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Centre ville historique de Paramaribo

Historic Inner City of Paramaribo

Paramaribo is a former Dutch colonial town from the 17th and 18th centuries planted on the northern coast of tropical South America. The original and highly characteristic street plan of the historic centre remains intact. Its buildings illustrate the gradual fusion of Dutch architectural influence with traditional local techniques and materials.

Centre ville historique de Paramaribo

Paramaribo est une ancienne ville coloniale hollandaise des XVIIe et XVIIIe siècles implantée sur la côte nord tropicale de l'Amérique du Sud. Le centre historique a conservé intact le tracé d'origine, fort caractéristique, de ses rues. Ses édifices illustrent la fusion progressive de l'architecture hollandaise avec les techniques et matériaux locaux.

وسط مدينة باراماريبو التاريخي

باراماريبو مستعمرة هولندية قديمة ترقى الى القرنين السابع عشر والثامن عشر، وهي تقع على الساحل الشمالي المداري لأميركا الجنوبية. وقد حافظ الوسط التاريخي على التخطيط الأساسي الذي يميّز شوارعه، في حين تجسّد ابنيته الاندماج التدريجي للهندسة الهولندية في التقنيات والمعدات المحلية.

source: UNESCO/ERI

帕拉马里博的古内城

帕拉马里博位于南美洲热带地区北海岸上,曾经是17世纪至18世纪时的荷兰殖民地。帕拉马里博城内古老的市中心仍然保持着昔日那富有创意、极具特色的街道布局。内城的建筑物依然在向世人展示着荷兰建筑风格与当地传统建筑方法和建筑材料的逐步融合。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр города Парамарибо

Парамарибо – это бывший голландский колониальный город XVII-XVIII вв., основанный на северном побережье тропической Южной Америки. Первоначальный и весьма характерный план улиц исторического центра остался неизменным. Архитектура его зданий демонстрирует то, как голландские влияния постепенно соединялись с традиционными для этого района строительными технологиями и материалами.

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de Paramaribo

Situada en la costa septentrional de la Sudamérica tropical, la antigua ciudad colonial holandesa de Paramaribo data de los siglos XVII y XVIII. Su centro histórico ha conservado intacto el trazado peculiar de sus calles, así como edificios ilustrativos de la paulatina fusión del estilo arquitectónico holandés con las técnicas y materiales autóctonos.

source: UNESCO/ERI

パラマリボ市街歴史地区

source: NFUAJ

Historische binnenstad van Paramaribo

Paramaribo is een voormalige Nederlandse koloniale stad uit de 17e en 18e eeuw en ligt aan de noordelijke kust van tropisch Zuid-Amerika. Het originele en zeer karakteristieke stratenplan van het historisch centrum is intact gebleven. Paramaribo is een uniek voorbeeld van het contact tussen de Europese cultuur van Nederland en de inheemse culturen en het leefklimaat van Zuid-Amerika tijdens de jaren van intensieve kolonisatie van dit gebied: de 16e en 17e eeuw. De gebouwen in Paramaribo weerspiegelen dit; het zijn mooie voorbeelden van de geleidelijke samensmelting van Europese architectuur en constructietechnieken met inheemse Zuid-Amerikaanse materialen en ambachten.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Paramaribo est une ancienne ville coloniale hollandaise datant des XVIIe et XVIIIe siècles implantée sur la côte nord-est tropicale de l'Amérique du Sud. Composé d’édifices principalement de bois, le style architectural sobre et symétrique, où s’illustrent la fusion progressive des influences architecturales hollandaises et européennes et plus tard nord-américaines, ainsi que des éléments de la culture créole, reflète la société multiculturelle du Suriname. Le centre-ville historique est situé sur la rive gauche du fleuve Suriname et délimité par Sommelsdijkse Kreek au nord et Viottekreek au sud. Aménagées à partir de 1683 selon un plan en damier le long d'un axe nord-ouest depuis le Fort Zeelandia, les principales rues suivent les crêtes d’un promontoire qui offrait une base naturellement asséchée pour la construction. A la fin du XVIIIe siècle, grâce aux compétences des ingénieurs hollandais et à leur savoir-faire en matière d’urbanisme, la ville s'étendit sur des terrains marécageux au nord. Parmi les éléments importants du paysage urbain, on citera le Fort Zeelandia construit en 1667 et le grand parc public (Jardin des Palmiers) situé derrière, les rues larges bordées d'arbres et les vastes espaces ouverts; le palais présidentiel (1730) construit en pierre mais dont les étages supérieurs sont en bois, le ministère des Finances (1841), une structure monumentale en briques dotée d’un portique classique et d’un beffroi, l'église réformée (1837) de style néoclassique, et la cathédrale  catholique (1885) de style néo-gothique construite en bois.

Critère (ii) : Paramaribo est un exemple exceptionnel de la fusion progressive de l’architecture et des techniques de construction européennes avec les matériaux et les artisanats indigènes sud-américains, qui a fini par donner naissance à un nouveau langage architectural.

Critère (iv) : Paramaribo est un exemple unique de contact entre la culture européenne des Pays-Bas et les cultures et l’environnement indigènes d’Amérique du sud à l’époque de la colonisation intensive de la région, aux XVIe et XVIIe siècles.

Intégrité

A l’époque de l'inscription, on a enregistré que la plupart du tissu urbain de Paramaribo datant de 1680-1800 était resté pratiquement intact, principalement en raison de la faible croissance économique des trois dernières décennies. Le plan urbain d'origine est resté authentique en ce qui concerne l'environnement bâti historique, car aucun changement majeur d'infrastructure n’a eu lieu, aucun alignement des bâtiments n’a été modifié et aucun édifice en hauteur n’a été construit dans le centre-ville. Les bâtiments en bois sont vulnérables au feu, et le centre-ville pâtit de l'absence d'application des contrôles de protection et de la négligence due à la situation socio-économique. Depuis lors, l'intégrité du bien a été compromise par la création d’une nouvelle place d’armes, la modification du schéma urbain autour de la  place de l'Indépendance et le remplacement d’espaces verts par des surfaces pavées. L'intégrité du bien est vulnérable au développement du front de mer, qui, tout en ayant le potentiel de contribuer de façon positive à l'économie de la ville, a aussi le potentiel d'avoir un impact sérieux sur la valeur universelle exceptionnelle du bien s’il n’est pas bien conçu et localisé.

Authenticité

Il y a 291 monuments répertoriés à Paramaribo et, au cours des trois dernières décennies, seuls quelques-uns ont disparu au profit de nouvelles constructions. Beaucoup de monuments présentent un degré d’authenticité élevé du fait de l’usage des techniques et des matériaux traditionnels pour la restauration et la réhabilitation, bien que certains bâtiments en bois aient été remplacés par du béton.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La protection des quelque 250 monuments classés de Paramaribo a été initialement garantie par la loi sur les monuments de 1963. En 2002, cette loi a été remplacée par une nouvelle loi sur les monuments (SB 5 Septembre 2002  n° 72), qui prévoit la désignation de quartiers historiques protégés avec un contrôle des  interventions et l'octroi de subventions aux propriétaires pour les travaux de conservation. En 2007 et 2010, deux nouveaux monuments ont été ajoutés à la liste des monuments de Paramaribo et en 2011, la liste a été de nouveau élargie avec 25 monuments officiels supplémentaires.

Pour la protection du site,  une résolution d’Etat concernant la mise en œuvre de l'article 4 section 2 du Code de la construction de 1956 a été approuvée par le Président de la République du Suriname (SB 31 octobre 2011 n° 74). Cette résolution crée un comité d'experts du bâtiment (Comité consultatif spécial) et classe le centre-ville historique et les zones tampons adjacentes. Ce comité examine les plans des nouvelles constructions dans le site du patrimoine mondial selon les critères esthétiques de l'architecture moderne. Ces critères de construction spéciaux ont été publiés dans la Gazette (Advertentieblad van de Republiek Suriname, ARS 29 avril 2003 n ° 34.).

Le plan de gestion du site du patrimoine mondial de Paramaribo (PWHSMP) pour  2011-2015 a été officiellement approuvé par le Conseil des Ministres le 28 janvier 2014. Cependant, l'organe de gestion (la Fondation pour le patrimoine construit du Suriname ou Stichting Gebouwd Erfgoed Suriname-SGES) établie pour le mettre en œuvre ne bénéficie ni d’un personnel suffisant, ni de la définition d’actions précises, d’échéanciers et de budgets. L'autorité de SGES en tant que gestionnaire du site doit être renforcée par des mesures réglementaires et législatives adéquates et communiquée à tous les niveaux gouvernementaux ainsi qu’à toutes les parties prenantes et à la communauté.

Le 25 Octobre 2011, la « Stichting Stadsherstel Paramaribo »a été créé comme prédécesseur de la « Suriname Conservation Ltd » (Stadsherstel Suriname NV établie le 25 mai 2013). Cette fondation achète les bâtiments/monuments historiques  en mauvais état, les  restaure et les réutilise afin de préserver le paysage urbain historique. Le premier bien, situé au 56 de Julianastraat, a été acquis en Janvier 2012, restauré et loué. D’autres ont été achetées depuis.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Paramaribo is a unique example of the contact between the European culture of the Netherlands and the indigenous cultures and environment of South America in the years of intensive colonization of this region in the 16th and 17th centuries. The gradual fusion of European architecture and construction techniques with indigenous materials and crafts led to the creation of a new architectural idiom.

From the beginning of the 17th century, colonization of the Wild Coast was directed towards the cultivation of sugar cane and tobacco. European governments encouraged settlers to establish plantations in order to exploit the region. The Dutch, in search of tobacco and hardwoods, had settled as early as 1614 on the Corantijn River and near the Indian village of Parmarbo or Parmurbo on the banks of the Suriname River. Suriname remained a Dutch possession for the next three centuries. Paramaribo began when Fort Zeelandia was built in 1667 on a promontory on the left bank of the Suriname River. In 1683 Van Sommelsdijck, the first governor and joint owner of the colony, laid out a planned town.

In addition to Fort Zeelandia, Paramaribo was also protected by the Nieuw-Amsterdam Fortress at the confluence of the Suriname and Commewijne rivers, near the coast. Because of these strong defensive works, it was not necessary for the town to be fortified, which allowed it to be laid out in spacious lots along wide streets. By the end of the 18th century, settlers who had hitherto lived on their plantations began to migrate to Paramaribo, leaving the running of the plantations to managers. As a result, the plantations began to decline, but the town grew, with many fine houses built along tree-lined streets. Disastrous fires in 1821 and again in 1832 led to much of the existing town being destroyed.

The economic situation of Suriname worsened as the plantations declined, with beet being replaced as the source of sugar, and the situation deteriorated further when slavery was abolished in 1863. Their owners and the freed slaves moved to Paramaribo, which expanded rapidly. To replace the slaves, the government brought in labourers to work the remaining plantations, first from China and the West Indies and later from India and Java, increasing its cultural and ethnic diversity.

The layout of the Inner City consists of a main axis stretching north-west behind Fort Zeelandia (the group of public buildings here is the central ensemble in the town plan), with streets crossing at right angles. To the north of Fort Zeelandia is the large public park known as the Garden of Palms. The wide streets and the public open spaces are tree-lined, giving a serene and spacious townscape. The larger public buildings, such as Fort Zeelandia, the Presidential Palace, the Ministry of Finance, the Reformed Church, and the Roman Catholic cathedral, were built from stone and brick in traditional Dutch style but increasingly incorporating native elements. Thus, the ground floor of the Presidential Palace is of stone but its upper storeys are of wood. Interestingly, the neoclassical Reformed Church is built from brick but the neo-Gothic Roman Catholic cathedral is entirely of wood. Most of the buildings in Paramaribo, both commercial and residential, are built entirely from wood, the majority of them following the 1821 and 1832 fires. The work was carried out by local craftsmen. They all conform to a general layout: they are rectangular and symmetrical in plan with steep roofs and brick substructures. Both these and the public buildings are generally painted white, the brick elements being highlighted in red. Doors and window shutters are in dark green.

There has been considerable restoration work on a number of other, non-listed, buildings; this has preserved the traditional style but has made use of contemporary materials, such as concrete simulating wood. Nevertheless, the overall urban fabric of Paramaribo, which dates from 1680-1800, still survives virtually intact and the authenticity of the townscape is exceptionally high.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Ce sont les Espagnols Alonso et Juan de la Cosa, accompagnés d'Amerigo Vespucci, qui découvrirent les premiers la « côte sauvage » de l'Amérique du Sud, en 1499. Rapidement, des rumeurs commencèrent à circuler sur une fabuleuse « cité d'or » inca (Eldorado), au lac Parima, à l'intérieur des terres de la Guyane moderne : une foule d'aventuriers convergea donc vers cette côte, mais l'Eldorado resta une légende.

Dès le début du XVIIe siècle, la colonisation de cette « côte sauvage » s'orienta vers la culture de la canne à sucre et du tabac. Les gouvernements européens encourageaient les colons à établir des plantations et à exploiter la région, afin de satisfaire la demande de produits tropicaux, alors en plein essor en Europe. Des planteurs anglais de La Barbade arrivèrent au milieu du XVIIe siècle. Les Hollandais, qui disposaient d'une concession marchande, vinrent également sur cette côte à cette époque, à la recherche de tabac et de bois ; des comptoirs hollandais existaient dès 1614 sur le fleuve Corantijn et près du village indien de Parmarbo ou Parmurbo, sur les rives du fleuve Suriname. Les Anglais furent chassés par une flotte hollandaise commandée par Abraham Crijnssen pendant la seconde guerre entre Hollandais et Anglais (1665-1667) et le Suriname resta possession hollandaise pendant les trois siècles suivants.

À la fin du XVIIIe siècle, environ six cents plantations étaient exploitées. Pendant la seconde moitié du siècle, les propriétaires, qui avaient jusque là vécu dans leur plantation, commencèrent à émigrer vers Paramaribo, laissant leurs plantations entre les mains de gérants, à la suite de quoi celles-ci commencèrent à décliner. En revanche, la ville s'étendit, et bon nombre de maisons superbes furent construites le long de rues bordées d'arbres.

La situation économique du Suriname déclina parallèlement à celle des plantations, le sucre étant désormais fabriqué à partir de betteraves, et se détériora encore avec l'abolition de l'esclavage en 1863. Moins d'une centaine de plantations résista, tandis que les propriétaires et les esclaves émancipés partaient s'installer à Paramaribo, qui s'agrandit rapidement.

Pour remplacer les esclaves, le Gouvernement fit venir de la main d'oeuvre pour travailler dans les plantations restantes, d'abord de Chine et des Antilles, puis d'Inde et de Java. Entre 1873 et 1939, 34 000 Indiens et 33 000 Javanais immigrèrent au Suriname, augmentant sa diversité culturelle et ethnique, comme en atteste aujourd'hui l'aspect de Paramaribo qui, de centre administratif et portuaire, est devenu une ville où cohabitent de multiples activités.

Paramaribo vit le jour avec la construction sur un promontoire, en 1667, du fort Zeelandia, sur la rive gauche du fleuve Suriname, mais le développement urbain était à l'origine de qualité médiocre et soumis au hasard. Quand Van Sommelsdijck, premier gouverneur et propriétaire conjoint de la colonie, entra en fonctions en 1683, il instaura un urbanisme planifié. Ce dernier ville, ce qui lui permit de s'étendre sur des grands espaces, le long de larges rues.

En 1821, puis de nouveau en 1832, des incendies désastreux ravagèrent la ville, qui fut en grande partie détruite.

Source : évaluation des Organisations consultatives