Zone archéologique d’Agrigente
Brève description
Colonie grecque fondée au VIe siècle av. J.-C., Agrigente est devenue l'une des principales cités du monde méditerranéen. Les vestiges des magnifiques temples doriques qui dominaient la cité antique, dont une grande partie demeure intacte sous les champs et les vergers d'aujourd'hui, témoignent de sa suprématie et de sa fierté. Une sélection de zones de fouilles apporte des éclaircissements sur la cité hellénistique et romaine et sur les pratiques funéraires de ses habitants paléochrétiens.
Justification d'inscription
Le Comité a décidé d'inscrire ce site sur la base des critères (i), (ii), (iii), et (iv). Agrigente est l’une des plus grandes cités antiques du bassin méditerranéen. Son état de conservation est exceptionnellement intact et sa grande rangée de temples doriques constitue l’un des plus extraordinaires ensembles de monuments de l’art et de la culture grecs.
Description longue
Agrigente, qui fut l'une des principales villes du monde méditerranéen antique, nous est parvenue dans des conditions de conservation exceptionnelles. Sa série de temples doriques est l'un des témoignages les plus remarquables de l'art et de la culture grecs.
Selon la tradition, la ville grecque d'Akragas fut fondée par des colons rhodiens et crétois venus de la colonie mère de Géla en Sicile, en 580 av. J.-C. Toutefois, les fouilles ont montré qu'il existait un site grec antérieur, dès le VIIe siècle av. J.-C., sur les pentes d'une colline située sur la côte, qui permit à la ville de se développer et de prospérer très rapidement après sa colonisation. Au cours du règne du tyran Phalaris (570-555 av. J.-C.), la ville fut dotée d'une muraille destinée à renforcer la protection naturelle que lui conférait sa topographie. L'expansion politique d'Akragas, commencée avec Phalaris, atteignit son apogée durant le règne du tyran Théron (488-473 av. J.-C.). Après avoir vaincu les Carthaginois en 480 av. J.-C., celui-ci étendit son contrôle aux côtes septentrionales et orientales de la Sicile. La richesse qui en résulta pour la ville et pour son patrimoine culturel est illustrée par les grands temples construits à cette époque à l'extrémité méridionale de la colline. Un régime démocratique fut instauré à la fin du Ve siècle dans la ville, qui bénéficia alors d'une courte période de tranquillité, en dépit de sa rivalité avec Syracuse. Cette phase prit fin brutalement en 406 av. J.-C., lorsque Agrigente fut assiégée et pillée par les Carthaginois. Elle lutta cependant pour rétablir sa grandeur passée, et y réussit partiellement sous Timoléon, qui vainquit les Carthaginois en 340 av. J.-C. et installa de nouveaux colons. Mais la ville fut bientôt âprement disputée entre les Carthaginois et les Romains. Elle tomba pour la première fois dans les mains des Romains en 262 av. J.-C., et fut définitivement incorporée à l'État romain en 210 av. J.-C. Au cours des dernières années de la République, et au début de l'Empire, Agrigente profita de sa position de seule ville commerciale encore active sur la côte méridionale de la Sicile. Toutefois, le déclin de l'Empire romain d'Occident et la montée du christianisme entraînèrent le dépeuplement et l'appauvrissement de la ville, dont la superficie habitée décrut à partir du VIIe siècle ; les quartiers les plus anciens furent abandonnés, et la population subsistante se concentra sur la colline.
La vallée des Temples correspond à la plus grande partie de l'aire construite de la ville antique et de ses monuments publics. Elle est fermée par un éperon rocheux parallèle à la mer, auquel fut assignée une fonction d'aire sacrée. La zone située entre l'acropole et les temples a été urbanisée au début du Ve siècle av. J.-C., selon une grille hippodaméenne traditionnelle. L'aire sacrée avait été créée dès la seconde moitié du VIe siècle, comme le montrent les premiers temples qui occupent l'extrémité occidentale de l'éperon. Toutefois, les vestiges les plus impressionnants sont ceux des temples construits au cours du règne de Théron, et consacrés à Héraklès, à Zeus Olympien, à Héra Lacinia, à Vulcain et à la Concorde. Le temple de Zeus Olympien, dont seuls les fondations et l'autel principal sont conservés, était l'un des plus grands temples du monde grec, et présente différents traits spécifiques : au lieu du péristyle ouvert traditionnel, il était entouré par un mur scandé par de gigantesques colonnes doriques à l'extérieur et par des piliers à l'intérieur. Sa cella est délimitée par deux files de piliers rectangulaires massifs, au lieu de murs internes, et était à ciel ouvert. Le temple conventionnellement attribué à la Concorde est le plus impressionnant temple dorique conservé du monde grec, après le Parthénon d'Athènes. Il s'est remarquablement bien conservé grâce à sa transformation en église au VIe siècle apr. J.-C. Construit sur un soubassement comportant quatre gradins, il est entouré de 34 colonnes. Construit en même temps que le temple de la Concorde, et de style très proche, le temple d'Héra Lacinia a été édifié à l'extrémité orientale de l'éperon, où subsistent des vestiges du rempart grec ; incendié par les Carthaginois en 405 av. J.-C., il présente encore des traces de feu. Le temple d'Héraklès est plus ancien que les autres temples doriques construits sur l'éperon. Les deux temples consacrés aux divinités chthoniennes, Déméter et Perséphone, ainsi que celui des Dioscures, commencés au VIe siècle, ont été reconstruits en 480-460 av. J.-C. En plus de ces monuments remarquables, les fouilles ont révélé d'importants secteurs des aires résidentielles hellénistiques et romaines, dont un grand nombre de maisons présentent des sols de mosaïque bien conservés. Le site contient aussi de vastes nécropoles antiques, avec des monuments des époques païenne et chrétienne. Le « tombeau de Théron » est en fait du début de l'époque de domination romaine, mais sa forme, celle d'un petit sanctuaire ionique sur podium, est gréco-asiatique, et originaire d'Asie Mineure. Les agoras inférieure et supérieure, et le réseau complexe d'aqueducs souterrains sont d'autres éléments remarquables de ce site.
Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique
Selon la tradition, la fondation de la ville grecque d'Akragas est l'oeuvre de colons de Rhodes et de Crète, venus de Gela, leur colonie sicilienne d'origine vers 580 avant J.-C. Toutefois, les fouilles indiquent qu'un peuplement grec plus ancien existait déjà vers le 7ème siècle avant J.-C. il s'agit d'un site de peuplement grec classique, sur le flanc d'une colline du littoral permettant à la ville de lancer son expansion à partir de l'acropole originelle, actuellement occupée par la ville moderne, et de prospérer très rapidement après la colonisation du 6erne siècle. Un système de murs défensifs destinés à renforcer la protection naturelle assurée par la topographie locale est construit au cours du règne du tyran Phalaris (570-555 avant J.-C.). C'est de cette époque que date la construction des temples chtoniens, sur le coteau sud-ouest de la colline des temples.
Entamé sous Phalaris, l'expansionnisme politique d' Akragas atteint son apogée sous le règne du tyran Théron (488-473 avant J.-C.). Après la défaite décisive des Carthaginois à Himère en 480 avant J.-C, Théron étend sa domination aux côtes septentrionale et orientale de la Sicile. Les grands temples construits à cette époque à l'extrémité sud de la colline sont autant de gages de la prospérité que connaît ainsi la ville et de 1' épanouissement culturel sous-jacent. Le philosophe, médecin et musicien Empédocle est l'un de ses fils les plus remarquables de ce temps.
Un régime démocratique est établi vers la fin du 5ème siècle avant J.-C. et, malgré sa rivalité avec Syracuse, la ville connaît une courte période de tranquillité, qui s'achève brutalement en 406 avant J.-C. lors du siège et du pillage par les Carthaginois. Elle lutte pour recouvrer sa gloire ancienne, ce à quoi elle parvient brièvement sous Timoléon, qui écrase les Carthaginois en 340 avant J.-C. et introduit de nouveaux colons. Toutefois, la ville devient un objet de convoitise tant pour les Romains que pour les Carthaginois. Elle tombe tout d'abord aux mains des Romains en 262 avant J.-C. avant d'être définitivement intégrée à l'Empire romain en 210 avant J.-C.
C'est au cours des dernières années de la République et du début de l'Empire qu'Agrigente, alors connue sous ce nom, profite de sa situation d'unique ville marchande encore active sur la côte méridionale de la Sicile. Cependant, le déclin de l'Empire d'Occident et la progression du christianisme entraînent son dépeuplement et son appauvrissement.
A partir du 7ème siècle après J.-C., sa superficie s'amoindrit, les anciens quartiers étant abandonnés alors que la population subsistante se regroupe sur la colline. Le peuplement restreint sera successivement occupé par les Arabes, qui l'appelleront Kerkent ou Gergent en 839 et en 1086 par les Normands, pour lesquelles elle sera Girgenti, nom qu'elle conservera jusqu'en 1927.
Source : évaluation des Organisations consultatives
Statistiques
Découvrez les photos de OUR PLACE the World Heritage Collection
