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Forêt Laurifère de Madère

Laurisilva of Madeira

The Laurisilva of Madeira is an outstanding relict of a previously widespread laurel forest type. It is the largest surviving area of laurel forest and is believed to be 90% primary forest. It contains a unique suite of plants and animals, including many endemic species such as the Madeiran long-toed pigeon.

Forêt Laurifère de Madère

La forêt laurifère de Madère est un vestige exceptionnel d'un type de forêt de lauriers autrefois largement répandu. C'est la plus grande forêt de lauriers qui subsiste. Primaire à environ 90 %, elle contient un ensemble unique de plantes et d'animaux, dont beaucoup d'espèces endémiques telles que le pigeon trocaz de Madère.

غابة الغار في ماديرا

تجسّد غابة شجر الغار في ماديرا أثراً فريداً من الغابات المنتشرة في ما مضى، وهي كبرى غابات الغار المتبقية اليوم. وتحوي هذه الغابة التي لا تزال عذراء بنسبة 90 في المائة تقريباً مجموعة فريدة من النباتات والحيوانات تضم الكثير من الأصناف المستوطنة كحمام تروكاز الخاص بماديرا.

source: UNESCO/ERI

马德拉月桂树公园

马德拉月桂树公园是早期广泛分布的月桂树森林的遗留地,它是现存面积最大的月桂树森林,而且其中90%是原始森林。这里生活着很多特殊的动植物,包括许多地方性的物种,如马德拉长趾鸽。

source: UNESCO/ERI

Лаурисилва – лавровые леса острова Мадейра

Лавровые леса Мадейры представляют собой ценные реликтовые насаждения, некогда широко распространенные в этом регионе. Крупнейший из уцелевших лавровых лесных массивов, лес на 90% является первичным. Местность характеризуется уникальным растительным и животным миром, здесь отмечены многие эндемичные виды, к примеру, местный вид голубя (мадейрский голубь).

source: UNESCO/ERI

Bosque de laurisilva de Madera

El bosque de laurisilva de la isla de Madera es una reliquia excepcional de un tipo de bosques de laureles muy abundante en el pasado. Hoy en día, es el más grande de los bosques subsistentes de este género. El 90% de su superficie está cubierta por el ecosistema forestal primario, que alberga un conjunto único de especies vegetales y animales. Muchas de estas últimas –por ejemplo, la paloma torcaz de Madera– son endémicas.

source: UNESCO/ERI

マデイラ諸島のラウリシルヴァ

source: NFUAJ

Laurisilva van Madeira

De laurisilva van Madeira is een bijzonder overblijfsel van een eerder wijdverspreid laurierbos type. Het is het grootste overgebleven gebied van laurierbos en bestaat naar schatting voor 90% uit oorspronkelijk bos. De laurierbossen zijn van grote ecologische waarde en spelen een belangrijke rol in de hydrologische balans van het eiland. De laurisilva van Madeira bestaat voornamelijk uit groene bomen en struiken, met vlakke, donkergroene bladeren. Er zijn 20 soorten mos opgenomen als zeldzaam of bedreigd. Het eiland bevat een unieke reeks planten en dieren, waaronder veel inheemse soorten, zoals de Trocazduif (lange-tenen duif) van Madeira.

Source : unesco.nl

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Forêt Laurifère de Madère © Patrick Werquin
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La forêt laurifère de Madère, dans le Parque Natural da Madeira (Parc naturel de Madère) est la plus grande forêt de lauriers primaire survivante, un type de végétation aujourd'hui confiné aux Açores, à Madère et aux îles Canaries. Ces forêts, qui recèlent d'innombrables niches écologiques et des processus propres aux écosystèmes intacts, jouent un rôle prédominant dans le maintien de l'équilibre hydrologique de l'île de Madère. Le bien est d'une importance cruciale pour la conservation de la biodiversité, avec la présence d'au moins 76 espèces de plantes vasculaires endémiques de Madère, ainsi que d'un grand nombre d'invertébrés endémiques et deux oiseaux endémiques, dont le pigeon trocaz, emblématique de Madère.

Critère (ix) : La forêt laurifère de Madère est un vestige exceptionnel d'un type de forêt laurifère autrefois très répandu, qui recouvrait une bonne partie du sud de l'Europe il y a 15 à 40 millions d'années. La forêt du bien couvre entièrement une série de vallées en V très profondes conduisant du plateau et de la crête est-ouest du centre de l'île jusqu'à la côte nord. La forêt et les processus biologiques et écologiques associés sont pour l'essentiel intacts et jouent un rôle prédominant dans l'équilibre hydrologique de l'île. La forêt est composée principalement d'arbres et d'arbustes à feuillage persistant, aux feuilles plates vert foncé. Le bien regorge de niches écologiques, de réseaux trophiques complexes et d'exemples de coévolution des espèces. Plusieurs groupements végétaux climaciques, tels que la laurisilve à Til, la laurisilve à Barbusano et la laurisilve à Vinhático, y ont été identifiés. Des arbres anciens dans le fond des vallées, des cascades et des falaises ajoutent aux valeurs du bien.

Critère (x) : La forêt laurifère de Madère est un lieu d'une grande importance en raison de sa diversité biologique. Elle est plus vaste que les autres forêts laurifères, avec lesquelles elle présente des différences majeures, et une large proportion de sa flore et de sa faune est spécifique à la forêt laurifère. Des arbres endémiques de la famille des lauracées, tels que le Barbusano Apollonias barbujana ssp. Barbujana, le laurier Laurus novocanariensis, le Til Ocotea foetens et le Vinhático Persea indica, sont dominants. Les autres plantes endémiques sont notamment l'echium (vipérine arbustive) Echium candicans, l'euphorbe mellifère Euphorbia mellifera, la digitale de Madère Isoplexis spectrum et Musschia wollastonii. Les fougères abondent dans les vallées ombragées et les bryophytes couvrent de larges étendues sur le sol, les rives, les rochers et les troncs d'arbres. Environ 13 espèces hépatiques et 20 espèces de mousse menacées à l'échelle européenne sont répertoriées, tandis que les nombreux lichens sont le signe de la qualité exceptionnelle de l'environnement et de l'absence de pollution. Parmi les vertébrés on note un nombre limité d'espèces à fort endémisme, dont deux espèces rares de chauves-souris, la pipistrelle de Madère Pipistrellus maderensis et la noctule de Leisler Nyctalus leisleri verrucosus, ainsi que plusieurs oiseaux tels que le pigeon trocaz Columba trocaz, le roitelet de Madère Regulus madeirensis et le pinson des arbres de Madère Fingilla coelebs madeirensis. La forêt laurifère abrite plus de 500 espèces endémiques d'invertébrés, notamment des insectes, des arachnides et des mollusques.  

Intégrité

Le bien inclut les zones de forêt laurifère primaire survivante de Madère. Ses limites ont été définies à l'issue d'une étude de terrain exhaustive, destinée à identifier les principales zones de végétation survivante. La majeure partie du bien n'aurait jamais été coupée et comprend certains arbres anciens de très grande taille qui pourraient avoir plus de 800 ans, c'est-à-dire dater d'avant le peuplement humain. Les chèvres et les moutons, qui ont causé des dommages dans le passé, ont été maintenant éliminés de la région. 

Le bien recèle aussi un témoignage important d'utilisation par l'homme. Les habitants ont construit des aqueducs, appelés levadas, qui sillonnent la forêt en suivant les contours du paysage, s'accrochant aux falaises et aux pentes abruptes des vallées. Généralement de 80-150 cm de large et construites en pierre ou, plus récemment, en béton, ils transportent l'eau de la forêt vers les centrales hydroélectriques et alimentent les villes du sud en eau potable et en eau d'irrigation. Le long des levadas sont aménagés des sentiers généralement de 1-2 m de large qui permettent l'accès à une forêt autrement quasi impénétrable. Ces constructions ont un impact limité sur le bien et offrent quelques avantages pour la conservation, car elles permettent d'accéder à la forêt sur des sentiers relativement plats et ne couvrent qu'une partie infinitésimale de la superficie. Aucune n'a été construite depuis 70 ans et celles qui existent sont soigneusement entretenues. En dehors des levadas et des quelques petites huttes utilisées par ceux qui les entretiennent, le développement humain à l'intérieur du bien est très limité et il n'y a ni habitation, ni bâtiments, à l'exception des petites huttes utilisées par ceux qui entretiennent les levadas, et pas de terres cultivées. Les deux routes ont un impact limité et il est prévu d'en remplacer une par un tunnel.

L'intégrité du bien est renforcée par des zones tampons qui ne font pas partie du bien inscrit mais le protègent des menaces en provenance de l'extérieur du bien. Les menaces susceptibles de provenir de ces zones sont notamment les espèces envahissantes et l'introduction d'espèces du fait de l'agriculture et de l'exploitation forestière.

Besoins en matière de protection et de gestion

Le bien couvre approximativement 15 000 ha de terre sur les 27 000 ha du Parc naturel de Madère (Parque Natural da Madeira). Il bénéficie d'une protection juridique rigoureuse et efficace en vertu de plusieurs législations : régionale, nationale et européenne. Ces multiples niveaux de protection incluent le statut d'aire de conservation spéciale au titre de la Directive Habitats de l'Union européenne, qui oblige l'État partie à protéger la zone, de façon à ce que la « forêt laurifère de Madère » et les 39 espèces de plantes et d'animaux rares et menacés demeurent ou soient remis dans un « état de conservation favorable ». Le bien est également une Réserve biogénétique du Conseil de l'Europe et une aire de protection spéciale au titre de la Directive Oiseaux de l'Union Européenne. Le bien figure au journal officiel en vertu de la législation de Madère, avec environ la moitié de sa superficie classée Réserve intégrale (« Reserva Integral »), le reste étant classé Réserve partielle (« Reserva Parcial »).

Un système efficace de gestion de la conservation est en place. Les fonctions de conservation sont confiées à l'administration régionale, Governo da Região Autónoma da Madeira (gouvernement régional autonome de Madère). Un plan de gestion (Plano de Ordenamento e Gestão da Floresta Laurisilva) approuvé par l'administration régionale est en place. Il s'agit d'un instrument juridique puissant qui définit les stratégies et les objectifs de la protection et de la mise en valeur du bien, énonçant les grands principes de sa gestion, de sa conservation et de sa protection. 

Le bien est doté d'un personnel et de ressources suffisants qu'il faut maintenir à long terme. Plusieurs questions exigent une gestion efficace à long terme. C'est le cas notamment de la surveillance de la menace potentielle que représentent les espèces envahissantes provenant des anciennes terres cultivées à la limite inférieure du bien. Un petit nombre de permis est délivré à la population locale pour prélever une quantité limitée de bruyère arbustive commune dans les hauteurs. Bien que cette pratique se perde, il convient de la surveiller et de la maintenir dans des limites qui ne portent pas atteinte à la forêt. La gestion des zones contiguës au bien doit tenir pleinement compte de sa valeur universelle exceptionnelle, en particulier s'agissant du risque d'introduction d'espèces exotiques envahissantes. Les aménagements pour les visiteurs qui veulent se rendre dans la forêt sont rares et il est probable qu'il faudra accorder une plus grande priorité à la gestion des visiteurs à mesure que la tendance change dans le domaine touristique. Avec les falaises vertigineuses qui côtoient les levadas étroites, il faut prendre grand soin à la fois de protéger la forêt et d'assurer la sécurité des visiteurs, en particulier en prévision d'une possible augmentation de la pression de ces derniers. Des politiques rigoureuses sont nécessaires pour couper court à toute tentation de construire des infrastructures inappropriées d'accueil des visiteurs. Des programmes efficaces d'interprétation et d'information des visiteurs seraient également extrêmement bénéfiques pour faire connaître la valeur universelle exceptionnelle du bien. 

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Laurisilva of Madeira consists of approximately 15,000 ha within the 27,000 ha Madeira Nature Reserve. The site conserves primary laurel forest (laurisilva), a vegetation type that is now confined to the Azores, Madeira and the Canary Islands. The laurisilva on Madeira is the largest area of laurel forest surviving and is in very good condition, with around 90% believed to be primary forest.

Fossil evidence shows that laurisilva flora once covered much of southern Europe in the Tertiary era, 15-40 million years ago, and what is now seen in Madeira is the largest surviving relict of a virtually extinct flora of great interest. As climate change brought about its demise on continental Europe, the ocean-moderated climate of the island groups of the Azores, Madeira and Canary Islands maintained relicts of this previously widespread forest type.

The laurel forest has great ecological value, playing an important role in maintaining the ecological balance of the island. It provides ecological services to the island by protecting the micro-climate and maintaining water supplies by collecting and retaining water. The forest completely covers a series of very steep, V-shaped valleys leading from the plateau and east-west ridge in the centre of the island to the north coast. Ancient trees in the valley bottoms, waterfalls and cliffs provide spectacular scenery. At the higher altitudes, arborescent plants in normally herbaceous genera such as sow-thistle cling to steep cliffs and in the valley bottom giant ferns abound.

The laurisilva of Madeira is notable for its biological diversity with at least 66 vascular plant species endemic to Madeira occurring in the site.

13 liverwort species and 20 moss species are listed as rare or threatened on a European scale; and endemic animals include a species of pigeon (Madeiran long-toed pigeon, which eats the laurel fruits); a lizard species; two species of bat; and endemic subspecies of chaffinch and fire-crest.

Source : UNESCO/CLT/WHC