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Forteresse de Hwaseong

Brève description

Lorsque l'empereur Chongjo, de la dynastie Choson, a transféré le tombeau de son père à Suwon à la fin du XVIIIe siècle, il l'a entouré d'importants ouvrages défensifs conçus selon les préceptes d'un influent architecte militaire de l'époque, qui alliait les dernières découvertes de l'Orient et de l'Occident en ce domaine. Les remparts massifs, qui s'étendent sur presque 6 km, percés de quatre portes et dotés de bastions, de tours d'artillerie et d'autres éléments, subsistent toujours.

Forteresse de Hwaseong © Fukagawa

Valeur universelle exceptionnelle

Brèvesynthèse

Hwaseong est une forteresse de l'époque de la dynastie de Joseon qui entoure le centre de la ville de Suwon, dans la province de Gyeonggi-do. Elle a été érigée à la fin du XVIIIe siècle par le roi Jeongjo à des fins défensives, pour se constituer une nouvelle assise politique et pour abriter les restes de son père, le prince royal Jangheon. Les remparts massifs de la forteresse, longs de 5,74 km, entourent une surface de 130 ha et épousent la topographie du terrain. La principale rivière de Suwon, le Suwoncheon, traverse le centre de la forteresse.

Les murs présentent un certain nombre de structures défensives, pour la plupart intactes. Il s'agit de vannes, tours de guet, postes de commande, tours de jets de flèches multiples, bastions pour armes à feu, tours d'angle, portes secrètes, tours-balises, bastions et bunkers. Les portes principales sont implantées aux quatre points cardinaux. La porte Paldalmun au sud et la porte Janganmun au nord sont d'impressionnantes structures en bois à deux étages, construites sur un socle de pierre, flanquées de plateformes de garde et protégées par des ravelins en demi-lune de brique cuite. Elles sont reliées par une voie principale traversant le complexe. Les portes ouest (Hwaseomun) et est (Changnyongmun) sont des constructions à un étage également protégées par des ravelins.

La forteresse de Hwaseong a exercé une grande influence sur le développement de l'architecture, l'urbanisme, la conception de paysages et les arts apparentés en Corée. Elle se distinguait des forteresses chinoises et japonaises en ceci qu'elle conjuguait des fonctions militaires, politiques et commerciales. Conçue par Jeong Yakyong, un savant reconnue issu  de l'École détudes pratiques, elle se caractérise par une planification soigneuse, l'alliance d'éléments résidentiels et défensifs et la mise en application des dernières découvertes scientifiques. En combinant  les concepts de certaines des meilleures réalisations occidentales et extrême-orientales, elle représente l'apogée de l'architecture militaire du XVIIIe siècle. Hwaseong a également ceci d'unique qu'entourant des zones plates et vallonnées, elle tire profit de la topographie pour atteindre une efficacité défensive optimale.

Des archives de la construction de Hwaseong, Hwaseongseongyeokuigwe, publiées en 1801, décrivent en détails la conception et l'édificationde la forteresse.

 

 

Critère (ii) : Mariant les meilleurs concepts scientifiques de l'Europe et de l'Extrême-Orient minutieusement étudiés  par des savants de l'École d’études pratiques, la forteresse de Hwaseong représente l'apogée de l'architecture militaire du XVIIIe siècle. Elle témoigne d'importantes évolutions dans le domaine de la construction et d'une utilisation des matériaux qui reflètent l'existence d'échanges scientifiques et techniques entre l'Orient et l'Occident. La forteresse a exercé une grande influence sur l'architecture, l'urbanisme, la conception de paysages et les arts apparentés en Corée.

 

Critère (iii) : Hwaseong allie les méthodes de construction traditionnelles d'une forteresse à un agencement novateur lui conférant des fonctions défensives, administratives et commerciales. Elle illustre l'évolution sociale et technique rapide de la Corée du XVIIIe siècle.

 

Intégrité 

Les principaux éléments de la forteresse de Hwaseong, dont les remparts, les quatre grandes portes et divers autres dispositifs de défense, sont intacts et se trouvent à l'intérieur des limites du bien. Le Suwoncheon coule toujours au cœur de la ville par l'écluse Hwahongmun et les routes reliant les portes principales restent les axes du système routier.

La forteresse comportait à l'origine 48 éléments comprenant les portes cardinales, des vannes, des tours de guet, des postes de commande, des tours de jets de flèches multiples, des bastions à meurtrières pour armes à feu, des tours d'angle, des portes secrètes, une tour-balise, des plateformes de garde, des bastions et des bunkers. Sept d'entre eux (une  écluse, une tour de guet, une porte secrète, deux plateformes de garde et deux bunkers) ont été détruits lors d’inondations et de guerres. Le mur sinueux de la forteresse a été percé en neuf endroits pour faire place aux axes routiers de la ville.

La forteresse est en bon état mais sa conservation et son entretien nécessitent l'intervention d'un personnel qualifié. Le plus grand risque qui la menace est le risque d'incendie qui pourrait endommager ses structures en bois. Les mauvaises herbes, qui peuvent abîmer les remparts et d'autres éléments, constituent un autre facteur de risque.

L'urbanisation rapide expose les quatre portes cardinales à la pollution  et aux vibrations causées par les véhicules circulant dans les rues voisines pouvant les détériorer. Elles constituent une menace qui doit être gérée.

 

Authenticité

Le circuit des remparts ainsi que de la plupart de leurs éléments (portes, tours, bastions, etc.) préserve leur authenticité en termes de site, de matériaux et de techniques.

Certaines parties de la forteresse ont été considérablement endommagées lors de la Guerre de Corée. Les portes Janganmun et Changnyongmun ont été entièrement détruites et les remparts partiellement démolis. Des travaux de restauration et de reconstruction ont toutefois été entrepris depuis 1964. Ils sont exécutés en conformité avec les principes de la Charte de Venise et du Document de Nara et se fondent  sur les informations exhaustives contenues dans le Hwaseongseongyeokuigwe.

 

Élémentsrequisenmatièredeprotectionetdegestion

La forteresse de Hwaseong a été classée patrimoine culturel national en application de la loi sur la protection du patrimoine culturel. Les portes Paldalmun et Hwaseomun ont été également classées Trésors et la zone incluse dans les remparts de la forteresse a été classée zone de protection en vertu de la même loi. Une zone tampon de 500 m au-delà des remparts a été instituée, de même qu'une zone de protection du patrimoine culturel historique en application de l'ordonnance sur la protection du patrimoine culturel de la province de Gyeonggi-do. Ce classement exige que toute intervention soit soumise à une autorisation officielle et que les travaux de restauration et de conservation soient uniquement exécutés par du personnel qualifié. L'ordonnance de gestion du patrimoine culturel mondial de Hwaseong de la ville de Suwon règlemente les visites et l'utilisation de la forteresse et de ses installations.

Au niveau national, l'Administration du patrimoine culturel est chargée d'élaborer et de faire appliquer les politiques de protection de Hwaseong et des zones voisines et d'allouer des ressources financières à la conservation de la forteresse. Le plan d'urbanisme périodiquement révisé de la ville de Suwon fixe des limites à l'occupation des sols, au rapport plancher/sol et à la hauteur des structures à l'intérieur et à l'extérieur de la forteresse. Des critères ont également été fixés en matière d'altérations du bien. Le bureau de gestion de Hwaseong, qui emploie une trentaine de personnes, est chargé de la gestion quotidienne. Les sites font l'objet d'une surveillance quotidienne et d'une inspection détaillée par des spécialistes tous les 3 à 4 ans.

La Fondation de la ville de Suwon pour la gestion de Hwaseong, créée aux termes de l'ordonnance de la ville de Suwon, est chargée de l'exploitation des lieux, de la mise en œuvre de projets rentables sur le site et de la promotion du tourisme.

Les travaux de conservation de Hwaseong sont exécutés par des spécialistes de la conservation du patrimoine culturel ayant passé les examens de certification nationale  dans leur domaine d'expertise. Des caméras ont été installées et un système de surveillance établissant des rondes de nuit et de jour autour de la forteresse fonctionne 24 heures sur 24. Des employés sont régulièrement affectés au désherbage.

Une étude scientifique de toutes les sections non restaurées à ce jour est prévue, et une étude en cours vise à prendre des mesures destinées à éviter tout écroulement induit par les vibrations des véhicules.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Hwaseong Fortress had a great influence on the development of Korean architecture, urban planning, and landscaping and related arts for many centuries. It is the epitome of this type of structure in the Far East and is a landmark in the history of military architecture. It differs from fortresses in China and Japan in that it combines military, political and commercial functions.

Crown Prince Sado, son of the Joseon ruler Yeongjo, was unjustly condemned and executed by his father. When Sado's son Jeongjo succeeded Yeongjo in 1776, he had his father's remains exhumed and buried in a tomb on Mount Hwasan, the most auspicious geomantic site. He built Yongjusa Temple nearby for the repose of his soul, and moved the seat of government to the foot of Mount Paldalsan in Suwon. By moving his seat of government Jeongjo was able to end factional strife, enhance the authority of the throne, and provide greater security for the court within the walls of the new fortress. This was laid out in accordance with the work by Jeong Yakyong, a leading scholar of the School of Practical Learning. Building was completed between 1794 and 1796, under the supervision of Chae Jegong, a former minister and magistrate. Cranes, pulleys, and other special pieces of equipment were designed and built specially for the project, which is described in detail in Archives on the Construction of Hwaseong Fortress.

Various other structures were built around the Fortress, including the Hwaseong Temporary Palace and Sajikdan, the altar for sacrifices to the guardian deities of the state. These were burned down during the course of later wars and rebellions, and only Nangnamheon Hall, an annex of the Temporary Palace, has survived to the present day. Parts of the Fortress were destroyed or damaged during the Japanese occupation and the Korean War, but the availability of the archives has made it possible for the fortress to be restored to its authentic original form.

The massive walls of the fortress enclose an area that includes the foot of Mount Paldalsan. They follow the topography of the land, rather than taking up a regular or symmetrical form. The walls were originally 48 defensive features along the length of the walls - four gates, floodgates, observation towers, command posts, multiple-arrow launcher towers, firearms bastions, angle towers, secret gates, beacon towers, bastions and bunkers - and most of these survive intact. Each merlon has three gun embrasures.
There are four main gates, on the cardinal points. The Paldalmun Gate in the south and the Janganmun Gate in the north are impressive two-storey wooden structures on stone bases, flanked by guard platforms and shielded by half-moon ravelins built from fired brick. They are linked by the main road running through the complex. The west and east gates are single-storey structures, during the Korean War, also protected by ravelins.

Work on the restoration and reconstruction of the Fortress began in 1964, and has continued since that time. The angle towers, command posts, observation towers, bastions, and other defensive features are all solidly constructed and strategically sited for maximum utility and minimum visibility.

The circuit of walls and most of its elements (gates, towers, bastions, etc.) preserve the authenticity of their origin in terms of site, materials and techniques.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Victime d'une conspiration de la cour, le prince royal Sado Seja, fils de Yongjo, 2lème souverain Choson, est injustement condamné par son père et exécuté. Lorsque son fils Chongjo succède à Yongjo en 1776, il fait exhumer la dépouille de son père pour l'inhumer dans une tombe du Mont Hwasan, considéré comme le site tutélaire le plus favorable. Pour le repos de l'âme de son père, il fait construire le temple de Yongjusa à proximité et déplace le siège du gouvernement au pied du Mont P'altalsan, à Suwon.

Une autre raison pousse Chongjo à déplacer le siège du gouvernement : ce faisant, il peut mettre fin aux luttes de factions, affermir l'autorité du trône et offrir une plus grande sécurité à la cour abritée par les murs de la forteresse dont il a ordonné la construction. L'agencement de cet édifice repose sur les travaux de Chong Y ag-Yong, universitaire renommé de l'Ecole de l'Etude Pratique (Shirhak). Publiée en 1793 sous le titre « La stratégie des fortifications » (Songhwa Churyak), cette œuvre marquante couvre les développements orientaux et occidentaux de l'architecture militaire.

La construction est réalisée entre janvier 1794 et septembre 1796 sous la surveillance de Ch'ae ChaeGong, ex-ministre et magistrat de la préfecture de Yongjungch'u. Grues, poulies et autres éléments d'équipement spéciaux sont conçus et produits spécialement pour ce projet, ce dont il est fait état dans les Archives de la construction de la forteresse Hwasong (Hwasong Songyok Uigwe).

D'autres édifices sont érigés autour de la forteresse, notamment le palais provincial de Hwasong et Sajiktan, l'autel des sacrifices offerts aux divinités tutélaires de l'état. Ces structures ayant brûlé lors de guerres et rébellions ultérieures, seul le Hall Nangnamhon, annexe du palais provincial, subsiste encore à l'heure actuelle. Malgré la destruction ou l'endommagement de certaines parties de la forteresse pendant l'occupation japonaise et la Guerre de Corée, l'existence des Archives a permis de la restaurer sous sa forme initiale authentique

Source : évaluation des Organisations consultatives