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Monuments historiques de l'ancienne Nara

Brève description

Nara a été la capitale du Japon de 710 à 784. Durant cette période, la structure du gouvernement national s'est consolidée et la capitale, très prospère, est devenue la source d'inspiration de la culture japonaise. Les monuments historiques de Nara – temples bouddhiques et sanctuaires shintoïstes , ainsi que les fouilles du grand palais impérial – offrent une image frappante de ce que fut la capitale du Japon au VIIIe siècle, période de profond changement politique et culturel.

Nara © OUR PLACE The World Heritage Collection

Justification d'inscription

Critère (ii) : les monuments historiques de l’ancienne Nara constituent des témoins exceptionnels de l’évolution de l’architecture et de l’art japonais, influencés par les liens culturels entretenus avec la Chine et la Corée, dont l’influence sur les développements ultérieurs s’est révélée déterminante. Critère (iii) : L'épanouissement de la culture japonaise à l'époque où Nara était la capitale trouve un témoignage unique dans son patrimoine architectural. Critère (iv) : L'agencement du Palais impérial et la conception des monuments qui subsistent à Nara sont des exemples remarquables de l'architecture et de l'urbanisme des anciennes capitales asiatiques. Critère (vi) : Les temples bouddhistes et les sanctuaires shinto de Nara témoignent de manière exceptionnelle de la permanence de la force spirituelle et de l'influence de ces religions.

Description longue

Les monuments historiques de l'ancienne Nara témoignent de manière exceptionnelle de l'évolution de l'architecture et de l'art japonais, résultant des liens culturels entre la Chine et la Corée. Appelés à exercer une profonde influence sur leurs développements ultérieurs, ils illustrent brillamment une période essentielle du développement culturel et politique du Japon.

En 710, la capitale du Japon fut transférée de Fujiwara à Nara, qui prospéra comme centre politique, économique et culturel du pays pendant les 74 années qui suivirent, au cours de la période Nara. Le site de Heijô-kyô a été soigneusement choisi en fonction des principes de géomancie chinoise. Un plan de ville orthogonal grandiose, fondé sur des exemples chinois comme celui de Changan, fut alors dessiné avec ses palais, ses temples bouddhiques, ses sanctuaires shinto, ses édifices publics, ses maisons et ses rues. Le palais lui-même, qui occupe la partie nord de l'avenue centrale, présente une extension de 120 ha ; il comporte des bureaux officiels où se déroulaient les cérémonies politiques et religieuses, notamment le Daigokuden (salle d'audience impériale), le Chôdô-in (salle d'État) et le Dairi (résidence impériale), ainsi que différentes annexes destinées à des fonctions administratives, par exemple.

En 784, la capitale impériale fut transférée à Nagaoka pendant neuf  cf. p.5 ans, puis à Kyoto (Heian-kyo), où elle demeura jusqu'en 1184. La capitale abandonnée de Nara fit place aux rizières. De nombreux temples et sanctuaires demeurèrent cependant intacts, et conservèrent un statut élevé, et la protection impériale. Une nouvelle ville, connue sous le nom de Nanto (capitale du Sud) se développa autour d'eux. La zone du temple entourant Tôdai-ji, Kôfuku-ji, Gangô-ji et Kasuga-Taisha était particulièrement prospère : c'est là que la ville moderne se développa au XVIe  siècle.

Le Tôdai-ji est formé d'un groupe d'édifices. Le Kondô (salle du grand Bouddha) est une construction en bois monumentale, composée de sept travées, qui abrite une sculpture du Vairocana (grand) Bouddha assis, haute de près de 15 m. Le Kôfuku-ji, construit à Fujiwara, a été rebâti à Nara lorsque la capitale s'y transféra en 710. Le Gangô-ji, le premier temple bouddhique du Japon, a été construit par Soga-no-Umako au VIe  siècle, et était connu à l'origine sous le nom d'Asuka-dera. Transporté à Asuka en 718, lorsque du transfert de la capitale à Nara, il a été presque entièrement détruit par un incendie en 1451.

Le Tôshôdai-ji , construit à l'origine par le grand prêtre chinois Jian Zhen (Ganjin) en 759, pour ceux qui s'initiaient au bouddhisme, a pour particularité de n'avoir que très peu souffert d'incendies ou d'autres dommages. Ses composantes principales sont le Kondô (la salle principale, seul exemple de ce type conservé à Nara, présente à ce titre une très grande importance pour l'histoire de l'architecture sacrée japonaise), le Kôdô (cette salle de lecture, servant à l'origine de salle des assemblées d'État du palais de Nara, est la seule partie conservée de l'architecture du palais), le Korô (archivage des sutras), enfin, le Hôzô et le Kyôzô (deux entrepôts en rondins de bois de la période Nara).

Selon la légende, le Kasuga-Taisha (grand sanctuaire de Kasug) a été fondé en 768, mais on pense que ses origines remontent au début de la période Nara. Il se trouve au pied de deux montagnes sacrées : le Kasugayama et le Mikasayama. Les édifices du Kasuga-Taisha, délabrés ou détruits, ont été restaurés et reconstruits à différentes occasions. Tous se trouvent à l'intérieur de l'enceinte du sanctuaire et, conformément à la tradition, sont couverts de toits en bardeaux d'écorces de cyprès, de manière à s'harmoniser avec leur environnement naturel.

La forêt primitive de Kasugayama. L'environnement naturel est un élément essentiel de tous les sanctuaires shinto. Dans le cas de Kasuga-Taisha, celui-ci est formé par la forêt de Kasugayama, préservée en tant que bois sacré, et qui ne présente donc aucune forme d'intervention humaine, à l'exception des sentiers tracés pour les fidèles et les pèlerins.

Le site du palais de Nara renferme tous les éléments nécessaires pour répondre aux besoins publics et privés de la famille impériale : le Daigokuden (salle d'audience impériale), le Chôdô-in (salles d'État), le Dairi (résidence impériale), des bureaux, des ateliers, des entrepôts, des écuries... Le complexe était entouré de remparts de terre (Tsuji-ogaki) de quelque 5 m de hauteur, percés de 12 portes. L'entrée principale était la porte de Suzaku, au centre du mur sud, qui donnait accès au Daigokuden et au Chôdô-in, les plus importants édifices du complexe impérial, utilisés pour des cérémonies politiques et pour des banquets.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

En 710, l'impératrice Gemmei déplace la capitale du Japon de Fujiwara à Nara, qui prospère alors en tant que centre politique, économique et culturel du pays pendant les 74 années suivantes, durée de la période de Nara. Le site de Heijô-kyô fait l'objet d'un choix rigoureusement conforme aux principes de la géomancie chinoise régissant l'emplacement de tout palais impérial. Le plan d'une grande cité est élaboré à partir d'exemples chinois tels que Chang'an, avec des palais, des temples bouddhistes, des sanctuaires shintoïstes, des édifices publics, des maisons et des routes agencés selon un quadrillage orthogonal. L'ensemble couvre 2 500 hectares, pour une population estimée à 100 000 habitants environ. Le palais proprement dit, implanté à l'extrémité nord de l'avenue centrale, occupe 120 hectares. Il englobe les bâtiments officiels, sièges des cérémonies politiques et religieuses, notamment le Daigokuden (salle d'audience impériale) et le Chôdô-in (salle d'apparat) ainsi que la résidence impériale (Dairi) associée aux différents ensembles affectés entre autres à des fonctions administratives.

Cette période voit l'élaboration, à partir de Nagaoka, d'une politique impériale intégrée visant à la promotion du Bouddhisme. L'empereur Shômu ordonne ainsi la construction de temples et de couvents dans toutes les provinces et, en 745, fait bâtir le Tôdai-ji en tant que temple provincial central du Japon.

En 784, la capitale passe à Nagoya pendant seulement neuf années, avant d'être déplacée à Kyoto (Heian), où elle reste jusqu'en 1184. Le site abandonné de la capitale de Nara fait place aux rizières, mais la plupart des temples et autres lieux de culte demeurent néanmoins intacts, grâce à l'importance qu'ils conservent et à la protection impériale. Ainsi, une nouvelle ville se développe aux alentours, qui prend le nom de Nanto (Capitale du Sud). Le secteur des temples entourant Tôdai-ji, Kôfuku-ji, Gangô-ji et Kasuga-Taisha se distingue par sa prospérité et constitue la base du développement que connaîtra au XVIe siècle la ville moderne de Nara.

En 1180, le Tôdai-ji comme le Kôfuku-ji sont totalement détruits par le feu pendant une période de luttes intestines. Ils sont reconstruits peu après, au début du shôgunat de Kamakura (1185). Le Kôfuku-ji adopte alors le style traditionnel japonais wayô, alors que le Tôdai-ji est rebâti dans le style daibutsuyô (Grand Bouddha) introduit par la dynastie chinoise des Sung.

Les temples de Nara perdent leur prestige au cours de la période Muromachi (1333-1572) et subissent de graves incendies : ainsi, pour le seul Tôdai-ji, le Tôtô (pagode est), le Kôdô (salle de conférence), le Sôbô (habitat des prêtres), le Kondô (salle du Grand Bouddha), le Chûmon (porte centrale) et le Kairô (cloître) sont tous détruits lors de différentes périodes de troubles. Certains bâtiments sont reconstruits au début de la période Edo (1615-1867), avec la participation du shôgun. Bien qu'il n'occupe plus que les deux tiers de sa surface au sol originelle, le Kondô reste la plus grande structure en bois existante au monde.

Source : évaluation des Organisations consultatives