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Droogmakerij de Beemster (Polder de Beemster)

Droogmakerij de Beemster (Beemster Polder)

The Beemster Polder, dating from the early 17th century, is is an exceptional example of reclaimed land in the Netherlands. It has preserved intact its well-ordered landscape of fields, roads, canals, dykes and settlements, laid out in accordance with classical and Renaissance planning principles.

Droogmakerij de Beemster (Polder de Beemster)

Datant du début du XVIIe siècle, le polder de Beemster est un exemple exceptionnel de terre conquise sur l'eau aux Pays-Bas. Il a conservé intact son paysage régulier de champs, routes, canaux, digues et villages dessinés selon les principes d'aménagement de l'Antiquité et de la Renaissance.

دروغماكيريج دو بيمستار (بلدر بيمستار)

تعود بداية بلدر بيمستار الى بدء القرن السابع عشر، وهو يُعتبر الأرض الأقدم المحتلّة على الماء في هولندا. وقد حافظ على طبيعته المعتادة من الحقول والطرقات والقنوات الى السدود والقرى المرسومة وفقًا لمبادئ تهيئة العصور القديمة والنهضة.

source: UNESCO/ERI

比姆斯特迂田

比姆斯特尔迂田可以追溯到17世纪初,是荷兰最早围海开垦的地区。整齐的田园、道路、运河、堤防和小村庄根据古典和文艺复兴的规划原则进行布局,至今仍然保留完好。

source: UNESCO/ERI

Польдер Бемстер

Польдер Бемстер, создание которого относится к началу XVII в., является старейшим из отвоеванных у моря участков суши в Нидерландах. Здесь в неизменности сохранилась четкая структура ландшафта, включающего поля, дороги, каналы, дамбы и поселения, разработанная на основе принципов планировки классицизма и Возрождения.

source: UNESCO/ERI

Droogmakerij de Beemster (Pólder de Beemster)

El pólder de Beemster data de principios del siglo XVII y es el más antiguo de los terrenos ganados al mar en los Países Bajos. Ha conservado intacta la ordenación territorial de su paisaje formado por campos, caminos, canales, diques y poblados, planificados con arreglo a los principios urbanísticos de la Antigüedad y el Renacimiento.

source: UNESCO/ERI

ドゥローフマーケライ・デ・ベームステル(ベームステル干拓地)

source: NFUAJ

Droogmakerij de Beemster (Beemster Polder)

De Beemster Polder dateert uit het begin van de 17e eeuw. De polder heeft zijn goed geordende landschap van akkers, wegen, kanalen, dijken en nederzettingen – aangelegd volgens de principes van de klassieke en Renaissance-planning – behouden. De Beemster laat heel goed zien hoe Nederlanders grote delen van het land hebben drooggelegd. Deze droogmakerij is opgezet omdat het water de steden bedreigde en er behoefte was aan meer landbouwgrond. Om het meer werd een stevige dijk van 42 kilometer gelegd en daaromheen groef men een ringvaart. Met 43 windmolens werd het meer vervolgens leeggepompt. Op 19 mei 1612 was de polder droog.

Source : unesco.nl

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Droogmakerij de Beemster (Polder de Beemster)
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le polder de Beemster est un paysage culturel situé au Nord d’Amsterdam, datant du début du XVIIe siècle, et un exemple exceptionnel de reconquête des terres aux Pays-Bas. Il a été créé par l’assèchement du lac Beemster en 1612, afin de disposer de nouvelles terres arables et d’espace pour les maisons rurales, tout en luttant contre les inondations dans cette région de faible altitude. Il fut également un moyen d’investir dans la terre. D’autres reconquêtes de terres avaient déjà eu lieu, mais les améliorations techniques apportées aux moulins à vent permirent alors des projets plus ambitieux. Le polder de Beemster a été le premier grand projet couvrant une superficie de 7.208 ha. C’est aujourd'hui un paysage agricole harmonieux de champs, de routes, de canaux, de digues et d’établissements.

Le polder a été aménagé selon un plan géométrique rationalisé, élaboré selon les principes de planification classique et de la Renaissance. Cette division mathématique des terres était fondée sur un système de parcelles carrées formant des rectangles au ratio idéal de 2x3. Une série de parcelles oblongues, de 180 sur 900 mètres, forment le référentiel de base pour l’attribution des terres. Cinq de ces parcelles forment une unité, un module de 900 mètres par 900 mètres, et quatre de ces unités forment un carré plus grand. Le schéma des routes et des canaux traverse du Nord au Sud et d’Est en Ouest, avec des bâtiments le long des routes. Les côtés les plus courts des parcelles sont reliés par des canaux de drainage et des routes d'accès. Le polder lui-même suit le contour du lac, et l’orientation des parcelles correspond autant que possible à celle des anciennes rives du lac de manière à éviter la création de parcelles inutilisables.

Outre le plan en damier des routes, des canaux et des parcelles, le polder est constitué d'une digue circulaire, d’un canal périphérique (le Beemsterringvaart), et de routes quelque peu surélevées et bordées d’arbres. Plusieurs villages étaient prévus pour le polder qui sont aujourd’hui les villages de Middenbeemster, Noordbeemster, Westbeemster et Zuidoostbeemster. Les monuments protégés comprennent des édifices religieux, des bâtiments résidentiels et des fermes du XVIIe au XIXe siècles, des bâtiments industriels (un moulin, une forge, des bâtiments des autorités portuaires et des ponts) ainsi que cinq forts construits entre 1880 et 1920, qui faisaient partie de la ligne de défense d'Amsterdam (également un bien du patrimoine mondial).

La ferme à toit de cloche ou « stolpboederij », construite entre 1600 et 1640, est un archétype des fermes de la région, caractérisées par un toit surélevé qui se termine en pyramide. L’unité modulaire géométrique de la ferme, avec sa base carrée typique, correspond à la géométrie du polder.

Critère (i) : Le polder de Beemster est un chef-d'œuvre de planification créatrice dans lequel les idéaux de l'Antiquité et de la Renaissance furent appliqués à la conquête d’une terre.

Critère (ii): Le paysage innovateur et imaginatif du polder de Beemster a eu un impact profond et durable sur les projets de reconquête des terres en Europe et au-delà de ses frontières.

Critère (iv): La création du polder de Beemster marque une étape majeure dans la relation entre l'homme et l'eau à une période cruciale d’expansion économique et sociale.

Intégrité

Depuis son drainage en 1612, le polder de Beemster est une unité géographique et administrative indépendante. Il est toujours délimité par une digue continue, qui constitue également la limite de la commune de Beemster, et qui créé une unité indivisible contenant tous les éléments nécessaires pour préserver ses relations et son fonctionnement en tant que paysage agraire vivant.

Il a conservé son plan en damier et son arrangement rationnel, en particulier : le schéma de routes bordées d’arbres ; le plan des canaux, du canal périphérique et de la digue circulaire ; les dimensions des parcelles ; l’échelle des constructions ; l’emplacement et le style des fermes, et la structure historique des établissements. L'autoroute A7 a été intégrée dans le plan en damier de Beemster en étant construite parallèlement au Purmerenderweg qui fait partie du réseau routier originel parfaitement rectiligne.

Le paysage n'est pas resté totalement inchangé au fil du temps. Bien qu'un certain nombre de résidences de campagne aux jardins taillés aient survécu, une cinquantaine d’entre elles fut détruite aux XVIIIe et XIXe siècles et remplacée par des fermes. Des portails d'entrée monumentaux marquent l'emplacement de certaines de ces propriétés.

La méthode permettant de contrôler le niveau des eaux a évolué au cours du temps. Vers la fin du XIXe siècle, trois stations de pompage à vapeur ont remplacé une quarantaine de moulins à vent installés au moment de la construction. La vapeur a ensuite fait place au diesel et les deux stations de pompage qui restent sont maintenant entièrement automatiques et électriques.

On n’a identifié aucune menace spécifique sur le bien, et le développement est réglementé. Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, ont été réduites depuis 1932, lorsque l'ancien Zuiderzee (aujourd'hui IJsselmeer) a été fermé depuis la mer des Wadden, avec la construction de l’Afsluitdijk (digue de fermeture). L'activité touristique ne constitue pas une menace pour le bien.

Authenticité

Il n'y a pas eu de changement majeur dans la conception intellectuelle et architecturale qui sous-tend la structure de planification du polder de Beemster depuis sa construction. Les caractéristiques-clés du design, concernant les dimensions et la répartition des parcelles, sont restées intactes. Il s'agit notamment de la disposition des canaux et des routes bordées d’arbres, de la digue circulaire et du canal périphérique, de la structure historique et de l'emplacement des villages, et du développement linéaire des exploitations agricoles le long des routes. Cette continuité est illustrée par la gravure cartographique sur cuivre de Balthasar Florisz van Berkenrode (1643/44) qui correspond presque parfaitement à la configuration actuelle des routes principales, des voies d'eau et des parcelles. L’espace visuel et l'ouverture caractéristiques du paysage sont reconnaissables depuis presque partout, et l'utilisation agricole fonctionnelle du polder se poursuit. Conçu initialement pour la production céréalière, le polder a progressivement été utilisé comme pâturage et sert aujourd’hui principalement à la production laitière, l'horticulture sous serre, la culture d’arbres fruitiers et la production de plantes à bulbes.

Les matériaux traditionnels comme la brique et le bois sont encore utilisés. En outre, les residences ont garde leur aspect original, par exemple en respectant l’inclinaison traditionnelle des toitures.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les différents biens dans la zone de 7.208 ha sont sous divers régimes de propriété publique ou privée. La conservation relève de la responsabilité conjointe des autorités nationales, provinciales et municipales, ainsi que de l'Agence de l’eau.

Le gouvernement national est responsable de la protection des monuments et des zones de conservation (ville et paysages urbains), ainsi que l’octroi de fonds pour la maintenance architecturale régulière des monuments protégés par l’État. Le village historique de Middenbeemster a été classé zone de conservation protégée en 1985. La plupart des autres fermes et résidences, par exemple les fermes historiques « stolpboerderij », comptent parmi les 89 monuments protégés par l'État en vertu de la Loi sur des monuments et des bâtiments historiques de 1988.

Les cinq forts sont protégés par la province de Noord-Holland (le Fort de Spijkerboor, le Fort de Jisperweg, le Fort de Middenweg, le Fort de Nekkerweg et le Fort au Nord de Purmerend). Le polder de Beemster n’a pas de zone tampon.

En 2011, le gouvernement néerlandais a adopté la stratégie de politique nationale pour les infrastructures et l'aménagement du territoire (SVIR). Cette politique est entrée en vigueur en 2012 et assure la maintenance des biens du patrimoine mondial dans le cadre de l’aménagement du territoire des Pays-Bas. En conformité avec cette politique nationale, un régime de conservation spécifique sur la base de la Loi sur l'aménagement du territoire néerlandais (Wro) a été adopté pour le polder de Beemster par le Décret instituant les règles générales d’aménagement du territoire (Barro). Ce régime implique des règles juridiquement contraignantes qui donnent instruction aux provinces de s’assurer du maintien des caractères des biens du patrimoine mondial dans les plans locaux d’urbanisme.

La Municipalité de Beemster et l'agence de l’Eau Noorderkwartier Hollands sont, en tant que propriétaires du site, conjointement responsables de la préservation, de la protection et du maintien des caractéristiques exceptionnelles du polder de Beemster ; ils doivent également en assurer l’accès afin que le public puisse profiter de la région. Un accord administratif de coopération a été établi en 2011. Par la suite, un plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial a été établi, de paire avec l’élaboration d’un Programme stratégique structurel, de plans locaux d’urbanisme et d’un Programme pour la zone municipale (Omgevingsnota). Le plan de gestion est mis à jour régulièrement.

L’agence de l’Eau Noorderkwartier Hollands (Hoogheemraadschap Hollands Noorderkwartier) est responsable des canaux, de la rétention des eaux et des plantations sur les accotements.

La Municipalité de Beemster a élaboré un nouveau schéma de zonage en 2012. Il reflète une politique globale de développement pour le polder, tenant compte de ses attributs et de son identité spécifique. Cette politique constitue le cadre pour la prise de décisions visant à équilibrer les qualités patrimoniales et les différents objectifs de développement. Les interventions en matière d'aménagement du territoire, résultant de l'évolution socio-économique, sont évaluées à la lumière du statut de patrimoine mondial du polder de Beemster. Des projets spécifiques visent à s’assurer que les principes de base et les résultats des politiques sont inclus dans les schémas de zonage, le Programme pour la zone municipale (Omgevingsnota), et le Programme structurel stratégique (Structuurvisie), afin que les nouveaux développements viennent renforcer les qualités du bien du patrimoine mondial.

Les anciennes résidences de campagne font l'objet de recherches archéologiques et patrimoniales, avec la possibilité de rendre à terme certains vestiges visibles à des fins éducatives.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The innovative and intellectually imaginative landscape of the Beemster Polder had a profound and lasting impact on reclamation projects in Europe and beyond. The creation of the polder marks a major step forward in the interrelationship between humankind and water at a crucial period of social and economic expansion.

Lagoons and deltas take up the greater part of Dutch land. Over the centuries this land was made habitable by means of land reclamation and protection against the water. Of the 3.4 million hectares that now constitute the Netherlands, a third is below sea level. If no dykes had been constructed and if there were no drainage of excess water, 65% of the country of today would be under water.

The northern coastal area of the Kop van Noord-Holland and along the Wadden Sea was once an interconnected series of mud-flats that extended to south-western Denmark. The earliest habitation was on knolls, which offered protection from the water before sea walls and dykes had been constructed. The need to 'create' new land arose from the damage caused by continual flooding, with the added bonus of obtaining excellent agricultural land. Five factors influenced the process of land reclamation: the availability of capital for investment, stable political and economic relationships, and the availability of technical means, entrepreneurial spirit, and good prices for farmland.

The battle against the water began in the northern part of Noord-Holland, in the area situated above the former open waters of the IJ (Hollands Noorderkwartier), by keeping out the seawater. From the 16th century onwards efforts were geared towards draining lakes and ponds situated further inland. Land reclamation took place by draining the big lakes, particularly in the northern part of Holland. This process was made possible by the drastic improvement in pumping and draining technology using windmills driving waterwheels. From the end of the Middle Ages the entire north of the IJ was enclosed within a ring of dykes; however, considerable areas of water survived within the individual polders and the centre of the region was still occupied by the large Schermer, Purmer, and Beemster lakes.

Wind power was used to drain the polders as early as the 15th century, through the use of wind-driven water-pumping mills. The development of the revolving cap on windmills made it possible to drain the larger lakes. From the beginning of the 17th century onwards it became possible to drain large bodies of water, such as the Beemster, by using networks of three or four windmills. The initiative to drain the water of the Beemster was taken by a number of wealthy regents and merchants from Amsterdam and a number of high-ranking civil servants in The Hague.

In 1608 the dyke section between Purmerend and Neck was subcontracted, as was the drainage canal to the Zuyder Zee. In that same year a start was made on laying out the canals and roads to prepare for the allotment of land. Within the allotments the owners would be allowed to dig as many canals and ditches as they saw fit. The blocks between the roads are divided by canals into four blocks of about 85 ha. It was finally decided to divide the land into five allotments. The allotments were made in 'packages'; the value of each package compared to the others would be the same, as poor soil was compensated by good. Shovels and pickaxes were used in the basic engineering works; the foundations for sluices and windmills were sunk using manual pile-driving installations operated by 30-40 people. Reclamation was effected by means of windmills; reclamation of the Beemster took place with the construction of fifteen windmill networks.

The polder finally became a reality on 19 May 1612, and the plots of land were allotted. The bye-law of 1616 includes conditions on 'plants and trees'. This created an 'ideal' landscape from 1620 onwards with the planting of the lanes with trees. First only the northern and western side of the roads were planted, so that the heat of the sun could dry the roads, which were still waterlogged. After conversion from drainage by wind to steam power in the 1800s, water was discharged into the belt canal by three pumping stations. In the 20th century these were converted to diesel power, and now drainage is carried out by the fully automated electric pumping station.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Lagunes et deltas occupent la plus grande partie des Pays-Bas. Au cours des siècles, ces terres basses ont été rendues habitables grâce à la conquête de territoires et la protection contre les eaux. Un tiers des 3,4 millions d'hectares qui composent actuellement les Pays-Bas est situé en dessous du niveau de la mer. Sans la construction de digues et le drainage de l'eau excédentaire, 65% de la superficie des Pays-Bas seraient aujourd'hui immergés.

La région littorale nord de la péninsule de la Hollande-Septentrionale et de la mer des Wadden était autrefois constituée d'une succession de terres basses et marécageuses qui s'étendaient jusqu'au sud-ouest du Danemark. Les premières habitations furent construites sur des tertres qui offraient une protection contre les eaux, et cela avant que soient construits des murs et des digues. La « création » de nouveaux territoires résulte de la nécessité de lutter contre les inondations incessantes et fournit de surcroît d'excellentes terres agricoles.

Les facteurs ayant influencé le processus de la conquête de territoires sont au nombre de cinq : la disponibilité de capitaux à investir, un climat politique et économique stable, l'existence de moyens techniques, l'esprit d'entreprise et le bon prix des terres arables.

La lutte contre les eaux a commencé dans le nord de la Hollande-Septentrionale, dans la zone située au-delà des eaux autrefois libres de l'IJ, en l'isolant de la mer. A partir du XVIe siècle, tous les efforts tendent à éliminer l'eau des lacs et des marais situés à l'intérieur de cette limite. La conquête des terres a été réalisée par le drainage des grands lacs, en particulier dans le nord de la Hollande. Ce processus a été rendu possible par l'amélioration radicale des techniques de pompage et de drainage qui utilisaient le moulin à vent et la roue hydraulique. A partir de la fin du Moyen Age, toute la partie nord de l'IJ (Hollands Noorderkwartier) était fermée par un ensemble de digues. Toutefois, de vastes étendues d'eau subsistaient à l'intérieur de chacun des polders et le centre de la région était encore occupé par les grands lacs de Schermer, Purmer et Beemster. Il devint possible de conquérir davantage de terres avec la mise au point de digues comportant des vannes de régulation et des écluses. Ces aménagements sont parfois appelés les travaux du delta des XVIIe et XVIIIe siècles.

Dès le XVe siècle on utilisa la force du vent pour drainer les polders à l'aide des moulins à vent qui actionnent les pompe à eau. Au XVIe siècle, les améliorations techniques apportées aux moulins permirent le drainage de lacs plus grands. A partir du début du XVIIe siècle, il devint possible de drainer de grandes étendues d'eau comme le Beemster, en utilisant trois ou quatre moulins à vent en chaîne. L'invention de ce procédé est attribuée à Simon Stevin (1548-1620).

L'initiative de drainer l'eau du Beemster revient à plusieurs administrateurs prospères et riches marchands de la ville d'Amsterdam et à un certain nombre de hauts fonctionnaires de La Haye. En 1607 un droit d'exploitation fut accordé par le gouvernement des Provinces-Unies à seize personnes qui fondèrent la Beemstercompagnie chargée de réunir le capital nécessaire. Le droit d'exploitation fait mention de "travailler de manière à transformer des étendues d'eau en terres (arables)" Au total, 123 investisseurs bénéficièrent d'un retour sur investissement de 17% à l'achèvement du polder en 1612.

Avant le début les travaux, une carte du Beemster et de ses environs fut dressée par l'ingénieur Pieter Cornelisz Cort de Alkmaar, afin de déterminer les possibles conséquences de la construction de digues et de définir la manière de drainer le Beemster lui-même. Cort décéda en 1608 et son successeur, Lucas Jansz. Sinck, géomètre à Amsterdam, dessina la première partie de la digue du polder de Beemster. En 1608, la construction de la digue entre Purmerend et Neck fut confiée à une entreprise, de même que le creusement du canal de drainage jusqu'au Zuiderzee.

En 1611 Sinck fut chargé de tracer les routes et les canaux. La même année, les travaux de construction de ces derniers commencèrent et on délimita les parcelles. Sur chacune d'elles, les propriétaires auraient le droit de creuser autant de canaux et de fossés qu'ils jugeraient nécessaire. Les terrains compris entre chaque route devaient avoir une superficie de 400 morgen, être divisés par des canaux en quatre unités de 100 morgen (1 morgen = 0.85ha). Il fut finalement décidé de diviser la terre en cinq parcelles qui, réunies, constitueraient des unités de valeur équivalente, car les sols pauvres seraient compensés par d'autres plus riches.

Les travaux de gros oeuvre furent effectués à la pelle et à la pioche. Les pieux des fondations destinées à recevoir les écluses et les moulins à vents étaient enfoncés à l'aide de dispositifs manuels manoeuvrés par 30 à 40 personnes. L'assèchement des terres se faisait au moyen des moulins à vent. Celui du Beemster nécessita la construction d'une série de quinze moulins à vent.

Le polder devint une réalité le 19 mai 1612 et en août 1612 les parcelles de terres étaient attribuées. Un arrêté municipal de 1616 précise les conditions de plantation des arbres et haies. Ainsi était créé à partir de 1620 un paysage « idéal » avec des routes bordées d'arbres. Au début, seuls les côtés nord et ouest devaient être plantés afin de permettre au soleil de sécher les routes encore détrempées.

Vers la fin du XIXe siècle, les pompes à vapeur remplacent les moulins à vent et l'eau est refoulée vers le canal périphérique par trois stations de pompage. Au XXe siècle, la vapeur fait place au diesel. Le Beemster est maintenant drainé par la station de pompage électrique entièrement automatique de Wouter Sluis sur le Westdijk (Middensloot) et par la station de pompage au diesel Jacobus Bouman sur l'Oostdijk (Oosthuizersloot).

Source : évaluation des Organisations consultatives