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Site archéologique d'Aigai (nom moderne Vergina)

Brève description

À proximité de Vergina, dans le nord de la Grèce, fut découvert au XIXe siècle l'ancienne Aigai, première capitale du royaume de Macédoine. Les plus importants vestiges sont le palais monumental à la somptueuse décoration de mosaïques et stucs peints et la nécropole renfermant plus de trois cents tumulus dont certains remontent au XIe siècle av. J.-C. Parmi les tombes royales qu'abrite le Grand Tumulus figurerait celle de Philippe II qui conquit l'ensemble des cités grecques, ouvrant la voie à son fils Alexandre et à l'expansion du monde hellénistique.

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire le bien proposé sur la base des critères culturels (i) et (iii), considérant la valeur universelle exceptionnelle de ce site qui est un témoignage exceptionnel d'une évolution décisive de la civilisation européenne, à la charnière entre la cité-Etat classique et la structure impériale des périodes hellénistique et romaine. La remarquable série de tombeaux royaux et leur riche contenu le prouve avec un éclat particulier.

Description longue

Vergina offre un témoignage exceptionnel d'une étape significative de l'histoire de la civilisation occidentale, le passage de la cité-État d'époque classique à l'organisation impériale du monde hellénistique et romain, ce qu'illustre remarquablement bien la série impressionnante de tombes royales découvertes en Macédoine, avec leur riche mobilier. Les peintures de Vergina sont d'une très grande qualité, et d'une importance historique considérable.

La ville antique située au pied des collines septentrionales de la chaîne de montagnes de Piérie fut la capitale de la Macédoine, Aigai, qui aurait été fondée par Perdiccas Ier lorsque les Macédoniens se répandirent depuis l'Argolide jusqu'à la plaine d'Émathéia. Cette région avait été occupée dès le début de l'âge du bronze (IIIe  millénaire av. J.-C.), comme le montre un tumulus funéraire situé près de l'Haliakmon. La richesse et la densité des plus de 300 tumuli funéraires du Cimetière des tumuli atteste l'importance d'Aigai au début de l'âge du fer (1100-700 av. J.-C.). En tant que capitale du royaume macédonien et siège de la cour royale, Aigai fut le centre urbain le plus important de la région au cours de toute la période archaïque (800-500 av. J.-C.), et pendant le siècle suivant. Les offrandes funéraires d'une série de tombes des VIe et Ve  siècles av. J.-C. témoignent d'échanges commerciaux avec les centres grecs ioniens de l'Est, et avec le Sud. À la fin du Ve  siècle, Archelaos attira à sa cour des artistes, des poètes et des philosophes venus de tout le monde grec.

Bien que le centre administratif eût été transféré à Pella au IVe  siècle, Aigai conserva son rôle de capitale sacrée du royaume macédonien, regroupant les lieux de culte traditionnels et les tombes royales. C'est dans son théâtre que Philippe II fut assassiné en 336 av. J.-C., et qu'Alexandre le Grand fut proclamé roi. Les luttes acharnées entre les héritiers d'Alexandre, les Diadoques, eurent des conséquences négatives sur la ville, qui continua à décliner avec la conquête de l'Empire macédonien par les Romains en 186 av. J.-C. Toutefois, la ville fut reconstruite et survécut jusqu'au début de l'Empire. Entre le IIe et le Ve  siècle, la population se déplaça progressivement du piémont de la chaîne de Piérie en direction de la plaine, si bien qu'il ne resta plus bientôt sur le site qu'un petit habitat dont le nom, Palatitsa (le palais), était le seul témoin de sa grandeur passée.

Le monument le plus important découvert à ce jour est le palais monumental qui se trouve sur le plateau situé immédiatement en contrebas de l'acropole. Cet édifice, qui s'élevait sur deux et peut-être même trois niveaux, est centré sur une vaste cour flanquée de colonnades doriques. Les salles étaient utilisées à des fins religieuses, administratives ou politiques. Au nord, une ample galerie donnait accès à la scène du théâtre voisin et à toute la plaine macédonienne. Il était magnifiquement décoré, avec des sols de mosaïque, des peintures murales et des éléments finement sculptés. Le théâtre, de la seconde moitié du IVe  siècle, est partie intégrante du complexe palatial. Tout près, au nord, se trouve le sanctuaire de la déesse Eukléia, avec de petits temples des IVe et IIIe  siècles qui renferment des bases de statues inscrites portant les noms des membres de la famille royale macédonienne.

La partie la mieux connue du site est sa nécropole, qui s'étend sur plus de 3 km, et dont le centre est formé par le Cimetière des tumuli, avec plus de 300 tumuli dont certains remontent au XIe  siècle av. J.-C. Un important groupe de tombes des VIe et Ve  siècles av. J.-C., appartenant aux membres de la dynastie macédonienne ou de leur cour, se trouve au nord-ouest de la ville antique. Ces tombes contenaient un riche mobilier funéraire, comportant des objets importés. L'une d'entre elles, datée vers 340 av. J.-C., qui contenait un imposant trône de marbre, est identifiée comme celle d'Eurudikê, la mère de Philippe II. Le plus impressionnant monument funéraire est le Grand Tumulus, une colline artificielle de 110 m de diamètre et de 13 m de hauteur, sous lequel ont été découvertes quatre tombes royales exceptionnelles. L'une d'elles renferme des peintures murales qui représentent le rapt de Perséphone, dont on pense qu'elles sont l'œuvre du célèbre peintre Nikomachos. Deux des tombes étaient demeurées intactes depuis l'Antiquité, et contenaient de mangifiques offrandes funéraires. Dans la tombe II, le corps a été trouvé dans un riche coffre d'or pesant environ 11 kg ; ces restes ont été identifiés comme ceux de Philippe II, le père d'Alexandre le Grand, qui consolida la puissance macédonienne. Ce tombeau présente notamment une importante frise attribuée au célèbre Philoxène d'Érétrie.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La ville antique située sur les contreforts nord du massif de Piérie a été identifiée avec certitude comme étant la capitale de la Basse Macédoine, Aigai. Selon la tradition, elle fut fondée par Perdiccas Ier lorsque les Macédoniens d'Argolide se déplacèrent vers le nord dans la plaine d'Ematheia. Cette région était déjà occupée au premier âge du bronze (3ème millénaire av. J.C.) comme l'atteste un tumulus découvert près du cours de l'Haliakmon. La richesse et la densité du Cimetière des Tumulus, qui contient plus de trois cents tombes, témoignent de l'importance d'Aigai au début de l'âge du fer (1100-700 av.J.C.). La qualité des objets funéraires prouve le raffinement de la culture et des techniques de l'époque.

En tant que capitale du royaume macédonien d'Argolide, et site de la cour royale, Aigai était le centre urbain le plus important de la région pendant toute la période archaïque (800-SOO av.J.C.) et le siècle suivant. Les objets funéraires trouvés dans une série de tombeaux datant des 6ème et Sème siècles av.J.C. attestent des liens culturels et commerciaux avec les centres grecs de Ionie orientale et du sud, avec Athènes, Samos et Corinthe, ainsi que la richesse et la sophistication de la cour royale. A la fin du Sème siècle, Archelaos attira à sa cour des artistes, des poètes et des philosophes de toutes les régions du monde grec : c'est par exemple à Aigai qu'Euripide écrivit et présenta ses dernières tragédies.

Bien que le centre administratif fût transféré à Pella au 4ème siècle av. J. C., Ai gai conserva son rôle de ville sacrée du royaume de Macédoine, le site des centres de cultes traditionnels et des tombeaux royaux. C'est au cours la célébration du mariage d'Alexandre, roi d'Epire, et de la princesse Cléopâtre, que Philippe II fut assassiné dans le théâtre et qu'Alexandre le Grand fut proclamé roi (336 av.J.C).

Les luttes intestines entre les héritiers d'Alexandre, les Diadoques, au 3ème siècle, affectèrent la ville qui fut encore fragilisée après le renversement du royaume macédonien par les Romains en 168 av.J.C. Néanmoins, elle fut reconstruite et survécut jusqu'à la première période impériale. Toutefois, entre le 2ème et le Sème siècles ap.J.C., la population quitta progressivement les contreforts du massif de Piérie pour la plaine, de sorte que tout ce qui resta fut un petit établissement dont le nom Palatitsia ("Palais") fut l'unique détail à marquer l'importance passée du lieu.

Source : évaluation des Organisations consultatives