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Quartier historique de la ville portuaire de Valparaiso

Brève description

La ville coloniale de Valparaíso offre un exemple de développement urbain et architectural de la fin du XIXe siècle en Amérique latine. Dans son cadre naturel en forme d’amphithéâtre, la ville se caractérise par un tissu urbain vernaculaire adapté aux collines, en contraste avec le dessin géométrique employé en plaine, et présente une unité formelle sur laquelle se détache une grande diversité de clochers d’églises. Valparaíso a bien préservé d’intéressantes infrastructures du début de l’ère industrielle, tels les nombreux « funiculaires » à flanc de colline.

Quartier historique de la ville portuaire de Valparaiso © Rodrigo Varas

Justification d'inscription

Critère iii : Valparaiso constitue un témoignage exceptionnel de la première phase de mondialisation à la fin du XIXe siècle, lorsqu’elle devint le premier port de commerce sur les voies maritimes de la côte pacifique de l’Amérique du Sud.

Description longue

La ville de Valparaíso, la deuxième du Chili, offre un témoignage exceptionnel d'une phase précoce de globalisation, de la fin du XIXe  siècle. Située sur la côte du Pacifique, à quelque 100 km de Santiago, au centre du pays, elle est formée d'une baie, d'une étroite plaine côtière et d'une série de collines. Le site classé sur la Liste du patrimoine mondial se trouve entre la mer et la première terrasse, dans la zone que la ville occupa à ses débuts ; il comporte une partie de la plaine et des collines environnantes, et se compose de cinq quartiers reliés les uns aux autres.

  1. L'église La Matríz et la place Santo Domingo . Entre les collines et la plaine, ce quartier est relié à la Plaza Echaurren et à ses environs, ainsi qu'à Cerro Santo Domingo. L'architecture de l'église La Matríz (1842), qui remonte à la fondation de Valparaíso, bien qu'elle ait été reconstruite à quatre reprises à la suite d'incursions de pirates et de tremblements de terre, est typique de la transition entre style colonial et style républicain. Elle est entourée par des édifices de la fin du XIXe  siècle, typiques de l'architecture portuaire. La Plaza La Matríz est le centre des pratiques religieuses les plus traditionnelles de Valparaíso.
  2. Place Echaurren et rue Serrano. Le caractère fondamentalement commercial de cette zone est bien marqué par le marché du port, par des magasins et par une rue commerciale animée. Les bâtiments sont de trois types : « blocs de construction » ou « îlots de construction » donnant sur quatre rues ; « constructions de tête », donnant sur une rue ; constructions donnant sur deux rues. Le plus remarquable des blocs de construction est l'immeuble Astoreca (1906), construit à des fins commerciales et résidentielles selon un plan symétrique et orthogonal.
  3. Jetée Prat, places Sotomayor et Justicia et quartier du Musée de la mer. Cet ensemble comporte le principal axe transversal de cette zone, et présente les espaces publics les plus vastes. La place est entourée de constructions administratives et de service, de différentes périodes et de styles variés. Le Musée de la mer, au sommet de Cerro Cordillera, occupe le site de l'ancien château de San José, une forteresse construite pour repousser les attaques des corsaires et des pirates.
  4. Rue Prat et place Turri. Ce singulier espace public situé au pied de la colline s'étend depuis la Plaza Sotomayor jusqu'au début de la rue Esmeralda, en enveloppant la Plazuela Turri. La zone présente les îlots d'habitations rectangulaires traditionnels dans la plaine, ainsi que des édifices typiques, avec leurs façades donnant sur deux ou trois rues. Ce sont des exemples d'architecture monumentale, aussi bien par leur volume que par leurs caractéristiques formelles.
  5. Les deux collines de Cerro Alegre et Cerro Concepción , séparées par la rue Urriola, forment un même quartier qui a été planifié et développé, sur une large échelle, par les immigrants allemands et anglais à partir de la première moitié du XIXe  siècle. Ce secteur combine les différents types d'espaces publics de Valparaíso : places, points de vue, promenades, avenues, escaliers, arrêts des funiculaires, ainsi que les havres formés habituellement par les intersections et les bifurcations des rues.

Valparaíso eut jusqu'à trente funiculaires dont le plus ancien, le Concepción , fut inauguré en 1883. Ils comportent généralement deux voitures en bois ou en métal qui se déplacent simultanément dans les deux directions opposées, et sont montés sur une plate-forme à laquelle sont fixées les roues.

Le territoire de la ville était à l'origine occupé par les Indiens Chango, qui y vivaient de l'agriculture et de la pêche. Le site a été découvert par Juan de Saavedra en 1536, et la cité fondée par Pedro de Valdivia en 1544 ; il fut nommé premier port de la nation en 1554. En 1730, après un désastreux tremblement de terre, ses habitants furent contraints à se déplacer sur les collines, ce qui contribua à forger la physionomie caractéristique de la ville. À partir de cette époque, la plus grande partie de l'urbanisme se développa sur les collines. La principale ressource économique de la ville, qui était d'abord le blé, devint peu à peu le salpêtre, et elle connut un développement important ; elle put ainsi se structurer en différentes aires caractérisées par leurs principales activités, comme le commerce, le trafic portuaire, l'industrie et les affaires.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Le territoire était à l'origine habité par les Indiens Chango qui vivaient de la pêche et de l'agriculture. Le site de Valparaiso, dans la vallée de Quintil, sur la côte Pacifique, fut découvert par Juan de Saavedra en 1536. La ville fut fondée par Pedro de Valdivia en 1544 et devint le premier port du pays dès 1554. Un premier établissement se développa dans les quartiers de Juna Gomez (aujourd'hui Carampangue), San Francisco et San Agustín. Vers la fin du XVIe siècle, une route fut construite reliant Valparaiso à Santiago. Les immigrants espagnols introduisirent la foi catholique et construisirent la première chapelle dans le village au pied du ravin de San Francisco. L'église de La Matríz y fut construite en 1658, puis la ville s'entoura de fortifications. À cette époque, des ordres religieux vinrent s'installer, dont les Augustins et les Franciscains, et l'établissement urbain commença à prendre forme. Le centre commercial et les entrepôts occupaient une grande portion de la zone côtière. L'ouverture de la route maritime doublant le Cap Horn intensifia le commerce du blé entre Valparaiso et El Callao au XVIIIe siècle. L'expansion urbaine se fit d'abord essentiellement autour de deux pôles : le port et le centre commercial d'une part, la plage d'Almendral avec ses fermes et ses petites entreprises d'autre part. Puis le séisme catastrophique de 1730 contraignit les habitants à se réfugier sur les flancs des collines. À partir de ce moment-là, la plupart des habitations furent construites sur les collines.

Avec l'indépendance du Chili en 1810, Valparaiso ne tarda pas à devenir la ville portuaire la plus importante de la côte Pacifique. Les liens commerciaux qui se nouèrent avec l'Europe et les Etats-Unis mirent fin à la dépendance du Chili vis-à-vis de l'Espagne. Vers 1839-1840, Valparaiso obtint le statut administratif indépendant d'Intendencia et, en 1842, elle devint la capitale de la Province de Valparaiso, dotée d'entrepôts sous douane et d'une Bourse. À l'époque, la ville attira un grand nombre d'immigrants d'Angleterre, de France, d'Allemagne et des Etats-Unis qui contribuèrent à l'essor des activités maritimes et commerciales, dont on perçoit encore l'influence dans les rues qui passent au pied des collines d'Arsenal (actuellement Bustamante), de La Planchada (actuellement Serrano), de La Aduana (actuellement Prat) et Del Cabo (actuellement Esmeralda). La ville acquit une image cosmopolite. Dans les années 1840 et 1850, de nouveaux entrepôts furent construits entre l'actuelle place Aduana et la forteresse Duprat. En 1852, un chemin de fer relia les villes de l'intérieur du pays et la capitale, Santiago. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Valparaiso renforça sa position en tant que principal centre commercial et portuaire du pays, et ses activités minières se développèrent à Tarapaca et Antofagasta. La principale ressource économique passa progressivement du blé au salpêtre. La ville s'organisa par quartiers, consacrés chacun à un secteur d'activités : commerce, activités portuaires, industrie et affaires. Les rues de Planchada et d'Aduana accueillirent les missions diplomatiques, les banques, les agences internationales. Entre 1847 et 1870, Valparaiso fut l'épicentre financier et commercial du pays. La ville s'étendit et les collines furent reliées par la Cintura à quelque 100 m au-dessus du niveau de la mer, grâce au projet d'aménagement de Fermin Vivaceta en 1872.

En 1903, le système ferroviaire électrique commença à fonctionner, apportant un premier changement dans l'environnement urbain du XIXe siècle. En 1906, un violent séisme frappa la région et causa des dommages dans le centre ville qui nécessitèrent un programme de reconstruction. La célébration du 100e anniversaire de l'indépendance encouragea l'édification de bâtiments publics et privés de grande qualité. En 1914, toutefois, l'ouverture du canal de Panama isola Valparaiso des grandes routes commerciales entre les deux océans. La crise du salpêtre réduisit l'importance du port en même temps que la ville perdait sa suprématie au profit de Santiago, qui consolidait son statut de centre économique et politique du pays. La crise économique mondiale de 1929 apporta son lot de difficultés. Confrontée à de graves problèmes économiques et sociaux, Valparaiso poursuivit néanmoins son développement. On chercha des solutions et la ville s'étendit vers le haut, dans les quartiers de Juan Gómez, San Francisco, San Juan de Dios et Jaime, l'actuelle avenue Francia.

Source : évaluation des Organisations consultatives