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La Grand-Place de Bruxelles

La Grand-Place, Brussels

La Grand-Place in Brussels is a remarkably homogeneous body of public and private buildings, dating mainly from the late 17th century. The architecture provides a vivid illustration of the level of social and cultural life of the period in this important political and commercial centre.

La Grand-Place de Bruxelles

La Grand-Place de Bruxelles est un ensemble remarquablement homogène de bâtiments publics et privés, datant principalement de la fin du XVIIe siècle, dont l’architecture résume et illustre de manière vivace la qualité sociale et culturelle de cet important centre politique et commercial.

الساحة الكبرى في بروكسل

تضم ساحة الغراند بلاس في بروكسل مجموعة متجانسة على نحو رائع من المباني العامة والخاصة التي ترقى بشكل رئيس إلى أواخر القرن السابع عشر وتتميّز بهندستها المعمارية التي تختصر وتجسّد بشكل حيوي النوعية الإجتماعية والثقافية الخاصة بهذا المركز السياسي والتجاري المهم.

source: UNESCO/ERI

布鲁塞尔大广场

布鲁塞尔大广场是一处卓越的公共和私人建筑混合建筑群,大部分建筑建于17世纪晚期。这些建筑生动诠释了布鲁赛尔这一重要政治、商业中心的社会和文化生活水平。

source: UNESCO/ERI

Площадь Ла-Гранд-Плас в Брюсселе

Площадь Ла-Гранд-Плас в Брюсселе – это выдающийся целостный комплекс общественных и частных зданий, датируемых, главным образом, концом XVII в. Их архитектура ярко иллюстрирует уровень социальной и культурной жизни Брюсселя как важного политического и торгового центра Европы того времени.

source: UNESCO/ERI

Plaza Mayor de Bruselas

La Plaza Mayor de Bruselas es un conjunto extraordinariamente homogéneo de edificios públicos y privados que datan en su mayorí­a del siglo XVII. Su arquitectura es un excelente compendio y una viva ilustración del nivel alcanzado en este periodo por la vida social y cultural en este importante centro polí­tico y comercial.

source: UNESCO/ERI

ブリュッセルのグラン-プラス

source: NFUAJ

Grote Markt in Brussel

De Grote Markt in Brussel is een opmerkelijk homogeen geheel van publieke en privégebouwen, grotendeels daterend uit de laat-17e eeuw. De gebouwen aan het plein laten een eclectische en zeer succesvolle vermenging zien van architecturale en artistieke stijlen. De eerste schriftelijke verwijzing naar de Nedermarckt – de oorspronkelijke naam – dateert uit 1174. De huidige naam kwam in gebruik in het laatste kwart van de 18e eeuw. De soort en kwaliteit van de architectuur rond de Grote Markt samen met de functie als publieke open ruimte, illustreren de ontwikkeling en prestaties van een zeer succesvolle Noord-Europese handelsstad op het hoogtepunt van haar welvaart.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

La Grand-Place de Bruxelles, dont les premières mentions remontent au XIIe siècle, réunit autour d’une place de marché pavée, de forme rectangulaire, des édifices emblématiques des pouvoirs municipaux, ducaux et les anciennes maisons des corporations. Joyau d’architecture, elle s’impose comme un exemple exceptionnel et très réussi du mélange éclectique des styles architecturaux et artistiques de la culture occidentale, qui illustre la vitalité de cet important centre politique et commercial.

La Grand-Place témoigne particulièrement des succès de Bruxelles, ville marchande du nord de l'Europe qui, à l'apogée de sa prospérité, se releva du terrible bombardement infligé par les troupes de Louis XIV en 1695. En effet, détruit en trois jours, le cœur de la cité médiévale fera l’objet d’une campagne de reconstruction, réalisée sous le contrôle du magistrat de la Ville, spectaculaire à la fois par la rapidité de sa mise en œuvre, par sa richesse ornementale et par sa cohérence architecturale. Dans sa forme, la Grand-Place est toujours le reflet fidèle de la place détruite par l’artillerie française et témoigne toujours des intentions symboliques du pouvoir et de la fierté des bourgeois bruxellois qui ont choisi de recréer leur ville dans son état antérieur plutôt que de la reconstruire dans le style contemporain, tendance couramment observée ailleurs.

Fleuron du gothique brabançon, l’Hôtel de Ville, dont le beffroi magnifie la présence, constitue le monument le plus emblématique de la Place. Erigé au début du XVe siècle, l’édifice, qui échappa en partie au bombardement, connut au fil du temps plusieurs transformations. Son programme ornemental est largement redevable aux campagnes de restauration menées à la fin du XIXe siècle. Lui faisant face, la Maison du Roi, reconstruite dans le courant historiciste, s’intègre parfaitement à l’ensemble. Son élévation se réfère à l’édifice de style gothique antérieur au bombardement et témoigne remarquablement des idéaux de la conservation contextuelle des monuments prônés au XIXe siècle. La Maison du Roi est occupée depuis plusieurs décennies par le Musée de la Ville. De part et d’autre de ces monuments, symboles de l’autorité publique, les maisons de la place étaient occupées par les puissantes corporations. Toutes différentes mais construites dans un délai très court, elles illustrent remarquablement l’architecture baroque de la fin du XVIIe siècle, avec un traitement singulier des pignons et des décors, tantôt chantournés, tantôt plus classiques. Chaque maison possède un nom et des attributs spécifiques, rehaussés d’or, qui évoquent le statut de ses occupants. Il est intéressant de noter qu’il s’agit d’un rare exemple de place qui n’abrite aucune église ou autre lieu de culte, ce qui souligne le caractère marchand et administratif du lieu.

Critère (ii) : La Grand-Place est un exemple exceptionnel du mélange éclectique et très réussi des styles architecturaux et artistiques caractéristiques de la culture et de la société de cette région.

Critère (iv) : Par la nature et la qualité de son architecture et sa valeur remarquable, la Grand-Place illustre remarquablement l'évolution et les succès d'une cité marchande du nord de l'Europe à l'apogée de sa prospérité.

Intégrité

La Grand-Place de Bruxelles remplit les conditions d’intégrité tant en termes d’implantation, de dimension, de fonction, que d’expression architecturale.

Au cours des siècles, la place a conservé sa forme, sa cohérence et les attributs, pour l’essentiel gothiques ou baroques, qui la caractérisent. Elle est toujours le reflet du Marché Bas tel que reconstruit à la fin du XVIIe siècle, et témoigne de la volonté des autorités de préserver l’harmonie de la place lors de la campagne de reconstruction rapide qui suivit l’effroyable bombardement de 1695, afin qu’elle recouvre sa forme et sa splendeur. Ces mêmes priorités s’imposeront lors des campagnes de restauration organisées par la Ville dès 1840 dans le style historiciste et lors d’opérations plus récentes. L’Hôtel de Ville abrite toujours une partie importante des services municipaux. Magnifié par son beffroi, il constitue l’élément le plus emblématique de la Place, dominant le paysage de la ville basse. Si elles ont changé de fonction et ont souvent été transformées en commerces, les anciennes maisons des corporations conservent, au moins en façade, leurs attributs architecturaux spécifiques de style Renaissance ou Baroque. Le degré de conservation des structures d'origine à l'intérieur des différentes maisons est très variable. Dans certains cas, presque aucun changement n'y a été apporté depuis le XVIIIe  siècle, tandis que d'autres ont fait l'objet d'une conversion ou d'une modernisation plus radicale. La Grand-Place et ses immeubles bénéficient tous d’une protection patrimoniale qui garantit le maintien de leur intégrité.

La dimension de la Grand-Place étant par définition limitée, ses abords immédiats, correspondant à la ville basse historique, ont été inclus dans la zone tampon. Ce périmètre également dénommé « îlot sacré » a une fonction d’approche du bien. Sa morphologie médiévale est en partie conservée, mais plusieurs îlots ont toutefois été transformés aux XIXe et XXe siècles. Certains intègrent des monuments importants, telles les Galeries royales St Hubert (architecte A. Cluysenaar 1847), la galerie Bortier (architecte A. Cluysenaar-1848), la Bourse de Bruxelles (architecte L.P. Suys), dont l’aménagement est contemporain à celui des boulevards centraux et des campagnes de voûtement de la Senne, et d’assainissement et d’embellissement de la Ville vers 1870. Cette zone est soumise à de fortes pressions commerciales et touristiques, et nécessite une attention particulière afin que son tissu urbain historique et ses caractéristiques architecturales soient préservés.

Authenticité

L’authenticité de la Grand-Place, dont les références les plus anciennes remontent au XIIe siècle, est indéniable. Evoluant au cours des siècles et reconstruite après le bombardement de 1695, la Grand-Place conserve sa forme depuis trois siècles, pratiquement sans changement aucun.

L’authenticité de l’Hôtel de Ville, qui conserve des composants de l’époque gothique et du XVIIIe siècle intacts et bien visibles, est établie tant en termes de matériaux que de style et de fonction. La plupart des bâtiments individuels autour de la place conservent leur authenticité dans un degré similaire, bien que l’intérieur de certains ait été radicalement modifié. Si la période de référence principale de la place est la fin du XVIIe siècle, la notion d’authenticité doit également être examinée au regard des campagnes de restauration historicistes, entamées à la fin du XIXe siècle et qui, sur base de documents historiques, s’attachèrent à renforcer la cohérence de l’ensemble et sa richesse ornementale. La statuaire de l’Hôtel de Ville et ses décors intérieurs furent recomposés à cette époque. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut appréhender la démolition et reconstruction de la maison du Roi, qui se dresse à l’emplacement de l’ancienne Halle au pain et de plusieurs maisons restaurées à cette époque, en se basant sur les documents historiques et particulièrement sur les gravures de F. J. De Rons de 1737. Les parements de pierre en grès gréseux de Gobertange (ou bruxellien) ou en pierre d’Euville, les ornements sculptés et les menuiseries ont généralement été refaits dans ce contexte en tenant compte des matériaux et formes d’origine. Depuis l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, des études morphologiques de chaque maison ont été réalisées par la Ville et des mesures de protection complémentaires ont été prises afin d’assurer la préservation des structures et parties intérieures anciennes des édifices. L’assise pavée de la Grand-Place a également fait l’objet d’une protection légale spécifique.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

L’ensemble des immeubles de la Grand-Place sont classés comme monuments. Les mesures de protection et les campagnes régulières de restauration, initiées par la Ville et contrôlées par la Direction des Monuments et des Sites, permettent de conserver l’intégrité de l’ensemble.

Suite aux études patrimoniales et morphologiques menées depuis l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial, plusieurs arrêtés d’extension de protection aux intérieurs des immeubles bordant la Grand-Place ont été pris par le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale. L’assise de la Grand-Place a été classée comme site et plus de 150 immeubles ont été protégés dans la zone tampon, en particulier dans les rues débouchant sur la Place et le long de la rue du Marché aux Herbes.

En Région bruxelloise, la législation actuelle ne différencie pas la gestion des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de celle des autres biens protégés. Les interventions sur ces biens sont suivies par la Direction des Monuments et des Sites, en concertation avec les architectes de la Cellule patrimoine historique de la Ville de Bruxelles et/ou des propriétaires privés et, sauf exception, doivent faire l’objet de procédures spécifiques suivant le Code bruxellois de l’aménagement du territoire (COBAT). La Direction des Monuments et des Sites gère également l’octroi des subventions régionales destinées à couvrir une partie des frais de restauration et d’entretien des biens, pouvant atteindre 80% du montant des travaux.

En plus des mesures spécifiques aux biens classés, des mesures particulières de contrôle du bien et de planification de la zone tampon sont mises en œuvre à l’initiative de la Ville de Bruxelles. Dans la zone tampon, qui comprend 26 îlots densément bâtis et soumis à la pression commerciale, immobilière et touristique, les défis sont nombreux pour conserver le tissu urbain traditionnel et les caractéristiques spécifiques du bâti ancien. Afin de relever ces défis, la Ville de Bruxelles a adopté un Plan de Gestion qui a comme objectif de mieux coordonner les actions menées par les différents acteurs privés ou publics dans des champs d’actions très variés, relevant du patrimoine, de l’urbanisme, des voiries, de la mobilité, du tourisme, des affectations, du logement, et de valoriser davantage le bien et sa zone tampon. Dans ce cadre, un diagnostic général du bien et de la zone tampon a été mené, mettant en lumière plusieurs problématiques : pression touristique, pression économique et évolution commerciale, pression immobilière, pression administrative, densification des intérieurs d’ilot, perte de morphologie, occupation des voiries, accessibilité, trafic et stationnement, habitabilité et mixité, problématique des immeubles et des étages abandonnés, érosion/pollution et intervention d’urgence. Un renforcement des moyens, notamment en termes de budget et de personnel, serait souhaitable pour mener avec efficacité l’ensemble de ces actions, en particulier celles liées à la zone tampon.

Description longue

La Grand-Place de Bruxelles est un ensemble remarquable de fusion réussie de styles architecturaux et artistiques typiques de la culture et de la société de cette région. Du fait de la nature et de la qualité de son architecture, et de son intérêt en tant qu'espace public ouvert, elle illustre de manière exceptionnelle l'évolution et les vicissitudes d'une ville marchande opulente du nord de l'Europe au sommet de sa prospérité.

La plus ancienne référence au Nedermarckt (marché inférieur), comme on l'appelait alors, remonte à 1174. Son nom actuel entra en usage dans le courant du dernier quart du XVIIIe  siècle.

Elle se trouve dans une zone qui était occupée par un marais situé sur la rive droite de la Senne, à l'est du castellum , une annexe défensive du château construite vers 977 par Charles de France, duc de Lotharingie inférieure. Ce marais fut bonifié au XIIe  siècle. Le plan rectangulaire actuel de la Grand-Place s'est formé au fil des siècles à la suite de différents agrandissements et modifications, et ne prit sa forme définitive qu'après 1695. Toutefois, il a toujours été le point d'aboutissement de sept rues. Aux XIIIe et XIVe  siècles, la place du marché était entourée par des steenen (les halles ou marchés, construits en pierre, des vêtements, du pain et de la viande) implantés de manière irrégulière, et par des maisons à colombages, séparées par des cours, par des jardins ou par des ambiti (passages servant de coupe-feu). Au cours du XVe  siècle, les maisons du côté sud ont été remplacées par les ailes est et ouest de l'hôtel de ville (1401-44) et par son campanile (1449). Une nouvelle halle au pain, construite du côté nord en 1405, a été démolie en 1512-1513 pour faire place au grand édifice connu sous le nom de maison du Roi.

Au cours du XVIe  siècle, bien des maisons ont été reconstruites avec de nouvelles façades en style Renaissance ou baroque. Le 14 août 1695, le roi de France Louis XIV ordonna au maréchal de Villeroi de bombarder la ville, en représailles de la destruction des villes côtières et des ports français par les marines hollandaise et anglaise. En dépit de la gravité de ce bombardement, la reconstruction fut rapide grâce aux initiatives prises par les autorités communales et au généreux appui d'autres villes et provinces. Une remarquable ordonnance promulguée en 1697 par le magistrat de la ville établit que toutes les propositions de reconstruction des façades devaient être approuvées par les autorités, de manière à préserver l'harmonie de la place. En quatre ans seulement, la Grand-Place avait été entièrement restaurée dans son plan et sa physionomie d'origine.

L'hôtel de ville, qui couvre la plus grande partie du côté sud de la Grand-Place, est formé de différents corps de bâtiment groupés autour d'une cour interne rectangulaire. La partie donnant sur la place, formée de deux bâtiments en équerre, est du XVe  siècle. Toute sa façade est décorée de statues remontant au XIXe  siècle. La partie sud du complexe est un édifice classique étroit, du XVIIIe  siècle, qui referme le plan en U des structures gothiques. Face à l'hôtel de ville, de l'autre côté de la place, se trouve son autre édifice principal, la maison du Roi, aujourd'hui utilisée comme musée de la ville. En 1873, le conseil municipal décida que son état de conservation était si mauvais qu'il fallait le démolir et le reconstruire selon son plan d'origine. L'édifice actuel, bâti en brique sur trois étages, présente une façade à arcades, un toit de Saddleback en bâtière et une tour centrale dotée d'une lanterne.

Chacune des maisons qui entourent la Grand-Place, très différentes par leur taille, a son propre nom : les Ducs de Brabant, le Roi d'Espagne, le Cornet, le Cygne, la maison des Brasseurs, le Cerf, la maison des Tailleurs. Le degré de conservation des structures d'origine à l'intérieur des différentes maisons qui entourent la Grand-Place est très variable. Dans certains cas, presque aucun changement n'y a été apporté depuis le XVIIIe  siècle, tandis que d'autres ont fait l'objet d'une conversion ou d'une modernisation radicales. Dans un certain nombre de cas, les rez-de-chaussée ont été transformés en boutiques, en restaurants ou en cafés.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La plus ancienne référence écrite au Nedermarckt (Marché bas), comme elle était à l'origine appelée, date de 1174. Le nom actuel entra en vigueur pendant le dernier quart du XVIIIe siècle.

En son emplacement se trouvaient jadis des marais, sur la rive droite de la Senne, à l'est du castellum, l'enceinte défensive du château que Charles de France, duc de Basse-Lotharingie, fit construire aux alentours de 977. Limitée au nord par le Spiegelbeek et au sud et à l'est par un banc de sable, elle est légèrement en pente de l'est vers l'ouest, comme le nom de certaines maisons en atteste (n° 6 La Montagne, n° 10 et 18 La Colline). Les marécages furent drainés au XIIe siècle (ou peut-être légèrement plus tôt).

Le tracé rectangulaire actuel de la Grand-Place s'est développé au fil des siècles en conséquence des agrandissements et autres modifications qui se succédèrent, et ne parvint à sa forme définitive qu'après 1695. Depuis toujours, cependant, sept rues la traversent. Aux XIIIe et XIVe siècles, la place du marché était entourée de steenen (les halles au drap, au pain et à la viande, des édifices de pierre) disposés au hasard, et de maisons de bois, séparées par des cours, des jardins ou des ambiti (passages faisant office de coupe-feu).

A la seconde moitié du XIVe siècle, une gigantesque halle au drap fut érigée au sud de la place, tandis qu'en 1396, les autorités municipales expropriaient un grand nombre des bâtiments au nord, afin de l'étendre et de lui donner un tracé rectiligne. Au XVe siècle, les ailes est et ouest de l'Hôtel de Ville (1401-44) et le beffroi (1449) vinrent remplacer les maisons au sud. Une nouvelle halle au pain fut construite du côté nord en 1405, puis, en 1441, les maisons à l'alignement irrégulier du côté est furent démolies et remplacées par six bâtiments adjacents alignés régulièrement. Aux environs de cette époque, les corporations et les guildes qui jouaient depuis les années 1420 un rôle dans le gouvernement municipal et s'intéressaient de près à l'amélioration de la Grand-Place rachetèrent systématiquement les maisons entourant la place. La halle au pain fut démolie en 1512-1513 et remplacée par un grand immeuble, baptisé Maison du Roi. Au cours du XVIe siècle, beaucoup des maisons furent reconstruites avec de nouvelles façades de style Renaissance ou baroque.

Le 14 août 1695, Louis XIV ordonna au maréchal de Villeroy de canonner la ville de Bruxelles, à titre de représailles à la suite de la destruction de villes côtières et de ports français par des navires de guerre hollandais et anglais. Les troupes hollandaises et anglaises étant en campagne à Namur, une armée française de 70.000 hommes fut ainsi libre de placer son artillerie considérable sur les hauteurs du Scheut, d'où 3.000 bombes et 1.200 obus incandescents plurent sur le coeur de la ville. Au matin du 15 août, seuls l'Hôtel de Ville, la Maison du Roi et quelques murs se dressaient toujours sur la Grand-Place.

Malgré la sévérité du bombardement, la reconstruction fut rapide, grâce aux mesures prises par les autorités municipales et à l'aide qu'apportèrent généreusement d'autres villes et provinces. En vertu d'un édit remarquable promulgué en 1697, toutes les propositions de reconstruction des façades durent être soumises à l'approbation des autorités, de manière à préserver l'harmonie de la place, et il ne fallut que quatre ans à cette dernière pour recouvrer intégralement son tracé et son aspect d'origine. En outre, cela représentait en même temps l'occasion d'élargir et de redresser plusieurs des rues conduisant à la place. L'aile sud de l'Hôtel de Ville remplaça peu de temps après la halle au drap, dont il ne restait que des décombres.

Source : évaluation des Organisations consultatives