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Cité fortifiée de Bakou avec le palais des Chahs de Chirvan et la tour de la Vierge

Walled City of Baku with the Shirvanshah's Palace and Maiden Tower

Built on a site inhabited since the Palaeolithic period, the Walled City of Baku reveals evidence of Zoroastrian, Sasanian, Arabic, Persian, Shirvani, Ottoman, and Russian presence in cultural continuity. The Inner City (Icheri Sheher) has preserved much of its 12th-century defensive walls. The 12th-century Maiden Tower (Giz Galasy) is built over earlier structures dating from the 7th to 6th centuries BC, and the 15th-century Shirvanshahs' Palace is one of the pearls of Azerbaijan's architecture.

Cité fortifiée de Bakou avec le palais des Chahs de Chirvan et la tour de la Vierge

Édifiée sur un site habité depuis l'ère paléolithique, la cité fortifiée de Bakou incarne une remarquable continuité culturelle avec des traces de présence zoroastrienne, sassanide, arabe, perse, shirvani, ottomane et russe. La ville intra-muros (Icheri Sheher) a conservé une grande partie de ses remparts du XIIe siècle. La Tour de la Vierge (Giz Galasy), dont les structures d’origine remontent aux VIIe-VIe siècles avant notre ère, a été restaurée au XIIe siècle. Le Palais des Chahs de Chirvan, du XVe siècle, est un autre chef-d'œuvre de l'architecture azerbaïdjanaise.

مدينة باكو المحصنة مع قصر الشرفنشاهات وقلعة العذراء

شُيّدت القلعة على موقع مسكون منذ العصر الباليوليتي وهي تجسّد استمرارية ثقافية مميّزة بآثار الوجود الزا رادشتي والساساني والعربي والفارسي والشاروني والعثماني والروسي فيها. وقد حافظت المدينة داخل الاسوار (إشاري شيهر) على قسم كبير من جدرانها التي تعود إلى القرن الثاني عشر. أما برج العذراء (غيز غالاسي) والذي تعود هياكله الأصلية إلى القرنين السابع والسادس قبل الميلاد، فقد تمّ ترميمه في القرن الثاني عشر. ويبقى قصر الشرفنشاهات الذي شيّد في القرن الخامس عشر تحفة فنيّة أخرى من الهندسة الأذربيجانية.

source: UNESCO/ERI

城墙围绕的巴库城及其希尔凡王宫和少女塔

巴库城(Baku)的所在地自旧石器时代开始就有人类在此居住。巴库城集中展示了各个民族在当地文化的延续性,包括拜火教徒 (Zoroastrian)、萨桑王朝(Sasanian)、阿拉伯人、波斯人、希尔凡(Shirvani)、土耳其人和俄罗斯人。巴库内城保存了大量12世纪的防御墙。而同样在12世纪,当地人在一处公元前7世纪到公元前6世纪的建筑遗址之上建造了少女塔。建于15世纪的希尔凡王宫堪称阿塞拜疆建筑史上的一颗璀璨明珠。

source: UNESCO/ERI

Старая крепость в Баку с Дворцом ширваншахов и Девичьей Башней

Возведенная на обитаемой со времен палеолита местности, Старая крепость Баку сохранила черты разных культур, под влиянием которых она находилась на протяжении своей многовековой истории: зороастрийцев, Сасанидов, арабов, персов, ширванцев, турок и русских. Внутренний город – Ичери-Шехер – сохранил большую часть окружающей его крепостной стены XII в. В основании Девичьей Башни (Кыз-каласы), также построенной в XII в., обнаружены следы более ранних сооружений, относящихся к VII-VI вв. до н.э. Одной из жемчужин азербайджанской архитектуры является Дворец ширваншахов XV в.

source: UNESCO/ERI

Ciudad amurallada de Bakú, palacio de los sahs de Shirvan y Torre de la Virgen

Construida en un territorio habitado desde el Paleolítico, la ciudad amurallada de Bakú muestra las huellas de la presencia sucesiva de las culturas zoroástrica, sasánida, árabe, persa, shirvani, otomana y rusa. La parte intramuros (Icheri Shesher) ha conservado intacta una gran parte de sus murallas del siglo XII. La Torre de la Virgen (Giz Galasy) se erigió en ese mismo siglo sobre construcciones antiguas que datan de los siglos VII a VI a.C. El Palacio de los sahs de Shirvan (siglo XV) está considerado como una de las joyas de la arquitectura azerbaiyana.

source: UNESCO/ERI

城塞都市バクー、シルヴァンシャー宮殿、及び乙女の塔

source: NFUAJ

Ommuurde Stad van Bakoe met Shirvanshahpaleis en Maagdentoren

De ommuurde stad Bakoe onthult bewijs dat er een culturele continuïteit is geweest van Zoroastrische, Sassanidische, Arabische, Perzische, Shirvanische, Ottomaanse en Russische invloeden. De stad in Azerbeidzjan wordt al bewoond sinds de Paleolithische periode en de binnenstad - Icheri Sheher - heeft veel van zijn 12e-eeuwse verdedigingsmuren weten te behouden. De Maagdentoren - Giz Galasy - werd gebouwd in de 12e eeuw, maar over eerder aangelegde - 7e tot 6e eeuw voor Christus - structuren heen. Het Paleis van Shirvanshah stamt uit de 15e eeuw en geldt als een van de parels van de Azerbeidzjaanse architectuur.

Source : unesco.nl

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Cité fortifiée de Bakou avec le palais de Chahs de Chirvan et la tour de la Vierge © OUR PLACE
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

S’élevant au sud de la péninsule d’Abchéron, sur la rive occidentale de la mer Caspienne, la cité fortifiée de Bakou a été fondée sur un site habité par l’homme depuis la période paléolithique. Outre la présence dominante d’éléments azerbaïdjanais, la ville porte des traces de présence zoroastrienne, sassanide, arabe, perse, chirvani, ottomane et russe qui s’inscrivent dans une continuité culturelle. La ville intra-muros (Icherisheher) a conservé une grande partie des ses murailles défensives du 12e siècle qui définissent le caractère du bien. Le plus ancien monument d’Icherisheher est la tour de la Vierge, le symbole de la ville de Bakou. Certains indices suggèrent que la construction de la tour pourrait remonter aux 6e et 7e siècles av. JC. Le palais des Chahs de Chirvan, construit entre le 12e et le 15e siècle, un autre monument de valeur universelle et l’un des chefs d’œuvre de l’architecture azerbaïdjanaise, se situe sur le point culminant d’Icherisheher. Dans l’ensemble architectural du palais, on trouve le Divankhana (lieu des réceptions) ou, selon certains chercheurs, la tombe du Chah, le bâtiment qui servait de résidence aux Chahs de Chirvan, les vestiges de la mosquée Key-Kubad, la tombe de Seyid Yahia Bakuvi, la porte de Mourad (le seul monument datant du 16e siècle), la tombe de la famille des Chahs de Chirvan, la mosquée du Chah et le hammam du palais. Parmi les monuments antérieurs présents à Icherisheher, on remarque la mosquée de Mohammed ainsi que son minaret adjacent, construit en 1078, et les vestiges d’une mosquée des 9e et 10e siècles près de la tour de la Vierge.

Dans le périmètre du bien, on trouve également un grand nombre de monuments d’intérêt historique et architectural datant de la période médiévale tels que des caravansérails, des hammams, des mosquées ainsi que des bâtiments résidentiels construits entre les 18e et 20e siècles.

La splendeur d’Icherisheher réside dans l’alliance entre ses monuments aux architectures distinctes et sa planification spatiale, composée au cours des siècles, ayant conservé ses perspectives d’origine. Ces deux éléments se sont mélangés pour ne former qu’une seule entité reflétant sa longue histoire et le mélange des cultures qui ont influencé son développement au cours des neuf derniers siècles. Icherisheher demeure une ville vivante et dynamique avec des zones résidentielles qui accueillent les communautés locales.

Critère (iv) : La ville fortifiée de Bakou est un exemple exceptionnel et rare d’ensemble urbain historique et architectural influencé par les cultures zoroastrienne, sassanide, arabe, perse, shirvani, ottomane et russe.

Intégrité

Les limites du bien sont identiques à celles de la cité fortifiée qui, avec les vestiges de ses murs, de son plan urbain et de ses bâtiments disposent des attributs qui expriment sa valeur universelle exceptionnelle.

Certains des bâtiments situés dans l’enceinte de la ville fortifiée ont connu une importante dégradation de leur tissu peu de temps après l’inscription du bien, en partie à cause d’un tremblement de terre, mais également en raison de démolitions illégales et d’un développement urbain incontrôlé. Le bien a été retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2009.

Le cadre du bien a quelque peu changé depuis son inscription en raison du développement immobilier qui a accompagné la désintégration de l’ancien système de gestion soviétique. Le cadre du bien est toujours vulnérable aux impacts visuels négatifs liés aux nouveaux projets de développement aux alentours. La nouvelle structure en charge de la gestion du bien exerce, avec efficacité, à la fois des fonctions de gestion municipale et des fonctions de conservation du bien. 

Authenticité

Après l’inscription du bien, la démolition et la reconstruction totale des certains bâtiments ont eu des impacts négatifs sur l’authenticité de tout l’ensemble urbain. Grâce aux mesures prises afin de retirer le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, on peut estimer que les attributs qui demeurent expriment la valeur universelle exceptionnelle du bien en termes de matériaux, de conception et de planification urbaine. La cohérence et les fonctions de la ville historique sont renforcées par la présence d’une communauté locale très dynamique.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

La cité fortifiée de Bakou et sa zone tampon ont fait l’objet d’un inventaire et sont protégées en tant que monuments nationaux. La ville intra muros est protégée par des décrets présidentiels de 2005 et de 2007 et la zone tampon est protégée par un décret promulgué par le Cabinet des ministres.

En 2007, l’administration de la Réserve historique et architecturale d’état d’Icherisheher (State Historical Architectural Reserve Icherisheher – SHAHAR), établie par le Cabinet des ministres, s’est vue confier la responsabilité pleine et entière de la gestion du bien en lieu et place du Ministère de la culture et du tourisme et de la Municipalité de Bakou. Le personnel de la SHAHAR est recruté de façon indépendante. La SHAHAR est financée par le gouvernement. Un Plan d’action de gestion intégrée de la zone (Integrated Area Management Action Plan – IAMAP) ainsi qu’un Schéma directeur de conservation ont été élaborés.

Le Schéma directeur de conservation a fait l’objet d’un examen par toutes les parties prenantes avant d’être officiellement adopté. Il sera intégré dans l’IAMAP et inclus dans le Système de planification urbaine de la ville de Bakou. Les actions prévues par l’IAMAP seront mises en œuvre, à savoir, la préparation d’une Stratégie globale à long terme de protection d’Icherisheher et de sa zone tampon, la documentation et le suivi de l’état de conservation du bien, la définition de normes et de procédures pour la réglementation de la réhabilitation des bâtiments existants et l’éventuelle construction de nouveaux bâtiments, l’entretien et l’amélioration d’espaces publics, la mise en œuvre d’interventions stratégiques visant à améliorer la qualité de vie dans le secteur concerné, et l’organisation et la gestion de programmes de sensibilisation et d’éducation.

Il importe que le contrôle de la planification urbaine respecte les caractéristiques des maisons simples et modestes, car celles-ci contribuent à ce que les qualités globales de Bakou soient bien le reflet de la ville médiévale. De nombreux secteurs du bien ont conservé l’aspect médiéval de leurs rues, et une attention toute particulière doit être accordée à la préservation de cet aspect là où il est encore visible. Un contrôle de l’aménagement urbain et du développement dans le cadre plus général de la ville de Bakou est également nécessaire afin de veiller à ce que le lien entre le bien et la mer soit conservé et que la cité fortifiée ne devienne pas un petit îlot entouré de projets urbanistiques de grande hauteur.

 

Description longue

Construite sur un site habité depuis le paléolithique, la cité fortifiée de Bakou incarne une remarquable continuité culturelle : elle présente des traces de présence zoroastrienne, sassanide, arabe, perse, chirvani, ottomane et russe. La ville interne (Icheri Sheher) a conservé une grande partie de ses remparts du XIIe  siècle. La tour de la Vierge (Giz Galasy) a été édifiée à partir des VIe -VIIe siècles, puis au XIIe  siècle. Le palais des chahs de Chirvan, du XVe  siècle, est un autre chef-d'œuvre de l'architecture azerbaïdjanaise.

La ville interne fortifiée est l'une des rares villes médiévales conservées en Azerbaïdjan. Elle garde les traits caractéristiques d'une ville médiévale, avec son labyrinthe de rues étroites, ses édifices massés les uns contre les autres et ses petites cours. Les murs de la vieille ville, qui sont encore conservés aujourd'hui à l'ouest et au nord, ont été construits par le chah Menutsshochr au XIIe  siècle, et restaurés au XIXe  siècle. Les rues étroites sont bordées de maisons remontant, pour les plus anciennes d'entre elles, au XVIIIe  siècle, mais on y trouve aussi des monuments plus anciens, concentrés pour la plupart dans la partie inférieure de la ville, près de la mer.

Au sud-est d'Icheri Sheher, la tour de la Vierge est un monument unique de l'architecture azerbaïdjanaise, construit en deux phases. Cette étonnante construction cylindrique comporte huit étages, dont chacun est couvert par une voûte basse dotée d'une ouverture centrale. Les trois étages inférieurs remonteraient au VIIe voire au VIe  siècle, et auraient été un observatoire astronomique, ou un temple du feu. Cette dernière hypothèse se fonde sur la présence d'un conduit visible au revers des niches des deuxième et troisième étages : cet aménagement paraît en effet avoir été destiné à canaliser le gaz naturel pour alimenter une flamme pérenne. La partie principale de la tour est de plan circulaire, mais elle présente une extension longue et massive vers l'est, en direction de la position du soleil aux équinoxes. Les différents niveaux sont reliés entre eux par des escaliers construits dans l'épaisseur des murs, éclairés par des meurtrières.

Le palais des chahs de Chirvan a été construit au XVe  siècle, lorsque la capitale de Shamaha fut définitivement abandonnée au profit de Bakou. Sa construction progressa au cours des règnes du chah Khalilulla Ier et de son fils Farouk, jusqu'à la mort de ce dernier au combat, en 1501. Le palais a été sérieusement endommagé par un bombardement naval russe au cours du XVIIIe  siècle, qui abattit une grande partie de son élévation. Différents travaux de restauration y ont été réalisés entre le XVIIIe et le XXe  siècle. Les trésors du palais, d'abord transportés à Tabriz, ont été transférés plus tard comme butin au palais de Topkapı, à Istanbul. Le complexe architectural comporte différents éléments : la partie résidentielle, le divankhane , le mausolée des chahs de Chirvan, la mosquée du palais avec son minaret, les bains (hammam ), le mausolée de l'astrologue de la Cour Seyid Yahya Bakuvi, la porte orientale, légèrement postérieure, et la mosquée de Key-Gubad. Le palais est construit au sommet de l'une des collines comprises dans Icheri Sheher. Occupant trois terrasses superposées, il est visible aussi bien de la mer que des hauteurs qui entourent la ville.

La ville de la période tsariste se trouve à l'extérieur de la ville interne fortifiée, mais forme une zone tampon qui a protégé celle-ci. Au cours des deux dernières décennies du XIXe  siècle et des deux premières décennies du XXe  siècle, Bakou a été l'un des principaux centres de production du pétrole au monde. La ville en retira une prospérité certaine, comme le montre la qualité de l'architecture des édifices construits au cours de cette période, dont le principal problème de conservation est posé par les balcons, qui sont faits de blocs de pierre maintenus en place par de fines poutrelles métalliques ; la dégradation de la pierre et la rouille qui a gagné les éléments en fer ont conduit, dans de nombreux cas, à les remplacer par des balcons en ciment, dont la pose a généralement entraîné la disparition de la plupart des consoles qui les soutenaient.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Bakou est située dans l'État de Chirvan, qui exista du IXe siècle de notre ère jusqu'en 1538, époque à laquelle il fut annexé par l'Iran des Safavides. En 1585, la ville fut conquise par le sultan ottoman Murat III et, en 1723, occupée par le général russe Matouchkine. Elle devint partie intégrante de l'Empire russe en 1783.

- La cité fortifiée intérieure (Icheri Sheher) La cité fortifiée intérieure, qui forme le bien proposé pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial, est l'une des rares villes médiévales subsistant en Azerbaïdjan Elle conserve les traits propres à une ville médiévale : labyrinthe de rues étroites, bâtiments surpeuplés et cours minuscules.

Les murailles de l'ancienne cité, qui demeurent sur les côtés ouest et nord, ont été construites par le Chah Menutsshochr au XIIe siècle, et réparées au XIXe siècle. Les ruelles étroites sont bordées de maisons qui remontent pour les plus anciennes à la fin du XVIIIe siècle, mais sont également jalonnées de monuments plus anciens, concentrés pour la plupart dans la partie inférieure de la ville, vers la mer. Parmi ceux-ci, le Mehmet Masjid de 1078-1079, deux medresses à une seule cellule du XIIe siècle, le hammam Hadji-Gayiba du XVe siècle, au sud duquel se dressent deux temples zoroastriens du feu datant du XVIIe siècle, dont le plus ancien est doté d'une cour tronquée par la route moderne. À proximité s'élève le caravansérail Kasumbek, bâtiment du XVIe-XVIIe siècle sur deux étages, destiné aux marchands arrivant par la mer, de même que la mosquée Kasumbek, du XVIIe siècle. Plus à l'est se trouve le caravansérail Multani, du XIVe- XVe siècle, où se retrouvaient les marchands indiens, et face à lui le caravansérail Bukhara, construit pour les marchands d'Asie centrale, derrière lequel se cache un petit hammam du XVIIe siècle, en ruines.

- La tour de la Vierge (Giz Galasy) Situé dans la partie sud-est d'Icheri Sheher, cet exemple unique de l'architecture azerbaïdjanaise fut construit en deux temps. C'est une étonnante structure cylindrique, s'élevant sur huit étages et de 29,5 mètres de haut, pour un diamètre de 16,5 mètres. Chaque étage est surmonté d'une voûte peu profonde dotée d'une ouverture centrale. Les murs font 5 mètres d'épaisseur à la base et 3,2 - 4 mètres au sommet. Les trois étages du bas remontent, d'après les estimations, au VIIe ou VIe siècle avant notre ère ; on croit qu'il s'agissait d'un observatoire astronomique ou d'un temple du feu. Pour preuve l'existence d'un puits, visible à l'arrière des niches du second et du troisième étage, dont il a été établi qu'il descend à 15 mètres sous terre. Il semble avoir été conçu pour canaliser du gaz naturel et alimenter une flamme éternelle.

La principale partie de la tour est de plan circulaire, mais avec une projection longue et massive vers l'est, qui pointe vers le lever du soleil pendant les équinoxes. Les étages sont reliés par des escaliers, construits dans les murs, et éclairés par des fenêtres étroites. La partie supérieure de la tour date du XIIe siècle et incorpore une inscription coufique de Kubey Mesud ibn Da'ud, commémorant une reconstruction au XIIe siècle. La maçonnerie se distingue assez facilement de l'original, des bandes de pierre ayant été creusées pour accueillir du plâtre de gypse, afin de créer un effet de rayures noires et blanches. Une partie du plâtre d'origine subsiste du côté nord-ouest, plus protégé. En outre, la maçonnerie à l'extrémité de la projection en forme de bec, est incurvée, tandis que celle des ouvrages antérieurs sur lesquels elle s'élève possède des coins carrés. Dans la partie supérieure de la tour médiévale, un escalier creusé dans l'épaisseur du mur mène du sol à la zone située près de la projection.

- Le palais des Chahs de Chirvan Ce palais fut bâti au XVe siècle, lorsque la capitale Shamah fut finalement abandonnée au profit de Bakou. La construction se poursuivit sous le règne du Chah de Chirvan Khalilulla Ier et sous celui de son fils, Farouk, jusqu'à ce dernier périsse lors d'une bataille, en 1501. Le palais fut gravement endommagé par un bombardement naval russe au XVIIIe siècle, et les parties supérieures furent pour la plupart détruites. Des travaux de restauration eurent lieu aux XVIIIe-XXe siècles. Les trésors du palais, initialement pris à Tabriz, furent par la suite transférés comme butin au palais Topkapi, à Istanbul.

Le complexe se compose de plusieurs éléments distincts : la partie résidentielle, le Divan-khané, le mausolée des Chahs de Chirvan, la mosquée du palais, avec son minaret, le hammam, le mausolée de l'astrologue de la cour Seyid Iahia Bakouvi, la porte de l'Est, légèrement plus récente, et la mosquée de Keï-Kobada. Le palais est érigé au sommet de l'une des collines, dans Icheri Sheher. S'étendant sur trois terrasses superposées, il est clairement visible depuis la mer et les hauteurs alentour de la ville. On y pénètre par une cour ouverte au niveau supérieur, qui permet d'accéder à la fois au Divan-khané et à la partie résidentielle du palais.

Le Divan-khané, lieu des réunions d'État et des réceptions, se compose d'une cour carrée, avec des arcades sur trois côtés, au centre de laquelle s'élève le bâtiment octogonal du Divan-khané proprement dit. La façade occidentale de la rotonde est embellie par le magnifique portail. Le souverain s'asseyait en hauteur ; en deçà se trouve une cellule en soubassement, avec une grille de communication dans le sol. Une partie des sculptures des chapiteaux de l'arcade à l'extérieur de l'édifice n'ont jamais été achevées, peut-être à cause de la mort de Farouk en 1501. Le bâtiment est couvert d'un dôme de pierre.

La section résidentielle du palais, sur deux étages, s'ouvre sur un haut portail, dans un hall octogonal surmonté d'une coupole jadis recouverte d'un carrelage de céramique. Le petit vestibule octogonal qui se trouve après ce hall d'entrée le relie aux autres sections du palais : quatre entrées mènent à différentes pièces, deux à un escalier. Les niches du hall octaédrique étaient destinées à communiquer avec le rez-de-chaussée. Les halls du sud et de l'est se distinguent, tant par leur forme que par leur décoration, des salles de cérémonie et des pièces du premier étage.

Cette section du palais est bien moins complète, en conséquence du bombardement russe qui détruisit les deux dômes recouvrant les pièces et les parties supérieures des murs. Les pièces offrent différentes vues sur la Mer Caspienne. Des sculptures de pierre de bonne qualité sont réalisées pour remplacer les éléments manquants, mais il s'est avéré impossible de reproduire l'ouvrage finement ciselé du XVe siècle. La face intérieure des murs de la salle à manger du palais a été revêtue de pierre, s'appuyant sur des colonnes en béton armé. (Il a déjà été prouvé que l'introduction d'acier doux dans une structure ancienne est peu sage, et ces colonnes doivent être enlevées). Les réserves inférieures de la partie domestique du palais s'ouvrent sur un jardin.

Ce dernier abrite le mausolée de Seyid Iahia Bakouvi, astrologue de la cour. On y pénétrait jadis via une mosquée rectangulaire dont seules les fondations subsistent. La tombe est une structure à deux étages, surmontée d'un dôme. On trouve dans le jardin des fragments d'une grande inscription ; ceux-ci furent récupérés dans la mer et faisaient à l'origine partie de la muraille de la forteresse de l'île de Sabail, du XIIe siècle, détruite par un tremblement de terre au XIIIe siècle.

La cour intermédiaire du palais, sur un plan inférieur, contient le mausolée des Chahs de Chirvan, construit en 1434-1435 par le Chah Khalilulla Ier pour sa mère et ses fils. De plan rectangulaire, il est surmonté d'une coupole hexagonale, ornée d'étoiles à plusieurs branches. Quand il fut mis au jour en 1945-1946, le mausolée révéla sept tombes, accompagnées de riches biens funéraires, aujourd'hui conservés au musée d'histoire d'Azerbaïdjan.

La mosquée du palais, perpendiculaire, date de 1441. Son dôme est orné d'un simple ouvrage de plâtre, du XIXe siècle. Elle compte deux salles de prière, ainsi que quelques pièces annexes. Trois entrées donnent sur la mosquée, la principale (au nord) étant dotée d'un portail, flanqué de chaque côté de niches semi-circulaires destinées aux chaussures des croyants. Comme dans certains autres lieux du palais, les infiltrations d'eau dans le toit de pierre de la mosquée sont source d'inquiétudes.

La partie inférieure du palais accueille les ruines du hammam, découvertes en 1939 pendant des fouilles dans un vignoble. Son plan se compose de deux grandes structures rectangulaires subdivisées par quatre colonnes, avec un bâtiment séparé pour les chaudières produisant la vapeur amenée jusqu'aux bains par des canaux sous le sol. Des sections du carrelage mural d'origine subsistent dans certaines des pièces.

Le portail oriental du palais des Chahs de Chirvan fut construit ultérieurement aux autres parties du complexe, au XVIe siècle. Sa partie supérieure est ornée de l'inscription de construction, en arabe, citant la date de la construction (1585-1586) et le nom du Chah l'ayant ordonnée. De chaque côté, l'inscription présente des rosettes avec des motifs végétaux.

- La ville de l'époque tsariste située dans la zone tampon Celle-ci s'étend en dehors des limites de la cité fortifiée proposée pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial, mais constitue une zone tampon qui protège cette dernière. Pendant les deux dernières décennies du XIXe siècle et les deux premières du XXe siècle, Bakou fut l'un des principaux centres de production pétrolière dans le monde. Ce statut généra une richesse substantielle, comme en atteste l'extrême qualité des édifices de cette période. Le problème principal est la conservation des balcons, formés de dalles de pierre soutenues par de fines poutres de fer. La dégradation de la pierre et l'oxydation du fer ont conduit au remplacement de beaucoup d'entre eux par des substituts de béton, entraînant généralement la perte des dalles de pierre.

Source : évaluation des Organisations consultatives