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Jardin botanique (Orto botanico), Padoue

Botanical Garden (Orto Botanico), Padua

The world's first botanical garden was created in Padua in 1545. It still preserves its original layout – a circular central plot, symbolizing the world, surrounded by a ring of water. Other elements were added later, some architectural (ornamental entrances and balustrades) and some practical (pumping installations and greenhouses). It continues to serve its original purpose as a centre for scientific research.

Jardin botanique (Orto botanico), Padoue

Le premier jardin botanique du monde a été créé à Padoue en 1545. Il a conservé son plan d'origine – un jardin clos circulaire, symbole du monde, entouré d'un ruban d'eau. Par la suite, des éléments nouveaux ont été ajoutés, à la fois architecturaux (entrées monumentales et balustrades) et pratiques (installation de pompage et serres). Il continue, comme par le passé, à inspirer la recherche scientifique.

حديقة النباتات، بادوفا

أنشئت حديقة النباتات الأولى في بادوفا في العام 1545 وقد حافظت على تصميمها الأصلي – أي حديقة مغلقة دائرية، ترمز إلى العالم، ومحاطة بشريط ماء. وبالتالي، أضيفت عناصر جديدة، هندسية معمارية (مداخل نُصبية ودرابزين) وعملية (منشآت ضخّ وبيوت بلاستيك). وهي تستمر كما في الماضي في تقديم الوحي للبحوث العلمية.

source: UNESCO/ERI

帕多瓦植物园

世界上第一个植物园于1545年建于帕多瓦。它至今仍保留着最初的建筑布局——一块圆形土地,象征着整个世界,四周被淙淙的水流环绕。此后这里又增添了一些其他设施,其中包括建筑设施(装饰过的大门和栅栏)和实用设施(汲水装置和暖房)。时至今日,它仍一如既往地继续着它的初衷,即把植物园作为科学研究的基地。

source: UNESCO/ERI

Ботанический сад (Орто Ботанико) в городе Падуя

Первый в мире ботанический сад был заложен в Падуе в 1545 г. Он все еще сохраняет свою первоначальную планировку – круглый участок в центре, символизирующий весь мир, окруженный кольцом воды. Другие элементы были добавлены позже: архитектурные (декоративные входы и балюстрады) и инженерно-технические (насосные станции и оранжереи). Сад и поныне продолжает служить своей первоначальной цели в качестве центра научных исследований.

source: UNESCO/ERI

Jardín Botánico (Orto Botanico) de Padua

El primer jardín botánico del mundo se creó en Padua en 1545. Ha conservado su trazado primigenio formado por un terreno circular, símbolo del mundo, rodeado por un anillo de agua. Con el correr del tiempo se le fueron agregando elementos arquitectónicos (pórticos ornamentales y balaustradas) y funcionales (instalaciones de bombeo de agua e invernaderos). El jardín sigue cumpliendo su función original de centro de investigación científica.

source: UNESCO/ERI

パドヴァの植物園(オルト・ボタニコ)
1545年に造園された世界初の植物園。熱帯植物と椰子の木が多い。設立当初の設計である世界を象徴する円環状の中心地が残され、また本来の目的である学術研究の機能には、のちに付け加えられた要素も見られる。

source: NFUAJ

Botanische tuin, Padua

De Botanische tuin van Padua is de meest originele botanische tuin ter wereld. Hij vertegenwoordigt de geboorte van de wetenschap, wetenschappelijke uitwisselingen en het begrip van de relatie tussen natuur en cultuur. De tuin heeft in grote mate bijgedragen aan de ontwikkeling van moderne wetenschappelijke disciplines, met name plantkunde, geneeskunde, chemie, ecologie en farmacie. Hij is opgericht in 1545 en heeft tot op heden nog zijn originele ontwerp: een rond, centraal grondstuk als symbool van de wereld, omgeven door een ring van water. Andere architecturale en praktische elementen werden later toegevoegd. De botanische tuin dient nog steeds zijn oorspronkelijke doel als centrum voor wetenschappelijk onderzoek.

Source : unesco.nl

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© UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le premier jardin botanique universitaire du monde fut créé à Padoue en 1545, ce qui fait du Jardin botanique de Padoue le plus ancien exemple de ce type de bien culturel ayant survécu. Les jardins botaniques ont joué un rôle vital dans l’histoire de la communication et des échanges, non seulement en matière d’idées et de concepts, mais aussi en ce qui concerne les plantes et leur connaissance. Le Jardin botanique de Padoue est à l’origine des jardins botaniques en Europe et représente la naissance de la science botanique, des échanges scientifiques et de la compréhension des relations entre nature et culture.   

Il conserve son plan d’origine, une parcelle centrale circulaire symbolisant le monde entourée d’un anneau d’eau qui représente l’océan. Ce plan est un cercle parfait avec un grand carré inscrit à l’intérieur, qui est subdivisé en quatre unités par des chemins orthogonaux, orientés suivant les principales directions cardinales. Lorsque les quatre entrées furent réaménagées en 1704, les grilles en fer forgé donnant sur les cercles intérieurs et les quatre acrotères ont été installées sur huit piliers et surmontés de quatre paires de plantes en fer forgé. Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, la balustrade qui longe le haut du mur circulaire de 250 m a été achevée. Le Jardin botanique de Padoue renferme deux collections majeures : la bibliothèque, qui contient plus de 50 000 volumes et manuscrits de première importance historique et bibliographique, et l’herbier, qui est le deuxième d’Italie par sa taille. Des plantes particulièrement rares y étaient aussi traditionnellement rassemblées et cultivées. Actuellement, plus de 6 000 espèces y sont ordonnées suivant des critères systématiques, utilitaires et écologiques-environnementaux, ainsi que sous forme de collections thématiques.

Le Jardin botanique de Padoue est exceptionnel par sa grande valeur scientifique en termes d'expérimentation, d'éducation et de collection, et en raison de son plan et de son architecture. Son herbier et sa bibliothèque continuent de compter parmi les plus importants du monde. Ce jardin a largement contribué à l'essor de nombreuses disciplines scientifiques modernes, notamment la botanique, la médecine, l'écologie et la pharmacie.

Critère (ii): Le Jardin botanique de Padoue a représenté une source d’inspiration pour de nombreux autres jardins en Italie et en Europe, et a influencé aussi bien leurs conceptions architecturales et fonctionnelles que leurs approches didactiques et scientifiques pour l’étude des plantes médicinales et les disciplines associées. Depuis sa création, il a été au centre d’un vaste réseau de relations internationales, contribuant à la diffusion des divers aspects des plantes médicinales et des sciences botaniques et à la préservation d’espèces végétales ex-situ. Il a aussi largement contribué à l'essor de nombreuses disciplines scientifiques modernes, notamment la botanique, la médecine, l'écologie et la pharmacie.

Critère (iii): Pendant plus de cinq siècles, le Jardin botanique de Padoue a témoigné de son exceptionnelle importance scientifique et culturelle. Sa situation, sa taille et ses principales caractéristiques de même que ses aspects majeurs en matière de recherche et didactique, sont restés essentiellement inchangés au fil des siècles, avec une adaptation constante aux découvertes les plus avancées dans les sciences de la botanique et de l’éducation. De nombreux botanistes connus sont devenus « Praefectus » du Jardin botanique de Padoue, laissant trace de leurs travaux scientifiques par le biais des plantes qui portent leurs noms (par ex. la famille des Pontederiacae en l’honeur du Praefectus Giulio Pontedera).

Intégrité

Le bien inscrit couvre une superficie de 2,20 ha, avec une zone tampon de 11 ha, et comprend tous les éléments nécessaires pour transmettre sa valeur universelle exceptionnelle. La Jardin botanique a été entretenu d’une manière continue durant sa longue histoire et a conservé son intégrité structurelle, avec la conservation du cadre et du plan d’origine, ainsi que son intégrité  fonctionnelle, restant pendant plus de cinq siècles un lieu consacré à la recherche, à l’enseignement et à la diffusion scientifique.  

Authenticité

Le jardin botanique a été utilisé de manière continue conformément à ses buts d’origine depuis sa création au XVIe siècle. Il conserve encore son plan original avec un terrain central circulaire symbolisant la terre, entouré d’un anneau d’eau. Il a maintenu son authenticité, bien que d’autres composants aient été ajoutés ultérieurement, dont certains éléments architecturaux, comme des entrées et balustrades ornementales, et certains autres à caractère pratique, comme des installations de pompage et des serres. Quelques travaux de restauration ont été réalisés au cours des XIXe et XXe siècles, dans le plein respect de ses caractéristiques et matériaux d’origine. Les modifications apportées à la conception originale ont suivi le rythme des évolutions dans les théories et pratiques botaniques et horticoles, mais dans l’ensemble, il conserve clairement sa conception et sa structure d’origine.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

La sauvegarde et la protection du Jardin botanique de Padoue relèvent de la responsabilité partagée de nombreuses parties prenantes institutionnelles, agissant aux niveaux communal, provincial, régional et national. La protection et la gestion du bien sont assurées par le cadre de la législation nationale sur la protection du patrimoine culturel (Decreto Legislativo N° 42/2004, “Codice dei Beni Culturali e del Paesaggio”), qui prévoit l’approbation préliminaire nécessaire de toute intervention par la Direction régionale pour les affaires culturelles et du paysage de la région de la Vénétie, le bureau local du Ministère de la Culture.

Le Jardin botanique ne bénéficie pas en soi d’une protection juridique, mais il est entouré de plusieurs biens protégés au titre des dispositions de la protection italienne de base pour le patrimoine culturel. La plus grande partie de la limite orientale est soumise à des contraintes ministérielles en vertu de la même loi. L’administration de la ville protège une ceinture de 40 m entourant le jardin entier, conformément à une loi approuvée en 1995 (« Zone de protection du jardin botanique »). Celle-ci constitue également un cadre juridique qui ne permet que des interventions de restauration afin d’assurer la bonne conservation du bien.

Au niveau régional (région de la Vénétie), les outils d’aménagement territorial et urbain visent à promouvoir le développement durable de l’ensemble des zones, avec une attention particulière portée aux identités historico-culturelles des différents établissements et à la valorisation des zones naturalistes.

Les plans du niveau provincial (PTRC de la province de Padoue) identifient les synergies possibles pour sauvegarder l’environnement naturel et promouvoir les activités économiques locales traditionnelles, le tourisme étant en particulier considéré comme un secteur clé pour encourager la valorisation du bien.

Le jardin botanique appartient à l’État italien, mais est prêté à titre permanent à l’Université de Padoue qui, depuis la création du jardin en 1545, est la seule entité responsable de sa gestion et de son entretien : l’autorité qui en assure la charge est appelée « Praefectus Horti Botanici Patavini » et nommée par le Recteur de l’université. Ces deux dernières décennies, un comité technique scientifique (CTS) composé d’experts éminents en botanique et pathologie des plantes a soutenu le Praefectus. L’université est responsable de l’entretien du jardin et de l’infrastructure des serres ; elle emploie une équipe technique d’employés permanents (jardiniers). De plus, elle reçoit un soutien financier de la municipalité de Padoue, qui est principalement utilisé pour couvrir les coûts des visites guidées et la prolongation des heures d’ouvertures pour les touristes.

Afin d’éviter que la destruction partielle des zones environnantes et l’expansion urbaine ne se poursuivent, l’université de Padoue a acheté une grande partie de la zone proche pour y construire un jardin botanique « satellite » moderne.

Le plan de gestion vise à préserver et valoriser le jardin botanique en lien avec aux autres biens culturels importants (par ex. la Cappella degli Scrovegni, et le système de places médiévales) qui existent à l’intérieur et à proximité du territoire de la municipalité et de la province de Padoue, en encourageant une planification et des activités conjointes.

La perspective stratégique est celle d’une approche intégrée, notamment la combinaison des activités de promotion des sciences (par ex. conférences, séminaires, expositions dédiés aux divers aspects de la botanique et des domaines associés) avec une gestion du tourisme durable, offrant des visites spécifiques à des groupes cibles (par ex. écoles, universités, experts, scientifiques et visiteurs). Cette stratégie vise à traiter des aspects critiques identifiés par le plan de gestion en relation avec la réduction des fonds.
Description longue

Le Jardin botanique de Padoue est à l'origine de tous les jardins botaniques du monde, et illustre la naissance de la science et des échanges scientifiques, ainsi que l'approfondissement de la réflexion sur le rapport entre nature et culture. Il a apporté une contribution fondamentale au développement de nombre de disciplines scientifiques modernes, dont la botanique, la médecine, la chimie, la géologie, l'écologie et la pharmacie.

Beaucoup de savants illustres dans les domaines de la botanique et de la médecine avaient travaillé à l'université de Padoue depuis sa fondation en 1222. Parmi eux se trouvait Alberto Magno, qui s'y diplôma en 1223 et devint le saint patron des sciences naturelles, Pietro d'Abano (1250-1316), Giacomo Dondi Orologio (1298-1360) et Domenico Senno (1461-1531). En 1533, Francesco Bonafede (1474-1558) fut appelé à la chaire de Lectura Simplicium à l'université par la République sérénissime de Venise. En 1543, il demanda la création d'un herbarium et d'un jardin botanique modèles, qui furent créés par décret de la Serenissima le 29 juin 1545. Les travaux commencèrent immédiatement sur une parcelle de terrain appartenant à l'Ordre bénédictin, où les moines cultivaient probablement déjà des herbes médicinales. La réalisation du projet fut confiée à Daniele Barbaro, le traducteur du De architectura de Vitruve.

Le jardin est resté à cet emplacement depuis lors. Différents aménagements lui ont été apportés au cours des siècles : un dispositif de pompage de l'eau pour alimenter dix fontaines au XVIIe  siècle, quatre entrées monumentales en 1704, et de nouvelles serres construites à la fin du XVIIIe  siècle et au début du siècle suivant. Un arboretum, un jardin anglais aux allées sinueuses et un petit tertre (le Belvédère) lui furent également ajoutés à cette époque.

Le projet de Barbaro était d'aménager les 22 000 m2 de ce terrain irrégulier sous la forme d'un petit monde paradisiaque entouré par un ruban d'eau (le canal Alicomo) représentant l'océan. Il dessina en outre un hortus conclusus circulaire de 86 m de diamètre, qui renfermait lui-même une parcelle carrée de 41 m2 . Le jardin était divisé en quatre quadrants par des allées orthogonales les unes aux autres, orientées en fonction des quatre points cardinaux.

Des documents anciens montrent que le jardin botanique était entouré par un haut mur de brique, et que les quatre carrés créés par l'intersection des deux allées partant de l'espace central étaient embellis de parterres de fleurs géométriques délimités par des pierres, chacun renfermant une espèce déterminée de plantes. Ce plan fondamental demeure encore aujourd'hui, en dépit des nombreuses modifications qui lui ont été apportées depuis.

Lors de la réfection des quatre entrées en 1704, on installa les portails en fer forgé donnant dans les cercles intérieurs et les quatre acrotères sur chacun des huit piliers, surmontés par quatre paires de plantes en fer forgé (Fritillatia , Ananas , Lilium et Yucca ). Les fontaines en pierre d'Istrie, à l'extérieur du jardin circulaire, remontent à la même époque, et représentent Théophraste et Salomon. L'élégante balustrade qui surmonte sur toute leur longueur les 250 m du mur circulaire a également été placée au cours de la première moitié du XVIIIe  siècle. Les serres construites en pierre, et chauffées, ont remplacé les serres mobiles utilisées pour protéger les plantes délicates au cours de l'hiver, et qui se trouvaient au sud du jardin.

Le jardin botanique abrite aussi deux importantes collections. La bibliothèque contient plus de 50 000 volumes et manuscrits d'un immense intérêt historique et bibliographique. L'herbarium est le second d'Italie.

Le jardin avait pour vocation de rassembler et de cultiver des plantes particulièrement rares, qui furent ensuite introduites dans le reste de l'Europe. Il renferme aujourd'hui quelque 6 000 espèces, classées selon des critères systématiques et utilitaires (plantes médicinales, plantes à essence) ou écologico-environnementaux (plantes de tourbière, flore du maquis méditerranéen, flore alpine). Certaines collections sont thématiques (plantes carnivores, succulentes, aquatiques, vénéneuses), d'autres classées par genre (Salix  L., Allium  L., Ornithogallum  L., Aster  L., Campanula L.). La collection de plantes rares ou menacées d'extinction, dont certaines ont pu être cultivées avec succès dans le jardin, présente un intérêt tout particulier.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Depuis sa fondation en 1222, l'Université de Padoue a accueilli nombre d'érudits célèbres tant en botanique qu'en médecine. On peut notamment citer Alberto Magno, qui obtient son diplôme en 1223 et deviendra plus tard le protecteur des sciences naturelles, mais également Pietro d'Abano (1250- 1316), Giacomo Dondi Orologio (1298-1360) et Domenico Senno (1461-1531).

En 1533, Francesco Bonafede (1474-1558) est nommé à la chaire de Lectura Simplicium de l'Université par la sérénissime République de Venise. En 1543, il lance une pétition pour la création d'un jardin botanique exemplaire comprenant un herbier, lequel sera établi par un décret de la sérénissime république en date du 29 juin 1545.

Les travaux débutent aussitôt sur des terres de l'ordre bénédictin dont les moines cultivaient déjà probablement des plantes médicinales à cet endroit. La mise en œuvre du projet revient alors à Daniele Barbaro, traducteur du traité De architectura de Vitruve.

Le jardin n'a pas changé de place depuis cette époque, même si divers ajouts ont vu le jour au cours des siècles : au 17ème siècle, une installation de pompage alimentant dix fontaines, en 1704, quatre entrées monumentales puis, à la fin du 18ème siècle et au début du 19ème, de nouvelles serres en pierre. Vers cette époque, le jardin est agrémenté d'un arboretum, d'un jardin anglais traversé par des allées sinueuses, et d'un petit tertre connu sous le nom de Belvédère.

Source : évaluation des Organisations consultatives
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