Fort de Samaipata
Brève description
Le site archéologique de Samaipata comprend deux éléments : la colline, qui, avec ses nombreuses gravures, semble avoir constitué le centre cérémoniel de la ville ancienne (XIVe-XVIe siècle), et la zone au sud de la colline, qui formait le quartier administratif et résidentiel. L’énorme rocher sculpté de Samaipata, qui domine la ville située en contrebas, constitue un témoignage unique des traditions et croyances préhispaniques, sans égal sur tout le continent américain.
Justification d'inscription
Critère ii: le rocher sculpté de Samaipata forme la caractéristique cérémonielle dominante d’un établissement urbain qui représente l’apogée de ce type de centre religieux et politique préhispanique.
Critère iii: Samaipata constitue un témoignage exceptionnel de l’existence, dans cette région andine, d’une culture riche de traditions religieuses hautement élaborées illustrée de façon spectaculaire sous la forme d’immenses sculptures rupestres.
Description longue
Samaipata offre un témoignage important de l'existence, dans cette partie des Andes, d'une culture politique riche de traditions religieuses extrêmement développées, qu'illustre de manière frappante la physionomie sacrée du site, dominé par ses immenses blocs de pierre sculptés.
Le lieu a été occupé et utilisé comme centre rituel et résidentiel par des membres de la culture Mojocoya dès 300 apr. J.-C., et c'est à cette époque que ses habitants commencèrent à y sculpter les rochers. Les Incas, qui l'occupèrent au XIVe siècle, en firent une capitale provinciale, comme le confirment les vestiges mis au jour lors des fouilles : la large place centrale bordée par ses monuments publics et l'aménagement de terrasses agricoles sur les collines environnantes sont des traits caractéristiques de ce type d'habitat inca. La ville était alors un bastion contre les incursions des belliqueux Chiriguanos qui occupaient la région du Chaco dans les années vingt du XVIe siècle.
L'emplacement stratégique occupé par le site, qui incita les Incas à s'y installer, attira également l'attention des Espagnols. Les mines d'argent du Cerro Rico de Potosí commencèrent à être exploitées en 1545, et l'implantation coloniale de Samaipata devint un important relais sur la route majeure menant d'Asunción et de Santa Cruz aux centres coloniaux des Hautes Andes, comme La Plata (la Sucre actuelle), Cochabamba et Potosí. Avec la fondation de la ville nouvelle de Samaipata dans la vallée de la Purificación, l'ancienne implantation perdit toute importance militaire, et fut désertée.
Le site archéologique de Samaipata se compose de deux parties : la colline avec ses nombreuses sculptures rupestres, dont on pense qu'elle était le centre sacré de la vieille ville (XIVe -XVIe siècle), et la zone située au sud de celle-ci, qui formait la partie administrative et résidentielle de la ville. La colline de grès rougeâtre présente une division naturelle en deux sommets, dont le plus élevé est connu sous le nom de El Mirador, tandis que l'inférieur est celui des sculptures rupestres.
Les sculptures de la partie orientale comportent deux félins placés sur une base circulaire, qui sont les seuls exemples de hauts-reliefs de tout le site. Les vestiges d'un mur en pierre de la période inca recoupent différentes sculptures, prouvant ainsi qu'elles lui sont antérieures. Parmi elles, on note deux tranchées parallèles, entre lesquelles et le long desquelles de plus petites saignées ont été creusées en zigzag, qui ont valu son nom local à cet aménagement, El Dorso de la Serpiente.
Le point le plus élevé de la colline est le Coro de los Sacerdotes, qui est formé d'un cercle profondément excavé dans la roche et qui présente des niches triangulaires et rectangulaires creusées dans ses parois. Plus à l'est se trouve une structure qui représente probablement la tête d'un félin. La plus grande partie de la façade méridionale de la roche était à l'origine dominée par une série formée d'au moins cinq temples ou sanctuaires, dont seules les niches creusées dans les parois subsistent. La casa Colonial se trouve sur une plate-forme artificielle située au pied de la colline. Des fouilles y ont révélé la présence de structures d'époque inca et préinca, raison qui lui a valu son nom de place des Trois-Cultures. La maison de la période coloniale, dont seule la partie inférieure des murs de pierre a survécu, présente une cour centrale ouverte, caractéristique du style arabo-andalou.
Autour de la colline, on note un certain nombre de petits édifices entourés par un mur périmétral. Il s'agit d'un type d'habitat inca typique, connu sous le nom de kancha . L'un d'entre eux contient deux édifices, un autre cinq, disposés selon un plan en U. Le principal centre administratif et religieux de la période inca occupe une série de trois plates-formes artificielles situées au sud de la colline. Il se distingue par la présence d'un énorme édifice connu sous le nom de Kallanka , qui se trouve sur la plate-forme inférieure et fait face à l'aire sacrée de la colline, dont le sépare une vaste place. À l'ouest de la Kallanka, sur la deuxième plate-forme, se trouve un groupe formé d'au moins douze maisons de taille grande ou moyenne, disposées selon un plan en H, et désignées conventionnellement du nom d'Akllawasi. On les interprète comme les vestiges des ateliers textiles où travaillaient les vierges du Soleil, auxquelles on donnait le nom d'akllas , à des fins rituelles ou pour échanger leurs produits. La troisième plate-forme est occupée par un groupe de sept maisons incas disposées en rond autour d'un espace ouvert, qui occupe une colline artificielle.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
On sait que le site a été occupé et utilisé comme lieu rituel et résidentiel dès l'an 300 après J.-C. par des membres de la culture Mojocoya ; la sculpture de cet énorme rocher date de cette époque.
D'après le témoignage écrit du prêtre espagnol Diego de Alcaya, au début du XVIIe siècle, les Incas occupent le site au XIVe siècle et en font une capitale provinciale. Ce fait est confirmé par certains éléments découverts lors de fouilles archéologiques et caractéristiques de ce type d'établissement inca, notamment une grande place centrale entourée d'édifices publics monumentaux et des collines environnantes aménagées en terrasse à des fins agricoles. Dans les années 1520, le site servira de rempart contre les incursions des Chiriguanos belliqueux de la région du Chaco.
L'emplacement stratégique du site, qui avait séduit les Incas, attirera également les Espagnols, dont on ne connaît pas la date d'arrivée exacte dans la région. Dans les années 1560, on consolide la frontière de la vice-royauté de Lima sur la face orientale de la vallée de la Cochabamba. Toutefois, l'exploitation des mines d'argent du Cerro Rico, à Potosí, démarrée en 1545, devait nécessiter des quantités importantes de maind'oeuvre et de nourriture, qu'il fallait aller rechercher plus à l'est, dans la région de Samaipata. Il était également vital d'édifier des forteresses pour se protéger contre les maraudes des Chiriguanos. Ce qui est certain, c'est que l'établissement colonial de Samaipata était devenu une étape importante sur la route entre Asunción et Santa Cruz, jusqu'aux centres coloniaux des Hautes Andes comme La Plata (aujourd'hui Sucre), Cochabamba et Potosí.
Avec l'établissement de la nouvelle ville de Samaipata dans la Valle de la Purificación, l'ancien site perd son intérêt militaire et est abandonné. Rapidement recouvert par la végétation, il n'attire plus que les chercheurs de trésors et les gardiens de troupeaux. Toutefois, la mémoire de El Fuerte (le Fort) est entretenue par la population locale. Les savants commencent à s'y intéresser à la fin du XVIIIe siècle et depuis le début du siècle actuel, l'endroit fait l'objet d'études intensives.
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