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Jardin botanique (Orto botanico), Padoue

Brève description

Le premier jardin botanique du monde a été créé à Padoue en 1545. Il a conservé son plan d'origine – un jardin clos circulaire, symbole du monde, entouré d'un ruban d'eau. Par la suite, des éléments nouveaux ont été ajoutés, à la fois architecturaux (entrées monumentales et balustrades) et pratiques (installation de pompage et serres). Il continue, comme par le passé, à inspirer la recherche scientifique.

© UNESCO

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (ii) et (iii). Le jardin botanique de Padoue est à l'origine de tous les jardins botaniques du monde et représente le berceau de la science, des échanges scientifiques et de la compréhension des relations entre la nature et la culture. Il a largement contribué à l'essor de nombreuses disciplines scientifiques modernes, notamment la botanique, la médecine, la chimie, l'écologie et la pharmacie.

Description longue

Le Jardin botanique de Padoue est à l'origine de tous les jardins botaniques du monde, et illustre la naissance de la science et des échanges scientifiques, ainsi que l'approfondissement de la réflexion sur le rapport entre nature et culture. Il a apporté une contribution fondamentale au développement de nombre de disciplines scientifiques modernes, dont la botanique, la médecine, la chimie, la géologie, l'écologie et la pharmacie.

Beaucoup de savants illustres dans les domaines de la botanique et de la médecine avaient travaillé à l'université de Padoue depuis sa fondation en 1222. Parmi eux se trouvait Alberto Magno, qui s'y diplôma en 1223 et devint le saint patron des sciences naturelles, Pietro d'Abano (1250-1316), Giacomo Dondi Orologio (1298-1360) et Domenico Senno (1461-1531). En 1533, Francesco Bonafede (1474-1558) fut appelé à la chaire de Lectura Simplicium à l'université par la République sérénissime de Venise. En 1543, il demanda la création d'un herbarium et d'un jardin botanique modèles, qui furent créés par décret de la Serenissima le 29 juin 1545. Les travaux commencèrent immédiatement sur une parcelle de terrain appartenant à l'Ordre bénédictin, où les moines cultivaient probablement déjà des herbes médicinales. La réalisation du projet fut confiée à Daniele Barbaro, le traducteur du De architectura de Vitruve.

Le jardin est resté à cet emplacement depuis lors. Différents aménagements lui ont été apportés au cours des siècles : un dispositif de pompage de l'eau pour alimenter dix fontaines au XVIIe  siècle, quatre entrées monumentales en 1704, et de nouvelles serres construites à la fin du XVIIIe  siècle et au début du siècle suivant. Un arboretum, un jardin anglais aux allées sinueuses et un petit tertre (le Belvédère) lui furent également ajoutés à cette époque.

Le projet de Barbaro était d'aménager les 22 000 m2 de ce terrain irrégulier sous la forme d'un petit monde paradisiaque entouré par un ruban d'eau (le canal Alicomo) représentant l'océan. Il dessina en outre un hortus conclusus circulaire de 86 m de diamètre, qui renfermait lui-même une parcelle carrée de 41 m2 . Le jardin était divisé en quatre quadrants par des allées orthogonales les unes aux autres, orientées en fonction des quatre points cardinaux.

Des documents anciens montrent que le jardin botanique était entouré par un haut mur de brique, et que les quatre carrés créés par l'intersection des deux allées partant de l'espace central étaient embellis de parterres de fleurs géométriques délimités par des pierres, chacun renfermant une espèce déterminée de plantes. Ce plan fondamental demeure encore aujourd'hui, en dépit des nombreuses modifications qui lui ont été apportées depuis.

Lors de la réfection des quatre entrées en 1704, on installa les portails en fer forgé donnant dans les cercles intérieurs et les quatre acrotères sur chacun des huit piliers, surmontés par quatre paires de plantes en fer forgé (Fritillatia , Ananas , Lilium et Yucca ). Les fontaines en pierre d'Istrie, à l'extérieur du jardin circulaire, remontent à la même époque, et représentent Théophraste et Salomon. L'élégante balustrade qui surmonte sur toute leur longueur les 250 m du mur circulaire a également été placée au cours de la première moitié du XVIIIe  siècle. Les serres construites en pierre, et chauffées, ont remplacé les serres mobiles utilisées pour protéger les plantes délicates au cours de l'hiver, et qui se trouvaient au sud du jardin.

Le jardin botanique abrite aussi deux importantes collections. La bibliothèque contient plus de 50 000 volumes et manuscrits d'un immense intérêt historique et bibliographique. L'herbarium est le second d'Italie.

Le jardin avait pour vocation de rassembler et de cultiver des plantes particulièrement rares, qui furent ensuite introduites dans le reste de l'Europe. Il renferme aujourd'hui quelque 6 000 espèces, classées selon des critères systématiques et utilitaires (plantes médicinales, plantes à essence) ou écologico-environnementaux (plantes de tourbière, flore du maquis méditerranéen, flore alpine). Certaines collections sont thématiques (plantes carnivores, succulentes, aquatiques, vénéneuses), d'autres classées par genre (Salix  L., Allium  L., Ornithogallum  L., Aster  L., Campanula L.). La collection de plantes rares ou menacées d'extinction, dont certaines ont pu être cultivées avec succès dans le jardin, présente un intérêt tout particulier.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Depuis sa fondation en 1222, l'Université de Padoue a accueilli nombre d'érudits célèbres tant en botanique qu'en médecine. On peut notamment citer Alberto Magno, qui obtient son diplôme en 1223 et deviendra plus tard le protecteur des sciences naturelles, mais également Pietro d'Abano (1250- 1316), Giacomo Dondi Orologio (1298-1360) et Domenico Senno (1461-1531).

En 1533, Francesco Bonafede (1474-1558) est nommé à la chaire de Lectura Simplicium de l'Université par la sérénissime République de Venise. En 1543, il lance une pétition pour la création d'un jardin botanique exemplaire comprenant un herbier, lequel sera établi par un décret de la sérénissime république en date du 29 juin 1545.

Les travaux débutent aussitôt sur des terres de l'ordre bénédictin dont les moines cultivaient déjà probablement des plantes médicinales à cet endroit. La mise en œuvre du projet revient alors à Daniele Barbaro, traducteur du traité De architectura de Vitruve.

Le jardin n'a pas changé de place depuis cette époque, même si divers ajouts ont vu le jour au cours des siècles : au 17ème siècle, une installation de pompage alimentant dix fontaines, en 1704, quatre entrées monumentales puis, à la fin du 18ème siècle et au début du 19ème, de nouvelles serres en pierre. Vers cette époque, le jardin est agrémenté d'un arboretum, d'un jardin anglais traversé par des allées sinueuses, et d'un petit tertre connu sous le nom de Belvédère.

Source : évaluation des Organisations consultatives