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Zone de monuments historiques de Tlacotalpan

Brève description

Tlacotalpan, port fluvial colonial espagnol situé sur la côte du golfe du Mexique, fut fondée au milieu du XVIe siècle et son tissu urbain d'origine est particulièrement bien conservé. Tout son caractère apparaît dans ses rues larges, aux maisons à colonnades bâties dans une exubérante diversité de styles et de couleurs, aux nombreux arbres anciens ornant les espaces publics et les jardins privés.

Zone de monuments historiques de Tlacotalpan

Justification d'inscription

Critère ii : le tissu urbain et l'architecture de Tlacotalpan représentent la fusion des traditions espagnoles et caraïbes d'une importance et qualité exceptionnelle. Critère iv : Tlacotalpan est un port fluvial colonial espagnol situé sur la côte du Golfe du Mexique et qui présente un tissu urbain d’origine particulièrement bien conservé. Son caractère exceptionnel réside dans son paysage urbain aux rues larges, aux demeures modestes mais exubérantes de par leur diversité de styles et de couleurs, et aux nombreux arbres anciens des espaces publics et privés.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The urban layout and architecture of Tlacotalpan represent a fusion of Spanish and Caribbean traditions of exceptional importance and quality. It is a Spanish colonial river port on the Gulf Coast of Mexico which has preserved its original urban fabric to an exceptional degree. Its outstanding character lies in its townscape of wide streets, modest houses in an exuberant variety of styles and colours, and many mature trees in public and private open spaces.

As an interior riverine port, Tlacotalpan is a rare form of urban settlement in Latin America. It is laid out on a chequerboard pattern, covering some 1,550 m by 520 m, and is divided into two distinct sectors. The larger of these, to the west, is the 'Spanish' quarter and the smaller, to the east, is the 'native' quarter. At their junction there is an irregularly shaped 'public' sector, where public open spaces and official and commercial buildings are located. The plan of the western part is orientated on seven main streets running east-west parallel to the river, and are intersected by narrow lanes.

The ethnic origins of the pre-Hispanic people inhabiting the region to the north and north-east of Tlacotalpan are not fully understood. However, the names of the river Papaloapan (Butterfly River) and other settlements nearby are Nahuatl, which suggests that it was under Aztec domination. The present name of the town is a Spanish version of Tlaxcotaliapan ('Land between the Waters'), the name of the island where the initial settlement was established; following modification of the north bank of the river, it was joined to the mainland. The mouth of the Papaloapan River was discovered by Juan de Grijalba in 1518. Pedro de Alvarado sailed up it and in 1521 Cortés sent Gonzalo de Sandoval to find gold.

The site of Tlacotalpan formed part of an enormous grant of land made around 1550 by the Spanish King to Gaspar Rivadeneyra, on which he kept livestock. He was unable to prevent the establishment of a village of fishermen on the site of the present-day town, but he obliged them to build a chapel dedicated to La Virgen de la Candelaria.

This was a region that was slow to be colonized by the Spanish. Census returns show that there were only 12 Spaniards there in 1544 and the figure had not risen above 320 by 1777. There is less precise information on the growth of the non-Spanish population, but in 1808 there were 1,156 Indians and 1,616 pardos (mixed-race descendants of Indians and blacks). The town was largely destroyed by fire in 1698, 1788 and 1790. The roofs of the houses had to be tiled and they had to be separated by open spaces planted with trees. For those who did not possess the means for costly reconstruction in conformity with these regulations, plots were made available for purchase 'at reasonable prices' in the eastern part of the village on which they could build cottages. It was around this time, at the turn of the 18th century, that French, German and Italian immigrants settled in the area to plant and weave cotton, which was despised by the Spanish but prized by the English.

It was not until 1821 that Tlacotalpan experienced any economic expansion. It became the port for the products of Oaxaca and Puebla destined for Veracruz and beyond to New Orleans, Havana and Bordeaux. By 1855 its fleet had grown to 18 steamers and one large sailing ship, used to transport timber, tobacco, cotton, grain, sugar, brandy, leather, salt meat, crocodiles, heron feathers, furniture and soap.

The year 1849 saw the building of the Nezahuacoyotl Theatre and the Municipal Palace, the latter one of only 10 two-storeyed buildings at that time. By the opening years of the 20th century it was a thriving town with eight schools, three hotels, nine factories and 100 houses with a single storey. However, economic activities declined during the first half of the century. Its population was only a little larger from 1950 to 1980.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Les origines ethniques des peuples préhispaniques habitant la région située au nord et au nord-est de Tlacotalpan ne sont pas entièrement éclaircies. Toutefois, les noms du fleuve, Papaloapan (Fleuve des Papillons), et d'autres établissements environnants sont d'origine Nahuatl, ce qui laisse supposer qu'ils se trouvaient sous domination aztèque. Le nom actuel de la ville est une version espagnole de Tlaxcotaliapan (« Terre entre les Eaux »), du nom de l'île où s'établit le premier village avant le réaménagement de la rive nord du fleuve, époque où il est rattaché au continent.

En 1518, Juan de Grijalba découvre l'embouchure du Papaloapan, puis Pedro de Alvarado le remonte et en 1521, Cortés envoie Gonzalo de Sandoval chercher de l'or.

Vers 1550, le roi d'Espagne accorde à Gaspar Rivadeneyra un vaste territoire comprenant le site de Tlacotalpan, que ce dernier consacrera à l'élevage de bétail. S'il ne peut empêcher l'installation d'un village de pêcheurs sur le site de la ville actuelle, il oblige néanmoins les habitants à bâtir une chapelle dédiée à la Vierge de la Candelaria.

Dans la région, la colonisation espagnole progresse lentement. Les recensements comptent seulement douze colons en 1544, chiffre qui ne dépassait pas 320 en 1777. Les informations concernant la population non espagnole sont moins précises, mais en 1808, on dénombre 1156 Indiens et 1616 pardos (descendants métisses d'Indiens et de Noirs).

La ville sera largement détruite par trois incendies en 1698, 1788 et 1790, ce dernier amenant le gouvernement local à imposer des mesures qui modifieront radicalement le caractère du lieu : les maisons, qui devaient être séparées par des espaces libres plantés d'arbres, devaient recevoir des toitures de tuiles. Ceux qui n'avaient pas les moyens d'effectuer cette reconstruction coûteuse pour se conformer à la législation pouvaient acquérir des lots de terrain « à des prix raisonnables » dans l'est du village afin d'y construire de petites maisons.

C'est vers cette époque, à la fin du XVIIIe siècle, que des immigrants français, allemands et italiens s'établissent dans la région pour planter et tisser du coton, activité dédaignée par les Espagnols mais très prisée des Anglais.

Tlacotalpan ne connaît aucune expansion économique avant 1821, époque où la ville devient le port d'embarquement des marchandises provenant d'Oaxaca et de Puebla, destinées à Veracruz et, audelà, à la Nouvelle-Orléans, la Havane et Bordeaux. En 1855, sa flotte s'était étendue à dix-huit bateaux à vapeur et un grand bateau à voiles servant à transporter bois, tabac, coton, céréales, sucre, eau-devie, cuir, viande salée, crocodiles, plumes de héron, meubles et savon.

L'année 1849 voit la construction du théâtre Nezahuacoyotl et du Palais municipal, ce dernier constituant l'un des rares édifices à deux étages dans un lieu qui n'en comptait que dix à l'époque. En 1865, Tlacotalpan se voit accorder le statut de ville par le gouvernement central et d'autres édifices publics, comme l'hôpital et le nouveau marché, seront terminés au cours du siècle. Dans les premières années du XXe siècle, c'est une ville florissante comptant huit écoles, trois hôtels, neuf usines, 100 maisons à un étage, 25 à deux étages et une à trois étages, ainsi que 54 demeures plus modestes. Toutefois, pendant la première moitié du siècle, l'activité économique décline et demeure relativement stagnante jusqu'à nos jours. La population, dénombrée à 5613 personnes en 1859, n'a guère augmenté en 1950. Elle se monte aujourd'hui à 8850 personnes, niveau qu'elle occupe depuis 1980.

Malgré le déclin affiché sur le plan économique, Tlacotalpan demeure un centre culturel important. La ville se distingue notamment par les festivités dont elle honore sa sainte patronne, la Vierge de la Candelaria : si la fête officielle est fixée au 2 février, les cérémonies commencent dès la fin janvier et se poursuivent une semaine entière sous forme de danses et de spectacles divers sur les places et dans les rues.

Source : évaluation des Organisations consultatives