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Fort de Samaipata

Fuerte de Samaipata

The archaeological site of Samaipata consists of two parts: the hill with its many carvings, believed to have been the ceremonial centre of the old town (14th–16th centuries), and the area to the south of the hill, which formed the administrative and residential district. The huge sculptured rock, dominating the town below, is a unique testimony to pre-Hispanic traditions and beliefs, and has no parallel anywhere in the Americas.

Fort de Samaipata

Le site archéologique de Samaipata comprend deux éléments : la colline, qui, avec ses nombreuses gravures, semble avoir constitué le centre cérémoniel de la ville ancienne (XIVe-XVIe siècle), et la zone au sud de la colline, qui formait le quartier administratif et résidentiel. L’énorme rocher sculpté de Samaipata, qui domine la ville située en contrebas, constitue un témoignage unique des traditions et croyances préhispaniques, sans égal sur tout le continent américain.

قلعة ساماي باتا

يتألف موقع ساماي باتا الأثري من عنصرين أساسيين هما: التلّة التي يبدو من خلال نقوشاتها العديدة أنّها شكّلت المركز الرسمي للمدينة القديمة (بين القرن الرابع عشر والسادس عشر)، والمنطقة الواقعة جنوب التلة والتي كانت تمثّل الحي الإداري والسكني للمدينة. وتُعدّ هذه الصخرة الضخمة المحفورة التي تطلّ على المدينة الجاثمة في أسفلها خير شهادة على التقاليد والمعتقدات الشائعة ما قبل الغزو الإسباني والتي لا مثيل في كافة أرجاء القارة الأميركية.

source: UNESCO/ERI

萨迈帕塔考古遗址

萨迈帕塔考古遗址由两部分组成:一部分是一座小山丘,山上有许多雕刻,被认为是14世纪到16世纪当地古镇举行仪式的中心;另一部分位于小山丘南面,是当时的行政和住宅区。一块巨型雕刻石块占据了小镇下方的大部分面积,是古拉丁美洲文化传统和信仰的唯一见证,在美洲再无可与之媲美之石刻。

source: UNESCO/ERI

Археологический памятник Фуэрте-де-Самайпата

Археологический памятник Самайпата состоит из двух частей: холма с многочисленными наскальными резными орнаментами, вероятно, бывшим церемониальным центром древнего города (XIV-XVI вв.), и территории к югу от холма, представлявшей административный и жилой район. Огромный холм, возвышающийся над расположенными внизу руинами, служит редчайшим напоминанием о доиспанских традициях и верованиях, не имеющим аналогов в Америке.

source: UNESCO/ERI

Fuerte de Samaipata

El sitio arqueológico de Samaipata consta de dos partes: el cerro, que posee numerosos grabados rupestres y fue probablemente el centro ceremonial de la antigua ciudad durante los siglos XIV a XVI; y la zona situada al sur del cerro, donde se hallaban los edificios administrativos y las viviendas. La gigantesca roca esculpida que domina la ciudad desde lo alto es un testimonio, único en su género, de las tradiciones y creencias prehispí¡nicas y no tiene parangón en toda América.

source: UNESCO/ERI

サマイパタの砦

source: NFUAJ

Fuerte de Samaipata

Het archeologische gebied van Samaipata bestaat uit twee delen: de heuvel met zijn vele kervingen - dit zou het ceremoniële centrum van de oude stad in de 14e tot 16e eeuw zijn geweest - en het terrein ten zuiden van de heuvel dat het bestuurlijke en woongebied vormden. Het gebied werd 300 na Christus gebruikt als een ritueel en residentieel centrum door mensen van de Mojocoyas cultuur. Rond deze tijd werd ook begonnen met de vorming van de enorme gebeeldhouwde rots die de stad eronder domineert. De rots getuigt van pre-Spaanse tradities en overtuigingen en in de Amerika's is er geen parallel van te vinden.

Source : unesco.nl

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Fort de Samaipata © OUR PLACE
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Situé dans la province de Florida, dans le département de Santa Cruz, le site archéologique du Fort de Samaipata comprend deux éléments clairement identifiés : la colline, qui, avec ses nombreuses gravures, semble avoir constitué le centre cérémoniel, et la zone au sud de la colline, qui formait le quartier administratif et résidentiel et celui de l’administration politique. Le lieu a été occupé et utilisé comme centre rituel et résidentiel par des membres de la culture mojocoya dès 300 apr. J.-C., et c’est à cette époque que ses habitants commencèrent à y sculpter les rochers. Les Incas, qui l’occupèrent au XIVe siècle, en firent une capitale provinciale. Cela a été confirmé par les vestiges mis au jour lors des fouilles : la large place centrale bordée par ses monuments publics et l’aménagement de terrasses agricoles sur les collines environnantes sont des traits caractéristiques de ce type d’habitat inca. La ville était alors un bastion contre les incursions des belliqueux Chiriguanos qui occupaient la région du Chaco vers 1520. L’emplacement stratégique du site, qui avait séduit les Incas, attira également les Espagnols. Les mines d’argent du Cerro Rico de Potosí commencèrent à être exploitées en 1545, et l’implantation coloniale de Samaipata devint un important relais sur la route majeure menant d’Asunción et de Santa Cruz aux centres coloniaux des Hautes Andes, comme La Plata (maintenant dénommée Sucre), Cochabamba et Potosí. Avec la fondation de la ville nouvelle de Samaipata dans la vallée de la Purificación, l’ancienne implantation perdit toute importance militaire et fut désertée.

Le centre cérémoniel consiste en un énorme rocher monolithique de grès rougeâtre de 220 m de long sur environ 60 m de large, entièrement gravé de tout un ensemble d’animaux, formes géométriques, niches, canaux et récipients d’une grande importance religieuse. Tout cela a été réalisé par des graveurs et des sculpteurs de grand talent et possédant une grande maîtrise du matériau. Ce monument, dominant la ville en contrebas, est l’une des plus colossales œuvres cérémonielles précolombiennes des régions andines et amazoniennes de largo por 60 m de ancho aproximado, íntegramente esculpida con variedad de representaciones de animales, formas geométricas, hornacinas, canales, recipientes de gran significado religioso, ejecutados por especialistas artesanos, escultores, con gran maestría y dominio del material pétreo.Este monumento constituye una de la obras ceremoniales precolombinas más colosales del mundo andino y amazónico, testimonio del uso hidráulico, del culto a deidades y entes de la naturaleza representados en animales que se sacralizaban en ritos purificatorios y de fertilidad.et témoigne de connaissances en hydraulique, d’un culte des dieux et d’entités représentés dans la nature par des animaux sacrés lors de rituels de purification et de fertilité. C’est un témoignage unique des traditions et croyances préhispaniques, sans équivalent sur tout le continent américain. Les sculptures de la partie ouest comportent deux félins placés sur une base circulaire, seuls exemples de hauts-reliefs de tout le site. Les vestiges d’un mur en pierre de la période inca recoupent différentes sculptures, prouvant ainsi qu’elles lui sont antérieures. Parmi elles, on note deux tranchées parallèles, entre lesquelles et le long desquelles de plus petites saignées ont été creusées en zigzag, ce qui explique le nom local de cet aménagement, El Dorso de la Serpiente.

Sur le point le plus élevé se dresse le Coro de los Sacerdotes (Chœur des Prêtres), cercle profondément excavé et comportant des niches triangulaires et rectangulaires creusées dans ses parois. Un peu plus loin, vers l’est, se trouve une structure qui réprésente probablement une tête de felin. À l’origine, la majeure partie de la façade sud du rocher était dominée par une série d’au moins cinq temples ou sanctuaires, dont il ne reste que les niches pratiquées dans les parois. La Casa Colonial se dresse sur une plate-forme artificielle au pied du rocher. Des fouilles ont révélé à cet endroit la présence d’éléments incas et pré-incas, ce qui lui vaut le nom de Place des Trois Cultures. La maison de la période coloniale, dont seuls les murs inférieurs de pierre subsistent, est clairement de style arabo-andalou, avec sa cour centrale à ciel ouvert.

Le centre administratif et politique s’élève sur une série de trois plates-formes artificielles au sud du rocher. Il comprend un ensemble de structures architecturales El sector administrativo y político lo conforman una serie de estructuras arquitectónicas que corresponde a diferentes periodos de asentamientos culturales: el “Acallahuasi” o casa de las escogidas destinados a la vivienda de las mujeres cuya función era de realizar las vestimentas del Inca, a los sacrificios y rituales y ocupar lugar como esposas del Inca; la Kallanka recinto de uso militar de grandes dimensiones, la “Cancha” o área comercial basado en el intercambio de productos, el “Tambo” destinado a espacio de aprovisionamiento de armas, vestimenta y utensilios, complejos menores, terrazas de cultivos agrícolas, áreas de vigilancia y residenciales.correspondant aux différentes périodes de peuplements culturels : l’ Ajllahuasi (Maison des Élues), logement des femmes chargées de réaliser les vêtements de l’Inca, considérées comme ses épouses et souvent sacrifiées lors des rituels ; l’ensemble de la Kallanka, à usage militaire ; la « Cour », espace commercial pour l’échange de produits ; le Tambo, espace réservé pour entreposer les réserves d’armes, de vêtements et d’ustensiles ; et des espaces moins complexes servant aux cultures en terrasse, ainsi que des espaces résidentiels utilisés pour la surveillance.

Le site archéologique El sitio arqueológico de “El Fuerte” de Samaipata se constituye en un complejo artístico, arquitectónico y urbano único que testimonia de forma extraordinaria la existencia del desarrollo de culturas precolombinas en la región andino-amazónica con una  alta tradición  ceremonial y religiosa materializada de forma dramática en la colosal roca esculpida.du Fort de Samaipata constitue un ensemble artistique, architectural et urbain complexe qui témoigne à lui seul de l’existence du développement extraordinaire des cultures précolombiennes dans la région ando-amazonienne, avec ses importantes traditions cérémonielles et religieuses qu’incarne avec force l’énorme rocher taillé.

Critère (ii) : Le rocher sculpté de Samaipata forme la caractéristique cérémonielle dominante d’un établissement urbain qui représente l’apogée de ce type de centre religieux et politique préhispanique.

Critère (iii) : Samaipata constitue un témoignage exceptionnel de l’existence, dans cette région andine, d’une culture riche de traditions religieuses hautement élaborées illustrée de façon spectaculaire sous la forme d’immenses sculptures rupestres.

Intégrité

Le site archéologique du Fort de Samaipatapossède tous les élémentsincarnant la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le rocher, avec ses figures et motifs constituant un seul monument, ainsi que d’autres éléments archéologiques, sont dans un assez bon état de conservation et leur intégrité générale n’a pas été affectée par le développement d’autres cités et villes. Des facteurs environnementaux et l’usure due aux intempéries menacent cependant l’intégrité matérielle de l’ensemble. La roca con figuras y diseños tallados en una solo monumento lítico: hornacinas, canales, recipientes, diseños geométricos, asientos, representaciones de felinos, reptiles y aves, constituyen un conjunto escultórico en regular estado de conservación debido a haberse mantenido lejos del alcance de centros urbanos, y poblados que hubiesen incidido en su integridad, aunque sometido a procesos erosivos por los agentes atmosféricos y medioambientales debido a su intemperismo que aún la amenazan.

Authenticité

La El sitio es conocido y visitado desde el siglo XVIII por estudiosos y viajeros, posteriormente fue declarado monumento nacional en 1951 y su protección y mantenimiento se inicia con la creación del Centro de Investigaciones Arqueológicas de Samaipata CIAS en conservation des différentes caractéristiques architecturales, urbaines et authentiques des gravures rupestres témoigne de leur fonctionnalité, de leur beauté et de leur véritable signification religieuse. L’authenticité du site est de premier ordre car il a été déserté pendant des siècles et n’a fait que récemment l’objet de projets de fouilles scientifiquement contrôlées. Malgré le fait qu’il soit menacé et subisse des processus naturels de dégradation, il conserve ses attributs d’origine.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le site a été connu et visité par des savants et des voyageurs au XVIIIe siècle et a été plus tard classé monument national en vertu du décret suprême n° 2741 en 1951, selon les dispositions de la loi sur les monuments nationaux. Cela concernait 20 ha de la zone archéologique et environ 260 ha autour du site ont été légués à l’État par le propriétaire en 1997. L’ensemble de la zone est protégé par l’arrêté municipal n° 5/97 de la municipalité de Samaipata en tant que parc éco-archéologique. Par la suite, l’État bolivien a établi des réglementations en matière de conservation, protection et sauvegarde du Fort de Samaipata au niveau national, départemental et local. Les mesures législatives de protection suivantes visent à garantir le maintien du patrimoine culturel : Constitution de l’État bolivien, art. 191 ; loi sur les monuments nationaux n° 8/05/1927; D.S. Procédure complémentaire sur le patrimoine n° 05918-06/11/1961 ; et R.M. Règlement des fouilles n° 082/97-03/06/1997.

L’organisme chargé de la gestion du site est le gouvernement municipal de Samaipata, par le biais du Centre des fouilles archéologiques de Samaipata (CIAAS), créé en 1974 par le décret suprême n° 11290 et chargé du suivi des fouilles des entrepôts archéologiques, de la conservation et de la restauration systématique de ces entrepôts, de l’exposition de vestiges et de publications scientifiques.

Le plan de gestion du bien comprend essentiellement la définition du circuit contrôlé emprunté par les visiteurs et la définition technique des traitements effectués sur le rocher. Le Secrétariat à la Culture, par le biais du DIINAR et du CIAAS, le gouvernement municipal de Samaipata et la Préfecture du département de Santa Cruz ont inclus dans leurs plans de développement les mesures relatives à la conservation du site, en mettant l’accent sur l’entretien et l’étude de la composition du rocher. Il existe aussi plusieurs plans régionaux qui renforcent la conservation de Samaipata et répondent en particulier à la nécessité de développer une stratégie de tourisme durable, en tenant compte de la présence du Parc national Amboró qui garantit la biodiversité et la qualité environnementale de l’ensemble de la province.

Description longue

Samaipata offre un témoignage important de l'existence, dans cette partie des Andes, d'une culture politique riche de traditions religieuses extrêmement développées, qu'illustre de manière frappante la physionomie sacrée du site, dominé par ses immenses blocs de pierre sculptés.

Le lieu a été occupé et utilisé comme centre rituel et résidentiel par des membres de la culture Mojocoya dès 300 apr. J.-C., et c'est à cette époque que ses habitants commencèrent à y sculpter les rochers. Les Incas, qui l'occupèrent au XIVe  siècle, en firent une capitale provinciale, comme le confirment les vestiges mis au jour lors des fouilles : la large place centrale bordée par ses monuments publics et l'aménagement de terrasses agricoles sur les collines environnantes sont des traits caractéristiques de ce type d'habitat inca. La ville était alors un bastion contre les incursions des belliqueux Chiriguanos qui occupaient la région du Chaco dans les années vingt du XVIe  siècle.

L'emplacement stratégique occupé par le site, qui incita les Incas à s'y installer, attira également l'attention des Espagnols. Les mines d'argent du Cerro Rico de Potosí commencèrent à être exploitées en 1545, et l'implantation coloniale de Samaipata devint un important relais sur la route majeure menant d'Asunción et de Santa Cruz aux centres coloniaux des Hautes Andes, comme La Plata (la Sucre actuelle), Cochabamba et Potosí. Avec la fondation de la ville nouvelle de Samaipata dans la vallée de la Purificación, l'ancienne implantation perdit toute importance militaire, et fut désertée.

Le site archéologique de Samaipata se compose de deux parties : la colline avec ses nombreuses sculptures rupestres, dont on pense qu'elle était le centre sacré de la vieille ville (XIVe -XVIe siècle), et la zone située au sud de celle-ci, qui formait la partie administrative et résidentielle de la ville. La colline de grès rougeâtre présente une division naturelle en deux sommets, dont le plus élevé est connu sous le nom de El Mirador, tandis que l'inférieur est celui des sculptures rupestres.

Les sculptures de la partie orientale comportent deux félins placés sur une base circulaire, qui sont les seuls exemples de hauts-reliefs de tout le site. Les vestiges d'un mur en pierre de la période inca recoupent différentes sculptures, prouvant ainsi qu'elles lui sont antérieures. Parmi elles, on note deux tranchées parallèles, entre lesquelles et le long desquelles de plus petites saignées ont été creusées en zigzag, qui ont valu son nom local à cet aménagement, El Dorso de la Serpiente.

Le point le plus élevé de la colline est le Coro de los Sacerdotes, qui est formé d'un cercle profondément excavé dans la roche et qui présente des niches triangulaires et rectangulaires creusées dans ses parois. Plus à l'est se trouve une structure qui représente probablement la tête d'un félin. La plus grande partie de la façade méridionale de la roche était à l'origine dominée par une série formée d'au moins cinq temples ou sanctuaires, dont seules les niches creusées dans les parois subsistent. La casa Colonial se trouve sur une plate-forme artificielle située au pied de la colline. Des fouilles y ont révélé la présence de structures d'époque inca et préinca, raison qui lui a valu son nom de place des Trois-Cultures. La maison de la période coloniale, dont seule la partie inférieure des murs de pierre a survécu, présente une cour centrale ouverte, caractéristique du style arabo-andalou.

Autour de la colline, on note un certain nombre de petits édifices entourés par un mur périmétral. Il s'agit d'un type d'habitat inca typique, connu sous le nom de kancha . L'un d'entre eux contient deux édifices, un autre cinq, disposés selon un plan en U. Le principal centre administratif et religieux de la période inca occupe une série de trois plates-formes artificielles situées au sud de la colline. Il se distingue par la présence d'un énorme édifice connu sous le nom de Kallanka , qui se trouve sur la plate-forme inférieure et fait face à l'aire sacrée de la colline, dont le sépare une vaste place. À l'ouest de la Kallanka, sur la deuxième plate-forme, se trouve un groupe formé d'au moins douze maisons de taille grande ou moyenne, disposées selon un plan en H, et désignées conventionnellement du nom d'Akllawasi. On les interprète comme les vestiges des ateliers textiles où travaillaient les vierges du Soleil, auxquelles on donnait le nom d'akllas , à des fins rituelles ou pour échanger leurs produits. La troisième plate-forme est occupée par un groupe de sept maisons incas disposées en rond autour d'un espace ouvert, qui occupe une colline artificielle.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

On sait que le site a été occupé et utilisé comme lieu rituel et résidentiel dès l'an 300 après J.-C. par des membres de la culture Mojocoya ; la sculpture de cet énorme rocher date de cette époque.

D'après le témoignage écrit du prêtre espagnol Diego de Alcaya, au début du XVIIe siècle, les Incas occupent le site au XIVe siècle et en font une capitale provinciale. Ce fait est confirmé par certains éléments découverts lors de fouilles archéologiques et caractéristiques de ce type d'établissement inca, notamment une grande place centrale entourée d'édifices publics monumentaux et des collines environnantes aménagées en terrasse à des fins agricoles. Dans les années 1520, le site servira de rempart contre les incursions des Chiriguanos belliqueux de la région du Chaco.

L'emplacement stratégique du site, qui avait séduit les Incas, attirera également les Espagnols, dont on ne connaît pas la date d'arrivée exacte dans la région. Dans les années 1560, on consolide la frontière de la vice-royauté de Lima sur la face orientale de la vallée de la Cochabamba. Toutefois, l'exploitation des mines d'argent du Cerro Rico, à Potosí, démarrée en 1545, devait nécessiter des quantités importantes de maind'oeuvre et de nourriture, qu'il fallait aller rechercher plus à l'est, dans la région de Samaipata. Il était également vital d'édifier des forteresses pour se protéger contre les maraudes des Chiriguanos. Ce qui est certain, c'est que l'établissement colonial de Samaipata était devenu une étape importante sur la route entre Asunción et Santa Cruz, jusqu'aux centres coloniaux des Hautes Andes comme La Plata (aujourd'hui Sucre), Cochabamba et Potosí.
Avec l'établissement de la nouvelle ville de Samaipata dans la Valle de la Purificación, l'ancien site perd son intérêt militaire et est abandonné. Rapidement recouvert par la végétation, il n'attire plus que les chercheurs de trésors et les gardiens de troupeaux. Toutefois, la mémoire de El Fuerte (le Fort) est entretenue par la population locale. Les savants commencent à s'y intéresser à la fin du XVIIIe siècle et depuis le début du siècle actuel, l'endroit fait l'objet d'études intensives.

Source : évaluation des Organisations consultatives