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Dougga / Thugga

Dougga / Thugga

Before the Roman annexation of Numidia, the town of Thugga, built on an elevated site overlooking a fertile plain, was the capital of an important Libyco-Punic state. It flourished under Roman and Byzantine rule, but declined in the Islamic period. The impressive ruins that are visible today give some idea of the resources of a small Roman town on the fringes of the empire.

Dougga / Thugga

Avant l'annexion romaine de la Numidie, la ville de Thugga, construite sur une colline surplombant une plaine fertile, a été la capitale d'un État libyco-punique. Elle a prospéré sous la domination romaine et byzantine mais a décliné au cours de la période islamique. Les ruines visibles aujourd'hui témoignent de manière imposante des ressources d'une petite ville romaine aux frontières de l'Empire.

دقّّة

قبل قيام الامبراطورية الرومانية بضم نوميدية، شكلت مدينة دقّة التي تعلو تلة مشرفة على سهل خصب عاصمة لدولة ليبية بونيقية. وقد ازدهرت تحت حكم الرومان والبيزنطيين. وتشهد آثارها المتبقية بطريقة واضحة على موارد مدينة رومانية صغيرة قامت على حدود الامبراطورية.

source: UNESCO/ERI

沙格镇

沙格镇坐落在一处高地上,俯瞰肥沃的平原。在罗马合并努米底亚之前,沙格镇是强盛的利西亚-迦太基人国家的首都。在罗马和拜占庭统治时期沙格繁盛起来,随后在伊斯兰统治时期逐步衰落。我们今天所能看到的该处遗址在一定程度上反映了处在帝国边缘上的罗马小镇的风貌。

source: UNESCO/ERI

Древний город Дугга (Тугга)

До аннексии Нумидии древними римлянами, город Тугга, заложенный на возвышенном месте в окружении плодородных равнин, был столицей мощного ливийско-пунического государства. Затем он процветал под властью Древнего Рима и Византии, но в исламский период пришел в упадок. Впечатляющие руины, которые можно наблюдать сегодня, дают представление о процветании небольшого древнеримского города, располагавшегося на окраине империи.

source: UNESCO/ERI

Duga / Thuga

Construida sobre una colina que domina una fértil llanura, la ciudad de Thuga fue la capital de un Estado libio-púnico antes de la anexión romana de la Numidia. Prosperó bajo la dominación romana y bizantina, pero declinó durante el periodo islámico. Sus imponentes ruinas, visibles hoy en día, permiten hacerse una idea de los recursos de que disponía una pequeña ciudad romana situada en las fronteras del Imperio.

source: UNESCO/ERI

ドゥッガ/トゥッガ

source: NFUAJ

Dougga / Thugga

De archeologische plek van Dougga / Thugga ligt in het Noord-Westen van Tunesië, op de 571 meter hoge heuveltop die de vruchtbare vallei van Oued Khalled domineert. Voor de Romeinse annexatie van Numidië was de stad Thugga de hoofdstad van een belangrijke Libyco-Punische staat. De stad bloeide onder Romeinse en Byzantijnse heerschappij, maar raakte in de islamitische periode in verval. Het archeologische gebied heeft een oppervlakte van ongeveer 75 hectare. De indrukwekkende ruïnes zijn nog altijd te bewonderen. Ze geven een indruk van de capaciteiten van een kleine Romeinse stad en illustreren een geschiedenis die zeventien eeuwen duurde.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le site archéologique de Dougga est situé dans la région du nord-ouest de la Tunisie, perché sur le sommet d'une colline à 571 m d'altitude dominant la vallée fertile de l'oued Khalled. Avant l'annexion de la Numidie par Rome, Thugga avait plus de six siècles d'histoire et a été, selon toute vraisemblance, la première capitale du royaume numide. Elle prospéra à l'époque romaine mais elle connut un déclin à partir de la période byzantine et au cours de la période islamique. Les ruines impressionnantes qui sont visibles aujourd'hui donnent une idée des ressources dont disposait une ville numide romanisée. 

Le site archéologique couvre une superficie d'environ 75 ha. Ces vestiges d'une cité entière avec toutes ses composantes témoignent de plus de 17 siècles d'histoire. Ils constituent un ensemble exceptionnel qui illustre la synthèse entre différentes cultures : numide, punique, hellénistique et romaine. Les monuments romains furent intégrés au tissu urbain qui resta fondamentalement numide. En dépit de son importance relative dans la structure administrative de la province romaine d'Africa, Dougga possède un ensemble remarquable d'édifices publics, datant pour la plupart des IIe et IIIe siècles après J.-C. Dougga est considérée comme la ville africo-romaine la mieux conservée de toute l'Afrique du Nord. En tant que telle, elle illustre de manière exceptionnelle ce qu'était la vie quotidienne dans l'Antiquité.

Critère (ii) : Le site de Dougga est un exemple exceptionnel permettant d'illustrer au mieux la naissance d'une cité autochtone, son développement et son histoire à partir du second millénaire avant J.-C.

Le site de Dougga conserve dans son intégralité les vestiges d'une cité antique avec toutes ses composantes et offre le meilleur exemple connu de l'organisation d'une ville de fondation autochtone et de l'adaptation de son urbanisme au modèle romain.

Critère (iii) : L'importante collection épigraphique (plus de 2000 inscriptions libyques, puniques, bilingues, grecques et surtout latines) est d'un apport décisif pour le déchiffrement de l'écriture libyque et la connaissance de l'organisation sociale de la vie municipale des Numides. Elle témoigne du niveau de développement atteint par la cité au cours des IIIe et IIe siècles avant J.-C

Pendant environ deux siècles et demi, deux communautés juridiquement distinctes, l'une composée des habitants autochtones et l'autre formée des colons qui étaient des citoyens romains, allaient coexister dans la même ville et sur un même territoire. Elles allaient participer toutes les deux au même titre au développement et à l'épanouissement de la cité.

Tout en gardant un urbanisme foncièrement numide, Thugga s'est ainsi trouvée dotée d'une parure monumentale à la romaine. À cet égard, elle constitue un exemple représentatif d'une cité du Maghreb sous les rois numides et durant les premiers siècles de l'Empire romain.

Comparativement à des sites semblables d'Afrique du Nord, les ruines de la cité romaine et préromaine de Dougga sont inhabituellement complètes et bien conservées. En conséquence, elles illustrent de façon exceptionnelle ce qu'était la vie quotidienne dans une petite ville de province à l'époque romaine.

Intégrité (2009)

Le site archéologique de Dougga conserve, à l'intérieur de sa délimitation, les vestiges de différentes époques de la  cité antique avec toutes ses composantes : le centre monumental (capitole, forum, marché, place de la rose des vents...), les édifices de spectacles (théâtre, cirque) et les thermes publics reflètent clairement la façon dont une fondation autochtone a évolué durant la période romaine.

Authenticité (2009)

L'état de conservation de ces monuments est également exceptionnel. Le niveau d'authenticité des vestiges archéologiques est très élevé et n'a pas été affecté par les activités de restauration et de conservation entreprises au cours du siècle dernier car elles ont été minimales et ont été réalisés conformément aux principes de la Charte de Venise de 1964. Il existe pourtant quelques exceptions. L'authenticité du mausolée libyco-punique reconstruit de 1908 à 1910 demeura longtemps au cœur des débats (bien que l'on puisse soutenir que ce monument détient son historicité propre).

Besoins en matière de protection et de gestion (2009)

En plus des multiples monuments bénéficiant d'un classement spécifique au titre de monuments historiques, le site archéologique de Dougga est protégé par la loi 35-1994 du 24 février 1994 relative à la protection du patrimoine archéologique, historique et des arts traditionnels (Code du Patrimoine), ainsi que par la loi 83-87 du 11 novembre 1983 relative à la protection des terres agricoles, telle que modifiée et complétée par la loi 90-45 du 23 avril 1990 et par la loi 96-104 du 25 novembre 1996.

Une proposition de délimitation du site de Dougga a été soumise à la Commission nationale du patrimoine pour la création du Site culturel de Dougga et de son paysage. L'étude pour l'élaboration du Plan de Protection et de Mise en Valeur (PPMV) du site, tel que défini par le Code du Patrimoine, est achevée. Cet outil permettra de réglementer toutes les actions à entreprendre sur le site et dans la zone tampon de 200 m qui l'entoure. Il définit, en plus des activités interdites ou autorisées sous conditions, les différents dispositifs de mise en œuvre. Le PPMV est l'outil de gestion qui garantira la préservation du site archéologique de Dougga et permettra de contrôler toute modification éventuelle à son environnement immédiat.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The archaeological site of Dougga is the best-preserved example in North Africa of the rise, development, and daily life over more than 17 centuries of an indigenous Numidian city. Many of its monuments are unique of their type and bear witness to the harmonious synthesis of several cultures - Numidian, Punic, Hellenistic, and Roman - making it an exceptional site. The important epigraphic collection from Dougga, comprising over 2,000 Libyan, Punic, Greek and Roman inscriptions, has made a decisive contribution to the decipherment of the Libyan language and to knowledge of the social and municipal life of the Numidians and Roman colonial policy and municipal organization in its provinces.

Thugga is thought on the basis of recent excavations of an early necropolis on the northern edge of the site to have been founded before the 5th century BC. In the early 2nd century BC the Numidian Massimissa made it one of his capitals. In 46 BC Julius Caesar annexed eastern Numidia as the Roman province of Africa Nova, and Thugga became a Roman town. Then during the reign of Augustus the town was formally composed of two legally distinct communities: a shifting indigenous population who were governed according to their traditional systems, and a community of Roman citizens belonging to the Roman colonia of Carthage, who lived according to the Roman way.

Although small, its inhabitants never having exceeded 5,000, it flourished from its rural economy based on its rich and fertile territorium. Its prosperity seems to have continued throughout the 4th century, judging by the considerable amount of restoration and rehabilitation attested by numerous inscriptions, but urban life declined in the 5th century. The re-establishment of Byzantine rule (533-698) saw Thugga assigned a minor role in the political and economic life of the region. Little is known of the town in the Islamic period, beyond the erection of the simple Mosque of Sidi Sahbi.

The original Numidian settlement was built on a steep hillside, in the centre of a very fertile region. Thugga possesses a remarkable assemblage of public buildings - temples and sanctuaries, forum, public baths, theatre, amphitheatre, circus, market, public cisterns and fountains, etc. Private life is also well represented by large and small houses, shops, and mausolea.

The small rectangular forum, which is surrounded by a marble colonnade, is crossed by part of the later Byzantine fortifications. On one side of it is the capitolium, dedicated to Jupiter, Juno, and Minerva, one of the finest buildings of its type in North Africa. The theatre is small and is of standard Roman form. The scenae frons (stage) was originally floored with mosaic. Among the many temples is that dedicated to Juno Caelestis (the Punic goddess Tanit), built around 230. The temple of Saturn, on the edge of the town in the area of the pre-Roman settlement, is located on the site of an older sanctuary dedicated to Baal. There are two triumphal arches: that of Septimius Severus is much degraded, but the Arch of Severus Alexander still stands to a substantial height. The well-preserved 3rd-century Licinian bath is an excellent example of this type of municipal facility.

One of the most significant monuments in Thugga is the Lybico-Punic mausoleum in the southern part of the town, but it was reconstructed in 1908-10. This is the only major monument of Punic architecture still surviving in Tunisia.

In 1961 the Tunisian Government relocated all but two families of the remaining inhabitants of the archaeological site to a new village, Dougga-al-Jadida.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Selon les écrits de Diodore de Sicile, à la fin du 4ème siècle av. J.-C., Thugga était une cité de« belle taille». De récentes fouilles d'une nécropole ancienne, située en bordure nord du site, laissent 123 penser qu'elle fut fondée avant le Sème siècle av. J.-C., au coeur d'une région extrêmement fertile. Lors de sa conquête de cette région, au début du 2ème siècle av. J.-C., le chef numide Massinissa fait de Thugga l'une de ses capitales. La cité participe alors au développement et à la prospérité de ce royaume. Devenue centre actif de la culture libycopunique, elle subit aussi certaines des tribulations politiques du royaume pendant les guerres puniques, sous le règne des successeurs de Massinissa.

Après sa victoire sur Juba 1er à la bataille de Thapsus en l'an 46 av. J.-C., Jules César annexe l'est de la Numidie sous le nom de province romaine d' Africa Nova et Thugga devient alors cité romaine. Pendant deux siècles et demi à partir du règne d'Auguste (27 à 14 av. J.-C.), la ville se compose officiellement de deux communautés dotées chacune d'un statut légal distinct : d'une part une population indigène nomade dont la vie est régie par des systèmes traditionnels, d'autre part un groupe de citoyens romains faisant partie de la colonie romaine de Carthage et vivant conformément au mode de vie romain.

C'est avec une extrême rapidité que la culture romaine marque son empreinte sur la nature même de cette cité. Tout en conservant un tissu urbain dont le caractère est numide par essence, Thugga est vite gagnée par la monumentalité caractéristique des cités romaines. Malgré ses proportions relativement modestes (sa population n'a jamais dépassé cinq mille habitants), elle doit sa prospérité à une économie rurale basée sur un territoire (territon•um) riche et fertile. Ceci est particulièrement vrai dans les années de formidable expansion que connaît l'économie de l'Afrique du Nord, au cours des 2ème et 3ème siècles, caractérisés par la grande qualité des édifices publics et le luxe des demeures privées. Il convient toutefois d'insister sur le fait que, pendant la période romaine, Thugga n'est qu'une ville provinciale commercialement prospère.

Sous la dynastie des Sévères (193-235), Thugga est élevée au rang de municipe et, en l'an 261, l'empereur Gallien la porte au niveau le plus élevé que peut atteindre une ville de province : celui de colonie. Au troisième siècle, elle accueille également le siège d'un évêché. Il semble qu'elle ait continué à prospérer (à un niveau moindre cependant) tout au long du 4ème siècle, si l'on en juge par le nombre impressionnant de travaux de restauration et de réhabilitation dont témoignent de nombreuses inscriptions. Cependant, la vie de la cité va connaître un déclin au cours du 5ème siècle.

Du fait du rétablissement de l'autorité byzantine (533-698), Thugga se voit attribuer un rôle mineur sur la scène politique et économique régionale. A cette période, un mur d'enceinte est édifié autour du capitole et du forum. Dans le cadre de cette construction, quelques uns des édifices publics d'importance vont se voir dépourvus de leurs éléments de décoration et de structure. On sait peu de choses de la ville pendant sa période islamique, en dehors du fait qu'elle continua à être peuplée pendant fort longtemps, ainsi que le prouve l'édification, au 14ème siècle, de la mosquée de Sidi Sahbi, à l'est du capitole. On espère que d'autres fouilles feront davantage de lumière sur l'abandon subséquent de ce qui fut autrefois une cité florissante.

Source : évaluation des Organisations consultatives
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