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Choirokoitia

Brève description

Le site néolithique de Choirokoitia, occupé du VIIe au IVe millénaire av. J.-C., est l'un des sites préhistoriques les plus importants de la partie orientale de la Méditerranée. Les vestiges retrouvés lors des fouilles ont permis d'en savoir plus sur l'évolution de la société humaine dans cette région si importante à cet égard. Le site n'a été que partiellement fouillé, et constitue donc une réserve archéologique exceptionnelle pour les recherches futures.

© Yvon Fruneau

Justification d'inscription

Critère (ii) : Au cours de la période préhistorique, Chypre a joué un rôle capital dans la transmission de la culture du Proche-Orient au monde européen. Critère (iii) : Choirokoitia est un site archéologique exceptionnellement bien préservé qui a fourni et continue de fournir des données scientifiques cruciales sur la progression de la civilisation de l’Asie au monde méditerranéen. Critère (iv) : les vestiges mis au jour et les zones intactes de Choirokoitia apportent une preuve irréfutable des origines d’un établissement proto-urbain dans la région méditerranéenne et au-delà

Description longue

Au cours de la période préhistorique, Chypre joua un rôle fondamental dans la transmission de la culture depuis le Proche-Orient vers le monde européen. Choirokhoitia est un site archéologique remarquablement préservé qui a apporté, et continue à apporter des informations scientifiques de la plus haute importance sur la diffusion de la civilisation de l'Asie vers le monde méditerranéen. Les vestiges mis au jour et les parties non encore fouillées de Choirokoitia illustrent clairement les origines de la phase proto-urbaine en Méditerranée, et au-delà.

Le site néolithique de Choirokoitia est l'un des plus importants sites préhistoriques de Méditerranée orientale. Il documente un aspect de l'expansion de la culture néolithique dans le cas bien particulier d'un environnement insulaire. La longue période d'occupation de ce village et la vaste documentation concernant ses différentes phases culturelles illustrent l'évolution de cette société. En tant que témoignages de la culture matérielle, les coutumes funéraires et la présence de statuettes témoignent de pratiques, de rites et de croyances religieuses d'une grande importance historique.

L'occupation humaine permanente débuta au cours de la période protonéolithique acéramique (antérieure à la poterie), qui commence vers 7000 av. J.-C., et vit la foundation de Choirokoitia, probablement par des gens venus d'Anatolie ou du Levant - des fermiers sédentaires cultivant des céréales et élevant des moutons, des chèvres et de cochons, tous animaux introduits d'Asie Mineure. Pour une raison qui nous échappe, Choirokoitia, ainsi que d'autres sites, a été abandonnée brusquement vers le milieu du VIe  millénaire, et ne fut réoccupée qu'un millier d'années plus tard, au cours de la période néolithique céramique. Choirokoitia a conservé moins de témoignages d'occupation de cette époque, sous forme de vestiges d'édifices, mais de nouvelles cultures et un nouveau type d'élevage, ainsi qu'une poterie caractéristique, ont pu être mis en évidence. Ces différents témoignages montrent que les nouveaux habitants du site appartenaient à un groupe d'immigration récente dont l'économie se fondait également sur l'agriculture et sur l'élevage. Le site fut définitivement abandonné au début du IVe  millénaire.

Choirokoitia se trouve sur les pentes d'une colline entourée par un méandre de la Maroni, qui domine la vallée fertile de Vasilikos, à quelque 6 km de la mer ; son extension est de l'ordre de 1,5 ha. La plus ancienne occupation, documentée par des maisons circulaires construites en brique crue et en pierre, avec des toits plats, se trouvait à l'est de la colline. Le village était protégé par un mur massif qui barrait l'accès depuis l'ouest (les deux autres côtés étaient protégés naturellement par la rivière et par des pentes très raides). Un second mur défensif fut construit plus tard pour protéger une extension du village vers l'ouest. Les deux enceintes sont percées de portes dont un impressionnant exemple a été mis au jour pendant les fouilles : un escalier de trois volées de marches traverse dans toute son épaisseur la muraille d'un bastion externe parallélépipédique en pierre, actuellement conservé sur une hauteur de 2,50 m.

Quelque vingt maisons ont été fouillées ; elles étaient construites directement sur le sol, sans fondations, en blocs irréguliers de calcaire, en brique crue et en argile pressée. Les parements externes sont souvent en pierre, les parements internes en argile ou en brique crue, parfois peints. Les empreintes conservées dans les fragments effondrés ont permis de conclure que les toits étaient plats, faits de branchages et de roseaux noyés dans l'argile.

Les vestiges de foyers, de meules et d'autres objets domestiques et agricoles ont été retrouvés associés aux maisons. Les sépultures mises au jour sous les sols de terre battue de nombreuses maisons témoignent des rites d'inhumation qui s'y sont déroulés.

La fouille de l'habitat a livré de nombreux objets en pierre, en os et, plus tard, en terre cuite, ainsi que des restes végétaux, notamment des graines carbonisées (formes anciennes de blé et d'orge, lentille). Parmi les os d'animaux, certains appartiennent à des espèces domestiques. Les outils sont variés, des aiguilles en os aux instruments agricoles, comme les faucilles. Toutefois, les objets les plus remarquables sont certainement les statuettes anthropomorphes en pierre (et une en argile) qui témoignent de l'existence, au cours de cette période ancienne, de croyances religieuses complexes.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Pendant l'époque proto-néolithique (vers 8100 avant J.-C.), des chasseurs-cueilleurs s'installent à Chypre de façon très provisoire et ne tardent pas à abandonner l'île. L'occupation humaine devient permanente à l'époque proto-néolithique acéramique (avant l'apparition de la poterie) débutant vers 7000 avant J.- C., date de la fondation du site de Choirokoitia par des peuples en provenance d'Anatolie ou du Levant sur un promontoire dominant la rivière Maroni. Des fermiers sédentaires y cultivent des céréales et y élèvent moutons, chèvres et porcs amenés des terres intérieures d'Asie Mineure.

Pour des raisons encore inexpliquées, Choirokoitia et d'autres sites proto-néolithiques acéramiques sont brusquement abandonnés au milieu du sixième millénaire avant J.-C. et ne seront repeuplés qu'un millier d'années plus tard, à l'époque néolithique céramique. Si le site conserve de cette période peu de traces d'occupation sous forme de vestiges d'édifices, la découverte de nouvelles formes de flore et de faune ainsi que d'une poterie typique permettent de supposer que les nouveaux habitants appartenaient à un groupe de nouveaux immigrants. Toutefois, leur mode de vie était toujours fondé sur l'agriculture et l'élevage d'animaux domestiques. Le site est finalement abandonné au début du quatrième millénaire avant J.C.

Source : évaluation des Organisations consultatives