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Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modène

Cathedral, Torre Civica and Piazza Grande, Modena

The magnificent 12th-century cathedral at Modena, the work of two great artists (Lanfranco and Wiligelmus), is a supreme example of early Romanesque art. With its piazza and soaring tower, it testifies to the faith of its builders and the power of the Canossa dynasty who commissioned it.

Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modène

La magnifique cathédrale du XIIe siècle de Modène, œuvre de deux grands artistes, Lanfranco et Wiligelmo, est un exemple suprême des débuts de l'art roman. Avec la place et la tour élancée qui lui sont associées, elle témoigne de la force de la foi de ses constructeurs et du pouvoir de la dynastie des Canossa, ses commanditaires.

الكاتدرائية، تورّي تشيفيتشيا وبياتزا غراندي، مودينا

هذه الكاتدرائية الرائعة العائدة إلى القرن الثاني عشر في مودينا هي من صنع فنّانين كبيرين لانفرانكو وفيليجيلمو وتشكل مثلاً ساميًا لبدايات الفن الروماني. فبالباحة والبرج الممشوق المتصلين بها، تشهد هذه الكاتدرائية على قوة إيمان من بنوها وسلطة سلالة كانوسّا القيّمة على بنائها.

source: UNESCO/ERI

摩德纳的大教堂、市民塔和大广场

位于摩德纳的宏伟的12世纪大教堂,是兰弗兰科(Lanfranco)和威利盖尔茨(Wiligelmus)这两位伟大艺术家的杰作,是早期罗马风格艺术的最杰出典范。这所大教堂和与之相配套的宏大广场以及耸入云霄的高塔一起,不但证实了建造者们对皇室的无限忠诚,而且还体现了命令建造这些建筑的卡诺萨王朝的非凡国力。

source: UNESCO/ERI

Кафедральный собор, башня Торре-Чивика и площадь Пьяцца-Гранде в городе Модена

Великолепный собор XII в. в Модене работы двух больших художников (Ланфранко и Вильгельма) является наилучшим примером раннего романского искусства. Вместе с Соборной площадью и вздымающейся над ним башней собор символизирует твердую веру строителей и подтверждает могущество династии Каносса, которая заказала его строительство.

source: UNESCO/ERI

Catedral, torre cívica y gran plaza de Módena

Construida en el siglo XII por dos grandes artistas, Lanfranco y Wiligelmo, la magnífica catedral de Módena es una obra de arte suprema de los comienzos del arte románico. Junto con la plaza y la esbelta torre aledañas, este edificio atestigua el vigor de la fe que animó a sus constructores, así como el poder de la dinastía de los Canossa que ordenó su construcción.

source: UNESCO/ERI

モデナの大聖堂、トッレ・チヴィカ及びグランデ広場

source: NFUAJ

Kathedraal, Torre Civica en Piazza Grande, Modena

De prachtige 12e-eeuwse kathedraal van Modena – het werk van twee grote kunstenaars (Lanfranco en Wiligelmo) – is een goed voorbeeld van vroegromaanse kunst. Het plein en de hoge toren getuigen van het geloof van de bouwers en de macht van de opdrachtgever: de Canossa dynastie. Het geheel is een meesterwerk van menselijke genialiteit, waarin een dialectische relatie tussen architectuur en beeldhouwkunst is bereikt binnen de Romaanse kunst. Het Modena complex vormt een bewijs van de culturele tradities uit de 12e eeuw en is een van de beste voorbeelden van een architectonisch complex waar religieuze en burgerlijke waarden zijn gecombineerd in een middeleeuwse stad.

Source : unesco.nl

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© Yvon Fruneau
Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (i), (ii), (iii) et (iv). La création commune de Lanfranco et de Wiligelmo est un chef-d'oeuvre du génie créateur humain où s'impose une nouvelle dialectique des rapports entre architecture et sculpture dans l'art roman. L'ensemble de Modène est un témoignage exceptionnel sur la tradition culturelle du 12ème siècle et un des exemples éminents de complexe architectural où les valeurs religieuses et civiques se trouvent conjuguées dans une ville chrétienne du Moyen Age.

Description longue

La création commune de Lanfranco et de Wiligelmo est un chef-d'œuvre du génie créatif de l'homme, par lequel l'art roman établit une relation dialectique entre architecture et sculpture. Le complexe de Modène, qui offre un témoignage exceptionnel des traditions culturelles du XIIe  siècle, est aussi l'un des meilleurs exemples de complexe architectural combinant valeurs religieuses et civiques au sein d'une ville médiévale.

Modène se trouve dans la plaine du Pô, au carrefour de l'ancienne via Aemilia , qui reliait Plaisance à Rimini, et de la route menant au col du Brenner.

La construction de la cathédrale San Geminiano et de son campanile fut décidée pendant une vacance du siège épiscopal. Les inscriptions de la cathédrale et le texte de la Relatio translationis sancti Geminiani offrent un témoignage essentiel sur la première phase de construction de l'édifice (1099-1106) et mentionnent le nom de son architecte, Lanfranco, et celui de son sculpteur, Wiligelmo. La nouvelle cathédrale devait être plus grande que la précédente, construite par l'évêque schismatique Éribert en 1070, afin de prouver que le clergé et le peuple de Modène étaient revenus au sein de l'Église catholique romaine. La construction de la cathédrale et celle de son campanile se firent alors que le plan de la ville était déjà, pour l'essentiel, fixé. La cathédrale fut construite sur le site de celle de l'évêque Éribert, détruite à cette occasion, mais sur un axe oblique par rapport à celle-ci. Les Maestri Campionesi, architectes et sculpteurs engagés pour entretenir l'édifice par l'Œuvre de la cathédrale, à partir de la seconde moitié du XIIe  siècle, ouvrirent deux portails latéraux et une rosace dans la façade, puis la porta Regia sur le côté sud (vers 1180). Ils agrandirent également la crypte, surélevèrent le chœur et élargirent le toit de manière à construire un faux transept (de la fin du XIIe  siècle au début du XIIIe  siècle). Le campanile, dont la silhouette trapue constitue un point de repère pour le voyageur qui arrive en ville, est rattaché à la cathédrale par deux arches.

La piazza Grande ne subit alors que de faibles changements. On conserva sa forme quadrangulaire, son côté nord étant longé par le flanc de la cathédrale. Les palazzi Comunali, anciens et nouveaux, furent réunis par la tour de l'Horloge (XIIIe -XVIe siècle) et uniformisés par la construction de nouvelles façades et arcades (XVIIe -XIXe siècle). Le palais de l'Archevêque, en brique, qui est étroitement lié à la cathédrale par un passage privé, occupe le côté ouest de la place. Il a subi une première transformation à la fin du XVe  siècle, et un étage supplémentaire lui fut ajouté en 1776. D'autres changements furent apportés au complexe au cours des décennies suivantes. La physionomie du côté sud de la place changea radicalement lorsque le nouveau palais de Justice y fut construit par Luigi Giacomelli en 1892 (il a été remplacé par un nouvel édifice de Gio Ponti dans les années soixante du XXe  siècle). Le campanile (connu sous le nom de Ghirlandina) et la cathédrale sont inséparables, aussi bien topographiquement que stylistiquement. La tour monumentale, construite dans les mêmes matériaux que la cathédrale, comporte cinq étages soulignés par de petites arcades aveugles éclairées par de simples meurtrières, et plus haut par des bifores, puis par des trifores. La moitié inférieure de la tour, inspirée par les tours romaines, et qui suggère l'autorité et le pouvoir, est surmontée par un fût octogonal avec un haut lanternon qui exprime l'intérêt qu'éprouvaient alors les Maestri Campionesi pour l'architecture gothique.

Lanfranco revêtit sa nouvelle cathédrale en pierre d'Istrie, pour lui conférer la splendeur des temples de l'Antiquité. Les six portails s'ouvrent au fil du mur et empruntent à la tradition romaine la lunette et l'architrave. L'intérieur, entièrement en brique, a conservé la plus grande partie de sa physionomie d'origine : sa nef sur laquelle ouvrent une tribune dépourvue de plancher et de larges baies, deux nefs latérales et un chœur surélevé au-dessus d'une crypte, et qui s'achève par trois étroites absides. Les arcs reposent sur un système de supports alternés dont les colonnes de marbre sont surmontées de chapiteaux corinthiens sculptés par Wiligelmo. Les Maestri Campionesi introduisirent le faux transept et la voûte de la nef ; ils participèrent également certainement au décor intérieur, lorsque décision fut prise de peindre les murs et de rehausser l'architecture par des revêtements peints imitant un appareil en brique, notamment sur les arcs principaux, les pilastres des grandes travées et les frises qui courent le long des murs. La cathédrale de Modène fut également un grand atelier de sculpture brillamment illustré par Wiligelmo, notamment sur sa façade, qui présente un véritable corpus de l'œuvre de ce sculpteur.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Modène est située dans la plaine du Pô au croisement de l'antique via Aemilia qui reliait Plaisance à Rimini et de la route qui mène au col du Brenner. L'histoire de Modène entre le 11ème et le 12ème siècle s'articule autour de la présence de trois institutions, la célèbre abbaye bénédictine de Nonantola, l'évêché de Modène et les Canossa dynastie nobiliaire la plus puissante de la partie centrale du Nord de l'Italie à cette époque. A la faveur de l'affaiblissement de l'autorité royale (fin du 9ème- 10ème siècle) les évêques de Modène et les Canossa obtiennent des donations de terres et des privilèges fiscaux qui vont asseoir leur autorité et leur influence pour les siècles à venir. Devenu fidèle allié de l'empereur Otton 1er (966-973), Adalbert de Canossa est élevé à la dignité de comte des territoires de Modène mais la ville restera sous le contrôle de son évêque. Un siècle plus tard, les territoires des Canossa s'étendent à la plaine centrale du Pô et à la Toscane.

Au moment de la Querelle des Investitures qui oppose l'empire à la papauté à partir de la fin du 11ème siècle, Mathilde de Canossa (v. 1045-1ll5) a eu d'abord un rôle de médiateur puis elle se range du côté de la papauté. L'histoire de l'évêché de Modène suit à ce moment les fluctuations du parti impérial qui à Modène est lié à la fortune des Canossa. En effet, à la suite de l'excommunication de l'évêque Enbert (1055-1094), l'évêché cOIDiaît une crise de succession (1095-1100), qui est momentanément apaisée par l'élection de Benoît, un proche de Mathilde de Canossa, et finalement résolue en 1100 avec l'arrivée de son successeur, Dodon (1100 -1134). Le nouvel évêque désigné par le pape Urbain il met fin au schisme et fait triompher la réforme grégorienne dans la ville.

La construction de la cathédrale, dédiée à San Geminiano, évêque de Modène et saint patron de la ville (+349) tout comme celle du campanile est décidée au moment où le siège de l'évêché est vacant. Les inscriptions de la cathédrale et le texte de la Relatio translationis corporis sancti Geminiani apportent un témoignage inestimable sur la première phase de la construction ( 1099-1106). Ces documents nomment, fait assez inhabituel dans la tradition médiévale, l'architecte, Lanfranco et le sculpteur, Wiligelmo, réunis dans 1ère œuvre conçue par les commanditaires, le peuple de Modène, comme 1m monument insigne d'architecture et de sculpture. La nouvelle cathédrale doit en effet surpasser la précédente, érigée par l'évêque schismatique Eribert en 1070 et constituer la preuve que le clergé et les Modénais sont bien revenus au sein de l'église romaine. Lorsqu'à la fin de sa vie Mathilde de Canossa rend aux monastères et aux églises les territoires que ses prédécesseurs avaient accumulés, elle confirme l'existence du processus de désintégration de ses domaines et à Modène se profilent les libertés communales qui seront pleinement exercées par des consuls à partir de 1227.

La construction de la cathédrale et de la Torre Civica s'insère dans 1m tissu urbain déjà largement constitué. En effet, si les documents antérieurs au 12ème siècle semblent privilégier la cathédrale comme point de référence, l'attention s'étend maintenant à l'espace qui entoure l'édifice, destiné à devenir 1me place publique et sur lequel il est possible de préciser l'existence de constructions, siège de l'administration ecclésiastique et de la juridiction civile de l'évêque puis de la commune. Il s'agit de la résidence de l'évêque et du centre administratif qui en dépend (1070), du chapitre de la cathédrale et de son école à l'origine entre le 10ème et le 12ème siècle d'1me vaste production littéraire, du Palazzo Com1male (1194) et d'habitations associées à des potagers dans la partie sud-est de la place. Au cours des siècles, les constructions qui bordent le côté Sud de la place ont été attribuées à l'exercice d'activités artisanales, commerciales et munincipales comme celles du marché aux viandes, d'1me imprimerie, du siège des Giudici delle Vettovaglie (1615) ou de prison.

La cathédrale actuelle est construite sur l'emplacement de la cathédrale élevée par l'évêque Eribert (1070), un édifice à cinq vaisseaux et disposé obliquement par rapport à l'axe actuel qui fut détruite au moment de la nouvelle consécration. Entre la pose de la première pierre, le 9 mai 1099, la translation des reliques du saint dans la crypte (30 mai 11 06) et la consécration de l'autel quelques mois plus tard (la consécration solennelle par le pape Lucius III aura lieu en 1184), la construction simultanée du chœur et de la partie occidentale est achevée. La construction des grands arcs transversaux qui relient les deux parois de la nef et ceux qui relient les vaisseaux est sans doute déjà bien avancée. Les Maestri campionesi, architectes et sculpteurs qui furent chargés de l'entretien de l'édifice par l'Œuvre de la cathédrale à partir de la seconde moitié du 12ème siècle, ont ouvert les deux portails latéraux et la rosace de la façade puis la porta Regia au Sud (vers 1180). A l'intérieur, ils ont agrandi la crypte, surélevé le chœur et dilaté la couverture afin d'aménager un faux transept (fin 12ème-début 13ème siècle). Au cours du 15ème siècle, les plafonds en bois d'origine sont remplacés par des voûtes de pierre.

La Torre Civica, un campanile dont la haute silhouette (85 mètres) signale l'approche de la ville au voyageur est étroitement associé à la cathédrale. Deux arcs les relient. Le campanile rythmait la vie de la cité et abritait les registres civils. Sa construction est contemporaine de celle de la cathédrale et donc attribuable pour sa partie inférieure, jusqu'au quatrième étage, à Lanfranco et pour la partie supérieure aux Maestri campionesi (1261-1319).

Source : évaluation des Organisations consultatives