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Médina d’Essaouira (ancienne Mogador)

Medina of Essaouira (formerly Mogador)

Essaouira is an exceptional example of a late-18th-century fortified town, built according to the principles of contemporary European military architecture in a North African context. Since its foundation, it has been a major international trading seaport, linking Morocco and its Saharan hinterland with Europe and the rest of the world.

Médina d’Essaouira (ancienne Mogador)

Essaouira est un exemple exceptionnel de ville fortifiée de la fin du XVIIIe siècle, construite en Afrique du Nord selon les principes de l'architecture militaire européenne de l'époque. Depuis sa fondation, elle est restée un port de commerce international de premier plan reliant le Maroc et l'arrière-pays saharien à l'Europe et au reste du monde.

مدينة الصويرة (قديمًا موغادور)

تُعتبر الصويرة المثال الفريد للمدينة المحصنة التي تعود الى نهاية القرن الثامن عشر. وقد بُنيت في أفريقيا الشمالية وفقًا لمبادئ الهندسة المعمارية العسكرية الاوروبية التي كانت سائدةً في ذلك العصر. فمنذ تأسيسها بقيت مرفأً تجاريًّا عالميًّا من الباب الأول، اذ تربط المغرب وداخل البلاد الصحراوية بأوروبا وباقي العالم.

source: UNESCO/ERI

索维拉城(原摩加多尔)

索维拉城是一个典型的18世纪晚期发展起来的北非防御港口城市,城市以同时期欧洲防御城堡为蓝本,加上北非地方特点建造而成。自从城市建成开始,索维拉城就成为重要的国际贸易海港,连接着摩洛哥以及撒哈拉内陆地区与欧洲和世界其他国家的贸易往来。

source: UNESCO/ERI

Медина (старая часть) города Эс-Сувейра (бывший Могадор)

Эс-Сувейра – это выдающийся пример крепостного города конца XVIII в., построенного в соответствии с принципами европейского фортификационного искусства того времени и с учетом особенностей условий Северной Африки. Со времени своего основания этот город был важным международным торговым портом, связывающим Марокко и его расположенные в пустыне Сахара внутренние районы с Европой и всем остальным миром.

source: UNESCO/ERI

Medina de Esauira (Antigua Mogador)

Esauira es un ejemplo excepcional de plaza fuerte construida en África del Norte con arreglo a los principios de la arquitectura militar europea de finales del siglo XVIII. Desde su fundación, la ciudad ha sido un puerto de primera importancia para el comercio de Marruecos y sus territorios saharianos con Europa y el resto del mundo.

source: UNESCO/ERI

エッサウィラのメディナ(旧名モガドール)

source: NFUAJ

Medina van Essaouira (voorheen Mogador)

De medina van Essaouira – voorheen Mogador geheten, wat ‘klein fort’ betekent – is een uitstekend voorbeeld van een laat 18e-eeuwse versterkte stad, omgeven door een muur. De stad is gebouwd volgens de principes van de hedendaagse Europese militaire architectuur in een Noord-Afrikaanse context. Essaouira is sinds haar stichting een grote zeehaven geweest voor internationale handel tussen Marokko en sub-Sahara Afrika, en Europa en de rest van de wereld. De stad is een voorbeeld van een multicultureel centrum, waar diverse etnische groepen zoals Imazighen, Arabieren, Afrikanen en Europeanen en religieuze groeperingen – moslims, christenen en Joden – vanaf het begin in harmonie samenleven.

Source : unesco.nl

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Médina d’Essaouira (ancienne Mogador) © Unesco
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse

La médina d'Essaouira, anciennement connue sous le nom de Mogador (nom provenant du mot phénicien Migdol qui signifie « petite forteresse »), est un exemple exceptionnel de ville fortifiée du milieu du XVIIIe siècle, entourée d'une muraille de style Vauban. Construite en Afrique du Nord selon les principes de l'architecture militaire européenne de l'époque, en parfaite association avec les préceptes de l'architecture et de l'urbanisme arabo-musulmans, elle a joué, des siècles durant, le rôle de port de commerce international de premier plan reliant le Maroc et l'Afrique sub-saharienne à l'Europe et au reste du monde. La ville offre également l'exemple d'un centre multiculturel comme en fait preuve la coexistence, dès sa conception, de diverses ethnies telles les Amazighes, Arabes, Africains, et Européens et multiconfessionnel (musulmans, chrétiens et juifs). Indissociable de la médina, l'archipel de Mogador comprend un grand nombre de biens culturels et de sites naturels d'une Valeur universelle exceptionnelle. Sa fondation relativement tardive par rapport aux autres médinas d'Afrique du Nord fut l'œuvre du Sultan alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallah (1757-1790) qui voulait faire de cette petite cité de l'Atlantique un port royal et un chef-lieu du commerce marocain avec l'extérieur. Longtemps connue sous le nom de Port de Tombouctou, Essaouira devint l'une des pièces maîtresses du commerce atlantique entre l'Afrique et l'Europe à la fin du XVIIIe siècle et durant le XIXe siècle.

Critère (ii) : Essaouira est un exemple remarquable et bien préservé de ville portuaire fortifiée du milieu du XVIIIe siècle à forte inspiration européenne, transposée dans un contexte nord-africain.

Critère (iv) : Avec l'ouverture du Maroc sur le reste du monde à la fin du XVIIe siècle, la médina d'Essaouira a été conçue par un architecte français profondément influencé par le travail de l'ingénieur militaire Vauban à Saint-Malo. Elle a largement conservé l'aspect d'une ville européenne.

Intégrité (2009)

Achevée dès le XIXe siècle et nettement délimitée par son rempart, la médina d'Essaouira possède tous les éléments essentiels à son intégrité. Constituant un tout homogène associant des atouts naturels (archipel de Mogador) et des biens culturels de grande qualité, la cité garde encore aujourd'hui son intégrité et son cachet originel. Bien que son intégrité ait été un peu altérée, notamment en raison de la dégradation du bâti dans le quartier du Mellah, le degré de perte ne compromet pas la signification du bien dans son ensemble. 

L'état de conservation de la médina d'Essaouira ne cesse de s'améliorer grâce aux efforts des autorités locales et à la vigilance des services directement concernés par sa protection et sa mise en valeur.

Authenticité (2009)

Fondée au milieu du XVIIIe siècle, la médina d'Essaouira a conservé en grande partie son authenticité tant au niveau de la conception et des formes qu'au niveau des matériaux (utilisation de la pierre de taille locale dite manjour) et des modes de construction, et ce en dépit de quelques utilisations inadéquates de matériaux modernes pour des réparations et des reconstructions. Malgré l'action de la houle côté mer et de l'humidité partout ailleurs, les fortifications et le tissu urbain conservent, dans l'ensemble, leur configuration d'origine.

Besoins en matière de protection et de gestion (2009)

Les mesures de protection relèvent essentiellement des différentes lois de classement des monuments historiques et des sites, particulièrement la loi 22-80 relative au patrimoine marocain. La propriété des éléments constituant la ville historique d'Essaouira est répartie entre l'État, la municipalité, les Habous, l'Alliance israélite, des coopératives et des particuliers. Le plan d'urbanisme n° 4001 de 1988 prévoit autour de la ville historique une zone tampon où la construction est interdite. Deux mesures de protection et de gestion significatives sont entrées dans les dernières phases d'application. Il s'agit du schéma directeur d'aménagement urbain de la ville d'Essaouira et du plan de sauvegarde de la médina.

La population locale, les pouvoirs publics et l'espace associatif sont de plus en plus sensibles à la Valeur universelle exceptionnelle de la médina. L'Agence Urbaine d'Essaouira fut créée pour assurer une meilleure maîtrise de l'urbanisation de la ville en général et de la médina en particulier. Celle-ci doit permettre, en parallèle avec les autres départements et services ministériels, de planifier et de coordonner les efforts et de suivre le déroulement et la réalisation des chantiers entamés ou projetés. En attendant la mise en place d'un plan de gestion de la médina qui devrait permettre de concilier la sauvegarde du patrimoine architectural et l'amélioration des conditions de vie de la population locale, les services concernés par la protection et la sauvegarde du bien doivent veiller à l'application du plan d'aménagement de la médina et de l'ensemble de la ville d'Essaouira.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Essaouira is an outstanding and well-preserved example of a late 18th-century European fortified seaport town translated to a North African context. With the opening up of Morocco to the rest of the world in the later 17th century, the town was laid out by a French architect who had been profoundly influenced by the work of Vauban at Saint-Malo. It has retained its European appearance to a substantial extent.

Since its foundation in the 18th century and until the beginning of the 20th century, Essaouira has played a fundamental role as an international trading port between Morocco and the rest of the world. A number of consulates and traders from different countries were established there. Essaouira is a leading example of building inspired by European architecture, a town unique by virtue of its design: it was created in conformity with a predetermined plan, the Cornut plan. Since the beginning, the medina of Essaouira has been a major place for the peaceable coming together of the architectural and town-planning models of Europe and of Morocco itself. In this way a symbiosis was achieved between building techniques from Morocco and elsewhere that gave birth to some unique architectural masterpieces: the Sqalas of the port and of the medina, the Bab Marrakesh bastion, the water gate, mosques, synagogues, churches, etc.

Archaeological excavations have shown that the site of Essaouira was originally a Phoenician trading settlement, followed by Cretans, Greeks and Romans. The earlier name of Mogador derives from Migdol, meaning a small fort. In 1506 it was to become the site of a Portuguese fortress, but this was abandoned soon after.

The present town dates from 1765, when the Alawite Sultan Sidi Mohamed ben Abdellah decided to build a port that would open Morocco up to the outside world and assist in developing commercial relations with Europe. He sought the help of Nicholas Théodore Cornut, a surveyor specialist in military fortifications from Avignon, who was strongly influenced by Vauban's defences at Saint-Malo. He partially dismantled the Portuguese fortress to build an esplanade with a row of cannons. The entire town was enclosed by a defensive wall on the Vauban model. In order to control maritime trade, he closed the southern coast to European traders, obliging the European consuls at Safi, Agadir and Rabat to move to Mogador, where all southern mercantile activities were concentrated. The new port became one of the country's main commercial centres; it was called the 'port of Timbuktu' as it was the destination of caravans bringing a variety of products (including slaves) from black Africa. The town was made up of three separate districts. The kasbah comprised the old administrative district. The medina was crossed by two main axial streets, one running from Bab Doukalla to the harbour and the other from Bab Marrakesh to the sea. At their intersection there were four markets, for fish, spices, grain and general goods respectively.

The Mellah is the Jewish quarter; it played a very important role in the history of the town, as the sultan made use of this community to establish relations with Europe and to organize commercial activities with them. The main features of the town are: the ramparts, most of the northern section of which survives; the town gates, especially the ornamental Sea Gate (1170-71); the bastions and forts (borjs ), especially the Sqala of the Port and the Sqala of the Medina and the Bastion of Bab Marrakesh; the kasbah , which was originally the seat of power and the military garrison, and is now integrated into the town proper; the Mellah (Jewish quarter), which retains many of its original special features; the prison, located on the offshore island (now a refuge for rare birds, such as hawks); the many mosques, in a characteristic style, and especially the mosques of the Casbah and Ben Yossef; the synagogues (in particular the 19th-century synagogue of Simon Attias), which preserve the dynamism of the Jewish inhabitants; the late 18th-century Portuguese church; the Dar-Sultan (old Royal Palace); and the very attractive private houses.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Des fouilles archéologiques ont révélé que le site d'Essaouira était initialement un comptoir phénicien. Vinrent ensuite les Crétois, les Grecs et les Romains. Mogador, son ancien nom, provient du mot phénicien Migdol qui signifie " petite forteresse ". En 1506, la ville devait devenir le siège d'une forteresse portugaise mais fut abandonnée peu de temps après.

La ville actuelle date de 1765, année au cours de laquelle le Sultan alaouite Sidi Mohamed ben Abdallah décide de construire un port destiné à offrir au Maroc une ouverture sur le monde extérieur tout en permettant de développer des relations commerciales avec l'Europe. Il sollicite alors le concours de Théodore Cornut, ingénieur spécialiste des fortifications militaires d'Avignon qui fut fortement influencé par les fortifications de Vauban à Saint-Malo. Il démantèle partiellement la forteresse portugaise afin de construire la Sqala, esplanade dotée d'une rangée de canons. Il organise la ville en damier, avec des forts inspirés de ceux du Roussillon, dans la tradition européenne. La ville entière est alors entourée d'une muraille de style Vauban.

Pendant le règne de Sidi Mohamed ben Abdallah, Mogador joue un rôle commercial et fiscal non négligeable. Afin de contrôler le commerce maritime, le Sultan ferme la côte sud aux marchands européens, obligeant ainsi les consulats européens de Safi, Agadir et Rabat à s'installer à Mogador, lieu de concentration de toutes les activités marchandes du sud du pays. Le nouveau port devient l'un des principaux ports du pays et, pour être le lieu de destination des caravanes apportant d'Afrique noire toute une variété de chargements (notamment des esclaves), il est baptisé " port de Tombouctou ".

La ville est alors répartie en trois quartiers distincts. La Kasbah comprend le vieux quartier administratif. La Médina est construite entre le XVIIIe siècle et le début du XXe siècle. Elle est traversée par deux axes principaux, l'un reliant Bab Doukkala au port et l'autre partant de Bab Marrakech pour rejoindre la mer. À leur intersection, ou Souk Jdid, sont alors installés quatre marchés respectivement consacrés au poisson, aux épices, aux céréales et à l'alimentation générale. Chaque district porte le nom des tribus impliquées dans l'édification de la ville.

Le Mellah, quartier juif, joua un rôle important dans l'histoire de la ville car le Sultan utilisa la communauté juive pour établir des relations avec l'Europe et organiser des activités commerciales. Les Juifs furent honorés du titre de Toujjar Es- Sultan (Marchands royaux), ce qui leur conféra des privilèges économiques et politiques considérables.

Source : évaluation des Organisations consultatives