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Parc national du Cilento et du Vallo Diano, avec les sites archéologiques de Paestum et Velia et la Chartreuse de Padula

Brève description

La zone du Cilento constitue un paysage culturel de qualité exceptionnelle. Ses ensembles impressionnants de sanctuaires et d'établissements éparpillés le long de trois chaînes de montagnes orientées est-ouest, reflètent de façon frappante l'évolution historique de la région en tant que voie majeure de commerce, mais aussi d'interface culturelle et politique durant la préhistoire et le Moyen Âge. C'était aussi la frontière entre les colonies grecques de la Magna Grecia et les peuples indigènes étrusques et lucaniens, et le site conserve les vestiges de deux importantes cités classiques, Paestum et Velia.

Parc national du Cilento et du Vallo Diano, avec les sites archéologiques de Paestum et Velia et la Chartreuse de Padula © Our Place World Heritage collection

Justification d'inscription

Critère iii : durant la période préhistorique, et de nouveau pendant le moyen âge, la région du Cilento se distingue de manière frappante en tant que voie indispensable aux communications culturelles, politiques et commerciales, exploitant les crêtes des chaînes de montagnes d’est en ouest et créant ainsi un paysage culturel d’importance et de qualité exceptionnelles. Critère iv : durant deux épisodes de l’évolution des sociétés humaines dans la région méditerranéenne, la zone du Cilento a représenté l’unique moyen de communication fiable entre la mer Adriatique et la mer Tyrrhénienne en Méditerranée centrale, ce que le paysage culturel relique d’aujourd’hui illustre avec éclat.

Description longue

Au cours de la période préhistorique, puis durant le Moyen Âge, la région du Cilento fut une voie essentielle de relations culturelles, politiques et commerciales, qui utilisait les crêtes des chaînes de montagnes est/ouest et créa ainsi un paysage humain d'un très grand intérêt entre l'Adriatique et la mer Tyrrhénienne.

Le parc national du Cilento est essentiellement une région montagneuse traversée par plusieurs vallées de rivières qui descendent vers la mer Tyrrhénienne. La première occupation humaine connue dans cette région remonte à plus de 250 000 ans, lorsque l'Homo erectus vivait dans des grottes le long de la côte. L'Homo sapiens sapiens remplaça son cousin néandertalien au cours du paléolithique supérieur, et établit des camps saisonniers au cours de cette période, et durant le mésolithique. Différents sites néolithiques ont été identifiés dans le parc. Au cours de l'âge du bronze et de l'âge du fer, de petits groupes de guerriers et de marchands s'installèrent dans la région. À la fin du IIe  millénaire, le commerce avec Mycènes était devenu important ; cette époque fut celle de l'introduction d'éléments culturels et technologiques sophistiqués de la fin de l'âge du bronze grec. Avec la chute de Mycènes, le commerce avec la Méditerranée orientale déclina considérablement pour être remplacé par un commerce avec la péninsule, favorisé par la position du Cilento, qui se trouvait à la frontière avec les cultures étrusques du nord de l'Italie. La colonisation grecque y débuta au VIIe  siècle av. J.-C., avec des comptoirs commerciaux côtiers établis à Agropoli et à Poseidonia (Paestum), dans la partie nord du Cilento. À la fin du Ve  siècle av. J.-C., les Lucaniens de l'intérieur des terres vainquirent la ligue des cités grecques de la côte, Elea exceptée. La région fut incorporée dans le territoire romain à la fin du IIIe  siècle av. J.-C. Ce n'est qu'avec la chute de l'Empire romain d'Occident et l'abandon de ses routes et de ses ponts que l'ancien réseau de communication et d'habitats fut reconstitué. Au cours du Moyen Âge, des châteaux féodaux et des fondations religieuses s'y établirent ; au sein de l'organisation préromane, les anciennes villes grecques et lucaniennes refleurirent.

Le site archéologique le plus connu est celui de Paestum, la ville grecque de Poseidonia. À l'intérieur des murs de la ville, un nombre exceptionnel d'édifices publics occupe l'espace compris entre le principal axe nord/sud (cardo maximus) et la voie sacrée. Les plus remarquables d'entre eux sont les trois grands temples d'Héra, de Cérès et de Poséidon. Le plus ancien, le temple d'Héra, est, comme les autres, de style dorique. Le temple de Cérès (probablement en fait consacré à Athéna) est daté vers 500 av. J.-C. ; ses proportions et le parti tiré de l'espace dans ce temple, qui est le plus petit de ceux de Paestum, le rendent supérieur à celui d'Héra. L'architecte du temple de Poséidon (en réalité également consacré à Héra), du milieu du Ve  siècle av. J.-C., s'est manifestement inspiré du Parthénon d'Athènes. Les restes du forum romain construit au-dessus de l'agora grecque ont été fouillés, et sont encore visibles. Ce large espace ouvert est entouré d'édifices publics identifiés comme le bouleuterion (salle du conseil), la curia (palais de justice) et le macellum (marché couvert).

Le site d'Elea/Velia est beaucoup moins bien conservé. Son élément le plus impressionnant est la monumentale porta Rosa, la plus ancienne et la mieux conservée des portes grecques surmontées d'un arc. Parmi d'autres témoignages importants, on retiendra les murs imposants de l'acropole, du VIe  siècle av. J.-C., la belle rue pavée et les vestiges de différents temples. Lorsque les Phocéens abandonnèrent leurs sites côtiers, les habitants demeurés à Velia fondèrent une nouvelle ville à l'intérieur des terres. Nova Velia est typique des villes médiévales du Cilento, construites sur des sites défensifs stratégiques situés sur des hauteurs et sur les anciennes voies de communication qui suivaient les crêtes des montagnes. Les maisons se regroupent autour d'un château central, ou d'une tour de garde ; ces sites comportent aussi une église, et parfois un complexe monastique. Des établissements monastiques, le plus impressionnant est la Certosa di San Lorenzo à Padula, dans le Val di Diano ; sa construction commença en 1306, mais il se présente actuellement sous une forme essentiellement baroque, remontant aux XVIIe et XVIIIe  siècles.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Des recherches archéologiques montrent que la première occupation humaine identifiée dans cette région remonte à plus de 250 000 ans, au Paléolithique inférieur lorsque l'Homo erectus vivait dans des grottes le long de la côte. Au Paléolithique moyen, l'Homo Neanderthalensis s'installe dans la région et plusieurs objets fabriqués datant de la culture moustérienne sont retrouvés dans divers sites. L'Homo sapiens sapiens remplace son cousin de Néandertal pendant le Paléolithique supérieur et s'établit de façon saisonnière pendant cette période et la suivante, le Mésolithique.

Pendant le Néolithique, la qualité des terres et du climat favorisent l'introduction d'une agriculture sédentaire. Les vestiges d'obsidienne provenant des îles Lipari indiquent que le commerce maritime débute à cette période, soutenu par les ports relativement dynamiques de la côte lucanienne et les voies de communication offertes par la topographie surplombant les vallées fluviales. On a découvert un certain nombre d'établissements néolithiques sur toute l'aire du parc. La culture de Gaudo, qui s'impose sur une très vaste partie de la Lucanie et de la Calabre, contribue à définir le rôle spécifique du Cilento dans la pénétration de cultures méditerranéennes plus avancées dans la péninsule italienne.

Pendant les âges du Bronze et du Fer, des petits groupes de guerriers et de marchands arrivent dans la région à la recherche de métaux tout en introduisant des technologies avancées. Par la suite, les populations éparpillées dans la région se rassemblent en groupes ethniques plus importants, entraînant l'apparition d'une structure sociale et économique de type proto-urbain. Le pastoralisme de transhumance probablement en provenance du nord, s'établit avec succès au début du 2ème millénaire avant J.-C., amenant de profondes mutations des établissements humains, surtout à l'intérieur des terres.

A la fin du 2ème millénaire, le commerce avec Mycènes avait pris de l'essor et de nombreux éléments sophistiqués apparaissent, empruntés à la culture et à la technologie de la Grèce de l'âge du Bronze récent. Avec la chute de Mycènes, les échanges avec l'est de la Méditerranée déclinent sensiblement pour laisser place à un commerce actif dans la péninsule elle-même, puisque le Cilento constituait également une zone frontière importante avec les cultures étrusques du nord de l'Italie. Du IXe au VIIe siècle avant J.-C., une communauté guerrière aristocrate, la culture villanovienne, originaire de la région de Bologne, marque de son empreinte le paysage et l'utilisation de celui-ci.

La colonisation grecque débute à la fin du VIIe siècle avec l'émergence d'établissements côtiers à Agropoli et Poseidônia (Paestum) dans la partie nord du Cilento. Fondée en 540 avant J.-C., Elea (Velia) devait devenir l'un des centres du savoir les plus influents du monde antique. L'école d'Elea, basée sur l'affirmation de l'identité et l'éternité de l'esprit, est fondée par Xénophane de Colophon, avant d'être dirigée par Parménide et Zénon. Cette école était surtout reconnue pour l'élaboration de méthodes expérimentales, notamment en astronomie et en médecine.

A la fin du Ve siècle avant J.-C., les Lucaniens de l'arrière-pays, menés par les rois bergers qui ont adopté le mode de vie grec, luttent avec brio contre la ligue des cités côtières grecques, à l'exception d'Elea, qui certainement avait été épargnée pour servir de liaison commerciale avec les autres colonies grecques autour de la Méditerranée. Une nouvelle culture urbaine se développe, de nombreuses villes nouvelles voient le jour et de vastes zones de forêt sont abattues pour laisser place à l'agriculture et à la plantation d'oliviers et de vignes.

A la fin du IIIe siècle avant J.-C., la région ne peut éviter l'intégration aux territoires de Rome. Le réseau de voies principales établi par les Romains remplace l'ancien système de routes traversant le Cilento, plongeant ainsi les villes de l'intérieur des terres dans l'oubli. Il faudra attendre la chute de l'Empire romain occidental et la dégradation des routes et des ponts pour que le réseau de communication et le site d'habitation initiaux réalisent finalement leur destinée. Pendant le moyen âge, châteaux féodaux et fondations religieuses sont édifiés dans la structure territoriale pré-romaine, les villes grecques et lucaniennes reprennent de l'essor et le paysage qui en découle a survécu jusqu'à ce jour.

Source : évaluation des Organisations consultatives