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Hospice Cabañas, Guadalajara

Brève description

Conçu comme institution de bienfaisance, l'Hospice Cabañas fut construit au début du XlXe siècle, pour aider les plus démunis : orphelins, vieillards, handicapés et invalides chroniques. Cet ensemble remarquable présente plusieurs caractéristiques originales, liées à ses fonctions d'œuvre charitable. Son dessin s'écarte des modèles suivis par les hôpitaux et les hospices de l'époque, ce qui le rend unique. L'harmonie atteinte entre les espaces ouverts et les espaces construits, la simplicité de son dessin ainsi que ses dimensions font de lui un ensemble exceptionnel. Au début du XXe siècle, sa chapelle a été décorée d'un ensemble de superbes peintures, considérées comme l'un des chefs-d'œuvre de la peinture murale mexicaine, faites par José Clemente Orozco, l'un des grands muralistes mexicains de cette période.

Hospice Cabañas, Guadalajara © Fabienkhan

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (i), (ii), (iii) et (iv) considérant que l'hospice Cabañas est un complexe architectural unique, conçu pour répondre aux besoins socio-économiques de logement des malades, des personnes âgées, des jeunes et des nécessiteux, auxquels il apporte une solution exceptionnelle et infiniment subtile et humaine. Il abrite également l'un des chefs d'oeuvre reconnus de l'art mural.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Hospicio Cabañas is a unique architectural complex, designed to respond to social and economic requirements for housing the sick, aged, young and needy, which provides an outstanding solution of great subtlety and humanity. Orozco's murals in the chapel represent in part the most symbolic and characteristic elements of the indigenous culture of Mexico (gods, sacrifices, temples) and for the rest those of Spanish culture (kings, monks, churches). The central feature represents the submission of humans to machines, culminating in the masterpiece Man of Fire .

A sequence of droughts, floods and severe frosts created much poverty and misery in the town, which was founded in 1542. Around 1791 the Bishop of Guadalajara ordered the building of a hospital for the most destitute people, together with a group of lodgings for the workers and an orphanage. This project was taken up by his successor, Juan Ruiz de Cabañas, when he arrived in Guadalajara in December 1796. He requested the authorization of the Spanish Crown to create a Casa de la Misericordia to house the homeless, old people and orphans of the town.

Royal approval was given on 5 September 1803 to build a Casa de Expósitos (orphanage), which would also accept aged men and women, handicapped people and chronic invalids, along with their families, orphans or children of parents incapable of feeding them, as well as poor pilgrims. In Mexico City Bishop Cabañas had met Manuel Tolsá, an architect and sculptor from Valencia who had made some notable contributions to the architecture of Mexico. Tolsá accepted a commission to design the proposed Hospicio, but entrusted supervision of its execution to his pupil, José Gutierrez, who carried out most of the work between 1805 and 1810 (with the exception of the chapel).

The War of Independence interrupted the work, and the uncompleted buildings were used as a barracks and stables, first by the insurgents and then by the Royalist forces, until Mexico secured its independence from Spain in 1821. The Hospicio was not inaugurated until 1829. It was to become a barracks once again in 1858. When the military departed, the management of the Hospicio passed to the Sisters of Charity, and it was agreed that all the orphans would in future bear the name Cabañas. In 1872 it housed more than 500 people. However, with the expulsion of the sisters in 1872 economic aid was cut off and the number of orphans was halved by 1880. This unhappy situation was rectified by the action of the governor in 1883.

The growth of the Mexican Muralist movement was a demonstration of national cohesion and identity following the 1910-20 revolution. In the 1930s the Government of Jalisco invited José Clemente Orozco to execute a number of works in public buildings in Guadalajara, where he worked between 1936 and 1939. His murals in the chapel of the Hospicio Cabañas, representing the multi-ethnic character of Mexican society and the allegory of the Man of Fire , are among his finest works. In the 1980s the Government of Jalisco located its newly created Cabañas Cultural Institute in the Hospicio, to house schools of art and crafts, exhibition rooms, and areas for theatre, music and dance.

The entire complex is laid out on a rectangular plan: all the buildings, which are, except the chapel and the kitchen, single-storey, are ranged round 23 courtyards. The great majority of these are arcaded on at least two sides. The architectural solution adopted by Tolsá for the Hospicio is unique: its roots are to be found in ensembles such as the Monastery of El Escorial in Spain or the Hôtel des Invalides in Paris.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Guadalajara est fondée en 1542, sur la rive gauche d'un fleuve traversant une large vallée. Deux établissements indigènes proches sont ensuite intégrés à ce qui deviendra la capitale de la Province de Nova Galicia et le siège d'un évêché.

Une succession de sécheresses. d'inondations et de grands gels génèrent une pauvreté et une misère importantes en ville. Vers 1791, l'évêque de Guadalajara, Fray Antonio Alcalde, ordonne la construction d'un hôpital pour les plus démunis, de logements pour les ouvriers et d'un orphelinat. Ce projet est repris par son successeur, Juan Ruiz de Cabanas, lorsqu'il arrive à Guadalajara en décembre 1796. Il demande à la couronne d'Espagne l'autorisation de créer une Casa de la Misericordia destinée à loger les sans-abri, les personnes âgées et les orphelins de la ville. Dans sa lettre au roi, il écrit que le site choisi, à l'extérieur de la ville, est sain et en altitude, et bénéficie d'une excellente alimentation en eau.

Le 5 septembre 1803, l'assentiment royal autorise la création d'une Casa de Expositos (orphelinat) qui accueillerait également les personnes âgées ou handicapées, les invalides chroniques accompagnés de leurs familles, ainsi que les orphelins des deux sexes ou les enfants de personnes incapables de subvenir à leurs besoins (âgés de moins de dix ans), ainsi que les pèlerins démunis.

A Mexico. alors qu'il s'apprête à prendre ses fonctions à Guadalajara, l'évêque Cabanas fait la connaissance de Manuel Toisa, architecte et sculpteur originaire de Valence, qui avait contribué de façon importante à l'architecture de Mexico, notamment à celle de la cathédrale (restructuration du dôme, achèvement des tours et des façades). Toisa accepte une commission pour la conception de 1 'hospice, mais confie la supervision des travaux à son élève. José Gutierrez, qui effectuera la plus grande partie des travaux entre 1805 et 1810, à l'exception de la chapelle.

Mais la guerre d'indépendance vient interrompre les travaux et les édifices inachevés font office de casernes et d'écuries, d'abord à l'usage des insurgés, puis à celui des forces royalistes, jusqu'en 1821. année où le Mexique obtiendra son indépendance visà- vis de l'Espagne. En 1823, la mort de Cabanas est durement ressentie par la population locale ; le gouverneur de l'Etat fait pression sur l'Eglise pour achever la construction de l'établissement. Les travaux reprennent en 1828 et l'hospice est inauguré 1' année suivante.

Durant la période agitée qui suit, l'hospice est de nouveau utilisé à des fins militaires pendant les années 1830, avant de reprendre rapidement ses fonctions d'origine. Des travaux sont engagés pour reconstruire le dôme de la chapelle, endommagé lors d'un violent orage en 1842.

En 1853, avec la promulgation de la loi sur l'expropriation des biens de l'Eglise, l'évêque de l'époque divise l'immense potager en quatre lots traversés par deux routes. Toutefois, grâce à la générosité de bienfaiteurs privés, l'institution ne connaît aucune difficulté financière durant cette période.

En 1858, elle retrouve son rôle de caserne. Au départ des militaires, l'évêque délègue la gestion de l'hospice aux soeurs de la Charité, ce qui donne lieu à une nouvelle cérémonie inaugurale au cours de laquelle il est convenu que tous les orphelins porteraient à l'avenir le nom de Cabaii.as. Ainsi débute la période la plus importante de l'histoire de l'hospice. En 1872, il abrite plus de cinq cents personnes. Cependant, suite à l'expulsion des soeurs la même année, l'aide économique est suspendue et le nombre d'orphelins réduit de moitié dès 1880. En 1883, le gouverneur intervient pour mettre fin à cette situation déplorable. Le nombre d'occupants entame alors une progression régulière : 442 personnes en 1887, puis 672 en 1910.

Après la révolution, qui dure de 1910 à 1920, l'essor du mouvement muraliste mexicain illustre la cohésion et l'identité nationales. Dans les années 1930, le gouvernement de Jalisco invite l'un de ses exposants les plus éminents, José Clemente Orozco, à effectuer divers travaux dans des édifices publics de Guadalajara, ce qu'il fait de 1936 à 1939. Ses fresques murales de la chapelle de l'hospice Cabaii.as, représentant le caractère multi-ethnique de la société mexicaine et l'allégorie de l'Homme de feu, comptent parmi ses oeuvres les plus remarquables.

En 1980, le gouvernement de Jalisco décide d'installer l'Institut culturel Cabaii.as nouvellement créé dans les locaux de l'hospice : il comprendra des écoles d'art et d'artisanat, des salles d'exposition ainsi que des salles réservées au théâtre, à la musique et à la danse. Un centre de documentation et le bureau du Secrétariat culturel d'Etat ont été ajoutés plus récemment. Le gouvernement de l'Etat et l'Institut national d'anthropologie et d'histoire proposent également d'installer une école de restauration dans l'enceinte de l'hospice.

Source : évaluation des Organisations consultatives