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Centre historique d’Urbino

Brève description

Urbino, une petite ville au sommet d'une colline dans la région des Marches, connut au XVe siècle une étonnante prospérité culturelle, attirant des artistes et des érudits de toute l'Italie et au-delà et influençant à son tour le développement d'autres régions d'Europe. Une stagnation économique et culturelle qui commença au XVIe siècle a assuré une exceptionnelle conservation de l'aspect qu'elle avait à la Renaissance.

Centre historique d’Urbino © UNESCO

Justification d'inscription

Critère ii : pendant sa courte prééminence culturelle, Urbino a attiré certains des plus remarquables érudits et artistes de la Renaissance, qui y ont créé un complexe urbain d’une homogénéité exceptionnelle, dont l’influence s’est largement étendue au reste de l’Europe. Critère iv : Urbino représente un pinacle de l’art et de l’architecture de la Renaissance, si harmonieusement adaptés à son site physique et à son précurseur médiéval que la ville en devient tout à fait exceptionnelle.

Description longue

Au cours de sa courte période de domination culturelle, Urbino attira certains des plus importants savants humanistes et artistes de la Renaissance, qui y créèrent un complexe urbain exceptionnel, d'une homogénéité remarquable, et dont l'influence s'étendit très loin dans le reste de l'Europe.

Les fortifications romaines des IIIe -IIe siècles av. J.-C. renfermaient un espace urbain dépourvu de plan régulier. La ville demeura dans ces limites jusqu'au début de son expansion, à la fin du XIe  siècle, qui exigea la construction d'un nouveau système défensif. Au milieu du XVe  siècle, Federico II da Montefeltro, dont la famille régnait sur la ville et sur le duché d'Urbino depuis la fin du XIIe  siècle, entreprit une campagne de reconstruction radicale de la cité, sans modifier toutefois son plan général. La muraille fut reconstruite selon les dessins de Léonard de Vinci. Le nouveau palais ducal, dû à Luciano Laurana et à Francesco di Giorgio Martini, y fut inséré avec un minimum d'adaptations, en y incorporant des édifices médiévaux. Avec la cathédrale adjacente, construite sur des dessins de Francesco di Giorgio, ce palais se plaçait à la pointe de l'architecture contemporaine, et devint le modèle de multiples édifices construits dans le style de la Renaissance. À la mort du duc Guidobaldo en 1508, Urbino passa à la famille des Della Roverre, pour faire ensuite partie des États pontificaux entre 1631 et 1860. Au cours de cette période, la ville subit un déclin économique généralisé. Toutefois, en 1700, l'accession au trône pontifical de Gianfrancesco Albani, natif d'Urbino, sous le nom de Clément XI, marqua le début d'une phase de restauration importante.

La façade occidentale du palais ducal (palazzo Ducale) se caractérise par ses deux tourelles élancées qui flanquent trois loggias superposées. L'édifice principal est construit en brique, mais les encadrements de fenêtres, les deux loggias supérieures et différents éléments décoratifs sont en pierre. Ailleurs, l'extérieur est plus austère, et surtout parementé en brique ; sur la façade de la piazza del Risorgimento, on peut reconnaître les façades des deux édifices médiévaux habilement incorporés au palais de la Renaissance par l'architecte dalmate Luciano Laurana. L'intérieur est plus luxueusement décoré, en particulier dans la cour principale qui présente d'élégantes arcades, un décor sculpté et des inscriptions. On gagne l'étage principal (piano nobile) par un bel escalier monumental dû à Barocci. La plupart des salles, aujourd'hui occupées par le Musée national, font un judicieux usage du décor mural peint et sculpté, des encadrements de portes, des frises et des manteaux de cheminée, entre autres. La salle du Trône, la plus grande du palais, contient un bas-relief représentant le lion de saint Marc. La salle des Anges, qui faisait partie des appartements privés du duc, tire son nom des putti dansants figurés sur sa belle cheminée. Ses portes de bois sont décorées par un trompe-l'œil de marqueterie dessiné par Sandro Botticelli, comme les murs du cabinet (studiolo) du duc, dont le plafond a été décoré par des artistes florentins. Il faut aussi mentionner la sala d'Iole , dans les appartements de la duchesse, qui tire son nom des caryatides sculptées sur sa cheminée.

La cathédrale (Duomo) a largement été reconstruite à la fin du XVIIIe  siècle, alors que Pie VII était pape, de manière à compléter la reconstruction demeurée inachevée au cours du règne de Clément XI. Le travail de Giuseppe Valadier, l'architecte du Saint-Siège, est d'un style néoclassique sobre et élégant, et l'édifice renferme d'importantes œuvres d'art. L'oratoire Saint-Jean-Baptiste, du XIVe  siècle, est décoré de magnifiques fresques de Luca Signorelli. L'église San Francesco, dont l'intérieur a été remanié au XVIIIe  siècle, remonte également au XIVe  siècle. L'église San Domenico est pour l'essentiel un édifice du XIIIe  siècle, mais un portail complexe lui a été ajouté à la Renaissance, surmonté par un oriel dû à Luca della Robbia. Les monastères de Santa Chiara et de San Bernardino sont de bons exemples de l'architecture conventuelle de la Renaissance.

Le lieu de naissance de Raphaël est un petit édifice du XIVe  siècle doté d'une charmante courette interne. La première œuvre importante de l'artiste, probablement, qui figure une Vierge à l'Enfant, se trouve dans la salle du premier étage où il naquit en 1483.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Les fortifications romaines que l'on peut trouver à cet endroit encerclaient aux IIIe - IIe siècles avant Jésus- Christ une zone urbaine composée de rues à l'agencement irrégulier. Jusqu'au XIe siècle, la cité se maintint à l'intérieur de ces limites, mais commença à s'étendre à la fin de ce siècle, ce qui exigea la construction de nouvelles murailles défensives.

Au milieu du XVe siècle, Federico II da Montefeltro, dont la famille régnait sur la ville et le duché d'Urbino depuis la fin du XIIe siècle, entreprit une campagne de reconstruction radicale de la ville, sans pour autant bouleverser sa structure urbaine globale. Les remparts furent reconstruits selon les dessins de Léonard de Vinci. Le nouveau palais ducal, oeuvre de Luciano Laurana et de Francesco di Giorgio Martini, s'inséra dans l'environnement en le bouleversant le moins possible, grâce à l'incorporation des structures médiévales existantes. Avec la cathédrale adjacente (bâtie selon les dessins de Francesco di Giorgio), le palais devint le noyau du tissu urbain et sa conception le modèle des nouveaux édifices de style Renaissance comme le Palazzo Luminati, érigé par les familles nobles de la cour ducale. Dans d'autres cas, les façades des résidences particulières et des églises furent reconstruites selon le nouveau style.

A la mort du duc Guidobaldo en 1508, Urbino passa aux mains de la famille Della Rovere, et de 1631 à 1860 fit partie des Etats pontificaux. Pendant cette période, la ville subit un déclin économique général ; cependant, en 1700, l'élévation à la papauté de Gianfrancesco Albani, né à Urbino, sous le nom de Clément XI, provoqua une campagne majeure de restauration, particulièrement sur les églises et autres bâtiments religieux.

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, certains changements furent apportés au tracé des rues, aboutissant à la démolition de quelques vieilles maisons pour permettre l'extension de certaines des places. Parallèlement, un nouveau théâtre vit le jour à côté de la tour Francesco di Giorgio, conçu par Vincenzo Ghinelli dans un style et des proportions qui s'intégraient bien dans son environnement.

Source : évaluation des Organisations consultatives