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Abou Mena

Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 2001

Brève description

Ville sainte paléochrétienne, Abou Mena, bâtie sur la tombe du martyr Ménas d'Alexandrie, mort en 296, a conservé son église, son baptistère, ses basiliques, ses établissements publics, ses rues, ses monastères, ses maisons et ses ateliers.

© © OUR PLACE The World Heritage Collection

Description longue

Abou Mena se trouve au sud d'Alexandrie, entre l'oued el-Natrun et Alexandrie. L'église, le baptistère, les basiliques, les édifices publics, les rues, les monastères, les maisons et les ateliers de cette ancienne ville sainte chrétienne sont tous nés autour de la tombe du martyr Ménas d'Alexandrie, qui mourut en 296.

Construit au IIIe siècle, le monastère conserve la mémoire d'un soldat d'Alexandrie nommé Ménas, qui était officier dans l'armée de Dioclétien. Ménas refusa de tuer des chrétiens après la victoire de son armée, et révéla publiquement qu'il en était un lui-même, raison pour laquelle nombre de ses coreligionnaires avaient souffert de persécutions de la part de l'armée de Dioclétien. La légende assure que la dépouille de Ménas fut rapportée de Phrygie sur un chameau et enterrée à l'endroit où ce dernier refusa d'avancer davantage. Il s'agissait d'une oasis au milieu du désert, plantée de vignes et d'oliviers : le site est connu sous le nom de vignobles de Saint-Ménas.

Les fouilles archéologiques menées depuis 1900 ont révélé qu'Abou Mena se développa rapidement au cours des Ve et VIe siècles. Vers 600, l'oasis était devenue une ville de pèlerinage, construite autour de son grand complexe basilical. Les fouilles ont permis de remettre au jour toute la ville avec ses maisons et ses cimetières ; elles ont également porté à la découverte des maisons et des ateliers des potiers qui fabriquaient les flacons liés au culte, dont différents exemplaires ont été retrouvés, ainsi que des lampes et des jouets.

Construite au Ve siècle pour accueillir un nombre croissant de pèlerins, la basilique thermale a été utilisée pour stocker les eaux curatives alimentant les bains chauds et les piscines qui entouraient la basilique. Les pèlerins remplissaient de petits flacons (ampullae) avec l'eau de la basilique ; ceux-ci portaient un décor moulé figurant le martyr debout entre deux chameaux agenouillés. Au cours des Ve et VIe siècles, de nombreux édifices furent construits autour de la basilique thermale, dont un monastère, sur son flanc septentrional.

La basilique d'Arcadius, édifiée au Ve siècle, occupe le centre d'un magnifique complexe situé juste au sud d'Alexandrie, à Karm Abou Mena. Son toit repose sur 56 colonnes de marbre. Le baptistère occupe l'extrémité ouest de la basilique et présente des angles en absides semi-circulaires, ainsi que des niches revêtues de marbre polychrome. C'est le seul monument de l'architecture chrétienne antique copte à utiliser ces éléments. À l'ouest de la basilique, une église témoigne de fortes influences architecturales égyptiennes et byzantines.

Saint Ménas était l'un des saints les plus populaires à l'Est comme à l'Ouest. On en a la preuve avec les nombreux petits flacons de terre cuite retrouvés en différents points du monde ancien, par exemple à Heidelberg, à Milan, en ex-Yougoslavie, à Marseille, à Dengela (Soudan) et à Jérusalem.

Source : UNESCO/CLT/WHC