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Ville historique de Trogir

Brève description

Trogir est un remarquable exemple de continuité urbaine. Le plan quadrillé des rues de la cité antique de cet établissement insulaire remonte à la période hellénistique et a été embelli au cours des dominations successives par de nombreux édifices publics et privés et des fortifications. À ses belles églises romanes s'ajoutent de remarquables édifices Renaissance et baroques de la période vénitienne.

© UNESCO

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (ii) et (iv). Trogir constitue un excellent exemple de ville médiévale édifiée sur le lieu et dans le respect des fondations d'une cité hellénistique et romaine. Elle a remarquablement bien conservé son tissu urbain, avec un minimum d'interventions modernes et chaque aspect de son paysage urbain symbolise clairement la trajectoire qu'elle a suivie dans son développement social et culturel.

Description longue

Trogir offre un excellent exemple de ville médiévale construite au-dessus d'une ville hellénistique et romaine dont elle a conservé le plan et qui a remarquablement su préserver sa physionomie urbaine, en dépit d'un minimum d'interventions modernes. Tous les aspects de son paysage urbain témoignent de son développement social et culturel.

Remarquable exemple de continuité urbaine, ce site insulaire présente un réseau viaire orthogonal qui remonte à l'époque hellénistique. La ville a été dotée par ses souverains successifs d'un grand nombre d'édifices publics ou domestiques et de fortifications. Ses magnifiques églises romanes voisinent avec de remarquables constructions de style renaissant ou baroque de la période vénitienne.

La cité antique de Tragurion (l'île aux chèvres) a été fondée comme comptoir commercial par des colons grecs de l'île de Vis dans le courant du IIIe  siècle av. J.-C. sur un îlot situé à l'extrémité occidentale de la baie de Manios, dans un détroit séparant le continent de l'une des îles de l'Adriatique sur laquelle se trouvait déjà un petit habitat. La ville hellénistique fut protégée par la construction de murs mégalithiques et ses rues tracées selon un plan hippodaméen : le tracé de l'ancien cardo maximus est celui de la principale rue moderne. La ville connut une période de prospérité à l'époque romaine, comme oppidum civium romanorum . Vers la fin de l'Empire romain, elle fut agrandie et à nouveau fortifiée. De vastes nécropoles romaines y ont été découvertes ; la basilique a été construite à l'intérieur de l'une d'entre elles.

Bien qu'il ne fût pas évêché au début de la période chrétienne, Trogir se dota de deux grandes basiliques, qui se trouvaient à l'emplacement actuel de la cathédrale et de l'église bénédictine Saint-Jean-Baptiste. Au cours de la seconde moitié du IXe  siècle, la ville fut intégrée dans le thème byzantin de Dalmatie, dont la capitale était Zadar ; les Vénitiens l'occupèrent à la fin du Xe  siècle. Au début du Moyen Âge, elle se développa vers le sud et de nouvelles fortifications furent construites. Au début du XIIe  siècle, à la disparition du thème de Dalmatie, Trogir passa sous domination hongroise. Après une courte période de domination vénitienne au début du XIVe  siècle, ce n'est qu'en 1420 que la ville fut intégrée à l'Empire vénitien. Entre le XIIIe et le XVe  siècle, beaucoup de nouveaux édifices furent construits. Cette période fut notamment celle de l'édification de la cathédrale et de la forteresse de Camerlengo, d'une restructuration radicale de la place principale et de deux campagnes de reconstruction et de renforcement du système défensif. Le traité de Campo Formio (1797) plaça Trogir sous l'autorité de l'Empire austro-hongrois auquel il appartint à partir de 1918, hormis une brève période de domination française, en tant que partie intégrante des provinces d'Illyrie.

Le plan du Trogir actuel reflète celui de la ville romaine par son emplacement, ses dimensions ainsi que par la forme de ses îlots d'habitation. Les deux anciennes rues principales, le cardo et le decumanus , sont encore utilisées aujourd'hui et le pavement du forum a été remis au jour à leur intersection. La Tragurion antique, avant de se développer au cours de la période médiévale, se trouvait à l'extrémité orientale de l'îlot. Le faubourg médiéval de Pasike s'est développé vers l'est selon un alignement différent et a été protégé par des fortifications plus récentes. Le port se trouvait au sud. Pour finir, les fortifications massives construites par les Vénitiens englobèrent la forteresse génoise de Camerlengo. La construction de la cathédrale Saint-Laurent, édifiée sur le site d'une basilique plus ancienne et qui domine la place principale, a commencé vers 1200 et ne fut achevée qu'à la fin du XVIe  siècle. Cette longue période de temps explique que les styles architecturaux successifs - roman, gothique, Renaissance - y soient tous représentés. C'est une basilique à trois nefs, chacune terminée par une abside. Sous le porche, à l'extrémité ouest, se trouve le baptistère. Des nombreux palais aristocratiques, le palais Cipico, qui fait face au côté ouest de la cathédrale, est le plus remarquable : c'est un ensemble d'édifices occupant la totalité d'un îlot d'habitation. Datant pour l'essentiel du XIIIe  siècle, il englobe différents vestiges de la fin de l'époque romaine. Au cours du XVe  siècle, son propriétaire y fit venir les trois plus célèbres artistes de cette période, qui embellirent sa façade et son intérieur. La ville renferme d'autres palais de grandes familles, notamment près de ses remparts ; beaucoup d'entre eux reposent directement sur des structures de la fin de l'Antiquité ou de l'époque romane, et ils illustrent tous les styles, du gothique au baroque.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La cité ancienne de Tragurion ( « l'île des chèvres ») est fondée en tant qu'établissement commercial par des colons grecs venus de l'île de Vis (Issa) au 3ème siècle av. J.-C., sur un îlot situé à l'extrémité ouest de la baie de Manios, au cœur du détroit séparant le continent de l'une des îles de la Mer Adriatique qui compte alors déjà un petit village. La cité hellénistique est entourée de remparts mégalithiques et ses rues sont disposées suivant un plan quadrillé « Hippodamien », la ligne de l'ancien cardo maximus étant celle de la rue principale moderne.

A l'époque romaine, la ville (alors oppidum civium romanorum) devient prospère ; elle est reliée aux cités voisines de Salona, capitale de la province romaine de Dalmatie, et de Siculi, colonie réservée aux anciens militaires romains. Dans les dernières années de la période romaine, elle est agrandie et fortifiée de nouveau. On a découvert de vastes cimetières romains situés à l'extérieur de la ville, ainsi que le voulait la coutume, et une basilique fut édifiée dans l'un d'entre eux à la fin de l'ère romaine. Bien que Trogir n'accueille aucun évêché au début de l'ère chrétienne, on dote cette cité de deux grandes basiliques possédant deux nefs latérales, construites sur le site où s'élèvent aujourd'hui la cathédrale moderne et l'église bénédictine Saint-Jean-Baptiste.

Dans la seconde moitié du 9ème siècle, Trogir devient partie intégrante du thème Byzantin de Dalmatie dont la capitale se trouve à Zadar ; à la fin du 10ème siècle, elle est occupée par les Vénitiens. La toute première cité médiévale de Trogir s'étend vers le sud et de nouvelles fortifications sont érigées. Au début du 12ème siècle, Trogir accepte l'autorité hongroise lorsque le thème de Dalmatie subit une invasion. La ville connaît une brève période de domination vénitienne au début du l4ème siècle, mais il faut attendre 1420 pour que la cité fasse partie de l'empire Vénitien. La période comprise entre le 13ème et le 15ème siècles est une époque importante pour les constructions nouvelles, avec l'édification de la cathédrale et de la forteresse Kamerlengo, une reconfiguration radicale de la place principale et deux campagnes de reconstruction et de renforcement des remparts.

Par le traité de Campoformio, Trogir est cédée à l'empire Austro-Hongrois dont elle va faire partie jusqu'en 1918, à l'exception d'une brève période de domination française (1806-1810) pendant laquelle la ville compte alors au nombre des Provinces Illyriennes.

Source : évaluation des Organisations consultatives