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Parc national historique et culturel de l’« Ancienne Merv »

State Historical and Cultural Park “Ancient Merv”

Merv is the oldest and best-preserved of the oasis-cities along the Silk Route in Central Asia. The remains in this vast oasis span 4,000 years of human history. A number of monuments are still visible, particularly from the last two millennia.

Parc national historique et culturel de l’« Ancienne Merv »

Merv est la plus ancienne et la mieux préservée des cités-oasis le long de la Route de la soie en Asie centrale. Les vestiges de cette vaste oasis couvrent quatre milliers d'années d'histoire humaine, et un certain nombre de monuments, particulièrement des deux derniers millénaires, restent visibles.

المنتزه الوطني التاريخي والثقافي في مدينة مرو القديمة

تعد مرو أقدم المدن الواحات واكثرها سلامة. وقد شُيدت على طريق الحرير في آسيا الوسطى، وتغطي آثار هذه الواحة الشاسعة 4 آلاف سنة من التاريخ البشري. ويمكن التعرف فيها الى عدد من النصب المتبقية ولا سيما تلك العائدة منها الى الألفيتين الأخيرتين.

source: UNESCO/ERI

梅尔夫历史与文化公园

梅尔夫是中亚地区丝绸之路沿线最古老、保存最完好的绿洲城市。这片宽阔的绿洲横跨了4000年的人类历史,至今仍保留着许多纪念性的建筑,尤其是过去2000年来的建筑。

source: UNESCO/ERI

Государственный историко-культурный парк Древний Мерв

Древний Мерв – это старейший среднеазиатский город, располагавшийся на Великом Шелковом пути. История этого обширного оазиса насчитывает 4 тыс. лет. До наших дней дошел целый ряд памятников Мерва, причем наиболее хорошо сохранились объекты, относящиеся к двум последним тысячелетиям.

source: UNESCO/ERI

Parque Nacional Histórico y Cultural de la Antigua Merv

Merv es la más antigua y la mejor conservada de las ciudades-oasis que jalonaban la ruta de la seda en el Asia Central. Sus vestigios son testigos de 4.000 años de historia y, entre ellos, se pueden ver todavía algunos monumentos construidos en los dos últimos milenios.

source: UNESCO/ERI

国立歴史文化公園”古代メルフ”

source: NFUAJ

Historisch en cultureel staatspark ‘Oud Merv’

Merv is de oudste en best bewaard gebleven oasestad langs de Zijderoute in Centraal Azië. De overblijfselen in deze uitgestrekte oase omvatten 4000 jaar menselijke geschiedenis. Het historische stadscentrum van Merv bestaat uit een reeks aangrenzende ommuurde steden. Erk Kala (20 hectare) is een ommuurde waterburcht met een interne citadel. Gyaur Kala is bijna vierkant met muren die ongeveer 2 kilometer lang zijn. Binnenin zijn de Beni Makhan-moskee met z'n waterbak, een boeddhistische stoepa en klooster en het 'Ovale Gebouw' te vinden. Binnen de muren van Sultan Kala ligt het Mausoleum van Sultan Sanjar (1118-1157), dat oorspronkelijk deel uitmaakte van een groot religieus complex.

Source : unesco.nl

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Parc national historique et culturel de l’« Ancienne Merv » © Nomination File
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Situé dans la province de Mary, au Turkménistan, le parc national historique et culturel de l'« Ancienne Merv » abrite la plus ancienne et la mieux préservée des cités oasis le long des  Routes de la soie, en Asie centrale. Il est situé dans le territoire de Marie velayat du Turkménistan

Dès le IIIe millénaire avant J.-C., elle a hébergé une série de centres urbains et joué un rôle important dans l'histoire de l'Orient, lié à l'existence incomparable du paysage culturel et de l'exceptionnelle variété des cultures qui se sont développées successivement et ont multiplié leurs échanges au sein de cet oasis du Mourgab. La cité a atteint son apogée à l'époque musulmane, devenant une des capitales du califat arabe au début du IXe siècle, puis, aux XIe - XIIe siècles, la capitale de l'empire des Grands Seldjoukides.

L'« Ancienne Merv » est aujourd'hui un vaste parc archéologique abritant les vestiges de centres de l'âge du Bronze (2500-1200 avant J.-C.) comme Kelleli, Adji Kui, Taip, Gonur et Togoluk, de centres de l'âge du Fer (1200-300 avant J.-C.) comme Yaz/Göbekli Depe et Takhirbaj Depe, ainsi que le centre urbain historique et la cité post-médiévale d'Abdullah Khan Kala. Le bien inscrit couvre une superficie de 353 ha, avec une zone tampon de 883 ha.

Le centre urbain historique se compose d'une série de cités fortifiées adjacentes : Erk Kala, Gyaur Kala et la cité médiévale de Sultan Kala, également appelée Marv al-Chahijan. Erk Kala (20 ha) est un site polygonal entouré de murailles et de fossés, dont des murailles subsistant encore sur quelque 30 mètres de long, et qui compte également une citadelle intérieure. Gyaur Kala est de plan approximativement carré, avec des murs atteignant environ 2 km de long. À l'intérieur subsistent les vestiges de plusieurs structures importantes : la mosquée centrale Beni Makhan et sa citerne, le stupa et le monastère bouddhistes, et l'« édifice ovale », qui se compose d'une série de pièces autour d'une cour, sur une plate-forme surélevée. Sultan Kala la médiévale a été fortifiée au XIe siècle, avec son mausolée du sultan Sanjar (1118-57) qui faisait à l'origine partie d'un grand complexe religieux. Les détails élaborés du mausolée, tels que l'élégant briquetage, le stuc sculpté et les peintures murales intactes, en font l'une des plus remarquables prouesses architecturales de la période seldjoukide. Les murailles (12 km) de la cité médiévale et celles de la citadelle (Chahriyar Ark) sont uniques ; elles illustrent deux périodes consécutives d'architecture militaire des XIe – XIIIe siècles, dont des tours, des poternes, des escaliers, des galeries et, à certains endroits, des créneaux. En sus de ces éléments urbains principaux, on dénombre plusieurs importants monuments médiévaux dans leur voisinage immédiat, tels que le mausolée de Muhammad ibn Zayd.

Les murailles de la cité postmédiévale sont d'un intérêt exceptionnel, car elles permettent de suivre de façon remarquable l'évolution de l'architecture militaire du Ve siècle avant J.-C. aux XVe – XVIe siècles après J.-C.

L'oasis abrite aussi des monuments majeurs appartenant à différentes périodes historiques. On peut notamment mentionner les köchks, un des traits architecturaux les plus caractéristiques de l'oasis, les forteresses, ainsi que beaucoup de splendides mosquées et mausolées.

Critère (ii) : Les villes de l'oasis de Merv ont exercé une influence considérable sur les cultures d'Asie centrale et d'Iran depuis quatre millénaires. La ville seldjoukide, en particulier, a influencé l'architecture et la décoration architecturale, ainsi que le développement scientifique et culturel.

Critère (iii) : La séquence des cités de l'oasis de Merv, leurs fortifications et leur paysage urbain sont des témoins exceptionnels des civilisations d'Asie centrale sur plusieurs millénaires.

Intégrité

Tous les éléments nécessaires à l'expression des valeurs du parc national historique et culturel de l'« Ancienne Merv » sont inclus à l'intérieur des limites du bien du patrimoine mondial et de sa zone tampon, qui assurent la représentation complète de son importance en tant que site architectural et culturel.

L'Ancienne Merv constitue un ensemble de sites construits à différentes époques suivant l'évolution du lit du Mourgab, qui s'est progressivement déplacé d'est en ouest. Des sites nouveaux ont été construits, tandis que les précédents étaient définitivement abandonnés, devenant de précieux « gardiens de la mémoire ». Les différentes couches archéologiques n'ont pas été recouvertes lors de ces évolutions successives, si bien que les ruines des bâtiments massifs en terre conservent leurs caractéristiques structurales originelles, qui n'ont subi ni reconstruction ni altération.

Les actions de conservation mises en œuvre sur le bien ont été axées sur les conditions actuelles, et notamment les menaces que pourraient faire peser des modifications d'origine anthropogénique introduites dans le paysage, ou l'influence de facteurs naturels tels que l'affaissement, la montée des eaux souterraines et, avec elle, la salinisation des constructions en terre. 

 

Authenticité

Il est difficile de généraliser sur l'authenticité d'un bien aussi vaste et complexe que le parc national historique et culturel de l'« Ancienne Merv ». Les sites archéologiques sont restés relativement intacts ; leur authenticité est donc irréprochable. Les interventions de restauration et de conservation sur certaines des structures islamiques au cours du XXe siècle n'ont pas suivi les principes de conservation actuels, quoiqu'on puisse arguer qu'elles ont joué un rôle essentiel dans la stabilisation et la continuité de ces monuments « vivants ». Elles ont en outre été bien documentées, et il est possible de revenir en arrière si besoin est. Dans tous les cas, elles ne représentent qu'une minuscule partie de la totalité de ce paysage ancien et de ses monuments. Les politiques de conservation du bien devront réfléchir à des lignes directrices répondant aux normes de conservation en vigueur, afin de prévenir les impacts potentiels sur l'authenticité des composantes du bien. 

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le parc national historique et culturel de l'« Ancienne Merv » a été créé par décret en 1987, et il est également couvert, au niveau national, par les dispositions de la loi de 1992 sur la protection des monuments historiques et culturels du Turkménistan. Le parc est la propriété de la République du Turkménistan et toutes ses composantes ont été incluses dans la Liste du patrimoine national.

L'inscription sur la Liste du patrimoine national implique que toute action envisagée à l'intérieur ou à l'extérieur d'un site du patrimoine national ou du patrimoine mondial et susceptible d'avoir un impact non négligeable sur les valeurs du patrimoine est interdite sans l'autorisation de l'organe gouvernemental agréé. Un accord de protection garantissant l'inviolabilité des monuments et le maintien des conditions relatives aux activités économiques et aux constructions nouvelles à l'intérieur des limites de la zone tampon a été conclu entre l'administration du parc et les autorités locales. Les fouilles archéologiques effectuées dans les limites du parc sont soumises à l'autorisation officielle du Ministère de la culture.

Le système de gestion global du bien est approprié et associe à la fois les organes administratifs gouvernementaux et les communautés locales, mais il conviendra de mieux développer les programmes relatifs à la durabilité du paysage qui respectent l'agriculture et les traditions agricoles locales.

L'état de conservation actuel est bon. Le bien est entretenu et préservé au moyen de programmes réguliers et rigoureux de réparation et de conservation.

Le plan de gestion du parc national historique et culturel de l'« Ancienne Merv », actuellement en place, tient compte d'un large éventail de mesures prévues par la législation et les politiques de planification et de préservation du patrimoine du gouvernement du Turkménistan. Le plan de gestion fournit le cadre stratégique pour la conservation et la gestion de l'« Ancienne Merv » et il est prévu de l'actualiser tous les six ans.

Pour ce qui est des mesures de gestion à long terme, l'état du bien exige une gestion équilibrée des activités de conservation, et il convient d'assurer la transmission des techniques de conservation tant traditionnelles que modernes à travers les générations. Une préoccupation à long terme sera aussi la gestion des pressions importantes exercées par les activités touristiques et la croissance urbaine.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The sequence of the cities of the Merv oasis, their fortifications and their urban layouts bear exceptional testimony to the civilizations of Central Asia over several millennia. They exerted considerable influence over the cultures of Central Asia and Iran for four millennia. The Seljuk city in particular influenced architecture and architectural decoration and scientific and cultural development.

The oasis of Merv in the Karakum Desert, at the crossing point of the Amu Darya on the main east-west route to Bukhara and Samarkand, has supported a series of urban centres since the 3rd millennium BC. The earliest Bronze Age centres (c . 2500-1200 BC) were located in the north of the oasis. With the development of more advanced irrigation techniques, the centres moved further south and east of the oasis. It consisted of a series of adjacent walled cities.

The oasis formed part of the empire of Alexander the Great. The Seleucid king Antiochus I Soter (281-261 BC) rebuilt it and named it Margiana Antiochia; it is identified with Erk Kala and Gyaur Kala. Islam became dominant with the death of the last Sassanian king, Yazdigird III, in 651.

The medieval city of the Seljuks developed to the west of Gyaur Kala. It was walled by Sultan Malikshah. The city was the capital of the Great Seljuk Empire, and was one of the principal cities of its time. Its famous libraries attracted scholars from all over the Islamic world. In 1221-22, when it was sacked by the Mongols, and in the 16th century, Merv came under the domination of the Uzbek Turks, and a century later it was incorporated into the Persian Empire. An increase in population in the 18th century led to the creation of a fortified extension, known as Bairam Ala Khan Kala, now mostly ruined.

The five earliest settlements, in the northern part of the oasis, are Kelleli, Adji Kui, Taip, Gonur, and Togoluk. Kelleli is an area of settlement with two major sites: Kelleli 3, which has a double external wall with towers flanking four symmetrical entrances and an area of houses that has been cleared in the south-western sector, and Kelleli 4, which also has a double outer wall with towers. Both sites are poorly preserved, but they contain important evidence of middle Bronze Age Margiana. Adji Kui is from the same period.

Taip is constituted of two close but distinct mounds consist of a walled square area with a large courtyard building in the south. The largest and well-preserved site in the Murghab delta is Gonur Depe. The Toguluk area was densely occupied during the Bronze Age. Excavations have revealed the remains of several large fortified buildings.

Two Iron Age centres are Yaz/Gobekli Depes and Takhirbaj Depe. Takhirbaj Depe is the most prominent site in the whole area. Yaz Depe is of special importance for the fact that it has produced abundant ceramic finds that provide the basic typology for the period. Nearby is the well-preserved Partho-Sassanian rectangular fortress of Gobekli.

The historic urban centre consists of three principal elements: Erk Kala, Gyaur Kala, and the medieval city of Sultan Kala or Marv al-Shahijan. Erk Kala is a walled and moated polygonal site with walls surviving to some 30 m and an internal citadel. Gyaur Kala is roughly square in plan, with walls about 2 km long. In the interior are the remains of a number of important structures: the central Beni Makhan mosque and its cistern, the Buddhist stupa and monastery, the 'Oval Building' in the north-west quarter. Sultan Kala was walled in the 11th century, with its Mausoleum of Sultan Sanjar and the unique walls of the medieval city and of the citadel.

The walls and moat of the 15th century, but only a few walls of the palace, that survive in the citadel, are of exceptional interest in that they continue the remarkable continuous record of the evolution of military architecture from the 5th century BC to the 15th-16th centuries AD. There are many fine mosques and mausolea from this period in the oasis.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

L'oasis de Merv, dans le désert du Karakoum, héberge depuis le IIIe millénaire avant J.-C. toute une série de centres urbains. Les plus anciens centres, datant de l'âge du Bronze (2500-1200 avant J.-C., approximativement), étaient situés au nord de l'oasis, où le cours du Mourgab affleurait à la surface et pouvait aisément être mis à profit. Au fur et à mesure que se développaient des techniques d'irrigation plus avancées, les centres se déplaçaient vers le sud ; on trouve dans cette région d'importants sites du premier âge du Fer.

Le centre historique urbain se développa aux alentours de 500 avant J.-C. à l'est de l'oasis, emplacement de prédilection pour tirer avantage des routes vers l'Orient. Il se compose d'une série de cités fortifiées adjacentes, qui couvre plus de 1 200 hectares. L'existence de la plus ancienne, Erk Kala, est déjà attestée par des sources écrites de la période achéménide (519-331 avant J.-C.), et plus particulièrement par la fameuse inscription trilingue de Darius le Grand à Bisitun, dans l'Ouest de l'Iran.

L'oasis faisait partie de l'empire d'Alexandre le Grand et Pline l'Ancien suggère, dans son Histoire naturelle (VI, 16-17) que la cité hellénique fut fondée par Alexandre lui-même. Le roi séleucide Antiochos Ier Sôter (281-261 avant J.-C.) la reconstruisit et la baptisa Margiana Antiochia ; elle est identifiée à Erk Kala et à Gyaur Kala. Elle fut occupée pendant quelques 1 500 ans, pendant l'intégralité des périodes parthe et sassanide et au début de la période islamique. Selon certains, des soldats grecs et romains, survivants de l'écrasante victoire des Parthes sur les Romains à Carrhes en 53 avant J.-C., pourraient s'être installés à Margiana. L'islam devint dominant avec la mort du dernier roi sassanide, Yazdgard III, en 651. Toutefois, du VIIIe au Xe siècle, Merv ne fut guère plus qu'une zone industrielle, même si la mosquée centrale resta fréquentée jusqu'aux XIe - XIIe siècles.

La cité médiévale des Seldjoukides se développa à l'ouest de Gyaur Kala, la remplaçant en tant que centre urbain au fur et à mesure que cette dernière déclinait. Le sultan Malikchah (1072-1092) la fortifia, et d'autres développements urbains au nord et au sud furent également fortifiés par le sultan Sanjar (1118-1157). La cité, qui s'étendait sur plus de 600 hectares, était la capitale du grand empire seldjoukide (XI - XIIIe siècles), et l'une des principales villes de son époque. Ses célèbres bibliothèques attirèrent des érudits des quatre coins du monde islamique, notamment l'astronome et poète Umar Khayyâm et le géographe Yâqût al-Hamavi.

Ce brillant épanouissement prit brutalement fin en 1221-1222 : la ville fut mise à sac par les Mongols, qui massacrèrent une grande partie de sa population et détruisirent le complexe système d'irrigation. Elle survécut sous une forme très diminuée, en tant que partie de l'empire de Timour (1370-1405). La nouvelle ville, beaucoup plus petite et connue aujourd'hui sous le nom d'Abdullah Khan Kala, fut construite sur un autre site au sud par le successeur de Timur, le shâh Ruhk (1408-1447).

Au XVIe siècle, Merv tomba sous le joug des Ouzbeks, qui régnèrent depuis Boukhara, et, un siècle plus tard, fut intégrée à l'empire perse. Au XVIIIe siècle, l'essor démographique entraîna la création d'une extension fortifiée, connue sous le nom de Bairam Ala Khan Kala, aujourd'hui quasiment totalement en ruines.

Source : évaluation des Organisations consultatives