution since prehistoric times.

Paysage culturel de la Wachau

La Wachau est une partie de la vallée du Danube, entre Melk et Krems, dont le paysage, particulièrement beau, conserve intactes de nombreuses traces de son évolution depuis les temps préhistoriques : traces architecturales (monastères, châteaux, ruines), urbanistiques (villes et villages) et enfin agricoles, notamment liées à la culture de la vigne.

مشهد واشو الثقافي

يشكّل واشو جزءاً من وادي الدانوب، ويقع بين ميلك وكريمز ويحافظ منظره الخلاّب على آثار نموه كما هي منذ أيام ما قبل التاريخ. فتجد فيها الآثار الهندسية (أديرة وقصورا وآثارا) والآثار الحضرية (مدنا وقرى) وأخيراً الآثار الزراعية، ولا سيما تلك المتعلقة بزراعة الكرمة.

source: UNESCO/ERI

瓦豪文化景观

瓦豪(Wachau)是多瑙河河谷的一个分支,地处梅尔克(Melk)和克雷姆斯(Krems)之间,风景秀丽,是极具吸引力的观光胜地。这里完整地保存了该地区自史前时期演化至今仍然清晰可见的痕迹,包括建筑(修道院、城堡和遗址)、城市规划(城镇和乡村)以及主要用于葡萄种植的农业设施。

source: UNESCO/ERI

Культурный ландшафт Вахау

Вахау – это участок долины Дуная между Мельком и Кремсом, представляющий собой ландшафт, который имеет большую эстетическую ценность. По сохранившимся здесь монастырям, замкам и руинам, городам и деревням, винодельческим угодьям можно проследить архитектурную, градостроительную и сельскохозяйственную эволюцию, начиная с доисторических времен.

source: UNESCO/ERI

Paisaje cultural de la Wachau

La Wachau es la comarca situada en el tramo del valle del Danubio comprendido entre las ciudades de Melk y Krems. Su bello paisaje ha conservado intactas muchas de las huellas de su evolución desde los tiempos prehistóricos, que se pueden percibir en los monumentos arquitectónicos (monasterios, castillos, ruinas), el urbanismo (ciudades y aldeas) y los cultivos, en particular los viñedos.

source: UNESCO/ERI

ヴァッハウ渓谷の文化的景観

source: NFUAJ

Cultuurlandschap van Wachau

De Wachau is een gedeelte van het Donaudal tussen Melk en Krems. Het prachtige dal is een goed voorbeeld van een rivierlandschap begrensd door bergen met zichtbare en intacte sporen van evolutie sinds de prehistorie. Zo zijn er kloosters, kastelen en ruïnes te vinden, maar ook steden, dorpen en gecultiveerde landbouwgronden. Het vrijmaken van de natuurlijke bossen van de Wachau begon in de Neolithische periode, maar pas rond 800 vonden er radicale veranderingen in het landschap plaats. Toen begonnen Beierse en Salzburger kloosters de Wachauhellingen te cultiveren en creëerden ze het landschapspatroon van wijnstokterrassen dat vandaag de dag nog steeds zichtbaar is.

Source : unesco.nl

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Paysage culturel de la Wachau © Jakob Hürner
Justification d'inscription

Critère (ii): La Wachau est un exemple exceptionnel de paysage fluvial bordé de montagnes dans lequel les témoignages matériels de sa longue évolution historique ont remarquablement survécu.

Critère (iv): L’architecture, l’habitat humain et l’utilisation agricole des terres de la Wachau illustrent de façon vivante un paysage essentiellement médiéval qui a évolué naturellement et harmonieusement à travers les âges.

Description longue

La Wachau est une partie de la vallée du Danube, entre Melk et Krems, qui présente un remarquable paysage de rivière bordée par des montagnes et conserve d'éminents témoignages de sa longue histoire. L'architecture, l'occupation humaine et l'exploitation agricole de la vallée de la Wachau montrent de manière frappante comment un paysage fondamentalement médiéval a su évoluer de manière cohérente et harmonieuse au cours de sa longue histoire. La Wachau offre un paysage magnifique qui conserve bien des traces intactes de son évolution depuis la préhistoire, que ce soit dans le domaine de l'architecture (monastères, châteaux), du tissu urbain (villes et villages) ou de l'exploitation agricole (essentiellement pour la viticulture).

L'homme commença à exploiter la forêt au cours de la période néolithique, mais on ne note de changements radicaux dans le paysage que vers 800, lorsque les monastères de Bavière et de Salzbourg commencèrent à cultiver les pentes de la Wachau, en créant le paysage actuel de terrasses cultivées en vigne. Au cours des siècles qui suivirent, l'extension des surfaces cultivables varia en fonction des changements intervenus dans le climat, le marché du vin et la disponibilité de la main-d'œuvre, et de l'évolution des salaires qui en résulta au XVIIe  siècle.

Au XVIIIe  siècle, la viticulture de colline se développa rapidement dans des régions qui s'y prêtaient parfaitement sur le plan écologique. Les zones ainsi occupées ne purent plus être utilisées pour le pâturage, ce qui entraîna des conséquences économiques importantes : certaines activités durent cesser, tandis que d'autres se développaient. La viticulture fut ensuite abandonnée dans les parties supérieures de la Wachau. Le développement de la campagne au cours du XIXe  siècle a eu des conséquences importantes sur celui de la vallée : le pourcentage de terrains consacrés à la viticulture et à l'arboriculture demeura étroitement lié aux fluctuations des marchés de ces deux produits, et contribua ainsi à façonner sa physionomie caractéristique.

Les agglomérations de la Wachau remontent, pour la plupart, aux XIe  et XIIe  siècles. Le développement d'habitats présentant des caractéristiques spécifiques homogènes est évident dans le tissu urbain, à la fois par l'architecture et par la disposition des maisons sur des lots pour la plupart irréguliers, ainsi que dans le réseau viaire, qui n'a pratiquement pas changé depuis le Moyen Âge. Le centre de certaines villes, dont les maisons sont plus récentes que le tissu urbain, s'est étendu sur une certaine distance à l'extérieur de leurs limites d'origine par la construction de petits édifices résidentiels, pour la plupart postérieurs à 1950. Aux XVe et XVIe  siècles, la construction en pierre commença à remplacer les maisons en bois des paysans et des bourgeois.

Les fermes des viticulteurs, formées de corps de bâtiment disposés en U, en équerre, ou de deux constructions parallèles, remontent à la fin du Moyen Âge et aux XVIe et XVIIe  siècles. Fréquemment dotées de murs d'enceinte latéraux ou de passages voûtés intégrés et de bâtiments de service, elles présentent des façades dépouillées, pour la plupart altérées au cours des XVIIIe et XIXe  siècles. Les façades sur la rue sont souvent décorées d'oriels placés sur de solides supports, remontant à la fin du Moyen Âge ou à une époque plus récente, de statues dans des niches, de peintures murales ou de décors en graffito , parfois dessinés dans un style richement baroque. Les toits élevés, présentant une forte pente, sont si fréquents qu'ils peuvent être considérés à juste titre comme l'une des caractéristiques des maisons de la Wachau.

Les constructions encore utilisées au XVIIIe  siècle pour le commerce et l'artisanat, et dont une partie est intégrée au tissu urbain - tavernes, auberges, relais de poste, maisons de matelots ou de douaniers, moulins, forges ou entrepôts de sel -, remontent fréquemment aux XVe et XVIe  siècles. De multiples châteaux surplombent les villages et la vallée du Danube, et de nombreuses constructions ecclésiastiques importantes sur le plan architectural ou artistique dominent la ville et le paysage environnant.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Le défrichement des sous-bois de la forêt de la Wachau a commencé à la période Néolithique, bien que le paysage n'ait pas connu d'évolution radicale avant l'an 800 après J.-C., lorsque les monastères de Bavière et de Salzburg ont commencé à cultiver les pentes de la Wachau, créant le paysage actuel de vignobles en terrasses. Dans les siècles qui ont suivi, les superficies cultivées ont varié pour diverses raisons : les changements climatiques, le commerce du vin, le manque cruel de main d'oeuvre provoquant l'envolée des salaires au XVIIe siècle.

La forêt reprit donc ses droits sur les hauteurs, au-dessus des vignobles, et la viticulture pratiquée dans les vallées fut remplacée par d'autres activités agricoles. Les sols des terres en jachère, dégradés par des tentatives malheureuses d'exploitation agricole, n'ont jamais retrouvé leur qualité d'origine, ce qui explique les différents types de végétation particulière présents dans ces habitats (herbages, buissons et bois).

Au XVIIIe siècle, la culture de la vigne sur coteaux fut vivement encouragée dans les régions qui s'y prêtaient le mieux d'un point de vue écologique. Les zones ainsi délaissées furent transformées en pâturages, avec les conséquences économiques qui en découlèrent : certaines fermes durent cesser leur activité pendant que d'autres s'agrandissaient. C'est à cette époque que la viticulture fut définitivement abandonnée dans les terres hautes de la Wachau.

Les changements intervenus dans la campagne au XIXe siècle affectèrent particulièrement la Wachau. L'apparition du phylloxera, les ravages de la guerre et la concurrence accrue du Burgenland et de l'Italie ont nécessité la réorganisation des activités, des superficies cultivées, des méthodes de viticulture et du travail de la terre. La culture de l'abricot, qui caractérise la Wachau depuis lors, s'est développée dans les vallées et les collines les plus basses. Le rapport des superficies de vignobles et de culture fruitière continue d'être étroitement lié aux fluctuations récurrentes des marchés de ces produits et donne à la Wachau son aspect caractéristique.

La présence de l'homme dans la Wachau remonte au Paléolithique, comme l'attestent les statuettes de Galgenberg (environ 32 000 ans) et de Willendorf (26 000 ans). La région de Krems et de Melk avait une 35 forte densité de population au Néolithique (4500-1800 av. J.-C.), et les trouvailles datant de l'âge du bronze (1800-800 avant J.-C.) sont nombreuses. Pendant l'âge du fer, la culture illyrienne de Hallstatt (800-400 avant notre ère) laissa progressivement place à celle de la Tène venue de l'ouest : à cette époque, le royaume celte du Norique se développa au sud du Danube.

Lorsque les Romains annexèrent le Norique en l'an 15 avant J.-C., le Danube devint la frontière nord (limes) avec les peuples germaniques. Mautern (Favianis) était une ville frontière de garnison très importante où stationnait l'une des flottes romaines du Danube. Le limes s'effondra à la fin du IVe siècle et le Norique se retrouva sur l'une des principales routes d'invasion du nord. En 453, saint Séverin, « l'apôtre du Norique », fonda la première communauté monastique de la province située hors des murs de Mautern, qui devint ainsi un centre spirituel et religieux très important, où les pèlerins se rassemblaient avant de partir pour l'Italie. La première mention du nom de « Wachau » date de 853, dans l'expression locus Wahowa. Krems est citée pour la première fois en 995 sous le nom de Urbs Chremisa, c'est la plus ancienne ville autrichienne jamais mentionnée dans un document. La Wachau est le théâtre de la chanson des Nibelungen, le grand poème épique allemand, écrit peu après 1200, qui relate la situation politique de l'époque. Il mentionne des villes de la Wachau : Pöchlarn (Bechelaren), Melk (Medelike) et Mautern (Mutoren). En 976, Léopold Ier fit passer la Wachau sous la domination des margraves de Babenberg. En 1156, la Marche autrichienne fut élevée en duché et accordée à Henri II Jasomirgott de Babenberg qui renonça à ses prétentions sur la Bavière.

La grande famille des chevaliers de la Wachau, les Kuenrings, s'installa dans la Marche des Babenberg au XIe siècle. Lorsque la lignée s'éteignit, la majeure partie de leurs terres échut au duc Albert V (roi Albert II) en 1430. En raison du morcellement des propriétés foncières et de l'absence d'un cadre administratif unifié, les bourgeois de la Wachau ont joui dès le Moyen Âge d'une grande liberté, renforcée par l'ius montanum de vinea. Les quatre villes de St Michael, Wösendorf, Joching et Weissenkirchen formèrent une communauté indépendante de 1150 à 1839 qui fut de nouveau réunie en 1972 sous le nom de la Wachau ou de Tal Wachau. Après la consolidation du pouvoir des Habsbourg, la Wachau fut encore à plusieurs reprises la scène de conflits armés. Lors des invasions hongroises de la fin du XVe siècle, Mathias Corvin assiégea Krems et Stein en 1477.

Les effets de la Contre-Réforme (1530-1620) ont été importants dans la Wachau, le protestantisme ayant été finalement réprimé par l'abbé de Göttweig, Georg II Falb (1612-1631). Le soutien que ce religieux apporta à onze abbayes bénédictines eut une influence décisive sur le rayonnement du pouvoir des abbayes autrichiennes, notamment celle de Göttweig, pendant la période baroque. La victoire sur les protestants se traduisit par la construction d'églises, forte densité de population au Néolithique (4500-1800 av. J.-C.), et les trouvailles datant de l'âge du bronze (1800-800 avant J.-C.) sont nombreuses. Pendant l'âge du fer, la culture illyrienne de Hallstatt (800-400 avant notre ère) laissa progressivement place à celle de la Tène venue de l'ouest : à cette époque, le royaume celte du Norique se développa au sud du Danube.

Lorsque les Romains annexèrent le Norique en l'an 15 avant J.-C., le Danube devint la frontière nord (limes) avec les peuples germaniques. Mautern (Favianis) était une ville frontière de garnison très importante où stationnait l'une des flottes romaines du Danube. Le limes s'effondra à la fin du IVe siècle et le Norique se retrouva sur l'une des principales routes d'invasion du nord. En 453, saint Séverin, « l'apôtre du Norique », fonda la première communauté monastique de la province située hors des murs de Mautern, qui devint ainsi un centre spirituel et religieux très important, où les pèlerins se rassemblaient avant de partir pour l'Italie.

La première mention du nom de « Wachau » date de 853, dans l'expression locus Wahowa. Krems est citée pour la première fois en 995 sous le nom de Urbs Chremisa, c'est la plus ancienne ville autrichienne jamais mentionnée dans un document. La Wachau est le théâtre de la chanson des Nibelungen, le grand poème épique allemand, écrit peu après 1200, qui relate la situation politique de l'époque. Il mentionne des villes de la Wachau : Pöchlarn (Bechelaren), Melk (Medelike) et Mautern (Mutoren). En 976, Léopold Ier fit passer la Wachau sous la domination des margraves de Babenberg. En 1156, la Marche autrichienne fut élevée en duché et accordée à Henri II Jasomirgott de Babenberg qui renonça à ses prétentions sur la Bavière.

La grande famille des chevaliers de la Wachau, les Kuenrings, s'installa dans la Marche des Babenberg au XIe siècle. Lorsque la lignée s'éteignit, la majeure partie de leurs terres échut au duc Albert V (roi Albert II) en 1430. En raison du morcellement des propriétés foncières et de l'absence d'un cadre administratif unifié, les bourgeois de la Wachau ont joui dès le Moyen Âge d'une grande liberté, renforcée par l'ius montanum de vinea. Les quatre villes de St Michael, Wösendorf, Joching et Weissenkirchen formèrent une communauté indépendante de 1150 à 1839 qui fut de nouveau réunie en 1972 sous le nom de la Wachau ou de Tal Wachau. Après la consolidation du pouvoir des Habsbourg, la Wachau fut encore à plusieurs reprises la scène de conflits armés. Lors des invasions hongroises de la fin du XVe siècle, Mathias Corvin assiégea Krems et Stein en 1477.

Les effets de la Contre-Réforme (1530-1620) ont été importants dans la Wachau, le protestantisme ayant été finalement réprimé par l'abbé de Göttweig, Georg II Falb (1612-1631). Le soutien que ce religieux apporta à onze abbayes bénédictines eut une influence décisive sur le rayonnement du pouvoir des abbayes autrichiennes, notamment celle de Göttweig, pendant la période baroque. La victoire sur les protestants se traduisit par la construction d'églises, de chapelles et de petits monuments votifs.

À partir de 1700, les édifices et les oeuvres artistiques qui comptent parmi les plus beaux exemples du baroque autrichien furent construits dans la Wachau. Il s'agit de la reconstruction de l'abbaye de Melk (commencée en 1702), de la transformation de l'abbaye des Canons à Dürnstein (1715-1733) et des grands travaux de reconstruction de l'abbaye de Göttweig à partir de 1719.

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, la Wachau vit décliner son importance historique. La fermeture des monastères en Autriche et la sécularisation de la Bavière sonna le glas des liens ancestraux. Le transport fluvial s'effaça devant la concurrence des transports routiers et, à partir de 1909, devant celle des transports ferroviaires. À la fin du XIXe siècle, la Wachau, fut perçue différemment, comme étant la « Wachau dorée » un mélange d'histoire et de légende, d'art et de folklore, de vin et d'hospitalité. Un comité d'action fut formé en 1904 pour promouvoir économiquement la Wachau, avec la participation de toutes les communes situées entre Krems et Melk. Plus récemment, la volonté d'un retour aux sources historiques de la région s'est traduit par la promotion d'un « tourisme durable », et la protection des vignobles par la loi.

Source : évaluation des Organisations consultatives