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Centre historique de São Luís

Brève description

Le centre de cette ville historique datant de la fin du XVIIe siècle, fondée par les Français et occupée par les Hollandais avant de passer sous la domination des Portugais, a préservé l’ensemble d’origine de ses rues au quadrillage rectangulaire. En raison d’une période de stagnation économique au début du XXe siècle, un nombre important de bâtiments historiques de grande qualité ont été conservés, en faisant ainsi un exemple exceptionnel de ville coloniale ibérique.

São Luis - Rua Portugal © M & G Therin-Weise

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (iii), (iv) et (v). Le Centre historique de Sao Luis do Maranhao est un exemple exceptionnel de ville coloniale portugaise, adaptée avec succès aux conditions climatiques de l'Amérique du Sud équatoriale et ayant préservé dans une remarquable mesure son tissu urbain harmonieusement intégré à son environnement naturel.

Description longue

Le centre historique de São Luis do Maranhão offre un remarquable exemple de ville coloniale portugaise qui a su s'adapter, de manière exceptionnelle, aux conditions climatiques équatoriales de l'Amérique du Sud, et préserver une physionomie urbaine harmonieusement intégrée à son site naturel.

Le centre de cette ville historique de la fin du XVIIe  siècle, fondée par les Français en 1612 et occupée par les Hollandais avant de passer sous la domination des Portugais, a préservé le dessin d'origine de ses rues au quadrillage rectangulaire. En raison d'une période de stagnation économique au début du XXe  siècle, un nombre important de bâtiments historiques d'un grand intérêt ont été conservés, ce qui en fait un exemple exceptionnel de ville coloniale ibérique. Deux constructions modernes sans intérêt, seulement, perturbent son paysage.

Les constructions de la ville s'organisent en fonction d'un quadrillage rectangulaire de rues implanté au XVIIe  siècle. Les maisons privées sont construites autour de cours, et leurs plus remarquables exemples présentent des toits de tuiles, des façades revêtues d'azulejos portugais ou peintes, des corniches ornementales, des baies décorées, hautes et étroites, et des balcons en fer forgé ou en fonte ; les étages sont en pierre apparente. Compte tenu du climat tropical de la ville, elles comportent intérieurement des parties surélevées, et des vérandas fermées. Le centre historique comporte quelque 4 000 édifices, qui peuvent être répartis en trois catégories.

Les somptueux manoirs construits par les riches classes moyennes du XVIIIe  siècle ont pour traits communs des encadrements de portes et de fenêtres en pierre apparente, souvent embellis par des éléments décoratifs classiques, des frontons triangulaires, des balcons curvilignes, des façades de marbre et des grilles en fer forgé. L'intérieur présente un vestibule pavé en marbre ou en galets de rivière. Un escalier principal mène aux étages supérieurs où vivait la famille, le rez-de-chaussée étant réservé aux véhicules et aux services.

Les maisons à plusieurs étages, dont certaines en comportent jusqu'à quatre, sont pour la plupart revêtues de marbre. En harmonie avec les fenêtres, les façades présentent des balcons et d'élégantes balustrades en fonte.

Le troisième groupe, celui des petites maisons, se divise à son tour en « habitations complètes », avec à une extrémité un portail central flanqué de deux fenêtres, et les maisons à simple porte et fenêtre ; elles peuvent comporter un ou deux étages. Malgré leur aspect modeste, beaucoup d'entre elles présentent des façades décorées d'azulejos .

En plus des maisons privées, qui forment la partie la plus importante du groupe d'édifices historiques de la ville, il existe aussi un grand nombre de bâtiments publics des XIXe et XXe  siècles, pour la plupart de style néoclassique.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

En 1612, dans le cadre de la politique de création d'une « France équinoxiale » au Brésil, deux lieutenants du roi de France Louis XIII, au service de Marie de Médicis, reçoivent l'ordre d'établir une colonie dans cette région. C'est ainsi que Daniel de la Touche, seigneur de La Ravardière et son associé François de Razi.ly, seigneur de Razi.ly et Aunelles, construisent un fort sur le site abandonné de la « Capitania de Maranhâo », sur l'île de Trindade, connue des indiens Tupinambas sous le nom d 'Upaon-açu. Selon les historiens, un village hispano-portugais nommé Nossa Senhora de Nazaré y existait depuis 1531. En l'honneur du roi de France, le nouveau fort est baptisé fort Saint-Louis.

Les Français reçoivent un bon accueil de la part des 27 tribus habitant l'île. ils n'y restent cependant que deux ans : le portugais Jerônomo de Albuquerque les en chasse en 1615 suite à la bataille de Guaxenduba. Cependant, moins de trois décennies plus tard, Maranhâo attire une nouvelle fois une puissance coloniale européenne. Les émissaires de Maurice de Nassau des Pays-Bas s'emparent de la ville en 1641, pour la dominer jusqu'en 1643, date à laquelle la population locale relève la tête. Un mouvement de résistance est organisé par Muniz Barreto, un dignitaire local. Ce dernier sera tué pendant la lutte contre l'envahisseur néerlandais mais son successeur, Teixeira de Melo, tient la ville jusqu'au retour des Portugais.

Dès 1615, alors que les Français sont chassés, Francisco Frias de Mesquita, ingénieur en chef de l'Etat du Brésil, se rend à Sâo Luis afin d'élaborer les plans des nouvelles défenses de la ville libérée. n prépare également un plan d'urbanisation qui servira de base à son expansion et à son développement. Contrastant avec l'agencement médiéval de ruelles étroites et sinueuses appliqué par les Portugais à Rio de Janeiro, Recife et Olinda, ce plan repose sur la régularité géométrique (probablement le premier exemple du genre au Brésil). ll servira de base à l'expansion de ce qui sera la capitale de Maranhâo du début du 17ème siècle à la fin du 19ème siècle.

A la fin du 17ème siècle, Sâo Luis compte une population de quelque dix mille habitants, chiffre porté à dix-sept mille un siècle plus tard. Suite aux mesures prises par le marquis de Pombal, premier ministre du roi José 1er, l'économie de la ville subit une profonde mutation au cours de cette période. La plus importante est l'introduction du commerce des esclaves noirs et la création en 1755 de la Companhia Gerai de Comércio do Grâo Para e- do Maranhâo. Sâo Luis et Alcântara, les principaux ports de commerce de la région, sont intégrés au système international d'échanges commerciaux et exportent le riz, le coton ainsi que d'autres produits régionaux. La prospérité qui s'ensuit conduit à l'épanouissement culturel des deux villes.

Au fur et à mesure que Sâo Luis se développe au cours des 18ème et 19ème siècles, les maisons anciennes de pisé et de paille font place à de robustes structures de pierres et mortier finies, à l'aide de chaùx, d'huile de poisson, de bois et de marbre en provenance du Portugal. Des éléments adaptés à l'humidité du climat tropical telles les vérandas de bois font leur apparition. L'utilisation d'azulejos pour la décoration extérieure devient l'une des caractéristiques les plus marquantes de l'architecture de Sâo Luis.

Sâo Luis est la première ville de cette région du Brésil à avoir installé un réseau de tramways, une régie des eaux et de l'électricité, l'éclairage des rues au gaz et le téléphone. Sa prospérité est accrue par l'établissement de plusieurs entreprises textiles, ce dont témoignent les imposants bâtiments qu'elles ont laissés derrière elles.

Au 20ème siècle, Sâo Luis connaît cependant une longue période de stagnation économique. L'expansion s'interrompt totalement dans les années 1920. A cette époque, la ville n'est constituée que du centre historique actuel de Sâo Luis. En réalité, cette stagnation a joué un rôle primordial dans la conservation des structures et des caractéristiques historiques de la ville.

Source : évaluation des Organisations consultatives